Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Dimanche 5 mars 2017 | Mise en ligne à 17h09 | Commenter Commentaires (58)

    Must hivernal: Peter Peter / Noir Eden

    Peter Peter Noir Eden

    Noir Éden résulte de trois années d’isolement créatif à Paris. Sauf la relation intime, il fut dans un sas d’où il a vu les gens exister. Connu au Québec pour ses propensions pop et synthwave, il a peaufiné son affaire dans la métropole française qui a forcément déteint sur sa facture, à tel point que la plupart des frenchies qui découvrent là-bas son album Noir Éden doivent travailler fort pour en identifier quelque québécitude.

    Est-ce un tort ? Nenni. Une fois de plus, on observe qu’il faut faire preuve d’une langue normative pour déborder le petit cadre des québécophiles français, qu’il faut se fondre dans l’esthétique franco-parisienne pour vraiment s’imposer et ainsi épater la galerie. Et Peter Peter l’épate à souhait ! Les Inrocks le qualifient de “chanteur de variété maudite”, Libération lui donne “fièvre allure”, les réactions positives sont plus que tangibles.

    Voilà l’artiste québécois au croisement de la pop synthétique manière hexagonale, non sans exclure un certain classicisme à la Michel Berger ou à la Alain Chamfort, mais aussi l’archipel dream pop/ synthpop/ électro-pop anglo-américain d’excellent niveau. Chaque rime, chaque accroche mélodique, chaque particule chansonnière est portée par de puissants véhicule. Heureusement, par ailleurs, Peter Peter réussit à éviter le piège de la nostalgie années 80 et offre une pop assez singulière même si très référencée.

    LIENS UTILES

    Peter Peter, interview de mon collègue Jean-Christophe Laurence

    Peter Peter, site officiel

    Les Inrocks sur Peter Peter

    Libération sur Peter Peter

    Écoute intégrale ou achat de Noir Eden sur Bandcamp


    • La voix est absolument terrible. Oui aux instrumentaux, mais la voix….. mon dieu.

    • Vous entendez des fausses notes ? Qu’y a-t-il de si terrible ?

    • Avis aux kids : le classicisme à la Michel Berger, c’est correct. La nostalgie pour les années ‘80, ce ne l’est pas.

    • Paris, octobre 2016, je suis allongé dans mon lit tentant de me remettre de mon décalage horaire. J’écoute France Inter lorsque soudainement j’entends une chanson mystérieuse, une voix éthérée, des arrangements aériens. L’animatrice prend ensuite la parole et indique qu’il s’agissait de Noir Eden de Peter Peter, “un artiste québécois”. Je prends note. J’écoute les chansons de l’album plus tard sur YT. J’adore. Belle découverte.

    • @alainbrunet
      Pas de fausses notes mais une voix très affectée qui ne m’inspire rien. Ceci-dit, je ne crois pas être du public cible de Peter Peter.

    • À l’évidence comme vous dites…

    • Je suis heureux qu’il réhabilite Michel Berger. J’ai longtemps cru que c’était la kétainerie française à son meilleur, je veux dire à son pire. Puis, un jour, je me suis aperçu que c’était lui derrière les deux albums pour Véronique Sanson. Message personnel de Françoise Hardy, avec la belle au chant et les orchestrations monstres de Vannier, est pour moi plus beau que tout ce qu’a fait Gainsbourg. Je suis anéanti à chaque fois que j’écoute ça. Ses premiers albums sont souvent excellents. Et ce qu’il a écrit dans le années 70 pour son amoureuse, France Gall, n’est pas mièvre, mais d’une tendresse sublimée, une grâce légère. Dans le monde d’aujourd’hui, c’est devenu subversif. Il y a vraiment quelque chose de profond derrière la légèreté, comme ce Paradis blanc avec ses synthés 80s, ce son si français, mais si on écoute bien, les paroles sont sur le bord du suicide, ce paradis blanc dans la nuit ressemble beaucoup au désespoir, à une mort glacée.

      Berger parle de l’amour de telle façon qu’on a le goût de se marrer alors qu’il n’y a rien au monde qui nous fait plus peur.

