Alain Brunet

Archive du 12 mai 2015

Mardi 12 mai 2015 | Mise en ligne à 10h10 | Commenter Commentaires (40)

Patrick (Watson) et les robots

patrick-watson.love songs for robots png

Pour Patrick Watson et ses collègues (Joe Grass, guitare, Robbie Kuster, batterie, Mishka Stein, basse), le nouveau cycle de création qu’inaugure le nouvel album Love Songs for Robots s’annonce peut-être plus laborieux que le précédent.

On ne peut nier la qualité des constructions chansonnières, ni le choix des évocations dans ce nouvel opus : tendresse, amour, désir, charme, prostitution, mémoire déficiente, hyperactivité du cerveau, science-fiction organique et autres thèmes mis en musique à une époque où l’humanoïde se confond de plus en plus avec l’androïde.

Depuis son émergence, soit avec les albums Close to Paradise, Wooden Arms et Adventures in You Own Backyard, le groupe de Patrick Watson nous a gâtés dans un véritable crescendo de créativité et de raffinement. La qualité du «songwriting», de ses arrangements et de leur exécution offrait ce que l’entière planète indie avait de meilleur. Ce cycle de trois albums s’était conclu dans une superbe opération pop symphonique à l’église Saint-Jean-Baptiste. Après quoi, il fallait passer à autre chose.

Pour amorcer ce nouveau cycle de création, l’abandon des cordes pour les synthétiseurs (joués par François Lafontaine) était une excellente idée… qui n’a peut-être pas été menée à terme. Du moins pas encore, même si les séances d’enregistrement ont été menées aux mythiques Capitol Studios de Los Angeles. L’éventail textural s’avère trop étroit si on se met dans le contexte des avancées plus ou moins récentes en musique électronique. Ces nappes de claviers créent au contraire un effet vaguement prog / space rock un tantinet passéiste… et aussi une impression d’appauvrissement orchestral, heureusement compensé par les choeurs qui ajoutent au parfum soul de certains passages. Quant aux structures musicales (harmonies, mélodies, voix de fausset), elles demeurent stables pour ne pas dire redondantes. On attend la suite…

Fin avril, j’ai fait le compte-rendu du premier concert surprise de Patrick Watson et son groupe renforcé par le claviériste Mathieu Charbonneau (Timber Timbre), Marie-Pierre Arthur, Erika Angell (Thus Owls) et Lisa Iwanycki Moore. Dans le contexte d’une rédaction en direct avec ordinateur au fond de la salle, je m’étais contenté d’être descriptif. Soirée sympa, certes, mais j’avais constaté la ténuité du galbe synthétique de ces nouvelles chansons. Les claviers étant trop discrets, on avait forcément l’impression d’une proposition d’ensemble plus mince qu’auparavant. Les réparties du choeur féminin étaient toutefois solides et habitées, en belle relation avec le soliste, mais…

Cette reprise de contact avec Patrick Watson laissait néanmoins une vague impression de travail inachevé, de quête inassouvie. Facile de déduire que l’exécution de ce nouveau répertoire sera supérieure dans un avenir proche… et reste à souhaiter une proposition plus substantielle côté claviers et sons de synthèse. Car il en faudra davantage pour atteindre un niveau comparable à ce cycle antérieur qui nous a profondément séduits.

À suivre…

LIENS UTILES

Écoute intégrale de l’album Love Songs for Robots sur Deezer

Patrick Watson, site officiel

Patrick Watson, profil Secret City Records

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