Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 28 novembre 2016 | Mise en ligne à 18h45 | Commenter Commentaires (30)

    Hip hop québécois, la suite… et la lenteur d’en haut

    La semaine dernière, j’ai fait un petit survol de la pop culture française pour accompagner une interview de Julien Doré, j’ai constaté que le top 20 de France était largement dominé par le hip hop local et ses dérivés.

    Pourquoi n’est-ce pas le cas en Amérique francophone ?

    La plate réalité keb, c’est qu’ici on a du mal à admettre l’immense impact de notre hip hop local auprès des jeunes générations. Que cette forme occupe tout un pan de notre notre culture musicale populaire. Que cette forme N’EST PLUS marginale ou spécialisée. Si l’industrie de la musique et les diffuseurs généralistes au Québec le reconnaissaient une fois pour toutes, des plateaux de rappers et beatmakers québécois pourraient vite devenir les têtes d’affiche de nos plus grands événements de masse et occuper régulièrement nos plus vastes amphithéâtres.

    Inutile de rappeler les succès remarquables remportés par Alaclair Ensemble, Dead Obies, Loud Lary Ajust (récemment séparés), Koriass, Kaytranada et autres Eman & Vlooper, pour ne nommer que les plus célèbres de la période récente. Le hip hop québécois, franco ou franglo, C’EST notre plus puissant mouvement pop de la période actuelle.

    N’en déplaise aux autres tendances americana, indie folk, indie rock, on en passe et des meilleures, le hop hop locale génère le plus grand intérêt auprès des jeunes francophones, il faut se rendre à l’évidence.

    Or les choses bougent beaucoup trop lentement de ce côté francophone de l’Atlantique. Le public est prêt, une vaste portion des ados et des jeunes adultes kebs ont intégré le hip hop comme leurs aînés avaient intégré le prog, le hard rock, le punk ou le grunge. Tout est prêt… sauf en haut de la pyramide.

    En tant que culture légitimement populaire, la reconnaissance du hip hop sur le territoire de la pop québécoise est à l’image du reste: frilosité chronique, crispée, péquenaude, cul-terreuse. Le Québec urbain n’est plus ce qu’il était, sa culture populaire résulte du cosmopolitisme passé au tamis de la loi 101. Musicalement, ce brassage culturel est incarné en grande partie par le hip hop local. Pourquoi ne pas en convenir plutôt que de considérer le hip hop comme une niche musicale parmi tant d’autres ? Pourquoi l’album de l’année n’est pas un album hip hop ? Pourquoi les émissions généralistes en culture y font une si petite place ? Pourquoi la FM commerciale n’est-elle pas le reflet de cette tendance majeure, vraiment populaire ?

    Toujours est-il que… après avoir fait le tour du palmarès français, j’ai lu samedi le coup de gueule de Koriass, recueilli par mon collègue Marc Cassivi.

    Inutile de souligner que le texte évoque la marginalisation erronée du hip hop québécois, vu son réel succès en salle.

    ” Si j’ai été invité à Tout le monde en parle, ou que Dead Obies a été invité à Tout le monde en parle, c’est clairement pas juste pour notre musique, mais parce qu’on incarne autre chose. Moi, c’était pour mes prises de position féministes. Dead Obies, pour leur controverse sur la langue. Est-ce qu’on va inviter un artiste rap dans une émission de télé grand public juste pour sa musique un jour? Je l’espère. Il y a de plus en plus d’ouverture, mais il y a toujours une incompréhension de ce qu’est le rap. Ça fait partie du problème” a dit Koriass à Cassivi.

    ” Il y a quand même une certaine ouverture à Énergie, a-t-il indiqué en outre. Une de mes chansons, Petit love, joue parfois en fin de soirée. Une autre (Plus haut) joue à heure de grande écoute, mais je l’ai composée pour des enfants de 5 à 12 ans dans les écoles (pour les Journées de la culture). On comprend un peu le ton recherché. Il faut que ce soit consensuel, gentil et lumineux. Et le rap que je fais et qui se fait en général, ce n’est pas ça. C’est plutôt le contraire. On a essayé de faire entrer ma chanson Blacklights à Énergie. Oublie ça! Ça parle de la mort. Ils ne veulent pas ça.”

