Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 13 octobre 2016 | Mise en ligne à 10h52 | Commenter Commentaires (115)

    Bob Dylan, prix Nobel de littérature

    BOB DYLAN AFP
    Crédit photo: Philippe Lopez, AFP

    Bob Dylan, 75 ans, a été récompensé «pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique», a annoncé Sara Danius, secrétaire générale de l’Académie suédoise qui décerne annuellement le prix Nobel de littérature ici relayée par France-Presse.

    Les tenants de l’humilité gainsbourgienne, c’est-à-dire suggérant que la chanson soit un art mineur, devront-ils ravaler leurs propos ? À tout le moins ronger leur frein !

    Pour qui la parole chansonnière peut parfois devenir un art majeur, c’est-à-dire porteur de grande littérature au-delà de son support musical, ce jour est un beau jour. Personnellement, je me positionne assurément parmi les défenseurs des grands auteurs de chansons et Bob Dylan en est le plus illustre représentant des temps modernes.

    The times they are a-changing… effectivement ! On aura mis 50 ans de modernité avant de reconnaître la qualité littéraire émanant de la forme chanson. Ce n’est pas rien.

    Lors d’une interview réalisée dans les années 90, Leonard Cohen m’avait confié avoir échangé avec Dylan sur le processus de création, lui avouant qu’il avait mis des mois voire des années à finaliser une chanson. Dylan lui aurait rétorqué qu’il avait terminé une autre en quelques minutes ! ” Deux façons de faire, deux grands auteurs de chansons, on se gardera de les comparer aujourd’hui, mais…

    La légende veut que Robert Zimmerman ait congratulé notre Leonard: “Tu es le numéro 1… et moi je suis le numéro 0 !”

    Ladite chanson à texte a eu ses heures de gloire, surtout dans les années 60, et l’attribution du Nobel à l’un de ses génies incontestables est certes la reconnaissance de son poids historique dans la modernité. Aujourd’hui, elle ne mobilise qu’une portion (très) minoritaire de fans de la forme chanson, la parole accompagnée de musique a migré en bonne partie vers le hip hop et ses formes connexes – grime, slam, etc. Il n’y a pas lieu de s’en plaindre lorsqu’on écoute des artistes de la trempe de Kendrick Lamar ou Vince Staples, mais il existe encore et toujours des paroliers de haut niveau qui ramèneront peut-être à l’avant-plan ladite chanson à texte.

    Il est certes très difficile voire impossible de prédire si la chanson d’auteur restera confinée à des cercles spécialisés…Chose certaine, cette attribution d’un Nobel de littérature à un auteur de chansons ne fera pas de tort. Chez nous, en tout cas, des auteurs poursuivent cette tradition de chansons où le texte domine la musique, je pense notamment à Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) pour ne citer que notre plus récente grande révélation québécoise à ce titre.

    Quant à Dylan, on ne peut que se prosterner devant son oeuvre, tellement elle est considérable. Malgré quelques passages à vide, l’Américain a fait preuve d’une constance hors du commun, on peut débusquer de grands crus à différentes époques de sa longue trajectoire dont le premier opus studio remonte à 1962.

    Bientôt dans www.lapresse.ca, je vous suggérerai une liste de ses 10 meilleurs albums. Quelle est la vôtre ?

    LIENS UTILES

    Discographie de Bob Dylan, wiki

    Bob Dylan, profil wiki

    Bob Dylan, site officiel


    • Autant d’applaudissements que de commentaires indignés abondent sur ce prix ce matin. Il y a de nombreux prix littéraires et de nombreux prix de musique, que l’on reconnaisse la valeur des paroles dans la chanson ne peut que me ravir.
      Par ailleurs, que les paroles du maître du protest song, ayant formé la posture de toute une génération soient honorées en cette ère Trump/Clinton me semble non seulement à propos, mais un statement en soi. Pas mal plus à propos que le prix Nobel de la paix, remis à Obama.

    • Si on a donné le Nobel à ça, que vaut l’oeuvre de Vigneault?
      Vous avez vu les autres candidats?
      A quand un Nobel québécois?

    • Une excellente nouvelle en ce matin pluvieux.
      Les gens font parfois preuve d’une arrogance incroyable face à la chanson. Je lisais des commentaires sur quelques sites français et j’ai été soufflé de voir toute la condescendance et l’ignorance face à la musique, aux paroles de Dylan. Plusieurs se demandait à quand un Nobel pour Djeunny!? C’est a croire que Bobby n’a écrit que Heaven’s Door.

      Tant qu’à moi, juste d’avoir écrit Visions of Johanna et Desolation Row mérite un prix!
      Trois Hourra pour Dylan!

    • Les gens insultés par l’attribution de ce prix montrent les limites de leurs capacités d’appréciation de la littérature, qui englobe tous les genres, pas juste la fiction ou la dramaturgie.
      Cohen aurait tout aussi bien pu l’obtenir (ou ma chère Joni).
      Perso, j’ai un gros faible pour les deux doublés Blood on the tracks/Desire (le 2e étant une coche en dessous), et Bringing it all back home/Highway 61 revisited. Après, il s’agit pour moi de chefs-d’oeuvres éparpillés sur l’ensemble de l’oeuvre.

    • Oh mercy!

    • Des détails de la conversation avec Leonard Cohen ici, tout frais: http://www.newyorker.com/magazine/2016/10/17/leonard-cohen-makes-it-darker
      x

    • Ce n’est pas un exercice facile mais voici ma liste:
      1- Highway 61
      2- Freewheelin’
      3- Bringing it all back home
      4- Times they are a-changin’
      5- Blonde on Blonde
      6- John Wesley Harding
      7- Blood on the tracks
      8- Another Side
      9- Time out of mind
      10- Desire

    • Grand fan de Dylan, je suis très content de ce prix. D’ailleurs, j’ai lu plusieurs livres à son sujet et sur ses chansons. Il y a de la matière à analyser dans ses 54 ans de carrière musicale.
      Top 10 :
      #1- Highway 61 revisited
      #2- The Times they are A-Changing
      #3- The Basement Tapes
      #4- The Freewheelin Bob Dylan
      #5- Modern Times
      #6- Bringing It All Back Home
      #7- Time out of mind
      #8- Blonde on Blonde
      #9- Desire
      #10- Blood on the tracks

    • Rien à ajouter à votre éloquent billet.

      Les dix que je préfère, pas nécessairement les dix meilleurs :

      1. Blood on the Tracks
      2. Freewheelin’
      3. Highway 61 Revisited
      4. Blonde on Blonde
      5. Time Out of Mind
      6. Planet Waves
      7. John Wesley Harding
      8. Bringing It All Back Home
      9. Love and Theft
      10. Oh Mercy

    • Le protestataire sardonique des jeunes années a aussi écrit l’une des plus belles chansons d’amour de tous les temps, Lay, Lady, Lay. Un artiste complet. And a man for all seasons.

