Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mardi 14 février 2017 | Mise en ligne à 13h16 | Commenter Commentaires (50)

    Adele et Beyoncé…


    Relayé sur Youtube par Hollywood Reporter

    Dimanche soir, Adele Adkins n’était certes pas parfaitement à l’aise de supplanter Beyoncé Knowles au 59e gala des Grammy, particulièrement pour la catégorie la plus importante de toutes : album de l’année. Larmes de joie sur la scène du Staples Center ? Rien n’est moins sûr. Non seulement Adele a-t-elle félicité sa collègue afro-américaine et affirmé publiquement que l’album Lemonade, était le meilleur, mais encore a-t-elle carrément déclaré par la suite : « Je sens que que c’était pour elle le temps de la victoire.

    Mon point de vue, en quelque sorte : what the f… doit-elle faire pour gagner ? » Frangine de Beyoncé et aussi chanteuse très inspirée, Solange Knowles a gazouillé dimanche un « wuddup » bien senti à Frank Ocean, soit sur la page Tumblr où le chanteur explique son absence volontaire aux Grammy. On sait que l’album de Frank Ocean, Blonde, n’a été sélectionné dans aucune catégorie cette année, et ce malgré les critiques élogieuses dont il a fait l’objet. La défection d’artistes tels Kanye West, Drake et autres Justin Bieber pourrait prendre de l’ampleur l’an prochain si la direction des Grammy ne rectifie pas le tir.

    L’incohérence des 59e Grammy risque fort de plonger ce prétendu plus grand party de la musique au monde dans une crise prolongée. Qu’Adele ait gagné le gros lot avec un album honnête alors que Beyoncé a lancé cet année le meilleur album de sa carrière et fédéré les masses avec une proposition nettement plus audacieuse que celle de la chanteuse anglaise, voilà qui laisse croître la perplexité face à cette institution pop. L’an dernier, c’était idem: Taylor Swift, album de l’année contre l’album de la décennie, celui de Kendrick Lamar. Alors pourquoi une académie, pourquoi une communauté de professionnels vote-t-elle ? Un simple logiciel de quantification de l’impact ne suffit-il pas ?

    Dans le contexte américain où le racisme endémique est revenu à l’ordre du jour, dans cette étrange conjoncture où l’intolérance raciale et/ou religieuse est presque assumée dans le discours étatique, on ne peut établir de liens directs mais… on peut comprendre que la meilleure chanteuse pop des États-Unis puisse être victime d’injustice flagrante aux 59e Grammy. Autre léger détail qui s’ajoute au climat toxique…


    • Que Kendrick Lamar ne gagne pas parce que son œuvre est moins “grand public” et trop “street”, soit. George Michael et Milli Vanilli ont des Grammys que des groupes rock ou rap auraient peut-être mérité.

      En 1998, pour 1997, l’album de l’année a été l’excellent Time Out Of Mind de Bob Dylan, qui est et était moins bon et révolutionnaire qu’OK Computer de Radiohead.

      Mais il n’y a aucune excuse pour que Beyoncé ne gagne pas. C’est la meilleure artiste pop de sa génération, avec une marge plus grande entre elle et ses contemporains que Michael Jackson avec les siens.

    • Corrigez-moi si je me trompe mais Frank Ocea n’a pas soumi Blonde. Par conséquent, il n’était pas éligible.

      Pour le reste, cette controverse me fait sourire. C’est les GRAMMYS! Cessez d’y donner l’importance!

      La qualité de la musique n’a jamais été importante! Si c’était le cas, la grande majorité des albums nommés ne passerait jamais proche de l’être!

      À chaque année, combien de vos albums favoris se retrouvent en lice? Une infime partie, right? Les Grammys sont les prix remis aux albums correspondant à des critères bien précis.

    • Effectivement, n’étant pas un fan de ce genre de musique, je suis allé voir les chiffres de vente des albums d’Adele et Beyoncé. Verdict: c’est tout à fait logique que Adele remporte le grand prix pour ce gala qui célèbre l’industrie de la musique. En fait, c’est le contraire qui aurait dû être un scandale dans ce cas!

    • vene777

      “Pour le reste, cette controverse me fait sourire. C’est les GRAMMYS! Cessez d’y donner l’importance!”

      Pourquoi répliquer alors ? Moi non plus je ne m’y fie aucunement mais… Les Grammy joignent plus ou moins 30 millions de personnes, soit 4 fois la population du Québec. On a beau s’en ficher, ça marque quand même l’imaginaire collectif.

    • carlitos

      “Verdict: c’est tout à fait logique que Adele remporte le grand prix pour ce gala qui célèbre l’industrie de la musique.”

      La logique des ventes et la logique des Grammys sont exactement idem ? Alors pourquoi un vote ?! Comme je l’ai écrit, un simple logiciel suffirait alors à en déterminer les gagnants. Or, ce n’est pas le cas ici. Adele vent plus d’albums que Beyoncé… à court terme. So what ? Beck a déjà supplanté Beyoncé et avait beaucoup moins vendu qu’elle aux mêmes Grammy, ce contre quoi s’était insurgé Kanye West. Tout à fait logique ?

    • Je ne sais pas si c’est du racisme mais au moins le micro de Beyonce fonctionnait .