    Encore récemment, m’a-t-on rapporté que le Métropolis était plein pour le plateau réunissant Rymz et les hilarants Anticipateurs, dans le cadre de M pour Montréal. Je puis personnellement témoigner que c’était aussi plein au Club Soda dans le même contexte de M pour Montréal, le public a pris la pleine mesure de cette belle chimie père-fils de l’excellent trio Brown que complète le DJ-beatmaker Toast Dawg. Kaytranada a gagné le Polaris en septembre, les albums se suivent et ne se ressemblent pas.

    Mais qu’est-ce que ça prend de plus ???

    Pour l’instant, d’autres recensions ne nuiront pas, à commencer par celle-c-i:

    knlo-long jeu

    Sorti en octobre l’album de Knlo, qu”on connaît sous le pseudo Kenlo Cracqnuques au sein d’Alaclair Ensemble, cet album allie boombap, soul, trap, jazz, funk, R&B, dancehall, rimes franglaises, variations intelligentes sur le quotidien de créatures hip hop locales. Les satellites s’y prennent pour des anges, tout plane et papillonne avec une belle désivolture… Très sympa du début à la fin de ces 14 titres, ce qui n’est pas rien. Le beatmaking s’y avère foisonnant et ludique, le flow un peu nasillard de Knlo s’y déploie comme la suite orchestrée de clins d’oeil goguenards. On peut écouter intégralement ce Long Jeu de Knlo sur la page Bandcamp d’Alaclair Ensemble.


    • C’était la même chose “dans mon temps”. La musique québécois alternative (Grim skunk, Groovy, Anonymus, Vulgaire machin, etc.) n’avait aucune place à la radio commerciale. Par contre, à l’époque, on avait Musique Plus. Maintenant, on a internet. Je comprends que Koriass et autres Dead Obies puissent trouver cela ennuyeux, mais la frilosité des radios ne date pas d’hier.

    • Le hip hop en général est marginalisé. Des artistes pop font des singles en collaboration avec des rappeurs, mais ils offrent plusieurs versions du single aux radios dont ceux sans le rappeur. Les radios prennent les versions sans raps. California Girl de Katie Perry et Snoop Dogg est un exemple.

    • C est pas une question d être marginalisé . C est une forme d expression en soit qui rejoint un segment particulier du bassin potentiel comme tous les autres , l opera , le punk , la musique classique etc etc etc.

      C est quoi au juste le problème ? On voudrait forcer les gens a aimer ca ? Désolé mais c est pas parce que tu passe a TLMEP que t es nécessairement une référence dans ton domaine …Je dirais meme que trop souvent tu fais partie du diner de cons…

      Ben de la misère avec ceux qui sont incapables d assumer leurs choix et leurs orientations. C est comme dans tous les domaines. Il faut être persévérants et manger son pain noir et si comme vous le prétendez nous avons affaire au courant musical principal de la jeunesse actuelle ils doivent assumer et continuer a donner des spectacles partout . La reconnaissance (et l argent ) ne tombera pas du ciel. Faut travailler fort dans la vie . T as beau vouloir révolutionner le monde il y a des choses qui ne changeront jamais.

    • Eh bien non… Justement, noirod, il ne s’agit pas simplement d’un “segment particulier du bassin potentiel” mais bien d’un segment actuellement dominant. Dans cinq ans, ce sera peut-être un autre genre musical mais, aujourd’hui, c’est ça.

    • Personnellement, ce débat ne m’intéresse absolument pas…

      J’adore TOUS les styles de musique, du classique de la renaissance au doo-wop, en passant par l’électronique, le progressif et la chanson francaise rive-gauche, mais le hip hop ou le rap comme voudrez l’appeler, je suis INCAPABLE de l’endurer plus de 30 secondes.

      Je préfère encore les jappements de chiens à l’insipide hurlement des Radio Radio et autres horreurs!!