    • Dix meilleurs albums de Dylan

      John Wesley Harding (1968)
      Blonde On Blonde (1966)
      Bringing It All Back Home (1965)
      The Freewheeling’ Bob Dylan (1963)
      The Times They Are A-Changin’ (1964)
      Modern Times (2006)
      Highway 61 Revisited (1965)
      Desire (1975)
      Nashville Skyline (1969)
      Blood on the Tracks (1975)

      Pas facile de faire une sélection car sur certains albums non listés ici il y a souvent quelques perles…
      Mon choix, pas nécessairement dans l’ordre de préférence sauf pour John Wesley Harding qui demeure mon no. 1, sentimentalement car j’y ai découvert le Bob Dylan au delà de ses chansons très connues (Mr. Tambourine Man, Blowin’ in the Wind, etc.)
      Dans cette liste de 10, il manque un album: Nashville Skyline. Mais lequel faudrait-il déloger?

      Pour ceux qui aiment les compilations, il y a les deux premiers « Bob Dylan’s Greatest Hits I et II » qui sont excellentes et qui contiennent l’essentiel des grandes chansons des années ’60.

      Quant à ce Prix Nobel, il atteste de la place qu’occupe la chanson dans la littérature. Au delà de leur succès, les chansons de Dylan ont eu une influence considérable sur la jeune génération de l’après-guerre. C’est une poésie, une littérature engagée. Les nouvelles générations ne lisent plus mais ils écoutent beaucoup de musique. Si seulement ses textes avaient la qualité de ceux de Dylan.

    • Désolé, mais l’écriture de chansons n’a rien à voir avec celle d’une œuvre de centaines de pages.

      Le processus créatif est complètement différent, le résultat différent, le but différent, le médium différent. Une chanson peut s’écrire en une petite soirée. Une longue histoire cohérente peut prendre des années, nécessite un plan, des personnages, etc. On compare des pommes avec des oranges selon-moi.

    • Meilleur album ? C’est entre Street Legal et Infidels que ça se joue.

    • - Blood on the tracks
      - Bringing it all back home
      - Desire
      - Blonde on Blonde
      - Saved
      - New Morning
      - Love and Theft
      - Freewheeling
      - Nashville Skyline
      - John Wesley Hardin

      Oui, Saved est un très grand disque. Street Legal aussi…

    • Infidels surtout pour Jokerman.

    • arnpit
      Qu’en est-il d’un poème, d’un aphorisme, d’une maxime, d’une oraison, d’un haiku…?
      Disqualifiés?

    • His Bobness est récompensé, finalement…what a day! Sans hésitation, “Blonde on Blonde”: mon album préféré; “Like a rolling stone”: ma chanson de prédilection. “Sa Roberté” est au panthéon !

    • C’est quand même fou que JRR Tolkien n’ait jamais gagné le prix Nobel de littérature après avoir créé une des œuvres les plus marquantes du XXe siècle (Le Seigneur des Anneaux, mais aussi des poèmes, des chansons, un dictionnaire, bref un univers tout entier). Il a quasiment inventé un style littéraire à lui tout seul, soit “l’héroïque fantaisie” comme disent les Franças.

      Pis, on s’entend que le Seigneur des Anneaux contient bien plus de mots/pages que n’importe quelle chanson de Dylan.

    • Quelques centaines de chansons de génie se comparent fort bien à une dizaine de romans nobellisables.

    • @alainbrunet

      “Quelques centaines de chansons de génie se comparent fort bien à une dizaine de romans nobellisables.”

      Je ne suis pas d’accord, car le travail derrière est fondamentalement différent. Une chanson peut se lire en 1 minute, un roman peut plus prendre d’une dizaine d’heures.

      Ce n’est pas du tout la même construction. Remettre ce prix à Bob Dylan semble juste hors-sujet. C’est comme remettre le prix de l’athlète de l’année à un pilote de F1. Il n’y a rien à redire contre la forme physique et le talent du pilote, mais est-ce vraiment approprié?

      Plusieurs critiques fusent justement contre la remise du Nobel à Dylan.

    • @alainbrunet

      Je ne sais pas si votre commentaire s’adressait à moi, mais comme j’ai écris à 12h16, je suis totalement en accord avec la nomination de Dylan. Je trouve qu’il y a énormément de matière littéraire dans ses chansons. Son influence a été marquante, et pas seulement dans le monde musical. Mon commentaire de 14h02 était un peu hors-sujet; j’exprimais ma surprise de ne pas voir Tolkien dans les Nobel, malgré son héritage gigantesque et son influence culturelle immense, dont dans la musique progressive des années 70. Donc, désolé du hors-sujet.

    • @ minoune99

      Il faut par son oeuvre avoir rendu de grands services à l’humanité ( donc toutel,espèce humaine, la planète entière, pas seulement le peuple québécois) et de plus faire preuve d’un puissant idéal.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel_de_litt%C3%A9rature

      Alors ? Tu peux avoir de très grands auteurs qui ne peuvent pas être considérés. lors qu’n prix littéraire ou encore Cannes pour le cinéma… C’est le jury qui décide avant le public.

      Pur le Nobel les services ont déjà été rendus et à l’humanité entière. Le Québécois n’a quasiment pas de chance pour cela.

    • @ arnpit

      La valeur d’une oeuvre n’a rien à voir avec le temps dont le créateur a pris pour la réaliser.

    • @arnpit
      Si on reprend votre comparaison au sport, je vous demande: Est-ce que le coureur de 100 mètres ne mérite pas la même médaille d’or que le coureur de marathon?

    • @arthon et arnpit

      Je corroborais le point de vue d’arthon, et m’inscrivais en faux contre celui d’arnpit qui refuse d’inscrire l’écriture chansonnière dans le corpus universel de la littérature. Même si on ne peut comparer directement les démarches littéraires (romanesque, poétique, prosaïque, dramatique, chansonnière), on peut inscrire les meilleurs textes de chansons dans une oeuvre hautement littéraire. Ainsi,le choix de ce Nobel est tout à fait défendable.

    • Il me semble qu’avec une oeuvre littéraire, chaque lecteurs y interprète le rythme.
      L’écrivain tente d’influencer le lecteur pour diriger l’ambiance, etc…

      Ce qui me fatigue avec la nomination de Dylan, c’est comment les textes sont livré, par la musique. Est-ce que les paroles de Dylan aurait le même impact sans musique?

      Mais je connais pas les critères pour ce prix, alors félicitation à Dylan.

    • Dire qu’un texte d’une chanson n’a pas de valeur littéraire parce qu’il a été écrit pour être chanté, c’est comme dire qu’un texte de théâtre n’a pas de valeur littéraire parce qu’il a été écrit pour être joué…

    • @lecteur curieux

      Les autres candidats étaient le poète d’origine syrienne Adonis ou l’écrivain kényan Ngugi Wa Thiong’o
      Allo le service à l’humanité! Allo la notorité

      Vigneault, Michel Tremblay, Victor Lévy Beaulieu, autant de Québécois qui pourraient aspirer aux grands honneurs s’ils avaient un lobby pour les “promoter” comme disait l’autre Régis
      Que font les ambassades du Canada? Que font les délégations québécoises?
      A part se poigner le beigne. Pardon, le croissant…..