      Sinon, ce Peter Peter parle québécois et non français. C’est le joual des chanteurs d’aujourd’hui qui va vieillir rapidement comme un maniérisme. Ça nous fera marrer dans vingt ans, comme nous fait marrer Aut’chose.

    • Et bien sûr il y a Starmania, cet éléphant dans la pièce. Mais à part le fait qu’on se fait écoeurer avec ça depuis 30 ans, est-ce vraiment si mauvais? Les orchestrations sont clinquantes, les paroles ça dépend, mais les mélodies sont souvent très belles.

    • Cela dit, il y a des choses en joual qui sont travaillées et que j’aime beaucoup. Lafleur avec ou sans casque, par exemple. Mais la plupart du temps, c’est pas parce que c’est joual sua coche que c’est plus authentique et québécois. C’est souvent très maniéré. Et à l’inverse, Peter Peter parle très normalement comme un kid de la ville. Y’a pas de maniérisme français comme le premier Pierre Lapointe, même s’il demeure à Paris depuis deux ans.

      Normalement, les jeunes sont tellement branchés sur l’internationale, que c’est une question de temps avant qu’un chanteur québécois ait un succès monstre en France comme Dolan pour le cinéma et Coeur de Pirate pour la chanson.

    • Imaginez, vous écoutez la télé, et un truc aussi sublime, l’une des plus belles chansons de l’histoire de la chanson française chantée par l’une des plus belles chanteuses tout pays confondus, apparaît dans votre poste:

      https://www.youtube.com/watch?v=ANchsQz11po

      Quand on pense à toute la laideur qu’il y a à la télévision.

    • Ghost, j’aime bien Michel Berger. J’ai écouté pas mal de Véronique Sanson ces derniers temps. Me suis même surpris à lire sur leur histoire d’amour pis toute.

      Je me questionne surtout sur l’idée de choisir ce qui, dans le passé, est correct de réhabiliter. Comme si «les années ‘80», ça voulait dire quelque chose anyway. On parle de nostalgie pour quoi, exactement ? Marie Denise Pelletier, UZEB, Killing Joke, The Smiths, Kenny Loggins ou Slayer ? Dès qu’il des synthés, les gens s’empressent de voir quel rapport entretien un artiste pop avec les années ‘80. C’est un peu lassant.

    • Effet, je ne répondais pas à ton commentaire, juste au fait que Peter Peter aime Berger. Je te suis sur les années 80. Je te suis toujours surpris que voir que pour beaucoup de gens les années 80 c’est de la synthpop new-wave, genre de Visage à Cabaret Voltaire, alors que nous étions deux dans toute ma polyvalente à écouter ça…

      Plus largement, ce qui vieilli le plus rapidement, ce sont les arrangements. On trouve kétaine Paradis blanc parce qu’on aime pas les arrangements qui nous rappelle la variét’ frenchies des 80s. Mais c’est souvent ces mêmes arrangements qui vont devenir cool pour des jeunes comme Peter Peter. Si la chanson est bonne en-dessous…

    • Michel Berger, tu es toujours sur le point de trouver ça kétaine, mais quand tu fais l’effort d’aller jusqu’au bout du truc, la décharge émotionnelle est considérable. Message personnel, quand le drum embarque, il y a quelque chose d’extatique, comme peu de musique peut le faire. Exactement la décharge de dopamine que produit un amour naissant. Tout ce qu’a fait Berger pour Hardy est extraordinaire.

      Je trouve que cette génération (Sanson, Berger, Hardy et Gall 70s, Souchon, Chamfort, mêmes les premiers Julien Clerc) est scandaleusement sousestimée. D’une part parce que la génération des années 50 et celle des années 60 ont marqué les consciences, et d’autre part, parce que cette génération a mal traversé les années 80 en devenant mainstream (son cliquant, etc.). Mais qui a bien traversé les 80s?

    • Je ne sentais pas que tu me répondais directement, mais j’apportais une précision puisqu’il est question de ça.