      Je suis surpris que vous passer sous le silence l’organisation de broche à foin de cette soirée minable….cela a frappé l’imaginaire beaucoup plus.

      1-Le micro de James Hetfield qui fonctionne pas pendant la moitié de la toune..
      2- On annonce Lady Gaga et pas Metallica alors que c’est eux qui invite Gaga pour leur toune
      3- Megadeth gagne un prix et on fait jouer…Master of Puppets de…Metallica…

      Metallica avait perdu le titre d’album metal de l’année en 89 au profit de Jethro Tull……comme si Michael jackson avait gagné le meilleur album Métal…

      Le Rock fait rire de lui depuis 30 ans dans cette soirée et c’est justement seulement la musique pop poche et la musique afro-américaine qu’on y entend

    • crosbyshow

      C’était effectivement tout croche, mais on ne discute pas ici des problèmes techniques aux Grammy. Et il ne faut pas confondre les sujets de discussion. Quant au sort du rock, il est actuellement est à l’image de son impact réel: déclinant… Et, franchement, Metallica s’enlise depuis des lustres, sauf un tout petit regain de créativité au dernier album. N’y voyez donc pas de conspiration dans le micro de James Hetfield. Ça aussi c’est une autre histoire…

    • L’opinion de la critique est prise en compte mais le commerce est plus important. Si l’album d’Adele aurait été mauvais selon la critique bien là elle aurait pu se faire devancer.

      https://en.wikipedia.org/wiki/25_(Adele_album)

      https://en.wikipedia.org/wiki/Lemonade_(Beyonc%C3%A9_album)

      Pour la note agrégée de Metacritic : 92% Beyoncé, 75% Adele.

      Bieber ? 63%.

      https://en.wikipedia.org/wiki/Purpose_(Justin_Bieber_album)

      Bieber c’est un trophée du streaming qu’il lui faudrait. Non mais cela se mesure facilement.

      Drake, 69% pour sa note agrégée.

      Sturgill Simpson, 86%.

      Qui vote et quelles sont leurs motivations aussi ?

      Combien elle en a gagné en tout Beyoncé en carrière ? Bien il lui fallait celui là, le plus important ?

      https://www.grammy.com/artist/beyonce

      Aux American Music Awards, Bieber bat Adele dans sa catégorie et Rihanna bat Beyoncé.

      https://en.wikipedia.org/wiki/American_Music_Awards_of_2016 73% sur Metacritic pour Rihanna.

    • Pour emmener une autre piste de réflexion, en ce qui concerne le Métal, les Grammys sont dans le champs année après année et ce n’est pas une question de couleur. Se pourrait-il que ces soit-disant experts ne sont pas si experts ou plutôt déconnecté de la réalité?
      http://www.metalinjection.net/lists/10-times-the-grammys-got-their-metal-award-winners-wrong

    • Lecteur

      La critique recensée sur Metacritic n’est pas liée aux Grammy. L’organistaion de cette célébration relève d’une Académie de professionnels de la musique et non des critiques de musique anglo-américains dont Metacritic établit une moyenne pour chaque album. Les producteurs, promoteurs et autres pros qui votent à cette académie constituent une communauté dont les décisions ne sont pas exclusivement liées aux ventes. Dans le cas de Beyoncé, c’était plus qu’évident que l’album était supérieur à celui d’Adele… qui l’a elle-même clamé haut et fort.

    • megajay

      Côté métal, hardcore et autre variantes de rock dur, les Grammy ont souvent été à côté de leurs pompes. Je me souviens que Jethro Tull a jadis remporté le Grammy métal haha !

    • Quand Arcade Fire a gagné l’album de l’année aux Grammy, ce n’était aucunement le meilleur vendeur cette année-là. Le buzz l’avait emporté.

      Quand Esperanza Spalding, une artiste jazz, a gagné le Grammy de la révélation de l’année, seuls les jazzophiles la connaissaient…

      Quand Beck l’a emporté sur Beyoncé, il avait vendu beaucoup moins de disques que cette dernière.

      Logique des ventes, donc ? Nenon. Alors pourquoi la logique des ventes l’emporterait dans le cas d’Adele ? Ça ressemble à autre chose… Ce n’est pas forcément du racisme, mais l’expression d’une sensibilité majoritaire au sein de cette académie… qui semble peu encline à faire de Beyoncé sa reine….

    • Parfois les Grammys tombent assez juste, la plupart du temps non. Comme les Oscars, les Formely-know-as-Jutra, les Félix, etc. Du reste, ce n’est pas un exemple de plafond de verre, la musique black gagne un tiers du temps depuis 1970. Il se trouve que le choix de ce genre de prix est souvent traditionnaliste, car les plus vieux (qui votent en majorité) ne s’intéressent plus tellement à la musique jeune (c’est probablement pire en musique qu’en cinéma: les gens restent bloqués dans leur passé qu’ils idéalisent).

    • Oui ghost, à la différence que les gros noms dont les Grammy ont cruellement besoin commencent à ne plus s’y montrer la face. Justin Bieber (6 nominations), Kanye West (8 nominations), Drake (8 nominations)… La défection pourrait être plus considérable l’an prochain.