    • BOB DYLAN ♥❇✴, cette semaine, sur une des radios sur mon application sur cell, écouté “Like a rolling stone” dont, je me lasserai jamais. ;-) sa voix jérémiade sans gabriel :-) me touche droit au coeur & à l’âme. Ado, dans ma cave sombre & mes idées saugrenues, j’ai usé, écouté à satiété l’album avec lui & The Band “The Basemant Tapes” enregistré réalisé en ‘1975 sur une cassette 8 pistes. J’ai découvert une des facettes musicales m’alluma. Le folk-rock avec un peu B2. Merci à mon ami-bully public, sympathique $yvain “Cyberwing” Viger ;) de m’avoir passer la gratte pour ouvrir le chemin dans ma culture musicale avec Dylan puis, Leonard Cohen. _

    • La génération de Dylan s’est reconnue dans ses mots. Je me demande même si ses textes ne résument pas le mieux une certaine jeunesse des années 60.

      Des auteurs de sa génération comme Lennon et McCartney ont cessé de chanter des trucs tel que She loves you yeah yeah yeah après l’avoir lu.

      Les textes de Dylan se suffisent à eux-mêmes. Ils suscitent des images, créent des émotions, même des éclats de rire. La musique est un plus. Pour la voix, ça dépend de l’époque…

      Connais pas assez le corpus pour généraliser, mais les textes que je lis de lui n’ont pas pris une ride. Ils traversent le temps pour s’adresser directement à la tête et aux trippes des jeunes lecteurs 50 ans plus tard.

      À ce compte-là, la force de ses textes n’est pas différente de courts mais puissants romans comme l’Attrape-cœur, le vieil homme et la mer, Pleure pas Germaine…

      Pas mal certain que les participants de ce blogue n’arriveraient pas à désigner la meilleure chanson de Dylan. Un top 10, peut-être, ferait plus facilement consensus.

    • @lecteur

      On attendait le poète d’origine syrienne Adonis ou l’écrivain kényan Ngugi Wa Thiong’o, dit l’AFP.
      Qui connait Adonis et Thiong’o en dehors de leur famille? Où est le grand service à l’humanité?

    • ”c’est-à-dire suggérant que la chanson soit un art mineur, devront-ils ravaler leurs propos ? À tout le moins ronger leur frein !”

      … Ou tout simplement dynamiter (hihi) la crédibilité des Nobel.

    • Bah je me dis, Trump comme proposition pour un des postes les plus influents de la planète alors pourquoi pas un truc écrit sur un coin de table comme Nobel de littérature!

      Et je propose un Hells Angel comme ministre des finances!

    • À chaque Nobel de littérature, il y a des dizaines d’autres qui l’auraient mérité.
      Des très connus qui en rêvent, et des «inconnus» qui écrivent bien aussi.

      Une seule personne par année va l’avoir.

      Dylan a eu son Nobel (mérité) en tant que poète. D’ailleurs son pseudo «Dylan» vient de Dylan Thomas, un poète gallois que le jeune Robert Zimmerman admirait.

      Tant mieux s’il est aussi chanteur, musicien, porte étendard d’une génération, trouble-fête, provocateur, intelligent. C’est pas parce qu’on chante (mal dans le cas de Dylan) qu’on est pas un écrivain exceptionnel.

      D’ailleurs, que Dylan ait pu avoir son statut d’icône de la chanson avec une voix vraiment ordinaire en dit long sur la puissance de ses textes.

      Tout comme François Villon, Dylan chante ses poèmes.

      La poésie cérébrale faite pour être lue est une parenthèse de 2 siècles dans l’histoire de la poésie.
      Le bon rap contribue maintenant à remettre les pendules à l’heure.

      Homère, Ovide, Rutebeuf, Villon étaient aussi des chanteurs. Dylan vient de cette tradition millénaire des aèdes et des troubadours.

      La littérature est tellement plus vaste que les pondeurs de grosses briques.

      Et pour ceux qui pensent que le nombre de pages est un critère, le Nobel de littérature serait à Stephen King depuis longtemps… Ou à Fabienne Larouche!

      Mentalité de comptable…

      Les textes de Dylan sont allés loin dans l’exploration de l’âme humaine et touchent encore des millions de gens.

      Excellent choix du comité Nobel.

    • « Si on a donné le Nobel à ça, que vaut l’oeuvre de Vigneault? »

      L’œuvre de Vigneault est inestimable, tout comme celle de Dylan. À mes yeux, mes oreilles, mon cœur et ma tête, Vigneault, le littérateur, c’est-à-dire chansonneur, conteur, poète, est tout aussi nobélisable que tout récipiendaire depuis la création de ce prix, notamment ceux des dernières années, comme Alice Munro, Patrick Modiano ou Dylan. Mais je peux comprendre les nobélisateurs : tant qu’à choisir un chansonneur, aussi bien choisir Dylan puisque c’est le plus connu et le plus marquant des 55 dernières années, à l’échelle mondiale. Il jouit de cette notoriété, de cette universalité que n’ont pas – ou n’ont pas eue – les Vigneault, Brel, Brassens, Ferré, pour ne nommer que les francos.

      En passant, Gilles Vigneault a écrit une fort belle chanson intitulée « Chanson pour Bob Dylan » :

      « Dans la prison des mots
      Qui nous désappareillent
      On frappe à mon oreille
      Avec un bruit nouveau »

    • 1-Blonde on Blonde (1966)
      2-Highway 61 Revisited (1965)
      3-Time Out of Mind (1997)
      4-Bringing It All Back Home (1965)
      5-Blood on the Tracks (1975)
      6-Oh Mercy (1989)
      7-Freewheelin’ Bob Dylan (1963)
      8-Love & Theft (2001)
      9-Modern Times (2006)
      10-Infidels (1983)

      À ne pas oublier, la série des Bootlegs Series, particulièrement les Vol. 1-3, Vol. 4 (Live 1966), Vol. 6 (Live 1964), Vol. 11 (The Basement Tapes).

      J’ai vu Dylan sur scène 28 fois depuis 1988, à Montréal, Toronto, Boston, New York, Québec, etc. Mes cinq préférés: Auditorium de Verdun (1996), Phoenix Concert Theatre de Toronto (2004), Burlington, Vermont (2009), Civic Center de Portland, Maine (2001), Agora du Vieux-Port de Québec (2002).

    • Tellement content, mon chanteur préféré. Pas facile, mes préférés ne sont pas les meilleurs selon la plupart des gens…

      1-Highway 61
      2-Blonde on blonde
      3-New Morning
      4-Bringing it all back home
      5-Freewheelin’
      6- Planet Waves
      7- Desire
      8-The times they are a changin’
      9- Bob Dylan
      10- The basement tapes

    • Je parle surtout du 1er éponyme et de New Morning qui semble avoir été mal reçu mais que j’adore écouter

    • Je ne me demande pas si Dylan méritait le prix Nobel mais si le Prix Nobel mérite Bob Dylan.
      Quand on regarde la liste des Prix Nobel, en particulier ceux pour la Paix, et depuis celui remis à Barack Obama, on comprend que depuis une trentaine d’années ce ne sont plus les récipiendaires qui sont tellement auréolés par le prix mais l’organisation des prix Nobel qui profite de la notoriété de récipiendaires déjà reconnus et estimés (sauf peut-être pour les prix en science).
      Quant à la discussion à savoir s’il est plus “littéraire” d’écrire un roman qu’une chanson, vraiment “le temps de fait rien à l’affaire” dans la qualité d’une oeuvre. Qu’est-ce que ça a à voir qu’il ait fallu dix ans ou dix minutes pour la créer quand elle nous émeut et qu’elle est signifiante. La poésie c’est de la grande littérature: Aragon, Rimbaud, Baudelaire, de la Fontaine et tant d’autres parmi lesquels je ne suis pas gêné de placer Dylan.