    • Pour le reste, je ne suis pas surpris que tu apprécies Sanson et Berger. Tu as une vision foncièrement honnête de la musique. Beaucoup de gens n’y jettent pas un oeil, je veux dire une oreille, juste parce que c’est pas bien d’écouter ça. Ils vont écouter quand ça va redevenir hype. Comme tous ces gens qui rigolaient parce que j’aimais les Beach Boys et qui maintenant ne rigolent plus.

      Sinon, je ne vois pas où est le problème avec la nostalgie. Les plus grandes oeuvres de la littérature viennent de ce sentiment (Homère, Baudelaire, Poe, Proust, etc.). Je ne crois que l’on puisse être nostalgique d’écouter les sixties quand on ne les a pas vécues. C’est autant, sinon beaucoup plus, de la découverte que les trucs hype du moment. Et c’est beaucoup plus riche à plein de niveaux. Pour ce que j’écoutais ado, je ressens surtout du malaise à les réécouter, pas de la nostalgie. Mais j’aime bien écouter ce que j’ai manqué à l’époque. Je me rends compte que les choses étaient beaucoup plus complexe que le point de vue que j’en avais.

      La nostalgie, c’est dommageable quand c’est une fermeture et qu’on n’écoute que ce qu’on écoutait ado, ce qui n’est ni ton cas ni le mien. L’enfermement dans un présent perpétuel est tout aussi problématique. Revisiter le passé est un geste tout à fait valable.

    • L’idée de concevoir l’art dans une espèce de succession de progrès esthétiques, chacun rendant caduque celui qui le précède, me semble elle-même assez dépassée.

    • C’est bien gentil cette musique…

    • Il y a des progrès dans la résolution d’une question, par exemple si la question que se posent des peintres à une époque c’est de peindre en perspective, ils sont meilleurs en 1500 qu’en 1455 (mais ce que fait imparfaitement les peintres de 1455 est peut-être plus inventif même si imparfait). Mais l’histoire de l’art est une suite de questions différentes, et donc il n’y a pas de progrès de l’une à l’autre. Il y a des époques plus riches que d’autres, certes, mais ça ça varie, il n’y a pas une ligne où tout devient de plus en plus intéressant.

    • Je trouve de toute façon que Peter Peter fait plus années 90, électroniquement parlant.

    • L’idée du progrès persiste en art actuellement, mais ce n’est pas un progrès basé sur l’esthétique: le passé est embrassé.

      L’expression AESTHETICS est même souvent utilisée en ce moment dans un contexte ironique, lors de discussions concernant le (faux)mouvement vaporwave ou ce qui le suit. C’est “AESTHETICS” ou ce ne l’est pas, mais ce n’est plus important dans quel ordre ou l’époque que tu cherches représenter. C’est peut-être on vit peut-être dans une époque ahistorique ou anti-historique (”je m’en fiche de qui a peint un carré blanc en premier!”.

      “We’re relating to art less and less through a horizon line, and more through an endless digital window”

      Cette phrase est de Keith Rankin, qui réalise toutes les pochettes visuelles de son label Orange Milk Records, probablement un des labels les plus significatif du moment, dont les produits musicaux peuvent souvent être associé au vaporwave, d’autre pas (l’habit ne fait pas le moine), mais dont les pochettes sont représentatives de cette poussée AESTHETICS (je pense qu Québec on peut penser aussi à Pitché Dans Le Wow de Omnikrom). Et ces pochette c’est quoi? Mélange de surréalisme, de design digital rétro, futurisme issu des années 80 et 90, tout en ajoutant des touches résolument actuelles mais sans qu’il y ait une condescendance envers l’art des époques passées, au contraire, davantage de vénération. Peut-être il y a une réappropriation de l’art kitsch coporatif rétro, comme le logo de Orange Milk Records en forme de piano qui fait très “industrie de la musique”, mais il y a aussi une réelle fascination pour ce pan de la créativité qui est le design graphique industriel (et digital) que les “Beaux-Arts” ont longtemps relégué aux oubliettes. Bientôt il y aura surement une rétrospective sérieuse dans un musée sur le design de logos industriels si ce n’est déjà fait.