    • En fait, tout le monde peut gagner. Comme la musique est de plus en plus parcellisée en niches, les gagnants doivent gagner avec un petit pourcentage. L’année que Steely Dan a gagné, les vieux ont dû voter en masse pour lui, alors que les jeunes votants se sont divisé le vote. Steely Dan devait avoir 18% et Eminem 17%, même si Eminem était deuxième sur la liste de beaucoup de jeunes et Steely Dan dernier. Même chose pour Arcade Fire: tous les indie rocks snobs ont voté pour eux, le reste s’est divisé le vote.

      Après, qui est le meilleur entre Steely Dan et Eminem? On ne parle même pas du même art… Comme comparer une ballerine de ballet classique avec une danseuse contemporaine qui fait du kung-fu mais qui serait pas foutu de faire un pointé même si sa vie en dépendait…

      Ce serait simple si un album pouvait courir le 100 mètres en 9s ou 10 s. On pourrait les enligner sur la ligne de départ.

    • Enfin… méchante bouillie. Chose certaine, voilà une autre illustration de la polarisation en cours au sein de la société américaine.

    • Je ne crois pas que la compilation des votes récompensent les meilleurs bien que parfois oui, cela récompense des artistes méritants mais pas forcément les meilleurs. Certains galas sont mieux que d’autres mais le vote vient gâcher la sauce alors que si on regarde des listes individuelles de connaisseurs ou même ceux un peu moins et ayant le droit de vote. La personne fait des choix intéressants ou à des arguments qui le sont. Mais son vote,il se fait noyer comme tous les autres par la masse des votes et est-ce vraiment la volonté des votants.

      Ils sont combien admissibles à voter ? Ils peuvent le faire jusque dans 15 catégories ? Les bulletins de vote ressemblent à quoi ? Cela marche par pondération aussi ? Ont-ils vraiment écouté tous les albums pour lesquels ils votent ?

      https://www.grammy.org/recording-academy/awards/grammy-awards-voting-process

      https://www.grammy.org/recording-academy/awards/voting-process/faqs

      On aurait les chiffres de la firme comptable,serions-nous plus avancés ? On ferais la rencontre d’un échantillon de votants alors et qu’on imaginerait représentatif et disons des votants pour l’album de l’année, on pourrait aussi leur demander quelques-uns de leurs autres votes.

      On sait même pas si cela est serré comme vote non plus.

      Les membres votants peuvent avoir du talent pour leur métier mais cela ne veut pas dire qu’ils sont bons pour évaluer tous les albums. Une personne est un musicien de studio disons et voterait pour un tel album car un de ses bons amis y a participé. Il ne serait même pas plus fan que cela des artistes en nomination. Go un vote !

      Pour le racisme disons que des artistes noirs ayant le droit de vote arrêtent de voter car ils pensent que cela ne donne rien et perdent confiance. Et si le vote était serré ?

      Lady Gaga a voté ? Cher , elle ? Jermaine Jackson ? Peu importe qui…

    • Il doit y avoir des artistes votants qui n’ont pas fait d’album depuis 30 ans et qui ont voté Steely Dan parce que c’est le seul nom qu’il connaissait sur le bulletin, même si Dan le godemiché avait fait son moins bon album en carrière. Mais, en 1974, ils ont fait un meilleur album que Stevie Wonder, alors tout s’égalise dans le grand Talking Book of life, j’imagine…

    • Où est Kanye quand on a besoin de lui pour s’emparer du micro et crier au scandale? J’aurais décerné le Granny à Solange, de fait.

    • quel est cet accent avec lequel parle Adèle?

    • Peut-être que la théorie de ghost a du bon. J’imagine que rendre hommage aux Black Panthers dans le cadre du Super Bowl a peut-être fait grincer des dents plusieurs voteurs itou… Je n’ai malheureusement jamais croisé Beyoncé en personne, mais en photo, ce n’est pas la Black la plus noire, mettons. On est loin d’une autre superbe femme comme Lupita N’yongo. Mais le concept du One Drop n’est peut-être pas mort et enterré. M’enfin, c’est déprimant, tout ça.

      M’est avis qu’Adèle n’avait rien à gagner en prenant position de cette manière. C’est tout à son honneur. Bravo.

    • Sérieux? Un album honnête? Voyons donc! Quand on ne connaît pas quelque chose, on s’abstient de le commenter…

      NDLR: Quand on ne sait pas discuter, débarqué pour la première fois dans une zone où l’on n’est pas d’accord avec le propos, on reste chez soi.

    • Je ne m’étonne plus des choix des Grammy qui ont perdu le peu de crédibilité qui leur restait il y a une bonne dizaine d’années (je ne les regarde plus d’ailleurs depuis longtemps). Ça demeure pourtant désolant à constater. Tout le monde est perdant dans cette histoire. L’académie démontre encore une fois qu’elle est vieillissante, essentiellement masculine et blanche, vivant dans une bulle isolée du monde. Les gagnants se retrouvent pris dans une spirale qu’ils n’ont rien fait pour mériter. Adele et Taylor Swift l’année dernière ne méritaient aucunement le trophée d’album de l’année, mais ont tout de même chacune proposée un album commercial de grande qualité qui se retrouve malheureusement attaqué parce qu’elles se sont fait attribuer un trophée qu’elles n’auraient pas dû recevoir. Pour les perdants, ils se détachent un peu plus d’un gala qui a pourtant cruellement besoin d’eux pour continuer d’exister. L’industrie se conforte dans la création de produit au lieu d’album de qualité. De façon générale, c’est le rappel que la fracture et le malaise actuels dans la société américaine ne fait que s’accentuer. Dans le climat actuel, Lauryn Hill et Outkast n’auraient jamais emporté le titre d’album de l’année. Ils auraient gagné des trophées secondaires, mais jamais les grands honneurs. Si une puissante mégastar comme Beyoncé ne peut faire reconnaître sa voix par l’académie lorsqu’elle a quelque chose à dire sur sa vie en transcendant ce propos sur la société dans laquelle elle vit, comment des voix plus précises comme Kendrick, Solange et Run the Jewels pourront-ils être reconnus à leur juste valeur pour leur apport important à décrire avec justesse notre époque?

