Alain Brunet

Archive, mars 2016

Jeudi 31 mars 2016 | Mise en ligne à 18h17 | Commenter Commentaires (11)

Céu, Tropix

Céu Tropix

Au tournant du millénaire, le génial Suba avait initié le sous-genre brazilectro, devenu un matériau récurrent de cette MPB dont on oublie trop souvent les nouveaux arrivages. Maria do Céu Whitaker Poças est issue de cette vague, on l’a découverte en 2005 avec un très bel album homonyme, et puis… progressivement, on a plus ou moins perdu sa trace au nord du 45e parallèle. Un peu trop timorée sur scène, son approche s’était avérée plus mince devant public que sur disque. Bien ciselés, les albums subséquents de Céu n’avaient pas la teneur créative souhaitée en ce qui me concerne.

Onze ans plus tard, le réalisateurs Pupillo (batteur de l’excellent Nação Zumbi) et le Français Hervé Salters (claviériste de General Elektriks) contribuent à la création de Tropix, album studio de haute volée. Assurément, ces ondes acoustiques, électriques et électroniques ne proviennent pas d’un climat tempéré ! Or, nous sommes è Sao Paulo en 2016 et il est peu question de samba ou de choro, ces rythmes fondamentaux de la chanson brésilienne.

On sent néanmoins l’influence afro-latine dans plusieurs chansons au programme, même si la percussion et la basse sont parfois synthétiques. Les guitares, cordes et claviers peuvent s’y montrer anguleux, mordants. Les arrangements varient de l’esprit rock au kitsch easy listening en passant par une soul singulièrement évoquée, contrastant ainsi avec la voix douce et juste de Céu, ses textes chantés en portugais brésilien ou en anglais.

LIENS UTILES

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM TROPIX SUR SPOTIFY


CéU montera sur la scène du Club Soda, le 30 juin prochain, dans le cadre du Festival International de jazz de Montréal

Céu, site officiel


Céu profil wiki

Céu profil SixDegrees Records

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Mercredi 30 mars 2016 | Mise en ligne à 9h46 | Commenter Commentaires (31)

Underworld, Barbara, Barbara, We Face A Shining Future

Underworld Barbara, Barbara, We Face A Shining Future

Fort heureusement, les vétérans de la musique électro ne sont pas tous destinés au marché de la nostalgie et du classicisme pop, Karl Hyde en est la preuve vivante. Après avoir signé lest excellents Someday World et High Life avec Brian Eno, il redémarre l’engin Underworld avec Rick Smith, son partenaire de la première ligne.

Comment une machine électro des années 80 peut-elle être encore pertinente et ainsi éviter la fossilisation ? La curiosité, l’ouverture, la rigueur, l’amour de son travail, l’assomption de son âge. Enfin… c’est évidemment plus complexe qu’une recette. Il n’y a pas de formule pour rester pertinent pendant toute une vie de création, mais un des parcours réussis consiste à adapter son identité sonore originelle en l’adaptant avec goût à une variété de sous-tendances actuelles.

C’est exactement le cas de cet album au titre suave: Barbara, Barbara, We Face A Shining Future… ce qui n’est pas sans rappeler la chanson de Timbuk3, The Future’s So Bright, I Gotta Wear Shades.

Oui, il y a ce parfum des années 80-90 mais il y a aussi des éléments des décennies subséquentes, des éléments de techno, house, tech-house, big beat, indie pop (avec mélodies chantées à l’occasion) ou même des éléments de musique moyen-orientale. Avec goût et raffinement, tout ceci étoffe et pérennise cette proposition signée Underworld.

LIENS UTILES

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM BARBARA, BARBARA, WE FACE A SHINING FUTURE SUR DEEZER

Underworld, site officiel

Underworld, profil wiki

Metacritic, 80% sur 23 recensions

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Dimanche 27 mars 2016 | Mise en ligne à 18h47 | Commenter Commentaires (10)

Grand Blanc, Mémoires vives

Grand Blanc Mémoires vives

En quête de fréquences revivifiantes aux dernières FrancoFolies, nous avions repéré Grand Blanc, un groupe de Metz transplanté à Paris. À la fois glacial et abrasif, de surcroît lettré, encore vert sur scène avions-nous noté au Métropolis.

On veut des styles? Synthpop, électro pop, techno rock, cold wave, synth wave. On veut des noms? Depeche Mode, New Order, Joy Division, Wire, Étienne Daho, Taxi Girl, Lio, Indochine, Alain Bashung période Novice, la plusieurs groupes de la synth wave française des années 80.

On se vautre dans le passé? Pas du tout, et voici d’autres noms : Future Islands, Agent Side Grinder. Le passé sert ici à raviver la mémoire, relancer le présent, filer droit devant, déraper dans les virages, foncer dans le décor.

Ces guitares grattées nerveusement, cette charpente rythmique toujours binaire, cette droiture des basses synthétiques, ces claviers gommeux et acariâtres, ces voix distanciées au masculin (Benoît) et au féminin (Camille), tous ces sons superbement exploités, voilà autant de matériaux pour servir les textes acérés et succincts de Grand Blanc.

Histoires de nuits hivernales, de transe occidentale, d’étrange intimité, de France industrielle, de je m’en balance, d’inspire-expire, d’import-export. On avait été agréablement étonné par ce rétro-nuovo avec la sortie d’un très bon maxi (quoique maigrement défendu sur scène aux dernières FrancoFolies), on se réjouit de la sortie de cet opus beau et froid. Nette progression depuis l’été dernier, on en imagine autant pour la dégaine sur scène.

LIENS UTILES

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM MÉMOIRES VIVES SUR SPOTIFY

Grand Blanc, Mémoires vives, profil des Disques Entreprise

Grand Blanc sur bandcamp

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