      Enfin, je parle d’un label parmis des milliers. C’est difficile de pointer vers “qui fait la bonne chose”, car il n’y a plus de règles aujourd’hui. Tu peux faire un pochette d’un dessin psychedelique à la In The Court Of King Crimson. ou un collage punk typique à la White Lung – Paradise, c’est difficile de nos jours de faire quelque chose et se dire “non, ce n’est vraiment pas de cette époque”. Tu peux tout faire. Même poser avec ton chat sur ta pochette! Tu peux même sortir un cylindre (Référence. Shooter Jennings, mon dieu, oubliez de le mentionner quand je parlais de disco l’autre jour). Difficile aussi d’être réellement kitsch aussi en 2017. Peut-être quelque chose de vraiment “blunt” (direct?), c’est moins de mode? Notre époque est assez maniériste, si il faut généraliser. Mais peut-être aussi on en sort (post-Trump = réveil).

      Voici un album buzz de 2017 de Nico Niquo sorti sur Orange Milk Records, c’est décrit comme du ambient-grime (ou c’est peut-être du kitsch pour 2037, on le saura dans le futur):
      https://orangemilkrecords.bandcamp.com/album/in-a-silent-way

      Mais sinon il y a peut-être Lil Yachty qui fait un son résolument de son époque (je veux dire, pas basé sur un son ancien comme le R&B et le psychédélisme, les deux sons chouchoux de cette décennie). Il appelle çà du “bubblegum trap”. Il pose aussi avec son minou. L’album gratuit Lil Boat est très agréable malgré des paroles possiblement volontairement insignifiantes (voire insouciantes):

      https://www.youtube.com/watch?v=251cxou3yR4

    • L’idée d’un progrès esthétique fondé sur la révocation et le remplacement des acquis formels des époques précédentes n’existe plus depuis une mèche dans la culture occidentale contemporaine. Je ne vois pas qui met ça de l’avant, d’ailleurs, sauf quelques vieilles croûtes modernistes.

      Depuis les années 60, cette idée moderniste de la tabula rasa s’est écroulée comme un château de cartes, notamment lorsque les minimalistes américains ont réintroduit les approches tonales et modales dans leurs compositions qui, d’ailleurs, exercent une grande influence sur les compositeurs de l’époque actuelle. Et oui, il y a autant de complexité et d’innovation dans les vases étrusques que dans la musique de Steve Reich, une autre idée admise depuis des lustres.

      La qualité d’une oeuvre résulte d’un jeu inspiré de références issues du passé ou du présent, de contributions personnelles qui en confèrent la personnalité et la teneur émotionnelle, de la profondeur du langage mis au point, etc. Or, ce jeu est parfois (rarement) induit d’innovations formelles qui peuvent marquer le présent et l’avenir. Chercher systématiquement ces innovations au détriment du plaisir et de l’appréciation du travail bien fait, on en convient, tient de l’obsession du chercheur d’or.

      Si le progrès esthétique en bloc n’existe pas, on peut néanmoins admettre que les avancées formelles existent bel et bien dans certains cas, sans pour autant prétendre à leur pérennité absolue… à moins de les refuser systématiquement et ainsi se réfugier dans une “théorie” justifiant son propre conservatisme ou encore ses propres carences créatrices.

    • L’affaire est que l’on met souvent plus d’emphase sur les références elle-mêmes (et ce faisant, à juger de ce qui constitue une bonne ou une mauvaise référence) qu’à expliquer la façon dont ces références sont intégrées. C’est bien beau dire que les références sont bien assimilées, mais si on se contente de dire ça, sans dire pourquoi et comment, ça n’est pas très éclairant. Tant que ces choses ne sont pas expliquées, elles ne sont que des opinions.

      Par ailleurs, il arrive parfois que ce soit plutôt le manque de références d’un critique, tant au niveau de l’histoire de certains sous-genres, que des avancées technologiques, qui l’empêchent de voir en quoi un artiste est créatif ou non. Si un critique fait à la base les mauvais liens, juge selon ses propres lacunes référentielles, ne reconnait pas les discrets détails et autres éléments de production qui constituent des avancées, est-il bien placé pour dire en quoi un artiste se démarque ou non dans la sphère dans laquelle il évolue, en quoi il est dépassé ou non, pertinent ou non ?