    • @ aorame

      L’accent d’Adèle est un mix d’accent Cockney et Estuary, qui sont assez similaires.
      C’est très working class et typique des quartiers où elle a grandi (Tottenham et South London).

      Je n’ai pas le temps d’élaborer mais voici plus d’infos
      https://en.wikipedia.org/wiki/Cockney
      https://en.wikipedia.org/wiki/Estuary_English

      J’aimerais mentionner que les réactions en ligne sont très mitigées. Plusieurs commencent à en avoir soupé de Beyoncé qui arrive comme la Sainte Vierge. Lemonade n’a pas fait l’unanimité. Oui Adele chante bcp le même type de chansons mais elles sont très réussies.
      Bref, ce n’est pas un vol de la part d’Adele.

    • Pourquoi Lionel Richie a gagné en 1985 ? C’était dans l’air du temps ?

      Le vote final parmi les nommés.

      On a rien pour analyser le vote et ses professionnels, ce sont tous des artistes ou sinon très proches du milieu. Pour le terme académie ? Oui mais , ils ne se réunissent pas ?

      Ce sont les membres payants et qui satisfont ont condition d’éligibilité pour voter ? Cela fait combien de monde à la messe ?

      https://www.grammy.org/recording-academy/member-benefits

      https://www.grammypro.com/join

      Il doit avoir plein d’histoires… La personne l’aurait été mais ne veut plus ou encore elle oublie de renouveler sa cotisation, elle vote trop tard, elle boude une catégorie d’album.

      On additionne les subjectivités individuelles et on s’attend à un vote objectif ?

      Le tout est supérieur à l’ensemble de ses parties ? Il y a pas de discussions ou pas entre tous les votants. Il y a plusieurs influences et oui si on analyserait le vote comme aux élections on verrait des tendances mais en même temps ces paniers là sont réducteurs, parfois tu suis le groupe, d’autres fois non et tu appartiens à plusieurs ensembles.

      https://www.grammypro.com/sites/default/files/57528_ra_voting_final1_0.pdf

      L’année que Kanye West s’est insurgé, avait-il le droit de vote et avait-il voté pour Beyoncé pour l’album de l’année ? Un vote ne fait pas la différence mais si plusieurs oublient, d’autres boudent…

      Les Grammys doivent avoir leurs statistiques. Mais encore là, le vote reste secret,juste les vérificateurs-comptables voient cela devant leurs yeux et concilient pour que cela reste confidentiel et anonyme.

      On parle d’art, de qualités esthétiques, de goûts, c’est très personnel.

      http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/706029/kanye-grammy-scene

      Le nous contre eux. Il ne serait pas supposé être membre lui ? Bien alors il doit s’inclure avec les autres dans le vote ou alors le respecter.

      Cela ne mesure même pas l’intensité des préférences, la passion. Tu peux être 3 contre 100 et les faire changer d’idée ou au moins obtenir un vote majoritaire si tu fais une assemblée sauf que s’il y a trop de monde et trop d’idéologie cela va faire comme pour les grèves étudiantes dans les Cégeps.

    • Il peut y avoir des explications sociologiques mais aussi plein de raisons individuelles dans ce processus et en bout de piste c’est pas mal le hasard, le destin ou à la grâce de Dieu que cela se décide. Ceux qui ont droit de vote et qui continuent à être membres et malgré leurs doutes et qui font ce qu’ils considèrent leur devoir vis-à-vis de l’industrie. Impliquez-vous ! Bon mais leur raison première c’est d,abord de faire leur travail comme il faut et non évaluer leurs pairs.

      Ce processus là doit en frustrer plusieurs alors que d’autres doivent relativiser.

    • Les votants sont 13 000? 13 000 membres éligibles à voter ? Quel est le taux de participation au vote ? http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1016777/racisme-des-artistes-et-des-journalistes-denoncent-les-grammy

      Imaginez si seulement 800 ont voté dans certaines catégories ou alors 5000 pour l’album de l’année… On le sait pas… Puis une personne ayant le droit de vote n’ayant pas voté fait ensuite sa crise sur Twitter ou en pleine cérémonie ? C’est peut-être eux qui ont fait perdre l’artiste en étant dans la prison de leurs pensées. Ils sont racistes, inutile de voter ou encore, on ne renouvelle pas sa cotisation ou je ne sais trop. Ils peuvent avoir de très bonnes raisons d’agir ainsi quand même. Tu peux te tanner.