    • Encore 10 ans pis on va avoir un Nobel de littérature pour un tweet de 140 caractères pis un oscar pour un youtube de 4 minutes!

    • @mstl_53

      Comme si y avait pas assez de candidats pour le livre comme tel!

      La question soulevée ici est la pertinence de la catégorie!
      Au lancer du poids pis de javelot…les 2 lancent des affaires en l’air….

    • Reste que l’Islande, un pays de 300 000 habitants, peut célébrer, depuis 1955, un écrivain récipiendaire du prix Nobel de littérature : Halldór Laxness

    • Luc

      Une bien belle citation!

    • La littérature ce n’est pas un livre.
      Souvent dans la remise du Prix Nobel il y a un message. Au moment où Donald Trump sévit, essayons de le comprendre… Dylan c’est le meilleur de l’Amérique et Trump c’est… (je vous laisse le qualifier).

    • ”La littérature ce n’est pas un livre.”

      Non, apparement c’est de la musique aussi. Et bientôt, la cuisine sera de la chimie.

      On chuchotte dans les couloirs que Gordon Ramsay va se mériter le Nobel de Chimie prochainement.

    • Dylan mérite toutes les reconnaissances possibles. C’est le plus grand entre les grands. Selon Springsteen, son meilleur album est Highway 61 Revisited. En ce qui me concerne, son meilleur album est Blood On The Tracks, suivi de près par Blonde On Blonde. J’ai adoré son dernier album Shadows In The Night où Dylan se transforme en crooner. Un vrai petit chef d’œuvre. Je n’aurais jamais cru que Dylan s’aventurerais dans ce style musical.

      Je viens de terminer la lecture du livre Born To Run écrit par Bruce Springsteen. Si vous aimez ce grand artiste, ce monument, lisez ce livre, un vrai bijou particulièrement pour ceux qui ont un cœur de rocker. Springsteen, c’est bien plus que le Boss, bien plus qu’une rock star légendaire, c’est l’âme de l’Amérique.

    • @mstl_53

      Dites le! Dites le! ”Trump c’est… (je vous laisse le qualifier)” ….Une chose est certaine est que c’est un top de quelque chose sinon y serait pas une proposition à un poste aussi important! :-)

      Les contraintes de créations ne sont pas les même!
      Ça enlève rien au top de quelque chose…Juste que quand on met pas les bons ”top” à la bonne place, ça peut donner des Trump! :-)

    • L’article suivant :

      http://www.lapresse.ca/arts/livres/201610/13/01-5030045-des-ecrivains-contestent-lattribution-du-nobel-a-bob-dylan.php

      Il y a des rivalités entre écrivains ou auteurs. Ce qui n’enlève aucunement le génie à un ou à l’autre. Au Cégep dans un cours de français on lisait un texte de Sartre qui disait que Mauriac n’était pas un romancier. Il nous fallait donner notre opinion là-dessus sauf que c’est trop facile sans leur présence, on ne se prononce que sur ce qu’on lit et d’après nos lectures du trimestre sur ces deux auteurs la`. Mauriac pas un romancier ? N’importe quoi ! Pour lui il fallait le narrateur-caméra comme Steinbeck. Bien non, ce n’est pas un prérequis. Cela fait longtemps cela.

      Perso je n’avais pas aimé la lecture de Thérèse Desqueyroux et j’avais beaucoup aimé la lecture de la pièce Huis clos.

      Mauriac, le Nobel 1952, Steinbeck, le Nobel 1962, Sartre celui 1964 mais qu’il a refusé. Trois génies ! Mais cela ne veut pas dire parfaits ! Et ce n’est pas parce que je n’aimais pas son roman à Mauriac que je n’allais pas le reconnaître. Puis, c’est peut-être que je comprenais mal l’oeuvre à l’époque.

      Les honneurs c’est beau mais il ne faut pas travailler dans ce but là ! Et il y en a d’autres reconnaissances.

      Des gens dans le public connaissent plus et mieux les gagnants des années,40, ,50 et ,60 que ceux à partir des année 1990. Pourquoi ? Leurs noms ont été vus à de multiples reprises dans les dictionnaires ? Ils ont été étudiés au secondaire ou au Cégep,ce sont des classiques aussi plus abordables en librairie et on parle ici du prix.

      Imaginez aussi ceux qui étaient là avant la création des Nobel.

      Boris Vian a-t-il déjà été considéré pour le Nobel ???

      Une personne par année cela est trop peu cela en prendrait quasiment dix mais encore… s’il y en a trop tu dévalorises ton prix.

      Nobel c’est encore plus haut qu’un Hall Of Fame. Les chauvinismes et nationalismes de tous les pays veulent cette reconnaissance. C’est trop politique. Peu importe Dylan le mérite,d’autres aussi ?Bien sûr, mais meilleure chance la prochaine fois. Comme Tim Raines au baseball qui lui reste quoi une dernière chance ?

      Arthur Miller , il aurait pu le gagner lui ????

      Cela devient une bataille d’egos et même pas chez les auteurs eux-mêmes mais chez les journalistes et lecteurs qui veulent voir leur candidat obtenir le prix. Tout cela est humain.

    • Bruce Springsteen: ‘Elvis Freed Your Body, Bob Dylan Freed Your Mind’

      Ou encore

      Elvis a donné un corps au Rock ‘N’ Roll
      Bob Dylan lui a donné un cerveau

    • La thèse selon laquelle Dylan n’est pas un écrivain s’infirme d’elle-même dès qu’on a lu « Chronicles : Volume One ».

    • Ne pas reconnaître les qualités littéraires de Dylan est une chose, mais tenter de les réduire à de la m’apparaît étrange et même crasse, quand on sait que les grands écrivains n’aspirent qu’à ça, la musique, et savent de tout temps qu’elle reste première.

    • …les réduire à de la musique…

    • 1. Highway 61 Revisited
      2. Blonde on Blonde
      3. Bringing It All Back Home
      4. John Wesley Harding
      5. Desire
      6. The Basement tapes
      7. Nashville Skyline
      8. Blood on the Tracks
      9. The Freewheelin’
      10. Another side
      11. The times they are a-changin’

    • Le ‘mérite’ de Dylan n’est même pas en cause, ici.

      Le problème c’est l’insulte fait aux écrivains ainsi que l’errement de l’Académie (voire même la putasserie).

    • Un écrivain qui se sent insulté par cette récompense n’en est pas un.

    • Ce n’est pas ce même comité qui a voté pour remettre un Nobel de la paix à Barack Obama?

    • Taper dans Google actus les critères “bob dylan” “oct 2016″ “robert hunter” “reddit” amène à la page www.reddit.com/r/gratefuldead/comments/57bxzn/with_the_news_of_dylans_nobel_prize_do_you_think/ .
      Le parolier Hunter et Dylan ont collaboré et se sont influencés l’un l’autre, Hunter (né en juin 1941) a adopté ce nom à la place de l’original Robert Burns, lourd à porter pour travailler en poésie.