      Comment peut-on juger adéquatement des lacunes de quelqu’un si on a soit même des lacunes dans ce qui nous permet de les juger ?

    • C’est bien vrai tout ça. So what ?

    • J’imagine qu’effectivement, dans le grand ordre du monde, ce n’est pas important, comme n’importe quoi qui est discuté ici, d’ailleurs.

    • “…ce n’est pas important, comme n’importe quoi qui est discuté ici, d’ailleurs.”

      Bon bon… toujours les mots et le ton justes, placebo. Je vous retourne illico à votre profondeur référentielle, bonne journée.

    • Je n’étais même pas sarcastique. On peut se dire ”So what” à propos de beaucoup de choses dans la vie…

    • Mmmmh! du bonbon cette discussion. Miam miam!!

      Ceci dit c’est excellent Françoise Hardy. Merci unholymachinchouette!

    • Raison de plus, placebo. Si vous n’avez rien d’autre à ajouter de constructif sur ce qui est publié ci-haut (qui n’a aucunement la prétention d’être un texte de fond, et qui évacue forcément la fine analyse vu la taille de l’entreprise), je ne vois pas la pertinence de cette remarque franchement déplacée, injustifiée et parfaitement inutile. Vous avez droit à votre opinion, elle est dite, mais il y a tant à faire dans une journée que de s’encombrer de telles discussions stériles, spectacle navrant sauf pour certains… Anyways, je n’en rajoute pas, n’en rajoutez pas non plus, c’est peine perdue.

    • Plaisir, db.

    • “Chercher systématiquement ces innovations au détriment du plaisir et de l’appréciation du travail bien fait, on en convient, tient de l’obsession du chercheur d’or.”

      Très vrai. Et dans la chanson, c’est comme de vouloir trouver de l’or en passant au tamis la terre de sa cour arrière. C’est pas là que l’intérêt se joue.

    • ”je ne vois pas la pertinence de cette remarque franchement déplacée, injustifiée et parfaitement inutile.”

      En somme, cette remarque n’était rien de moins que scandaleuse. Je suis bien d’accord. Bonne journée, Alain.

    • Scandaleux: “Qui choque par son excès”. Idem pour les sous-entendus sur la méconnaissance référentielle… Pas besoin d’avoir un post-doctorat en synthpop pour écrire un texte de 300 mots sans se tromper sur le fond.

    • Ce que je dis essentiellement, c’est qu’il est parfois difficile, même pour la critique, de pouvoir reconnaître le caractère innovateur d’une oeuvre. La discussion s’est enlignée vers ce sujet et n’avait plus de lien directe avec des éléments précis de la critique initiale.

      Pour le reste, je m’interroge uniquement sur les deux choses amenées au tout début : pourquoi le classicisme à la Alain Berger semble acceptable (et non pas assimilée à une simple ”nostalgie” désagréable) et pourquoi la nostalgie pour les années ‘80, elle, ne l’est pas. Ensuite, pourquoi, justement, faire ce lien avec les années ‘80 si justement, ça ne concerne pas ce disque si ce n,est que pour ramené l’éternelle idée que la pop doit se définir à l’aide du rapport qu’elle entretient avec les années ‘80. Comme Ghost le remarquait avec justesse, si cette pop synthétique à un rapport avec une décennie du passé, c’est probablement plus avec celle des années ‘90.

      On peut bien convenir que le format de ce blogue ne permet pas d’analyser les choses plus en profondeur, il reste que le lecteur, lui, n’est pas dans votre tête. Ainsi, les ”trous” laissés par la nécessité de faire court laissent inévitablement place à des questionnements. À moment donné, il faut aussi reconnaître que de traiter les choses en surface comporte aussi des désavantages.