    • Eh bien si ce débat ne vous “intéresse absolument pas”, pourquoi vous exprimer ici ? Passez à un autre sujet…

    • Pour avoir habité en France et y être allé très souvent par la suite, je trouve que justement, il y a trop d’électro, d’électro-pop et d’hip-hop dans leur palmarès (où sont les instruments analogiques?!). C’est vrai, qu’au Québec, le hip hop n’a pas assez de place dans la radio commerciale, mais on pourrait dire la même chose de plusieurs styles de musique. Je crois que le hip hop est peut-être victime de son côté provocateur (voir vulgaire et misogyne). Honnêtement, je m’intéresse au style, mais je ne suis pas un fan. J’ai beaucoup de difficulté avec le Rap franglo, genre Dead Obies, et j’aime ça quand le hip hop intègre des styles différents. Peut-être que justement, la voie pour gagner en popularité serait l’hybridation des styles.

    • Point de vue intéressant exprimé sur la frilosité des radios face au hip hop… Pourtant, le genre rap ou hip hop, j’ai l’impression qu’il domine au Québec, ou du moins à Montréal depuis des années, en compagnie du rnb-pop guimauve à la Timberlake ou Bieber. Je le remarque parce je n’aime pas ces deux genres musicaux et j’ai l’impression de les entendre partout depuis 15 ans. (Sans parler de la «culture hip hop» et de son influence sur la mode et jusqu’à un certain point, sur l’attitude de plusieurs jeunes).

      Les artistes hip hop québécois ne seraient pas suffisamment diffusés sur les radios commerciale compte-tenu de la place que le genre occupe présentement sur la scène musicale québécoise? Sans doute. Mais peut-être que la seule question à se poser est : «Qui écoute(nt) la radio commerciale? »

      J’estime que les artistes hip hop québécois peuvent se réjouir de la réceptivité des jeunes d’aujourd’hui au rap francophone. Et à l’instar de plusieurs autres artistes qu’on pourrait qualifier de plus mainstream, ils doivent se tourner vers la scène pour rencontrer leur public. Le concept même de hit radio est quasiment mort aujourd’hui… Lors des derniers galas de l’ADISQ, la quasi-totalité des chansons étaient plutôt obscure pour la majorité.

      En tout cas, chapeau bas à vous pour votre ouverture à ce genre musical dont je reconnais certains mérites, mais qui n’a jamais cessé de m’horripiler à l’exception de Wu-Tang-Klan et de Cypress Hill. Et mention spéciale à Gatineau et Loco Locass dont j’adorais le verbe, mais pas la musique. Et aussi, je reconnais que ce genre a eu une influence très positive sur les jeunes des Premières Nations qui ont pu y trouver une tribune qui a largement contribué au rapprochement interculturel avec la majorité dans les récentes années.

    • Je suis déconnecté en terme de Rap/Hip-Hop québécois (Surtout que je suis surtout un amateur de Rock/Vieux-Rock/Punk) mais je dois confesser que je trouve la pochette de l’album présenté ci-dessus…sublime! Étant photographe, j’aurais adoré être l’hauteur de cette photo! J’aime beaucoup le concept pour du Rap/Hip-Hop québécois. Tellement, que ça m’a attiré à aller écouter l’album.

      J’aime beaucoup voir la perception par mes amis à l’étranger sur notre musique. c’est parfois bien différent de ce qui nous est présenté dans les médias (Radio) ici.

      Je suis toujours étonné du succès d’Alfa Rococo et Bran Van 3000 au Mexique. J’ai des amis qui me demandent de leur amener des Disques de Misteur Valaire (amis Belges), Sans Pression ou The Lost fingers. Je souris à chaque fois que je me rappelle avoir écouté du Jean Leloup en pleine nuit en Grèce.

    • C’ est tellement vrai.

      Je fais une émission de radio avec du gospel de type urbain, street et contemporain et je fais la promotion de rap de type gospel dans cette émission. La France a minimum 10 ans d’avance sur nous le Québec dans ce style de musique et la plus grande partie de mes auditeurs sont des auditeurs hors Québec.

    • @raoul
      En effet, c’est rarement volontaire que j’ecoute la radio commerciale, mais j’etais pris jusqu’à récemment à l’écouter au travail. La pauvreté de leur Playlist à certaines heures! Ouf! Les mêmes vieilles chansons à chaque jour!

    • Qui dans le hip hop québécois est le plus streamé ?