    • L’insulte faite aux écrivains? Mais Dylan en est un, comme j’ai pris la peine de l’écrire un peu plus haut. On me rétorquera qu’on ne lui a pas décerné le Nobel pour le premier tome de son autobiographie, à quoi je répondrai que c’est sans doute l’autobiographie la plus littéraire que j’ai lue, après celle de Gabrielle Roy. Littéraire pour son style pur et inusité, son déroulement non chronologique, sa capacité d’évocation presque surnaturelle, ses procédés de narration d’une efficacité inouïe. Ce truc n’est pas moins bon qu’une foutue foule de grands romans américains, ceux de Roth, de Mailer ou de Capote. Et ses textes de chansons. Ben là… En quoi ou pourquoi est-ce qu’un parolier-poète aussi supérieurement doué ne serait pas un littérateur, c’est-à-dire quelqu’un qui produit une œuvre écrite visant à émouvoir par sa beauté, sa grâce, sa justesse, sa force? On a mentionné « Desolation Row » plus haut. Calvâsse, s’il n’y a pas autant ou plus de qualités littéraires dans cette toune-là que dans n’importe lequel des livres publiés par n’importe lequel des Nobels de littérature des cent dernières années, que le grand Cric me croque. C’est comme Gros Pierre de Vigneault : une chanson qui raconte une histoire qu’on aurait pu étaler sur 500 pages, mais écrite par un littérateur dont le talent consiste à ramasser tout ça en quelques couplets et un refrain qui édifient l’auditeur jusqu’à la huitième génération de ses descendants.

    • 1. Blonde on Blonde
      2. Blood on the Tracks
      3. Highway 61 Revisited
      4. Bringing It All Back Home
      5. Nashville Skyline
      6. The Basement Tapes
      7. John Wesley Harding
      8. Freewheelin’
      9. Love and Theft
      10. Desire

    • Pour ce qui est de Gainsbourg, qui avait bassiné Guy Béart avec sa théorie de la chanson art mineur, hé bien s’agissant de ce dossier et sauf tout le respect que je lui dois, Serge peut bien se crosser dans sa tombe avec une poignée de braquettes.

    • @Luc_Marchessault
      Je pense à Lily, Rosemary and the Jack of Hearts. C’est un roman condensé en 8 minutes 52! Ca ferait même un maudit bon film!
      Et la charge émotionnelle de Sad-Eyed Lady… C’est du béton.

    • Je vais me répéter ici : il faudrait qu’on crée un prix Nobel de la musique en plus de celui de littérature. Il y a bien un Nobel de la littérature jeunesse, le prestigieux prix Hans Christian Andersen décerné à l’oeuvre d’une vie et personne parmi les écrivains ne hurle au loup.

    • Like a Rolling Stone fut enregistré en une seule prise, comme plusieurs de ses chansons enregistrées en studio les musiciens n’avaient que le squelette de la chanson à composer avec.

    • “Like a Rolling Stone fut enregistré en une seule prise,”

      Naahhh! Désolé de vous contredire mais selon cet article
      du magazine Rolling Stone, c’est la prise No. 4 qui figure
      sur l’album et ils en ont fait une douzaine.

      *The fourth take of the song on June 16th is the version that was ultimately released, but the group played it another 11 times. “They were all unusable because they were too fast,” Kooper told Rolling Stone in an unpublished 2012 interview. “I don’t even know how he could sing that fast. There’s a lot of words to put in. I have a copy of the complete session, and no take comes near the [master] take.”*
      http://www.rollingstone.com/music/news/bob-dylan-recorded-like-a-rolling-stone-50-years-ago-today-20150616

    • Les deux albums que j’écoute encore le plus souvent
      sont Blood on the Tracks et John Wesley Harding…

      Autrement, je sors un Bootleg Series au hasard!

    • Greil Marcus on Recording ‘Like a Rolling Stone’
      http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=4585682

      Avec Al Kooper à l’orgue…
      qui ne sait pas jouer de l’orgue!!

    • Je trouve ca vraiment amusant. Pleins de gens, incluants de nombreux écrivains, mettent en doute le droit de Dylan de remporter ce prix, ce dernier reste silencieux à ce sujet. Comme si au fond, il s’en foutait un peu.

      Excellent!

    • Aucun doute que Dylan mérite ce prix. Aux États-Unis c’est un personnage de lettres aussi important que Mark Twain, Hemingway ou Faulkner.

    • « Pleins de gens, incluants de nombreux écrivains, mettent en doute le droit de Dylan de remporter ce prix, ce dernier reste silencieux à ce sujet »

      C’est tout à fait son style. À chaque fois que les gens veulent mettre une étiquette sur Dylan en faire un quelconque symbole ou voix de sa génération il devient autre chose.

      D’ailleurs je m’attends à ce qu’il commence à sortir des albums de reprises de John Mellencamp juste pour pas qu’on lui accole l’étiquette de ‘littéraire’ suite à son prix nobel.

    • Un top 10 pas “classique”, mais qui peut permettre de découvrir un autre aspect de sa discographie :

      1. The Bootleg Series Vol.4 (le plus grand concert de tout les temps, qui sera rendu désuet dans quelque semaines avec la collection de 36 CD des concerts de 1966)
      2. Street Legal (remixé)
      3. The Bootleg Series Vol.1-3
      4. Planet Waves
      5. World Gone Wrong
      6. MTV Unplugged
      7. Infidels
      8. Tempest
      9. The Bootleg Series vol.12 (un penchant pour la version de 6CD au lieu de 18)
      10. Nashville Skyline

    • @_renaud

      comme lorsque Like a Rolling Stone avait été nommée la plus grande chanson de tous les temps. Sa réaction en entrevue à 60 Minutes: bof, ces listes changent tout le temps.

      Je trouve un peu triste tous ces artistes ou sportifs qui courent après la reconnaissance. Who cares?

    • Bob Dylan, incontestablement, est le songwriter américain dont l’œuvre a exercé l’influence la plus marquante sur la chanson tant aux États-Unis que sur le vieux continent. Il fût le porte parole le plus écouté de la contestation qui a soufflé sur les campus des universités américaines durant la guerre du Vietnam. Il y a le chanteur et il y a le poète Dylan.

      Dylan est pratiquement un intouchable avec les quatre autres grands que sont Presley, Springsteen, les Beatles et les Stones, pour ce qu’ils ont apporté d’unique, chacun à leur façon, et à une certaine époque. Mais Dylan est une coche au dessus de tout ce beau monde.