    • Rien ne dit dans ce texte que l’usage référentiel années 80 n’est pas acceptable. Je laisse entendre, en une seule phrase, que Peter Peter évite le piège de s’y vautrer (tout en s’en inspirant, si ce n’est que partiellement), évite d’en faire un calque sans intérêt comme tant de groupes le font depuis un bon moment. Et, oui, traiter des choses succinctement, rapidement, sans vouloir tout expliquer, peut laisser certains sur leur appétit. Dans ce cas, il vaut mieux écrire ce que vous venez d’écrire plutôt que de passer par 40 détours et allusions.

    • La violence sous la douceur: Alain Berger et Michel Brunet… ;-)

    • Le drummer et l’historien

    • Une version améliorée de la justesse.

    • Miam miam!!

    • Je pense qu’Effet_Placebo n’aime pas l’expression “le piège de la nostalgie années 80″. En fait ce n’est pas un piège. Le seul hic est qu’il s’en produit pas mal de nos jours de la nostalgie, et j’imagine que Brunet a voulu dire que Peter Peter avais dépassé cette période. Je ne sais pas, je ne puis pas dire que je tombe des nues par ce que j’entends dans les extraits. C’est comme un mauvais side-project de Thom Yorke (impossible! Dirons certains. Ceux-ci aimeront). Okk… Deux minutes plus tard quand le beat commence j’entends enfin les claviers rétro. Bon ce n’est pas l’intensité Alex Bauer disons.

      Pour un groupe rétro 80 d’ici, Paupière est plus fun. Pour un aspect ambitieu et sérieu, Katel m’avait bien plus impressionnée (quoique froid et déprimant, voire lourd).

      Aut’Chose ne me fait pas rire, je trouve çà vraiment bon. Et le groupe le plus proche aujourd’hui est peut-être Fet.Nat, la chanson Végas Paris en tout cas m’avait fait pensé à Aut’Chose.

      Je tiens à souligner: on est pas des experts en philo ici, c’est vrai, mais il y avait une nuance quand je parlais de mélanger les références du passé. Ce n’est plus comme avant où c’était plus clair ce qui était vieux, héréditaire, l’ordre des choses. Tâter un 78 tours et en faire un disque à scratch à la Christian Markley. La référence esthétique possédait un caractère davantage historique durant la période “post-moderne” qui à mon avis à contribué à la conservation d’un certain sens de la continuitéé Et puis de toute manière, les utilisateurs de nouvelles technologies ont toujours aussi démontré qu’on ne peut pas totalement se défaire de la modernité, un concept de l’avant-garde (example, le dubstep il y a 15 ans), tant qu’il y a des nouveaux médiums et des nouvelles possibilités.

      Cela dit, l’ère digitale étale tout au même niveau, par example le fait qu’un jeune môme reçoit un fichier mp3 de Caruso ou de Lil Yachty. C’est çà qui affecte le caractère historique ou la notion de continuité esthétique ou de quoi que ce soit. Et bref au lieu de m’enfarger parce que ce n’est pas vrai que j’écris pour le magazine October, je vais simplement lié un texte phare sur le sujet d’Alan Kirby (çà aurait ou aussi être un texte de Nicolas Bourriaud). Les bons philosophes sont des prophètes, des prédicateurs: ils disent tout ce qui va se passer dans les arts avant que les artistes s’exercent. Les artistes c’est pas très brillant dans le fond.

      https://philosophynow.org/issues/58/The_Death_of_Postmodernism_And_Beyond

    • J’aime aussi Aut’chose comme un tout, mais les paroles en joual sont souvent parfaitement cheesy. Ça a terriblement mal vieilli et beaucoup écoutent ça le sourire en coin.

      T’es mon parc Belmont sexuel
      Je vas te faire l’amour en stéréo
      Aie pas peur ch’te ferai pas mal
      À l’instant de l’orgasme tikiss
      Je vas te coller un 45 s’é tempes
      Pis je vas te garder pour moé
      Rien que pour moé
      Pour moé tu seul

      Prends une chance avec moé
      Envoie, envoie viens–t’en
      Je m’en vas toute te donner

      Come on…

    • Il n’y a pas de comparaison directe à faire, même si on a l’impression de se trouver en terrain connu. On peut peut-être, je dis bien peut-être faire des liens indirects, notamment avec la synthpop française (Lio, Desireless, Jacno, compliation BIPP, Decadence de Deux, Agathe, etc.) ou la pop française forte en claviers (Michel Berger pour France Gall, par exemple), et pas nécessairement celle des années 80.