    • Il m’apparaît plutôt triste qu’un radio comme Énergie semble être un porte étendard majeur de la culture populaire.

      C’est aussi constater que la culture populaire est systématiquement entrecoupée de publicités à caractère consumériste.

    • Well faire du hip hop et passer à TLMEP ou bien jaser avec Cassivi, cela ne m’inspire pas tellement.Pour Énergie? Je ne les écoute pas mais peut-être que le soir tard il peut arriver qu’ils passent quelques bonnes tounes ou même dans un autre genre le jour qu’une bonne puisse finir par tourner là…
      Je ne sais même pas ce que mon neveu de 19 ans écoute comme musique, c’est un sportif plus qu’un mélomane bien qu’il a fait du violon au primaire.

      C’est aux jeunes à décider et si quelque chose nos plaît ou pas nous plus âgés,tant mieux et si ceux nommés plus haut remplissent des salles à Montréal, c’est bien.

      Souldia,est-ce vraiment son vécu ?

      http://www.hhqc.com/fr/news/view/773

      Enima ?

      https://www.youtube.com/watch?v=6PgAanYdKg8

      Je tombe sur les moins bons ? Je le sais pas… J’essaye ce site là plutôt que de penser aux prix Polaris que je pense bons mais qui ne me font pas penser au hip hop.

      La fille d’un ami je pense qu’elle sort quelque chose ou vient d’en sortir… C’est en anglais maintenant… Il y a près de 10 ans, c’était plus scolaire son travail.

    • Personnellement j’aime beaucoup le hip hop façon Dead Obies, Koriass, Brown et consort s’il n’y a pas trop d’autotune, tout comme j’adore Kendrick Lamar, Anderson. Paak et cie, mais dans en tant que quinquagénaire, je suis pas mal le seul de ma gang.

      Mon fils de 20 ans est un fan fini des Dead Obies, Alaclair et Loud Laury Adjust, ce qui l’a amené vers d’autres musique québécoises comme Jean Leloup mais aussi vers le hip hop américain plus underground. Il se distingue dans sa consommation en achetant des cd lors des concerts et très peu en format numérique. J’ai parfois l’impression que le hip-hop rejoint davantage les jeunes hommes que les femmes. Mon gars et ses «homies» adorent courir les show de hip-hop à Québec.

      Ma fille de 18 ans est plus ouverte et éclectique dans ses choix musicaux, mais elle est très peu attirée par le hip-hop sauf quelques rares exceptions. Les deux aiment aller aux concerts et les billets de spectacles sont des cadeaux très appréciés dans la famille. Par-contre, la radio est pratiquement inexistante dans leur vie, tout comme la télé!

    • Bonjour M Brunet,
      Je porte également à votre attention l’excellent D-Track
      https://www.youtube.com/watch?v=mB69hGfBov4
      Les 13 Salopards
      https://www.youtube.com/watch?v=b1JRvy_LghQ

      Croyez moi, l’industrie du rap se porte à merveille au Qc… si on la compare à d’autres styles.
      Je crois que les artistes rap ont vraisemblablement le meilleur modèle d’affaires dans cette nouvelle réalité technologique.
      1. Ils misent sur les spectacles avec plein d’artistes non nécessairement du même label
      2. Ils vendent directement sur les coins de rue ou dans des commerces dédiés (exemples: salon de tatouage, boutique de vêtements)
      3. ils exploitent merveilleusement bien les médias sociaux
      4. ils créent du branding… et des exclusivités.

    • ajout… je crois que le plus gros enjeux est l’exportation du produit dans la francophonie.
      La prospérité financière de nos artistes repose sur cela.
      Mais le rap est tellement fort en France que les artistes (locaux) y sont bien installés et pratiquement indélogeables.

      Je pense pas qu’on doive s’attendre à plus que ce qu’il n’y a déjà ici… ca se passe chez les jeunes adultes et dans des médias underground… ca va demeurer comme cela… et l’avenir est là pas ailleurs.

      Koriass et Manu Militari sont vraiment des artistes extraordinaires. Mais je ne vois pas l’avantage ou la raison qu’ils soient des A… dans des médias… aseptisés anyways.

