Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 2 février 2017 | Mise en ligne à 7h50 | Commenter Commentaires (2)

    Beyrouth-Montréal-Beyrouth / Liban Montréal, Wake Island

    Wake Island

    Si plusieurs Libanais ayant vécu à Montréal retournent s’installer à Beyrouth ou y passer plusieurs mois par an, d’autres font le chemin inverse et choisissent de rester en permanence au Québec. C’est le cas de Philippe Manasseh et Nadim Maghzal, qui forment le très bon groupe Wake Island, qui s’est récemment illustré à quelques reprises au festival Pop Montréal.

    Philippe fait la genèse du groupe:

    “J’ai rencontré Nadim dans l’immeuble où je vivais alors que je faisais des études à l’université McGill. J’avais 19 ans, lui avait 18 ans, nous provenons tous deux des banlieues de Beyrouth mais nous ne nous sommes pas connus là-bas. Nous sommes issus de familles chrétiennes – grecque orthodoxe et catholique syriaque. Nous nous sommes connus par hasard vers 2003. J’étudiais en finance et lui a fait son doctorat en biologie cellulaire, moi j’ai fait un premier cycle universitaire et j’ai été dégoûté par le monde de la finance, ce n’était pas pour moi du tout.

    “Nous avons abandonné nos carrières. Nous sommes restés à Montréal. C’est la musique qui m’a donné envie de rester là et de faire de la musique dans la vie. Au Liban, c’était parfaitement impossible à l’époque de faire une carrière en musique. Il n’y avait pas de scène musicale. J’ai connu d’ailleurs le producteur et musicien Fadi Tabbal à Montréal lorsque j’étais dans un groupe, on faisait des reprises post-rock comme des pièces de Sigur Ros. Lui est rentré à Beyrouth et est devenu un des principaux acteurs du renouveau musical là-bas.”

    Philippe et Nadim ont d’abord fondé le groupe Intensive Care, avec deux autres musiciens.

    “C’était plus post-rock avec des accents prog. Ça a évolué tout seul, surtout quand nous avons changé de batteur en 2012, nos envies musicales ont changé, le groupe a changé de nom. L’an dernier, nous nous sommes retrouvés à deux dans le groupe et nous avons choisi de faire une musique plutôt électronique, un peu techno, un peu synthpop, un peu dream pop, tout en gardant un pied dans le rock. On garde la guitare, mais on la traite différemment, nous travaillons beaucoup avec la technologie Ableton. En 2015, nous nous sommes enfermés dans un chalet près de Sutton et puis nous avons appris à utiliser les logiciels et les outils électroniques pour les adapter à nos projets musicaux. Au fond, l’esprit est rock et l’exécution de nos chansons mène ailleurs. »

    Ainsi, Philippe chante (en anglais), Nadim joue la guitare et les deux musiciens s’affairent à jouer les claviers et bidules électroniques, en témoigne le récent album Out, enregistré aux fameux studios Breakglass que pilote Jace Lasek.

    « L’idée est de proposer un mélange analogique-numérique, soit apporter un peu de chaleur dans la musique électronique – avec la guitare et la voix, par exemple.

    Wake Island est un archipel en soi: Montréal d’abord, mais aussi New York et Beyrouth sont les deux autres îles de l’atoll personnel. Pendant plusieurs années, Philippe et Nadim ont rendu visite à leurs familles respectives sans vouloir retourner au Liban. Au fil du temps, leur musique a pris du gallon et Wake Island s’est acquis un certaine notoriété au Liban.

    « À Beyrouth, nous avons aussi un public que nous avons construit depuis trois ou quatre ans. Nous y passons plus de temps mais sans vouloir nous y installer. Beyrouth est une ville complètement folle, il y beaucoup de show off au Liban. Les gens sont prêts à s’endetter pour l’apparence… difficile de ne donner qu’un visage à cette ville.”

    Pourquoi ne pas y rentrer de manière permanente, à l’instar d’autres collègues ayant vécu à Montréal tels Fadi Tabbal, Marc Codsi ou Jade ?

    “On ne s’y retrouve pas, nous avons toujours eu besoin d’aventure. Personnellement, j’adore m’adapter à d’autres cultures, prendre le meilleur de tout ce monde que je croise. J’ai pris ce que j’ai pu prendre au Liban, mais Montréal représente pour moi un contexte parfait car je n’ai eu aucun mal de me connecter avec les cultures québécoise francophone et, canadienne anglaise, sans compter celles de plusieurs communautés qui y vivent. J’ai encore beaucoup à faire à Montréal, une ville que je préfère à New York pour la vie quotidienne et la qualité de l’intégration.”

    Wake Island, page Bandcamp

    Wake Island, page Soundcloud

    Wake Island, Facebook


    • « L’idée est de proposer un mélange analogique-numérique, soit apporter un peu de chaleur dans la musique électronique – avec la guitare et la voix, par exemple. »

      Ça s’insère tout seul dans la case New Romantic contemporain pour milléniaux qui n’étaient donc pas assez vieux pour écouter Neu! et Ultravox en temps réel.

      C’est bien fait, comme on dit. Ne pas s’attendre à un prix Pulitzer ou Nobel pour les textes, qui ne sont tout de même pas débiles. Philippe Manasseh est choyé au rayon de la voix, c’est indéniable. En fait, c’est comme du Suuns pour les préados.

      Ne pas confondre avec le groupe montréalais Islands, ni avec le groupe américain Future Islands.

    • Ni avec Gilligan’s Island

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