    • Un autre album que peu de gens connaissent:

      La première mouture de Blood On The Tracks enregistrée à New York
      et que Dylan a *flushé* pour recommencer presque à zéro:

      http://www.aquariumdrunkard.com/2015/04/15/bob-dylan-blood-on-the-tracks-the-new-york-sessions/

    • “Like a Rolling Stone”, c’est une vingtaine de take, sur deux jours d’enregistrement pour en garder une bonne … voir Bootleg Series vol. 12 :)

      Par contre, pas d’overdubs, à ce que je sache, tout live tout beau

    • Question à tous (puisque je ne me suis pas encore arrêté sur le sujet, lyrics en main et dictionnaire anglais/français au besoin) … pour ce qui est des “époques” moins prolifiques et reconnues de Dylan (musicalement, du moins) – par ex. début des années 80, ou quand la voix a commencé à dérailler -, est-ce que les textes, eux, ont continué à tenir la route ? Dans les albums moins reconnus, Est-ce que l’auteur derrière tout ça continuait de faire “une bonne job” – malgré des arrangements et des sonorités douteuses – ?
      Je m’y remettrai en fds…

    • Paul VERLAINE (1844-1896)

      Art poétique

      De la musique avant toute chose,
      Et pour cela préfère l’Impair
      Plus vague et plus soluble dans l’air,
      Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

      Il faut aussi que tu n’ailles point
      Choisir tes mots sans quelque méprise :
      Rien de plus cher que la chanson grise
      Où l’Indécis au Précis se joint.

      C’est des beaux yeux derrière des voiles,
      C’est le grand jour tremblant de midi,
      C’est, par un ciel d’automne attiédi,
      Le bleu fouillis des claires étoiles !

      Car nous voulons la Nuance encor,
      Pas la Couleur, rien que la nuance !
      Oh ! la nuance seule fiance
      Le rêve au rêve et la flûte au cor !

      Fuis du plus loin la Pointe assassine,
      L’Esprit cruel et le Rire impur,
      Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
      Et tout cet ail de basse cuisine !

      Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
      Tu feras bien, en train d’énergie,
      De rendre un peu la Rime assagie.
      Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

      O qui dira les torts de la Rime ?
      Quel enfant sourd ou quel nègre fou
      Nous a forgé ce bijou d’un sou
      Qui sonne creux et faux sous la lime ?

      De la musique encore et toujours !
      Que ton vers soit la chose envolée
      Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
      Vers d’autres cieux à d’autres amours.

      Que ton vers soit la bonne aventure
      Eparse au vent crispé du matin
      Qui va fleurant la menthe et le thym…
      Et tout le reste est littérature.

    • @markymarc

      “When The Night Comes Falling From The Sky”, “Man of Peace”, “Brownsville Girl”…

      Oui!

    • Je suis né en 1972.

      Dylan, pour moi, c’était super bon, mais dans le mode rétro. Desolation Row, All along the watchtower, Tambourine man, etc.

      Puis, il y a eu “Time out of mind”. Et soudain, Dylan a recommencé à se conjuguer au présent. Merci Daniel Lanois, et merci l’inspiration revenue.

      Plus récemment, “Roll on John” était d’une beauté à faire pleurer. Sur la mort de John, et sur la mort imminente de Bob (ou du moins, celle qui l’inspire beaucoup dans ses écrits récents).

      Je ne le connais malheureusement pas assez pour faire un top 10. Quand même, “Roll on Bob”.

      Ce petit extrait de Léo Ferré est dédié aux dénigreurs de la chanson:

      “La poésie est une clameur
      Elle doit être entendue comme la musique
      Toute poésie destinée à n´être que lue et enfermée dans sa typographie n´est pas finie
      Elle ne prend son sexe qu´avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l´archet qui le touche.” (Préface)

    • Veuille bien décerner un prix Nobel pour un chanteur qui chante sa poésie, sauf que la poésie de Dylan n’est pas d’égal à celle de la poésie contemporaine ou classique.

      Et un prix Nobel de littérature, ce n’est pas un prix Nobel de la paix. Je ne conteste pas l’oeuvre de Dylan. Celle-ci est grande, engagée et influente, mais au sein de la musique seulement, et d’une musique populaire de surcroît.

    • La ”tempête” aurait pu être évitée s’il y avait eu un Nobel des Arts qui remplace le Nobel de Littérature.Toutes les formes d’art ont droit à une reconnaissance et en les excluant toutes,excepté la littérature,l’Académie s’est coupée de la diversité artistique.Il aurait été beaucoup plus logique que Dylan reçoive un Nobel des Arts,ce qui aurait récompensé et sa musique et ses textes au lieu de le confiner uniquement dans le genre littéraire.
      On coupe pas le Bob en deux :-)

    • @effemmere

      «…la poésie de Dylan n’est pas d’égal à celle de la poésie contemporaine ou classique.»

      J’aimerais connaitre vos critères d’évaluation pour faire un tel énoncé.

      Pas tous les textes de Dylan sont des chefs-d’œuvre, tout comme pas tous les poèmes de Neruda, lauréat du prix en 1971, sont grands. Mais au sommaire, l’oeuvre écrite de Dylan est d’exception.

    • … et trois des quatre derniers albums de Dylan sont deux disques de reprises des années ‘40 popularisés par Sinatra et un disque de Noël.
      N’empêche, je suis de ceux qui soient bien heureux que Dylan reçoive ce prix.

    • Le père Cohen, dont l’imminent album est en écoute sur CBC First Play, aurait quant à lui affirmé que de « décerner le Nobel à Dylan équivaut à remettre une médaille à l’Everest parce que c’est la plus haute montagne ». On comprend que c’est un compliment, que cet honneur revient tout naturellement à Dylan.

    • J’ai justement dégoté, à la bibliothèque de mon quartier pas plus tard que samedi dernier, un album importé de Dylan intitulé « Bob Dylan – Live Finjan Club, Montreal Canada, July 2, 1962 ». Voici un extrait de la note de présentation, c’est fou raide :

      « But in the summer of 1962, Terri van Ronk, wife of the late great Village folksinger Dave van Ronk, began arranging a few out-of-town gigs for the fresh-faced young Bob. He was brought in at short notice to perform at Moe Feinberg’s PotPourri Club, located at 1432 Stanley Street in Montreal; Dylan was apparently paid $125 for a four-night engagement there, which ran from June 28th to July 1st. Unfortunately, those shows were not documented, but Dylan was asked to stay on in Montreal and on July 2nd he performed at the Finjan Club on Victoria Avenue. »

      Quelqu’un y était? Big Bands? mjacques64? (si le 64 de votre pseudo est votre année de naissance, je peux comprendre que vous n’ayez pu y être)

    • Rambo007: Dylan est pratiquement un intouchable avec les quatre autres grands que sont Presley, Springsteen, les Beatles et les Stones, pour ce qu’ils ont apporté d’unique, chacun à leur façon, et à une certaine époque. Mais Dylan est une coche au dessus de tout ce beau monde.

      Je pense que l’on ne peut pas tous les mettre dans la même boite et dire que Dylan est au dessus de tous. Oui au niveau paroles et fresque sociale de son époque. Mais non au niveau de la contribution à la progression musicale et culturelle de son époque. Je te recommende de mettre la main sur une entrevue de Paul Simon (Rolling Stone magazine) ou il placait le tandem Lennon McCartney au dessus de Dylan.

    • @Luc_Marchessault

      L’une des sœurs McGarrigle y était. Mais j’ignore si elle intervient sur ce blogue ;-)

    • Pour résumer en une phrase mon impression de la situation:

      C’est comme si on donnait le prix Nobel de chimie à Ferran Adrià.

    • @rafc
      ”Un écrivain qui se sent insulté par cette récompense n’en est pas un.”

