Alain Brunet

Archive, février 2016

Lundi 29 février 2016 | Mise en ligne à 13h22 | Commenter Commentaires (60)

Pause voyage

Beirut, Lebanon

Salut à tous les lecteurs et intervenants du blogue.

Pendant mon absence (jusqu’au 11 mars), je vous suggère de lire mes textes bientôt publiés sur Essaie pas, Ghislain Poirier et Morton Feldman. Je suis actuellement à l’étranger et vous ramènerai fort possiblement de la matière à blogue.

Ou suis-je ? Pas mal loin de MTL ! Le nom de la ville commence par un B.

À +

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Dimanche 21 février 2016 | Mise en ligne à 15h10 | Commenter Commentaires (7)

Dutoit, Argerich, le passé, le présent

charles-dutoit-arrive-scene

Dutoit à la Maison symphonique / crédit photo: Bernard Brault

Charles Dutoit est un exemple tout à fait représentatif de l’époque qui l’a produit. Maestro flamboyant, altier, rigoureux, portant une vraie signature de chef, fort de grandes spécialités (musiques impressionnistes, etc.) mais aussi, ajouterons certains… autoritaire, parfois méprisant ou même tyrannique. Jeudi et samedi à la Maison symphonique, les dernières épithètes n’étaient assurément pas au programme de ses retrouvailles avec l’Orchestre symphonique de Montréal et le public montréalais.

Le temps a passé depuis les nombreux conflits internes qui le menèrent à sa démission. Nous avons eu le temps de relativiser les pour et les contre de l’époque Dutoit; certains le regrettent vu les magnifiques résultats obtenus pendant une quart de siècle de vie musicale montréalaise, alors que d’autres se réjouissent que l’époque des maestros de ce type soit révolue ou presque.

Alors ? Que venait-on chercher au juste pour ces deux concerts donnés jeudi et samedi à la Maison symphonique ?

Pour ma part, c’était d’abord le retour de la pianiste Martha Argerich, que j’ai loupée à l’époque où elle venait régulièrement à Montréal vu sa relation avec Dutoit. Et il y a ce son Dutoit qu’il m’importait de circonscrire; depuis le départ du maestro, mon intérêt pour la musique symphonique n’a cessé de croître, et je me suis fait un devoir d’assister à un concert de l’OSM sous la direction de son ex-grand vizir, question d’en discerner les caractéristiques qui m’échappaient vu ma relative ignorance de ce langage à la grande époque de Dutoit dans notre île.

Et… oui, ma soirée de samedi fut mémorable.

La grande Martha Argerich fut irréprochable dans son interprétation du Concerto no1 en do majeur, op.15 de Beethoven. Chacun des trois mouvements fut un moment de délectation. À l’évidence, la septuagénaire n’a à peu près rien perdu de ses facultés phénoménales: articulation, fluidité, sonorité singulière, usage circonspect des pédales, ce mélange unique de délicatesse et d’aplomb lorsque la partition le suggère. Quelle musicalité !

Quant à la manière Dutoit, elle était vraiment perceptible, quoi qu’on en pense.

Dans la musique de Ravel (La valse, à mon sens la meilleure exécution de la soirée, et la version condensée du Boléro au rappel), les couleurs émanant de l’orchestre sont particulièrement éclatantes sous sa direction, la dynamique d’ensemble est clairement plus flamboyant que lorsque d’autres maestros sont au pupitre de l’OSM. Comme me l’a fait remarquer samedi une mélomane qui, visiblement, avait vécu de près les années Dutoit, le maestro suisse s’est montré fin politicien en choisissant de mettre au programme Petrouchka de Stravinsky, car les premières chaises de l’époque de son règne étaient mis en valeur dans l’exécution de cette oeuvre – interprétée dans sa version originale de 1911.

Somme toute, Alain Simard a eu un très bon flash de produire ce retour et de l’inscrire au festival Montréal en lumière. On ne parlera pas de réconciliation historique ou de triomphe ayant neutralisé le propos des détracteurs du chef européen, on ne dira pas que ce programme fut parfait (l’interprétation du Carnaval romain de Berlioz ne passera pas à l’histoire, néanmoins très défendable), on gardera tout de même un excellent souvenir de cette escale montréalaise, 14 après que Charles Dutoit eut largué les amarres.

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Vendredi 19 février 2016 | Mise en ligne à 13h57 | Commenter Commentaires (7)

Animal Collective, Painting With

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Depuis l’an 2000, on applaudit Animal Collective pour son furieux mélange d’électro-psychédélisme, pour son approche vocale barbershop, pour les rythmes survoltés qui soutiennent ses ponts, pour ces textures bizarroïdes, pour ces bestiaires sonores desquels émergent des mélodies pop entonnées en chœur. Or, cette approche a aussi ses limites, on ne peut s’éterniser sur trois ou quatre excellentes idées musicales et leur toujours solide exécution.

Au dixième album studio, ça commence à paraître et… nous voilà justement au dixième album studio. Les structures compositionnelles sont redondantes, la facture générale risque de ne plaire qu’aux fans les plus fidèles, ceux dont la ferveur des découvertes originelles se transforme immanquablement en nostalgie. C’est dire que ce nouvel album d’Animal Collective laisse perplexe. L’impression d’un groupe stabilisé, moins inspiré, qui fera bientôt face à l’obligation de mener de gros travaux de structure sur son édifice.

Étrangement, la dernière proposition de Panda Bear (…Meet the Grim Reaper), un des artistes centraux de la formation, ne montre pas ces signes d’essoufflement…

LIENS UTILES


Écoute intégrale de PAINTING WITH sur Spotify

Animal Collective, site officiel

Animal Collective, profil WIKI

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