    • “…en bout de piste c’est pas mal le hasard, le destin ou à la grâce de Dieu que cela se décide…”

      Lecteur, il n’y a certes pas de conspiration derrière tout ça, pas de stratégie planifiée. Un tel vote exprime néanmoins une tendance parmi tous ces votants. Je ne crois pas ici à l’effet du hasard. Morten505 en explique bien le contexte, je crois.

    • ”Et, franchement, Metallica s’enlise depuis des lustres, sauf un tout petit regain de créativité au dernier album. ”

      En fait, ce ”regain de créativité” est survenu avec l’album précédent, mais je crois qu’il y a une confusion entre ”retour au thrash métal” et ”regain de créativité”. Ça fait du bien de voir ce band enfiler de nouveau des pantoufles confortables, mais pour la créativité, on repassera, même si les deux derniers albums ne sont pas leurs pires et ont leurs ”moments”. On a le plus souvent affaire à une succession de riffs qui rappellent la belle époque, mais qui sont souvent mal assemblés, sans âme ou fougue. Le résultat est désincarné, fait sur mesure pour ce qu’est devenu le public de Metallica : des riffs thrash métal pour des gens qui n’écoutent pas de thrash métal ou même carrément pas de métal du tout.

    • morten505 résume bien l’affaire.

      Une analyse d’Ann Powers dans NPR Music :

      http://www.npr.org/sections/therecord/2017/02/14/515024057/the-problem-with-the-grammys-is-not-a-problem-we-can-fix

      Mme Powers vise juste à plusieurs égards, notamment quand elle affirme qu’Adele maternalise Beyoncé :

      « Adele herself is a blue-eyed soul singer who began her education listening to Destiny’s Child, Beyoncé’s former group, at age 11. “My life is Beyoncé,” she said while accepting her honors, at one point asking the very pregnant star if she would be her “mummy.” That odd and frankly somewhat inappropriate gush (for one thing, Beyoncé is only eight years older than Adele) may have been inspired by Beyoncé’s own extravagant living tableau of a Grammy performance, which conjured African goddesses, her sister Solange and Cher in celebrating the divine side of motherhood. Yet the comment also inadvertently conjured a long and problematic history of black women being asked to serve as “mothers” to white women — as domestics, as often unacknowledged mentors, and as uncredited artistic sources. »

    • « On a le plus souvent affaire à une succession de riffs qui rappellent la belle époque, mais qui sont souvent mal assemblés, sans âme ou fougue. Le résultat est désincarné, fait sur mesure pour ce qu’est devenu le public de Metallica : des riffs thrash métal pour des gens qui n’écoutent pas de thrash métal ou même carrément pas de métal du tout. »

      Difficile de mieux dire. Suffit d’aller voir sur youtube le concert donné en 1989 à Seattle pour constater ce que le groupe a déjà été. Aller voir Metallica est devenu un happening (aurez-vous la chance de taper dans une belle balloune noire?) alors qu’à une autre époque, le show pouvait servir à un fin défoulement. Metallica semble être devenu un produit Gamick international. En vente partout.

    • Remarque, Atchoum, que je suis bien content dans ma bagnole d’entendre Moth into Flame à CHOM comme j’étais content d’entendre Enter Sandman à la radio en 91, mais au bout du compte, tout ça me donne surtout le goût de retourner à Ride the Lightning.

      Bon, j’arrête et je laisse le sujet du billet progresser tranquillement.

    • « Un tel vote exprime néanmoins une tendance parmi tous ces votants. »

      Tendance lourde en calvâsse! Un autre extrait du texte d’Ann Powers :

      « Here are some facts, laid out by music scholar John Vilanova when Taylor Swift won the 2016 album of the year in a field that included the widely praised rapper Kendrick Lamar. “In the last ten years, there have been seventeen nonwhite artists nominated for the Grammy Award for album of the year,” Vilanova wrote. “Of those seventeen, the only winner was Herbie Hancock in 2008. His album was a collection of covers of songs by the white folk artist Joni Mitchell.” »

    • La toune qui résume encore et toujours le mieux tout ça :

      https://www.youtube.com/watch?v=b8epyQ5MnFY

    • Les Grammys, ça sert à ça: faire parler, faire la une des journaux, des revues, remplir les blogues, faire repartir la machine à musique. C’est pratiquement une condition opératoire qu’il y ait des choix ridicules. Secrètement, Alain doit être très heureux qu’Adele ait reçu ce prix, surtout après une série d’articles plus intimes…

    • @ orange :

      Clairvoyance et causticité font plus qu’analyse ni révolte, comme on dit! ;-)

      Les Grannies, c’est ça, et ça résume bien l’histoire de la musique américaine (j’en rajoute une couche)… Des albums des artistes suivants sont en concurrence dans la même catégorie :

      - Thelonious Monk et Dave Brubeck – Le Brubeck gagne
      - Martha and the Vandellas et Dusty Springfield – Le Dusty gagne
      - Little Richards et Elvis – L’Elvis gagne
      - Chuck Berry et les Stones – Le Stones gagne
      - Willie Dixon et Led Zep ¬– Le Zep gagne
      - Funkadelic et Average White Band – L’Average gagne
      - Barry White et Tom Jones – Le Tom gagne
      - De La Soul et Beastie Boys – Le Beastie gagne
      - Beyoncé et Adele – L’Adele gagne

    • C’est pas mal ça. Sauf qu’on est en 2017, comme dirait Justin. Tout de même incroyable…

    • À mon avis, David Bowie méritait le trophé. Ce n’est même pas une question de gout personnel (bien que Blackstar est probablement aussi mon favori de 2016 parce qu’il m’a beaucoup ému).