      Bin voyons donc… Bonjour le raccourci intellectuel.

    • ”Dylan mérite toutes les reconnaissances possibles. C’est le plus grand entre les grands.”

      Dans ce cas, il faut impérativement lui accorder la médaille d’or au 100m. Masculin ET féminin.

    • En effet, décerner un prix littéraire à un coco qui a passé sa vie à écrire (et dont le corpus littéraire est aussi prodigieux qu’inégalable), c’est d’une absurdité, j’te dis pas.

    • Pour faire suite à mon commentaire du 13 octobre 16h47

      Je voudrais revenir sur la polémique sur les «arts majeurs» selon Gainsbourg, qu’Alain Brunet a mentionnée dans son article sans trop expliquer le contexte.

      Ce que Gainsbourg voulait expliquer à Guy Béart c’est que les «arts majeurs» nécessitent un long apprentissage pour en maitriser les codes. Gainsbourg citait entre autres la peinture et la musique classique. Cet extrait de l’émission Apostrophes est visible sur Youtube pour ceux qui veulent se faire une idée plus précise.

      Les codes de la chanson pop sont pas mal plus simples que ceux de l’orchestration symphonique…
      Juste savoir travailler avec un médium aussi complexe que la peinture à l’huile ne se fait pas dans un concours du type «peintre académie».

      Gainsbourg avait d’ailleurs abandonné la peinture, trop difficile…

      Mais il a eu très rapidement du succès en chanson.

      Il est devenu un artiste majeur dans un art mineur, ce qui n’a rien de honteux en soi. Comme il y a plein d’artistes mineurs dans les arts majeurs.

      Arts mineurs vs arts majeurs : la différence est dans l’apprentissage plus ardu des codes et de la technique.

    • La poésie c’est mineur ou majeur? Les dramaturges sont mineurs ou majeurs? Beckett est mineur en théâtre et majeur en fiction? Homère (pas celui de Springfield mais plutôt celui d’Asie mineure) … on en fait quoi? Est-il nobelisable? Accepterait-il le chèque, ou le refilerait-il à une oeuvre de charité?

    • « Les codes de la chanson pop sont pas mal plus simples que ceux de l’orchestration symphonique… »

      En effet. Aussi c’est important de dire que Dylan n’a pas prononcé le souhait de pondre des hits en frottant une lampe magique dans un bayou de la nouvelle-Orléans. Dans ses chroniques, il nous montre à quel point il a écouté beaucoup de musique, lu beaucoup et écrit beaucoup avant de connaître le succès. Pendant quelques années, sa rage d’écrire, son enfermement dans l’écriture a fait sacrer, un euphémisme, quelques unes de ses compagnes.

      Dylan a fait dans la chanson à texte. Ce qu’il écrit se lit sans univers musical. Ce ne sont pas ses mots qui l’ont fait entrer par la grande porte dans le monde de la pop, ce sont les airs intemporels de ses chansons.

      S’il avait fallu que Dylan soit un mélodiste au mieux moyen, ses textes auraient été condamnés à être lus par un public averti, content de l’applaudir dans le courant d’un succès d’estime, confidentiel, dans des sous-sol exigus de centre-ville…

    • Il y a quelque temps, j’avais déniché cette traduction en français de la superbe et surréaliste “Desolation Row”. Que veut dire cet endroit? Est-ce un bon ou mauvais endroit cette allée de la désolation? Est-ce l’endroit maudit des poètes? Dylan y fait mention de personnages historiques avec une verve et des métaphores assez fortes. D’ailleurs, la voici cette traduction:

      http://www.bobdylan-fr.com/trad/desolationrow.html

    • Si ce prix ne fait pas l’unanimité, alors pourquoi ne pas créer un prix Nobel pour les auteurs-compositeurs-interprètes? Ce n’est pas les bons qui manquent: Lennon-McCartney, Leonard Cohen, Paul Simon, Ray Davies, Patti Smith, Nick Cave, Peter Hammill, etc. sans oublier nos poètes francophones(Vigneault, Desjardins…) et les rappeurs au verbe poétique.

    • « Arts mineurs vs arts majeurs : la différence est dans l’apprentissage plus ardu des codes et de la technique. »

      « La poésie c’est mineur ou majeur? Les dramaturges sont mineurs ou majeurs? Beckett est mineur en théâtre et majeur en fiction? Homère (pas celui de Springfield mais plutôt celui d’Asie mineure) … on en fait quoi? »

      Ainsi donc, selon cette hiérarchisation vieille comme la lune et vraisemblablement prônée par Gainsbourg, plus les codes et la technique sont durs à apprendre, plus c’est majeur. Si l’on opte pour l’art majeur, ça prend au moins un bac en architecture, en arts visuels ou en viole de gambe. Si toutefois l’on désire écrire des romans ou des chansons, mettons, alors l’apprentissage est moins ardu. Mais écrire des romans comme ceux de Réjean Ducharme, ça s’apprend où et comment? Ou des chansons comme celles de Jean-Louis Murat? Me semble que ce sont les œuvres qui sont mineures ou majeures, pas les formes d’art. Sauf tout le respect que j’ai pour Gainsbourg – bis –, qui disait aussi que « les arts mineurs allaient enculer les arts majeurs », son axiome sent le formol.

    • @goupil

      Lorsqu’on connaît les codes (…) du blogue, on ne s’éternise pas à expliquer un contexte, il s’agit d’un format court qui demande au lecteur de chercher un peu de son côté. Mais puisque vous insistez, l’idée que la chanson résulte d’un code d’apprentissage plus simple que celui d’un art majeur me semble tout à fait contestable. D’ailleurs un de vos commentaires me semblait corroborer cette contestation, un peu moins celui soutenant la position gainsbourgienne. Alors j’ajoute quelques éléments à cette discussion passionnante sur la soi-disant infériorité formelle de la chanson par rapport aux arts dits majeurs.

      L’imbrication de la musique et des mots peut effectivement donner des résultats simples, pour ne pas dire simplistes. Or, elle peut aussi mener à la haute complexité, Dylan en est une des plus éloquentes incarnations.

      Cela étant, ses textes pris isolément ne peuvent être comparés à de grands textes de poésie (comme certains le font erronément à titre d’argument d’autorité), c’est-à-dire que cette dernière offre des libertés formelles que la chanson n’offre pas, puisqu’il s’agit d’un art composite, donc forcément contraignant pour chacune de ses composantes. C’est idem pour la dramaturgie, forcément limitée par la mise en scène, la scénographie et le jeu des acteurs.

      Ainsi, l’art de la parole chansonnière ne peut être isolé de sa rencontre avec la musique, soit la mélodie, l’harmonie, le rythme, l’instrumentation, l’orchestration, l’environnement textural. Au fil du temps, le codes de cet amalgame sont devenus de plus en plus complexes, répartis en une multitudes de référents culturels, styles littéraires, angles poétiques, genres musicaux, arrangements, quêtes texturales, etc. Affirmer que la chanson, c’est simple en soi, c’est bien peu la connaître.

      Cet art de l’amalgame sons et mots peut mener à autant de complexité qu’un roman, un poème, un roman, une pièce de théâtre ou un film.