    • Blacklights en écoute plus haut, bien c’est une bonne chanson. Tu peux être touché par cela pas mal à tous les âges. Pour la radio commerciale comme Énergie, ils fonctionnent en PPM, l’écoute est trop volatile et distraite. Et qui est vraiment rendu leur public ? Les auditeurs de CKOI et Énergie sont-ils pas mal plus vieux qu’avant en moyenne d’âge ?
      S’il y a une petite ouverture pour lui, il doit la prendre mais c’est probablement normal qu’on imaginerait que cela devrait tourner plus.

      Une bonne chanson d’album et de show ne correspond peut-être pas à la radio et encore moins la radio commerciale de 2016.

    • Dur la radio web suivante qui jouent là ?

      Cormega-Rise vient de passer…

      http://rapologue.radio.net/

    • Correction ce n’est pas l’artiste qui joue qui est nommé… On ne sait pas c’est qui, les chansons changent et le titre reste le même. Quand on sait pas qui tourne cela n’aide pas beaucoup.

    • Etant issue moi meme de cette scene Rap et l’ayant quitté aux alentours de 2005, maintenant en mi-trentaine je trouve que le progrès ou la maturité décris ici ressemble plutôt a un effet placebo.
      Un gavage forcé depuis une bonne décennie d’un produit semi-fini au saveurs calquer des format du mois aux états-unis….mais fait de façon médiocre, sans personnalité mais surtout créer avec les moyens du bord comme la scene de musique alternative québécoise essaie de nous convaincre depuis si longtemps que ”c’est la nouvelle réalité les studio de chambre a coucher”.

      Des textes rejoignant qu’une infime parti de son auditoire ( deja minime) et meme voir des résumé des nouvelles de premiere page du JDM en version rap. Bref, on est a des années lumières des Oscar Peterson ou des Leonard Cohen de cette petite province d’un peu moins de 10 Millions d’habitant et encore plus loin des Lonnie Lynn ou des Abdoulaye Diarra du meme genre.
      Dire que la scene Rap est prêt a faire un quelconque impact sur l’industrie musicale c’est très mal connaitre son sujet.
      Mise a part les gentil petit ”rappeur” que vous voyez a TLMEP et les rappeurs clown, le rap apporte toujours aux oreilles de ces jeunes fan des message misogyne, violent et individualiste pour ne nommer que ceux-ci. S’agis simplement d’appliquer une couche de démaquillant pour voir ce qui se cache vraiment derriere tout se fond de teint d’acteur de cirque triste et en faillite.

      Dire que 4-5 groupe ( mentionner plus haut ) peuvent mener une vague de fraîcheur sur la pop québécoise, c’est du déjà vu et personnellement , connaissant plutôt bien se sujet c’est non merci. Surtout ave e type de materiel ”butcher”.

      J’ai honte de cette scene pour sa réclusion, son manque de maturité et son attitude de pré-pubère ( ou devrais-je dire, jeune adulte qui est rester accrocher a son adolescence ). Je parle ici de la maturité de ce type de musique au Québec et de ces vedette de sous sol d’église qui essaie tant bien que mal de donné a un genre une crédibilité quelconque ave 2-3 titres par album.
      Pour terminer, non, je ne compare pas la qualité et l’ingéniosité du Jazz avec celle du rap mais pour pouvoir prétendre être une fondation musical dans un style donné, faut d’abord avoir une personnalité artistique qui nous est propre. Hors, les pales réplique de Trap Music et d’album flop de Kanye West aux saveur électronique de la décennie précédente ”wont cut it”

      Artourne a l’usine pis dans ta chambre, paye toi du temps avec des musiciens d’impacte ( surtout des ingénieurs de son qui à connaisse le genre )mais SURTOUT repense ton projet. Ca fait toujours aussi pitié meme si ca fait longtemps que tu essaie de passé ton demo.

      On a déjà assé de notre petit cousin qui veux qu’on écoute ca nouvelle tune….traumatiser nous pas plus avec la radio pop en plus. sil vous plait.

      Merci, Bonsoir.

    • Je pense que le hip hop est sous représenté dans les grands médias du Québec parce que c’est trop associé aux clichés négatifs. Quand les gens en parlent, c’est pour parler de sexisme, de violence et de racisme.