      C’est simplement ce que le consensus critique s’est accordé de prononcer, comme on peut le constater sur ces deux listes qui recensent les “best ofs” ou listes de top pour l’année 2016.
      Dans les deux cas, Beyoncé se retrouve en position 2, après Bowie (ce n’est pas la même liste, vous y verrez des différences qui dépendent des journaux ou critiques que chaque site a considéré):

      http://www.metacritic.com/feature/critics-pick-top-10-best-albums-of-2016

      http://www.albumoftheyear.org/list/summary/2016/

      Il ne faut pas confondre avec le recensement des grades durant l’année 2016, qui lui donne un résultat fort différent, avec Nick Cave & The Bad Seeds en position 1 (mais Beyoncé en position 2 ou 3 selon le site). À mon avis, les listes plus haut sont beaucoup plus fiable, parce qu’elles concernent un verdict final, le moment à la fin de l’année où le critique repense son affaire et se dit quelque chose comme “Ah mais… C’est vrai que c’est Blackstar qui a réellement été l’album marquant de l’année…”:

      http://www.albumoftheyear.org/ratings/6-highest-rated/2016/1

      http://www.metacritic.com/feature/best-albums-of-2016

      Je trouve que les Grammys devraient normalement être en accord avec le consensus critique. Le décalage est surprenant. Parcontre, j’accepterais que la meilleure chanson de l’année soit basé sur les ventes. Après tout, la majorité des gens n’achètent que des singles, et je trouve correct que la “masse” décide de la chanson qu’elle a préféré.

      Personnellement, comme Luc j’ai préféré Solange à Beyoncé, mais tellement d’autre chose. Il n’y a pas grand truc aux Grammys qui est ma tasse de thé. Ok, il y a la section alternative, j’ai trippé Iggy Pop, j’apprécie Bon Iver. PJ Harvey a fait un bon “part 2″ de quelque chose.

      C’est probablement Anderson .Paak, qui après Bowie est l’artiste qui m’a le plus impressionné dans cette liste de nominés Grammys. Il a rien eu je crois. Mais non, il a perdu contre Chance The Rapper. Alors lui j’avoue, j’ai eu de la misère avec Coloring Book. C’est trop ostentatoire et contradictoire, de la musique d’église du dimanche avec des invités qui ailleurs promeuvent le banditisme. Ultralight Beam de l’album raté de Kanye West était du bien meilleur “gospel-rap” (le terme populaire pour décrire le style de Chance The Rapper). La seule chose que je reconnais c’est que l’album est ambitieu, mais selon mon avis il est surestimé, comme…. euh… bien… celui de Beyoncé là (oops).

      Sturgill Simpson a aussi offert un album de talent qui n’est pas toujours dans mes cordes (çà dépend de la chanson), mais il méritait ce Grammy, c’est une production impressionante.

      Électronique: Bah, dans cette liste, Underworld sans hésiter, ne serait-ce que pour l’atmosphère faux-punk de certaines pièces, mais j’ai pas beaucoup écouté après l’emballement de la première écoute.

      Surpris que Beyoncé a perdu contre Rihanna aux American Music Awards (!!), mais j’avoue… que… euh…. Je pense que je préfère la première moitiée de l’album Anti de Rihanna à Lemonade (de Beyoncé) (arrgh). C’est juste que les tunes sont solide, désolé. Mais Anti se gâte très vite à mi-chemin. Lemonade est supérieur comme album, surtout si on considère le film qui accompagne l’album. Avec le film (et ses nombreuses références à des artistes “high-art”), Lemonade monte très haut, et c’est là que je reconnais mieux l’impact qu’à eu l’album. La performance mémorable aux Grammys était d’ailleurs en continuité avec le style plus expérimental du film (comparé à l’album), dans le sens que j’ai été en suspens davantage par l’emballage, le texte parlé, le théâtre, la vidéo superposée, que la performance chantée en tant que tel. Il y a un peu de Madonna là-dessous, qui fait du parlé par dessus des intros vidéo depuis lurette, mais le sens qu’a donné Beyoncé à son texte était très fort durant les Grammys, surement une des performances les plus mémorable de l’histoire du gala.

      C’est vraiment moche pour Beyoncé son trophé “Urban”, çà sonne cheap. Je comprends qu’ils veulent dire, un son “Downtempo”, comme du R&B mélangé avec du hip hop, du triphop, ce genre de truc. Mais… C’est que Lemonade de Beyoncé ne fait pas que çà, ni Anti de Rihanna. Le fait que dans la catégorie album Urban, les artistes ont la peau noire, et les artistes de la catégorie album Pop, les artistes ont la peau blanche… Bon sang c’est comme le Billboard des années 40 et 50. C’est comme de la ségrégation à peine cachée. Ridicule!!