    • Une version améliorée de Nik Kershaw.

    • Nik Kershaw… il était plus funky électro, si mes souvenirs sont bons.

    • Absolument, il était nettement moins moins introspectif dans ses soliloques solitaires et n’aurait pas intitulé une pièce “Nosferatu”. J’essayais de trouver un représentant de l’école synth-pop des années 80 qui avait une gueule et un son vaguement semblable et pas nécessairement mémorable.

    • Je l’aime ce Peter à la deux. Douance indéniable quant au chant et à l’écriture, beauté ténébreuse nimbée d’un charme sensuel à très fort potentiel commercial. On a affaire à un gagnant, à un artiste clé en main, qu’on adopte sans effort, contrairement à un Philémon Cimon, mettons.

    • Philémon polarise alors que 2X Peter ne dérange personne, sans qu’on puisse conclure pour autant à quelque vacuité. Je l’ai vu deux fois live avant qu’il ne quitte le QC, j’avais bien aimé.

    • Et sans qu’on puisse affirmer que Peter est plus lisse que Philémon (que j’ai fini par aimer, tiens-je à rappeler). C’est surtout la voix de Philémon qui le met en lice pour le prix Polarise.

    • Oups, je dis la même chose que vous pour la vacuité, j’avais mal lu.

    • Pour en remettre sur les années 80 sans déranger qui que ce soit, elles ont sans doute été moins traumatisantes musicalement, quant à moi, que les décennies suivantes. J’étais plus Violent Femmes, Talking Heads, Los Lobos, Lloyd Cole, Smiths, Aztec Camera et métal varié ou avarié que Human League, qui ne me dérangeait pas du tout, de fait. Ce qui était et demeure relativement dérangeant, ce sont des artistes qui ont temporairement opté pour un accompagnement et des arrangements synthétiques qui me semblaient forcément désincarnés, comme Lelièvre sur « Lignes de cœur ».

    • Peut-être étaient-ils infiniment minoritaires à écouter OMD ou Cabaret Voltaire dans les polyvalentes de Québec, fort possible. Pendant ce temps à MTL, des jeunes universitaires et cégépiens bouffaient goulûment du Soft Cell, Simple Minds, Human League, Nik Kershaw, Thompson Twins, Depeche Mode et autres Thomas Dolby. Je me souviens fort bien d’un CEPSUM rempli à capacité pour Simple Minds, et de Théatre St-Denis ou Spectrum aussi bondés pour les artistes mentionnés. Cette pop-claviers avait un impact majeur sur la branchouille de l’époque, aucun doute là-dessus. Bien sûr, une autre portion des jeunes écoutait autre chose, post-disco, funk,métal, hard-rock, prog, post-punk, rap…

    • Puis, il y a Dimoné, un Français qui s’organise pour être de moins en moins méconnu ici puisque, contrairement à nombre de ses compatriotes qui ne foulent pas souvent notre sol, il se fend et se gèle le cul pour faire des concerts au Québec. Et qui, surtout, évoque Bashung de manière transparente. C’est gagnant à tous égards, Bashung,peu importe la période, que ce soit celle de Pizza ou de Osez Joséphine.

    • Et cette jeune Fishbach, bien sûr.

    • Dans les années 80, j’ai “toute” écouté (pour reprendre une expression de Aut’Chose. En passant ce qui fait que pour moi le joual de Aut’Chose est secondaire c’est qu’il y a souvent des bouts où j’ai envie de crier “crisse qui sont bon!”. Tsé moi je dis jamais çà, “crisse”.)

      Mais en fait Visage et OMD jouaient à la radio mainstream, il n’y a pas de comparaison avec Cabaret Voltaire, qui ont connu la fâcheuse situation d’avoir influencé un tas d’artistes qui sont devenu plus populaire qu’eux, et même quand ils ont tenté de devenir plus accessible avec un penchant Depeche Mode ou New Order, çà n’a pas décollé. Aujourd’hui ils sont une référence historique, mais c’est vrai que dans les années 80, même le fan moyen de Skinny Puppy ne connaissait que le nom (me semble).