    • Ici, on a du hip hop de mouvance jambon de banlieue de Québec, du hip hop tendance chiac de synthèse de Beloeil ou Longueuil, en passant par les pitres de service, genre Paul et Paul pour milléniaux. Bref, des « gentils petits “rappeurs” que vous voyez à TLMEP et des rappeurs clowns », comme le dit éloquemment Interesser ci-dessus. Il y a bien de doués rimeurs comme Dramatik, qui mènent leur barque noblement depuis longtemps, ou des Nomadic Massive qui auraient justement besoin d’un doué rimeur franco. Mais peut-on affirmer que quiconque a produit, ici, récemment, qqchose d’aussi ébranlant que le « We Are the Halluci Nation » de A Tribe Called Red? C’est une œuvre de cette trempe que j’aimerais entendre.

    • Luc,

      Sous-entendez-vous que le hip hop local n’est qu’un art de seconde zone ? Sous-produit à la remorque de la mouvance afro-américaine ? Sorte d’aliénation locale que portent des artistes sans envergure ?

    • Je braque mon projecteur personnel sur trois catégories de rappeurs d’ici :

      Les praticiens vaillants, honnêtes et prisés par des dizaines de milliers de fans comme Taktika, des gars qui mènent une carrière fructueuse (sans toutefois en vivre) depuis une vingtaine d’années. Fort bien, ces gars-là sont les La Chicane et les Éric Lapointe du hip hop québécois, sans grande médiatisation. Côté texte, on est loin de qqchose d’équivalent à Booba, ce dont je me contenterais, donc encore plus loin de qqchose de comparable à Akhenaton, ce à quoi je n’ose même pas rêver. Ça pourrait s’appliquer, dans une moindre mesure, aux Manu Militari, Anodajay et autres Dramatik : des auteurs, oui; des auteurs doués, moui; des auteurs qui m’épatent ou m’émeuvent vraiment? Non.

      Ensuite, les tenants du « franglais intégral » à la Dead Obies, qui prônent la tendance la plus navrante de l’histoire de la musique québécoise, à mes oreilles. Si Brel avait eu l’idée de génie d’alterner systématiquement français et néerlandais dans chacune de ses strophes, on se pâmerait encore aujourd’hui en l’écoutant? Plus j’entends cet intra-bilinguisme à la noix, plus je trouve ça imbuvable. « 21st century schizophrenic keb men », aurait pu chanter feu Greg Lake. Que des dizaines de milliers de fans ne s’en offusquent pas, hé bien tant mieux ou plutôt tant pis pour eux, ne comptez pas sur moi pour adhérer à cette anti-esthétique indigeste. La musique proprement dite, cependant, n‘est pas si mal : à quand un album instrumental des Dead Obies? Et les textes en soi, si on réussit à oublier qu’ils sont écrits en pidgin montérégien, que chroniquent ou dénoncent-ils? La condition des jeunes gens vivotant dans les banlieues, ou plutôt les hoods – sorry mon homie! – qui ceinturent Beloeil, c’est-à-dire Saint-Hilaire, McMasterville, Saint-Basile-le-Grand et Saint-Marc-sur-le-Richelieu, ou qqchose comme ça.… Chanter l’aliénation, c’est louable. Incarner l’aliénation, ça me coupe l’envie.

      Tertio, les Alaclair et autres Rednext Level, qui font dans le finfinaud léger. Ça s’écoute, ça peut être rigolo. J’avais assez aimé le XXL d’Eman X Vlooper, naguère. Mais du stock marquant? Non.

      Je pose de nouveau la question: est-ce que des praticiens du hip hop québécois ont conçu qqchose d’aussi fort, éloquent, marquant et prenant que le « We Are the Halluci Nation » de A Tribe Calld Red, au cours des dernières années? Non, à mon avis. Mais ce n’est que mon avis!