    • Exact, Sultitan. Effectivement ridicule. Et je suis d’accord avec vous pour Bowie, il aurait fort bien pu gagner Recording of the year ou Album of the year et… il a gagné l’album alternatif de l’année… à 70 ans haha! Remarquez, même sur son lit de mort, il était plus jeune de coeur et artistiquement alerte que l’immense majorité des pop stars en lice.

    • Adele voudrait que Beyoncé soit sa maman, Faith Hill aussi. Ce qu’en pense l’auteur et journaliste Denene Millner :

      http://www.npr.org/sections/codeswitch/2017/02/15/515060729/beyonce-is-not-the-magical-negro-mammy?utm_source=facebook.com&utm_medium=social&utm_campaign=npr&utm_term=nprnews&utm_content=20170215

    • *l’auteure

    • Dans le secteur country, le Granny de Sturgill Simpson est tout de même réconfortant : les sépulcres blanchis ont, de façon probablement involontaire, reconnu un album qui se distingue du gros de la production country par ses textes relevés, sa rugosité sonore, son recours aux cuivres R & B, bref son aura hippie, un truc qui n’est sans doute pas plus populaire aujourd’hui chez le fan de country lambda qu’à l’époque de la bastonnade infligée à Jack Nicholson dans Easy Rider.

      L’ironie, c’est que Beyoncé avait soumis sa chanson « Daddy Lessons » – une chanson indéniablement country, comme l’a écrit sultitan en ce blogue et comme l’a bien démontré l’écrivaine, auteure-compositrice et prof d’université Alice Randall – au volet country de la Recording Academy, qui a bien sûr rejeté cette demande avant de décerner son Granny de l’album country de l’année à un truc qui se distingue, très notamment, par l’accompagnement des Dap-Kings, le backing band R & B-soul-funk de la regrettée Sharon Jones. Allô la cohérence?

      D’ailleurs, tout le scandale entourant l’authenticité country de Daddy Lessons ainsi que les réactions négatives à prestation de Beyoncé au Country Mucisc Awards avec les Dixie Chicks, c’est vraiment de la grosse marde sectaire.

    • *à la prestation

    • Une certaine Alison Bonaguro, chroniqueuse ou j’sais pas trop quoi à Country Music Television, avait écrit un billet particulièrement débile au sujet de la non-authenticité country de Daddy Lessons, d’ailleurs.

      Le country, musique blanche immaculée? Comme si le country et ses diverses variantes n’étaient pas perméables aux influences de la musique afro-américaine, depuis toujours. Comme si de grands chanteurs et musiciens afro-américains comme Rhiannon Giddens – dont j’écoute le mirifique album « Freedom Highway »en ce moment même – ne contribuaient pas à façonner et à enrichir cet idiome. Comme si le folk, le gospel, le blues et le jazz n’y étaient pour rien, dans le cibouâre de country. Comme si la trompette qu’on entend dans le « Blue Yodel No. 9 » que Jimmie Rodgers a enregistré en 1930 n’était pas celle de Louis Armstrong. Comme si la vie brève, les infortunes cruelles, les grands coups de goulot, l’affliction pas fictive des complaintes et la mort par trop prématurée de Robert Johnson et de Hank Williams ne rendaient pas leurs musiques gémellaires.

    • « Yet the comment also inadvertently conjured a long and problematic history of black women being asked to serve as “mothers” to white women — as domestics, as often unacknowledged mentors, and as uncredited artistic sources. »

      Le film La couleur des sentiments donne une petite idée de la vie de ces domestiques. Dans l’une des scènes du film, la journaliste demande notamment à une domestique ce qu’elle pense d’avoir élevé les enfants des autres, mais de ne pas avoir eu le temps d’élever les siens. Pas de réponse… Et les élever à devenir leur boss.

      http://www.lapresse.ca/cinema/201207/23/49-2538-la-couleur-des-sentiments.php

    • « Le fait que dans la catégorie album Urban, les artistes ont la peau noire, et les artistes de la catégorie album Pop, les artistes ont la peau blanche… Bon sang c’est comme le Billboard des années 40 et 50. C’est comme de la ségrégation à peine cachée. »

      Ce raisonnement date de 1896. Il est basé sur le XIVe amendement de la Constitution des États-Unis :

      « l’objet de l’amendement est sans aucun doute d’imposer une totale égalité des deux races devant la loi. Mais de par la nature des choses, il ne peut avoir voulu abolir les distinctions fondées sur la couleur, imposer une égalité sociale par opposition à politique, ni le mélange (comingling) des deux races selon des termes qui ne seraient satisfaisants pour aucune. Les lois permettant ou même imposant leur séparation, dans les lieux où elles pourraient entrer en contact n’implique pas l’infériorité d’une des races par rapport à l’autre (…). »

      C’est le principe de Séparés, mais égaux. Ségrégation.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Plessy_v._Ferguson

    • Ce sont des problèmes sociaux réels mais on semble pas avoir les bonnes solutions ou en avoir vraiment.

      Regarder le nombre total de Grammy est insuffisant ? Bien oui, ils n’ont pas tous la même valeur… Celui de l’album de l’année ? Les personnes votantes peuvent avoir des préjugés raciaux ou non, mais personne a le même background. Ils votent peut-être pour leurs amis simplement. Et vous voyez même au Québec, tiens les amis de plusieurs sont presque tous blancs.