      Isoler le texte de chanson de son contexte est un leurre. Pour les écrivains (ou grands lecteurs) qui le dénigrent, c’est selon moi l’illustration d’une position crispée ou, pire, de l’ignorance, ou encore pire, de la frustration et de la jalousie. Comme la chanson, le roman, le poème, le théâtre ou la poésie peut exprimer des codes simplistes voire médiocres, ce qui ne signifie en rien qu’il existe des créateurs mineurs dans les arts majeurs et des créateurs majeurs dans les arts mineurs.

      Quoi qu’il put en dire, Gainsbourg fut à mon sens un artiste majeur d’un art… majeur.

    • En fait chez Dylan, il s’agit de devenir étranger à sa propre langue, ou plus précisément d’y être à la fois intérieur et extérieur.

      Ses chansons sont constituées d’éléments mineurs (appartenant aux traditions orales, ex. le blues) et majeurs (les Classiques, voir par exemple ceci http://journal.oraltradition.org/files/articles/22i/Thomas.pdf) qui sont entremêlés dans une structure qui fait sens mais qui est dépourvue d’hiérarchie au sens traditionnel du terme.

      Bref en quelque sorte, son oeuvre va au-delà des distinctions mineur-majeur, ou plutôt les intègre pour s’en servir de moteur et tendre vers un ailleurs, un territoire qui est à la fois familier et inconnu.

    • Excellente nouvelle. L’acceptera-t-il?

    • Je trouve encore plus terrible le raccourci intellectuel qui stipule que Dylan n’aurait pas d’œuvre (Assouline)!! Homère, le poète dont tout l’occident se réclame, n’était-il pas aède? Si oui, je trouve mon raccourci bien anodin.

    • C’est à croire qu’Assouline ne lit pas l’anglais pour lancer de telles conneries… Or, hélas, des anglos réprouvent cette nobellisation itou. Le Figaro résume ici l’affaire des écrivains contre et pour.

    • Heureusement qu’il y a Salman Rushdie. Ça me rappelle le contingent d’écrivains, dont Joyce Carol Oates, Russel Banks et Michael Ondaatje, qui s’étaient opposés à ce que le prix Courage du PEN soit remis à Charlie Hebdo. Un écrivain s’était levé pour les traiter de moumounes : Salman Rushdie.

    • Pour ce dont Gainsbourg parle ils auraient dû faire référence tous les deux à Hegel et à Canudo.

      https://fr.wiktionary.org/wiki/septi%C3%A8me_art

      Lisez Hegel et c’est sa réflexion qui est merveilleuse plus que les définitions qui n’ont pas à être éternelles ou figées.

      https://books.google.ca/books?id=kDIRAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=intitle:esth%C3%A9tique+inauthor:Georg+inauthor:Wilhelm+inauthor:Friedrich+inauthor:Hegel&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiVpIvs1t3PAhWBaSYKHb68CckQ6AEIHjAA#v=onepage&q&f=false

      Plutôt que d’en sortir des extraits vous continuez à le lire et le philosophe est d’une grande intelligence dans ses propos et cela peut s’appliquer encore de nos jours.

    • Le traducteur aussi de l’ouvrage de Hegel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Magloire_B%C3%A9nard

    • Dire que écrire une chanson est un art inférieur parce que beaucoup de ces artisans y font preuve de simplicité est-ce que ça veut dire que le prix Nobel de littérature devrait disparaître parce que Marie Laberge écrit des romans ?

    • ”Si ce prix ne fait pas l’unanimité, alors pourquoi ne pas créer un prix Nobel pour les auteurs-compositeurs-interprètes?”

      Parce que ce n’était pas dans le testament de Alfred Nobel ?

      Parce que la Fondation Nobel a de la misère à garantir le financement de ses 5 prix ? (celui d’économie n’étant pas un ”vrai” prix Nobel, et est financé à part) et que les faibles rendements de notre époque n’augurent rien de bon pour l’avenir…

      Parce qu’il a été décidé en 1968 de ne pas ajouter de nouvelle catégorie de prix ?

    • BREAKING NEWS! Bob Dylan refuse son prix Nobel.
      Les écrivains applaudissent, l’Académie accepte sereinement, le scandale est terminé, M. Dylan devient automatiquement candidat pour le Nobel de la Paix en 2017, Trump déclare que tout cela était truqué d’avance, Hillary appuie la candidature, l’Académie accepte sereinement, les journalistes applaudissent.

    • J’ai l’impression de radoter puisque c’est sans doute l’anecdote la plus radotée de l’histoire du rock, après celle du requin de Led Zep, mais quand Dylan s’est produit à Manchester, en mai 1966, un spectateur vraisemblablement frustré par le virage amplifié de Dylan lui a lancé un « Judas ! » bien senti, auquel Dylan a rétorqué « I don’t believe you… You’re a liar! », avant d’intimer« Play it fucking loud! » à son band – « The » Band, sauf Levon Helm qui n’était pas du voyage – qui entamait « Like a Rolling Stone ».

      On peut entendre tout ça très clairement sur le deuxième CD du Volume 4 de la Bootleg Series de Dylan, entre « Ballad of a Thin Man » et « Like a Rolling Stone ».

      On aurait dû décerner le prix Nobel de littérature à Dylan cette année-là.

    • Ou à Marguerite Yourcenar en 1980, quand une bande d’encroûtés se sont opposés à son élection à l’Académie française. Il y avait Claude Lévi-Strauss dans le tas, qui, en bon père de l’ethnologie moderne, affirmait – ça ne s’invente pas – que les membres de l’Académie formaient une tribu, que l’arrivée de la madame signifierait la rupture d’une tradition immémoriale, ce qui enclencherait le processus de disparition de la tribu.

    • Et qui aurait cru qu’un octogénaire aurait enchaîné ce décernement de Prix Nobel avec une des pièces les plus émouvantes de 2016? Au même moment où je lis (un peu en retard, ce qui arrive fréquemment en littérature) à petites doses son recueil de poésie Book of Longing, voici monsieur Léonard Cohen qui pond un bijou avec When you want it darker, dont je serai probablement incapable d’écrire seulement 2 lignes du même calibre lorsqu’à mon tour, j’aurai 82 ans. J’étais dubitatif avant d’écouter la pièce, je suis charmé.

    • L’album de Cohen est hallucinant au grand complet. D’ailleurs, le poète montréalais aurait tout autant mérité ce Nobel que Dylan (qui ne l’a vraiment pas volé).

    • Autre coup dur pour Pierre Assouline et ses disciples : le Chicago Tribune décerne son prix littéraire annuel à Philip Glass, un gars qui écrit de la musique instrumentale!

      http://www.chicagotribune.com/entertainment/music/vonrhein/ct-philip-glass-ae-1030-20161026-column.html

      Blague à part, il reçoit le prix pour son autobiographie intitulée « Words without Music ».

    • Pas de la musique, mais tout comme, ma lecture biographique préférée récente -> http://www.pulitzer.org/winners/william-finnegan. Un pur délice pour n’importe qui aimant la mer.

      Pour contre-balancer le Nobel de Dylan, il faudrait peut-être songer à donner un gros Grammy à Houellebecq. Ou Pynchon tiens.

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