    • En prévision de sa prochaine escale de A Tribe Called Red au Corona dans quelques jours, je viens tout juste de parler à un membre du trio, que j’apprécie au plus haut point et dont je suis les activités artistiques depuis l’été 2011. Oui, le dernier album est très bon et… le beatmalking d’Alaclair, KNLO, Brown, Dead Obies ou Koriass, High Klassified ou Kaytranada l’est tout autant. Clairement, cela ne me semble pas inférieur, bien au contraire. Laisser entendre que ces bands sont des rappers de troisième division et les comparer désavantageusement à ATCR parce qu’on déroge de leur démarche linguistique, ça me semble manquer de justesse. Let’s agree to disagree sur l’évaluation générale de ce mouvement musical, populaire pour de vrai, à mon sens le plus important de l’heure au Québec. Et aussi sur la soi-disant aliénation culturelle de ses praticiens, dont les langues se fondent dans un créole urbain, processus peut-être fort différent des illettrés qui créaient jadis des amalgames linguistiques découlant de leur ignorance et de leur misère intellectuelle – encore là, il y aurait peut-être lieu de réévaluer. Voilà, en tout cas, l’approche d’une génération qui n’est pas la mienne. Je n’affirme pas la pérennité du franglais pour autant, j’essaie plutôt de le comprendre que de le réprouver du haut de mon âge et… d’une position linguistique qui ne tient peut-être plus la route dans le contexte de l’accélération du multiculturalisme dans les grandes villes du monde. Qui plus est, j’ai vu ces MC et beatmakers québécois à l’oeuvre, je suis plutôt fier d’eux.

    • Pour la première catégorie de rappeurs québécois que je tente de cerner très empiriquement, je parle de la force et de la finesse que j’aimerais entendre… en écoutant les textes, qui parfois m’épatent et m’émeuvent, mais pas outre mesure.

      Pour la deuxième catégorie, je parle de la force et de la finesse que j’aimerais entendre… en écoutant des textes (et en précisant que la musique n’est pas si mal et que les Dead Obies devraient faire un album instrumental) qui ne seraient pas livrés dans un sabir saugrenu et puéril.

      Pour la troisième catégorie, je parle de la force et de la finesse que j’aimerais entendre… en écoutant des textes émaillés d’esprit et d’humour, mais plus matures, édifiants et consistants.

      Est-ce que ces observations sur les textes sous-entendent ou laissent entendre que tous les rappeurs des catégories susmentionnées sont nécessairement des beatmakers inférieurs? Me semble que non.

      Est-ce que je nie le fait que des dizaines de milliers de Québécois sont branchés hip hop et que vous et d’autres experts relevez, à juste titre, de grandes qualités chez certains praticiens hip hop québécois, notamment quant au beatmaking? Non plus, me semble.

      J’observe. La justesse de mes observations est contestable, c’est sûr. Et je ressens. La justesse de mon ressenti est incontestable, par conte. Et rien de ce que j’ai observé et ressenti en écoutant des rappeurs d’ici – à beatmaking d’égale qualité ou de qualité supérieure, comme vous l’affirmez, mais ça passe en deuxième dans mon appréciation – ne me touche autant que ceci :

      « We are the tribe that they cannot see
      We live on an industrial reservation
      We are the Halluci Nation
      We have been called the Indians
      We have been called Native American
      We have been called hostile
      We have been called Pagan
      We have been called militant
      We have been called many names
      We are the Halluci Nation
      We are the human beings
      The callers of names cannot see us but we can see them
      We are the Halluci Nation
      Our DNA is of earth and sky
      Our DNA is of past and future
      We are the Halluci Nation
      We are the evolution, the continuation
      Hallucination »

    • Et quand je dis que la justesse de mon ressenti est incontestable, ça ne signifie évidemment pas que ce que je ressens représente une quelconque vérité universelle. Je ne peux nier ni contrôler ce que je ressens, ça m’est propre, tout comme ce que ressent qui que ce soit d’autre.

    • Bien entendu. C’est dans le ressenti que le relativisme des goûts s’exprime, après quoi on peut en discuter. ;)

    • “Dans leur parcours personnel, un certain nombre de rappeurs disent qu’ils ont connu l’échec scolaire, mais que les cours de français étaient souvent ceux qu’ils appréciaient le plus.” :

      http://www.telerama.fr/livre/rap-et-litterature-plus-proches-qu-on-ne-le-croit,151497.php

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