      Pour les Oscars ou ceux au Québec, les coiffeuses votent pour le film ? Il peut y avoir un prix spécial pour cela mais elles vont encore voter pour les coiffures ou pour leurs goûts personnels ?

      Ils peuvent ne même pas avoir écouté le disque nommé qui est en compétition contre et même celui pour lequel ils votent. Tiens c’est mon chum cela, il a travaillé sur le disque à Bieber bien mon vote va à Bieber. J’aime pas ses cheveux.J’aime pas ceci ou cela… Cela peut être aussi nono que cela, professionnels ou pas. Si tu ne fais que voter. Tu ne suis pas un barème d’évaluation et s’il y en avait un ce ne serait pas mieux, c’est trop personnel, esthétique, artistique. Le critique lui peut avoir un semblant de barème mais ce n’est pas un correcteur d’examens ni un Jacques Duval qui fait son guide de l’auto.

      Pour les artistes au surplus plein de potins et rumeurs peuvent courir et influencer. Qui dit que c’est Adele qui prend les votes à Beyonce et non Drake ?

      Il faudrait faire comme des élections à plusieurs tours… Pour se retrouver à un duel à deux. Encore là, cela pourrait fruster les voteurs.

    • Je rejette le commentaire de Denene Millner. C’est elle qui fait une projection de l’histoire des stéréotypes racistes américains sur la chanteuse Adèle. Je suis d’abord contre l’idée de séparer la culture en termes raciaux, tel la “culture blanche” ou, la “culture noire”. Le contexte de la culture british a peu à voir avec celui de la culture américaine, et le stereotype ancien de la “mammy negro” n’a pas grand place dans la culture anglaise depuis lurette. Bref, tout ce que la pauvre Adèle a dit était en rapport avec la performance aux Grammy de Beyoncé qui était clairement à propos de la maternité, ou même appuyant un lien entre maternité et divinité. La louange d’Adèle était adéquate.

      Ceci dit, en effet c’est une autre ironie cette histoire à propos de Daddy Lesson.

      Il y avait une compilation l’an passé de western, “Southern Family”, dont le thème je me rappelle m’avait donné un petit malaise au départ à cause de la polémique encore récente entourant le drapeau de la confédération. Mais finalement l’album termine avec le juste point, de rappeler l’importance de l’apport de la culture afro-américaine à la culture western du sud.
      Ils ont même un vidéo de cette chanson de Rich Robinson, qui se retrouve à faire un commentaire politique à travers cette contribution:

      Rich Robinson – The Way Home (bien non la chorale gospel est pas nommée, çà a l’air qu’il faut pas leur en demander trop aux américains blancs (tousse):
      https://www.youtube.com/watch?v=Tycfn1yEPLE

      Quant au western ou folk américain dont le chanteur ou chanteuse a la peau foncée, en fait il y en a une bonne liste depuis longtemps, mais ce n’est pas à moi de la faire. Je suis contre le principe de faire une telle liste, sauf si une personne a elle-même une peau foncée et cherche à s’identifier. Je ne catégorise que par le son ou le genre.

    • Racisme sytémique, peut-être, sans doute – encore que Stevie Wonder ait gagné à répétition de 1972 à 1977, Michael Jackson itou, et Roberta Flack, et Lauryn Hill et…
      Le problème, c’est que les Grammys ne reconnaissent généralement le talent qu’après-coup, exactement comme les Oscars. Académie ou pas, ce sont d’abord des concours de popularité. Les années ou la marge s’immiscent dans le mix, on dit les Grammys déconnectés (voir Arcade Fire et The Suburbs). Quand les Oscars récompensent des films indies, on dit qu’ils sont déconnectés de la masse, et qu’il faut élargir la sélection pour que Batman ait une chance de gagner !
      Et je me rappelle l’année ou Olivia Newton-John l’avait emporté sur le Court and Spark de Joni… Ayoye.

    • http://www.lapresse.ca/arts/musique/201702/20/01-5071384-drake-accuse-les-grammy-de-le-cataloguer.php Un autre, mais c’est qui vote, tous les membres votants ? Drake vote-il lui-même ? Pour les catégories, votre album ne doit-il pas être inscrit dans la catégorie pour avoir une chance de gagner ? C’est qui qui s’occupe de cela pour l’artiste ?

      Pour toutes les catégories qui ont été créées c’est qui qui a fait cela ? Les dirigeants et avec plein de comités venant de tous les horizons de l’industrie ?

      Tu veux être inclusif mais tu crées plutôt des paniers. En même temps, des albums ont rien de rien à voir un avec l’autre. Est-il meilleur ou pas ? Si tu ne fais pas de catégories ce sera encore plus arbitraire et en faisant voter plein de monde cela fait un tout incohérent.

      Si tu mets un groupe donné, un jury de telle tendance, bien cela va faire des choix cohérents mais tout autant injustes. Tu es NOMMÉ c’est déjà beau ! La reconnaissance c’est de ton public que tu dois la rechercher d’abord, les honneurs cela doit être des bonus seulement. Ce sera toujours subjectif.

      Il y en a trop de prix et en même temps beaucoup d’artistes sont méritants. Les classifications ne peuvent pas avoir de sens, c’est de la musique point. Michael Jackson ? Funk ? Disco ? R&B ou Pop ? On le sait plus…

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