Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 10 février 2017 | Mise en ligne à 16h38 | Commenter Commentaires (14)

    Must hivernal: Run The Jewels 3

    Run the Jewels 3

    El-P et Killer Mike épatent la galerie en ce début d’année (ou toute fin 2016) avec cet excellent album, soit le #3 sous la bannière Run the Jewels.

    Le fameux tandem se défend d’être politique ou militant comme l’invité de la 14e pièce au programme (A Report To The Shareolders/Kill You Masters), le tribun incendiaire Zack de la Rocha (Rage Against the Machine).

    Le tandem ne fait pas dans l’indie rock comme l’invité de la 8ème (Thieves ! (Screamed the Ghost), le chanteur Tunde Adebimpe.

    À la 5e (Hey Kids) diffère esthétiquement du travail du MC invité, Danny Brown, remarquable au demeurant.

    Ne fait pas dans le jazz modal revival comme l’invité de la 13e, le ténorman Kamasi Washington. Run the Jewels reste Run the Jewels du début à la fin, réussit à faire monter les enchères en prévision du rendez-vous fixé au Métropolis.

    Deux gars et un DJ suffiront amplement à en faire sauter le plafond. Le flow de Killer Mike est à son meilleur, sans conteste l’un des grands maîtres du rap toutes époques confondues. Écoutez attentivement son flow en quadruples croches sur Call Ticketron, chapelet incandescent de triolets sur Thursday In The Danger… haute voltige, état d’urgence, quête de liberté et clins d’oeil tarentinesques les thèmes ici abordés !

    La réalisation d’El-P est brillante, se distingue de toutes excroissances Kendrickiennes, trap et autres tendances branchées du jour. Les élans ici proposés sont plus qu’abrasifs et révèlent un son électro s’inspirant autant du hip hop au sens large que du hardcore synthétique ou même du rock chicano prêt à donner l’assaut.

    Autre illustration de la vaste culture du réalisateur (El-P), le jeu peut se calmer par des séquences de chant auxquelles on n’avait pas été habitués. Même le saxophone de Kamasi n’a à peu près rien de jazzy dans le cas qui nous occupe, c’est dire le pouvoir d’attraction de l’esthétique Run The Jewels.

    Sorti à Noël , cet album sera considéré comme un grand cru de l’année en cours. On fera exception pour le top anglo 2017 dans une onzaine de mois.

    Et on affichera assurément présent au Métropolis, le mardi 21 février.

    LIENS UTILES

    Métropolis, calendrier

    Run the Jewels, site officiel

    Run the Jewels, profil wiki

    Écoute intégrale de l’album RTJ3 sur Spotify


    • Je suis tout à fait d’accord, cet album est de la bombe. Plus difficile d’approche par contre que les deux premiers, qui étaient plus “funky” si je peux dire. Noboby Speaks qu’ils avaient fait avec Dj Shadow me laissait présager un album dans le même style que les deux premiers, mais c’est quelque chose de totalement différent, plus dark mais moins violent étrangement. Il reste que les paroles sont toujours aussi spot on et les beats accrocheurs.

    • Pour moi, la barre était haute et les premières écoutes m’ont laissé sur ma faim. Je trouvais le propos plus pertinent que jamais et Killer Mike en très grande forme mais je me demandais tout de même si, derrière la console, El-P n’était pas tombé en mode pilotage automatique.
      Puis, petit à petit, j’embarque de plus en plus, même si je préfère encore le volume deux.

    • Vraiment bien, cette prestation intimiste sur NPR:

      http://www.npr.org/event/music/513287372/run-the-jewels-tiny-desk-concert

    • On ne peut pas dire que ça se bouscule aux portes pour commenter ce disque. Dommage… J’aurais bien aimé lire un peu plus d’opinions au sujet de la galette.

      Voici mes autres musts hivernaux jusqu’à maintenant:

      Craig Taborn: Daylight Ghosts (tout un album, le disque de sa carrière en ce qui me concerne)
      Tinariwen: Elwan (leur oeuvre la plus forte depuis plusieurs années)
      Avec le Soleil Sortant de sa Bouche : Pas Pire Pop, I Love You so Much (complètement fou, ce groupe de Montréal)
      Loyle Carner: Yesterday’s Gone (devant le Run the Jewels comme album rap de l’heure pour moi)

      Et j’attends avec impatience les nouveaux Six Organs of Admittance, Emel Mathlouthi et Thundercat.

    • Et j’attends avec encore plus d’impatience le Father John Misty!

    • Pour moi en ce moment le must hivernal c’est l’album de Sohn.

    • J’ai essayé Sampha mais à un moment donné y a un côté mielleux qui m’agace.

    • Même réaction chez moi pour le Sampha. J’aime la production et son chant plus angoissé sur une chanson comme Blood on Me, mais le côté mielleux dont tu parles, db_, me fait le même effet.

    • Percutant comme toujours RTJ! Je trouve que le 3e album a été dépouillé des artifices qui étaient omniprésents dans le 2e. Ça met en lumière leur confiance grandissante en leurs aptitudes de MC, en plus d’en permettre une meilleure appréciation.

      Ils ont tout un groove en tous cas.

    • Pendant une fraction de seconde au tout début de « Down », j’ai cru que Killer Mike entamait la chanson dite « des sept nains », « Aïe-Ho, Aïe-Ho, on rentre du boulot! ». Or, Mike dit bien « I hope, I hope with the highest of hopes », il espère, donc, ne pas se retrouver dans le secteur des revendeurs, parce c’est mauvais pour la santé.

      Je n’avais pas réécouté ça depuis avant le jour de l’An, content que vous en ayez parlé, je m’y suis remis et j’en suis heureux.

      Brèfle, votre texte, Alain, circonscrit, résume, expose et exalte parfaitement la patente. Qu’ajouter? On peut s’amuser à décortiquer les textes pendants des heures, dans Genius Lyrics, name-dropper Miles Davis, Gary Numan et Curtis Mayfield, rappeler que Mike a soutenu Berne Sanders, mentionner que la mélodie arpégée au synthé dans « Call Ticketron » nous renvoie directo à un truc semblable dans « Closer » de NIN et ainsi de suite.

      C’est du lourd, comme on dit, pas du rap franglo de slotche au melon d’eau de Couche-Tard de Greenfield Park. Je qualifierais RTJ 3 d’album préapocalyptique.

    • Luc, vous faites peut-être une franglite aiguë pour ainsi insister … ;)

    • Désolé de l’insistance mais, au-delà de ma franglophobie assumée, je ne puis que constater un écart pour le moins frappant, en matière de force, de pertinence, de cohérence et de sensibilité des textes. Un exemple :

      « At the Dem Conven my heart broke apart when I seen them March Mommas in
      As I rap this verse right now, got tears flowing down my chocolate chin »

      Des larmes coulent sur le menton de K. Mike parce que ces « March Mommas », vues au
      rassemblement démocrate, sont les mamans de neuf garçons abattus sans que les tueurs encourent de peine.

      Comparé à ceci, mettons :

      « OK, j’ai get ta copine exposed, ’était pas où est-ce qu’était supposée
      Feux d’artifices en fin d’soirée and we smoking on some explosif »

    • J’ai oublié de mentionner ces deux acolytes dont on parle peu :

      https://daily.bandcamp.com/2017/01/16/run-the-jewels-little-shalimar-wilder-zoby-interview/

    • Citation hors contexte haha !

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