Alain Brunet

Archive, janvier 2016

Dimanche 31 janvier 2016 | Mise en ligne à 14h13 | Commenter Commentaires (20)

Anderson .Paak, Malibu

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Le premier gros opus R&B de janvier sera peut-être le gros album R&B de 2016, assorti de hip hop, house ou même pop indie. Il faudra du génie pour supplanter Malibu, signé Anderson. Paak, dont on devient accro dès la première écoute et dont l’addiction se reconfirme d’écoute en écoute.

D’où sort cet Anderson .Paak dont m’a parlé vendredi Michel Quintal de l’Igloofest, alors que Carl Craig s’esbaudissait sur la grande scène ? D’Oxnard, soit dans la grande région de Los Angeles. Ses profils biographiques indiquent qu’il est le fils de parents délinquants, qu’il a eu une enfance pour le moins perturbée. Néanmoins , il aurait été batteur pour l’orchestre gospel de son église locale, puis envisagé devenir musicien professionnel. Vraiment pas facile au départ: il y a moins de cinq ans, le jeune homme travaillait dans une ferme de cannabis pour arrondir les fins de mois (artiste en herbe…) avant de perdre cet emploi (stupéfiant) et se trouver sans domicile fixe, avec femme et enfant.

Quelques mois plus tard, il devient le batteur de la chanteuse pop Haley Reinhart, décroche de petits contrats de production et réussit à enregistrer ses premiers trucs à titre de chanteur, sous le pseudo Breezy Lovejoy. En 2014, il lance l’album Venice sous son vrai nom (enfin presque: Brandon Paak Anderson), et voici Malibu, l’album de la consécration. Durant cette période, le bon Dr Dre le repère et contribue à faire mousser sa carrière.

Des artistes de premier plan ont flairé le talent de cet métis californien de 29 ans, aux origines coréennes et afro-américaines: DJ Khalil, Madlib, ScHoolboy Q, Rapsody, 9th Wonder, Chris Dave (ex-batteur de MeShell Ndegeocello), Like, H–Tek, Dem Jointz, Callum Connor, notre Kaytranada ou même le fameux pianiste et claviériste Robert Glasper. Les accroches sont tout simplement irrésistibles, le beatmaking est superbe dans l’ensemble, la voix ensablée du chanteur surplombe ce groove d’enfer. Qu’ils soient chanteurs ou rappers, ses invités brillent à ses côtés.

Revoilà la grande qualité black !

Après Kendrick, Flying Lotus, Thundercat et autres Kamasi Washington, de puissantes vagues de créativité afro-américaine continuent à déferler sur la côte californienne.

LIENS UTILES

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM MALIBU SUR SPOTIFY

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM VENICE SUR SPOTIFY


Anderson .Paak, site officiel

Anderson . Paak, profil Wiki

Malibu, profil Wiki


Metacritic: moyenne de 83% fondée sur 13 recensions

Pas encore de vidéos officiels du nouvel album mais…

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Samedi 30 janvier 2016 | Mise en ligne à 10h51 | Commenter Commentaires (6)

Simon Kingsbury, Pêcher rien

Simon Kingsbury Pêcher rien

Autrefois du groupe Lac Estion, Simon Kingsbury signe un premier album solo, Pêcher rien. Suite dans les idées? Quelques écoutes laissent entendre que la pêche est déjà bonne, même si le geste l’emporte apparemment sur la capture de la bête.

Primo, il y a cette voix de créature nocturne, capable de tenir puissamment et justement la note lorsque requis. Deuzio, des textes forts en images, en jeux de sonorités, en qualité d’introspection, en qualité d’errance ou de déprime pacifique, écrits en keb familier par Kinbsbury et Savia D. Fleury – qui pourront éventuellement étendre leur corpus lexical sans se renier. Tertio, les guitares branchées ou débranchées, solidement grattées, révèlent une belle diversité harmonique. Derrière tout ça, les rythmes basse/batterie s’en tiennent à une binarité d’intensité variable : du folk au rock.

On est dans cette esthétique indie un peu datée, plus proche de la maquette que de la production achevée. Encore une fois, on suspecte un certain retard conceptuel par rapport aux propositions internationales. Mais bon, c’est loin d’être un irritant majeur et il y a lieu d’être optimiste pour la suite des choses.

À ce titre, suggérons ceci: sans dénaturer leur approche un peu sale, une qualité dans le cas qui nous occupe, Simon Kingsbury et ses acolytes pourraient réfléchir davantage aux propriétés de la saturation (pedal board plus sophistiqué côté guitares, par exemple) ou encore étendre l’environnement textural à quelques compléments électros ou instrumentaux.

Il s’agit néanmoins d’une belle introduction. Ce mec a une patte dont on suivra la trace, et j’ose espérer que le prochain chapitre pourrait être encore plus marquant si notre homme et son équipe arrivent à hausser le niveau de l’environnement sonore de ces constructions chansonnières, déjà dignes de mention.

LIENS UTILES

ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM PÊCHER RIEN SUR SPOTIFY

Simon Kingsbury, bandcamp

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Vendredi 29 janvier 2016 | Mise en ligne à 9h23 | Commenter Commentaires (12)

The Bell, Ches Smith, Craig Taborn, Mat Maneri

The Bell Ches Smith Mat Maneri Craig Taborn

Voici le premier album de jazz sur lequel nous pouvons nous pencher en ce début d’année. Autant que possible, je tente une rotation de genres et j’invite TOUS les amateurs de musique à sortir de leur zone de confort et faire l’exercice de l’écoute intégrale de l’albums suggéré… pour ensuite commenter le tout.

Excellent batteur, vibraphoniste et timbalier (dans le cas qui nous occupe), Ches Smith a réuni le pianiste Craig Taborn et l’altiste Mat Maneri pour un périple de 70 minutes et 7 secondes. Sous la bannière The Bell, ce jazz de chambre s’inscrit dans la longue lignée des enregistrements ECM produits par Manfred Eicher, voilà un autre prolongement de cette esthétique dont les bases ont été jetées à la fin des années 60.

Les courbes de ces improvisations varient du grand calme à de brèves éruptions de rythmes, entre lesquelles les instruments se prêtent à différentes humeurs musicales – parfois viriles, plus souvent instrospectives. Les choix mélodiques et harmoniques couvrent plus d’un siècle de modernité et de post-modernité, l’interaction et le son d’ensemble l’emportent largement sur les performances individuelles.

Il ne faut pas chercher ici la haute virtuosité dans articulations mélodiques, on peut être surpris par le jeu percussif du piano en symbiose avec la batterie. Les cordes adoptent aussi un rôle plus percussif pendant plusieurs séquences, ou encore recherche des timbres particuliers. Arrive-t-on ici a se démarquer de la vaste production contemporaine. De courts moments font ici la différence entre un bon et un très bon album de musique improvisée.

LIENS UTILES


ÉCOUTE INTÉGRALE DE THE BELL SUR MUSICMP3.R

ÉCOUTE INTÉGRALE SUR ITUNES

Ches Smith, site officiel

The Bell, profil ECM

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