    • ”notamment avec la synthpop française (Lio, Desireless, Jacno, BIPP, Decadence, Agathe, etc.)”

      Decadence est le titre d’un album de Deux, de qui vous parlez peut-être. Il y a bien un Decadance, mais il s’agit d’un projet Italo disco italien.

      De la même façon, je ne connais aucun artiste synthpop français de cette époque nommée BIPP. Il y a toutefois 2 compilations parues dans les années 2000 qui portent le nom de BIPPP.

      Peut-être que je me trompe ? Enfin. Toujours est-il que Deux m’apparait nettement plus frais, même après 35 ans, que Peter Peter. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Peut-être justement, que c’est parce qu’ils ont, comme beaucoup d’autres, évité tous les excès auxquels on réduit souvent désormais les années ‘80.

      Sultitan,

      Je m’interroge sur l’idée de nostalgie. Les gens qui produisent de la musique inspirée des années ‘80 en ce moment sont pour la plupart beaucoup trop jeunes pour avoir été inspirés par les artistes dont ils semblent s’inspirer. La nostalgie, c’est à la base lié à nos souvenirs et à des sensations. Pas à ce que l’on a appris d’une époque via les médias ou la pop culture. Bien entendu, on peut se construire une nostalgie pour une époque que l’on a pas vécue, mais c’est quand même différent. La nullité de ces milliers de groupes inspirés des années ‘80 tient surtout du fait qu’il n’y a pas trop de sincérité dans ce qu’ils font. C’est désincarné et repose sur des clichés et non sur une véritable intégration de éléments les plus brillants de cette décennie. Le problème est peut-être justement que si leur musique était plus sincèrement nostalgique et non simplement axée sur une quête stérile, très technique, qui consiste à reproduire des sonorités et à miser sur l’ironie.

    • ”beaucoup trop jeunes pour avoir été inspirés par les artistes dont ils semblent s’inspirer.”

      Je veux dire ”pour avoir été marqués à l’époque par les artistes dont ils semblent s’inspirer”.

    • « Pas à ce que l’on a appris d’une époque via les médias ou la pop culture. Bien entendu, on peut se construire une nostalgie pour une époque que l’on a pas vécue, mais c’est quand même différent. »

      Intéressant. J’aime bien lire les commentaires qu’on retrouve sur youtube Ça me fait halluciner de lire qu’il y a des kids qui idéalisent la ou les musiques des années 80 comme s’il n’y avait pas eu de scrappe ou comme si la culture populaire n’était pas aussi lisse à l’époque qu’elle l’est aujourd’hui. Et on oublie souvent d’inclure le sida à cette satanée décennie.

      Woody Allen avait fait un joli film sur ceux qui croient que c’était mieux avant : http://www.mediafilm.ca/fr/film-fiche.sn?code=44879413052957344

    • « En passant ce qui fait que pour moi le joual de Aut’Chose est secondaire c’est qu’il y a souvent des bouts où j’ai envie de crier “crisse qui sont bon!”. Tsé moi je dis jamais çà, “crisse”.) »

      Je ne sais pas si Francoeur tient ses musiciens plus serrés, mais la dernière fois que j’avais vu le groupe (au Spectrum!!!!), pendant une toune, Vincent Peake à la basse et Michel Langevin à la batterie avaient décidé que cette toune-là allait être plus lourde, plus rapide et plus longue! Francoeur était sorti de son personnage de poète maudit pour demander aux gars d’arrêter ça! M’enfin. Reste que ce groupe, dans mes souvenirs, sonne en cr.

    • Oui, Aut’chose sonne en criss. Mais les paroles sont rarement bonnes. Francoeur reste un poète mineur.

      @sultitan

      J’ai écrit “de Visage à Cabaret Voltaire”, c’est-à-dire du mainstream à l’expérimental, chacun excellent dans son genre.

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