Alain Brunet

Archive, avril 2015

Jeudi 30 avril 2015 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Commentaires (9)

Braids: Deep in the Iris

braids deep in the iris

En 2011, Braids a connu un départ canon avec l’album Native Speaker, pour ensuite alléger sa pop expérimentale en 2013 avec Flourish//Perish. En 2015, le trio évolue dans les mêmes zones indietronica et dreampop qu’on a observé au deuxième chapitre.

Pas plus que Flourish//Perish, Deep in the Iris n’a pas exactement le profil exploratoire qu’on a déjà prêté à Braids. Or, cette fois, le groupe peut compter sur le soutien de Damian Taylor, Montréalais d’adoption qui s’est rendu célèbre pour ses multiples collaborations avec Björk, The Prodigy, UNKLE et autres Austra.

Que coréalise-t-il au juste avec ce trio d’ici (originaire de Calgary) constitué de Raphaelle Standell-Preston (aussi chanteuse de Blue Hawaii), Austin Tuffs et Taylor Smith? Il ajoute à ces chansons pop un vernis de sons électroniques que l’on remarque surtout dans les introductions, ponts et finales. Semble-t-il qu’il se soit surtout impliqué dans les étapes finales et le mixage de ces chansons tressées serré, à la fois pop et engagées (au féminin), enrobées de sons et de beats électroniques variés, de piano, synthés, cordes électriques et percussions actionnés par des êtres humains.

Les environnements sonores y sont bellement aménagés sans s’avérer exceptionnels. De la bonne pop électronique d’esprit indie, des propos intelligents et progressistes, mais un ensemble un peu convenu malgré les efforts de transcendance. Enfin… peut-être s’agit-il d’un grower dont le plaisir croît avec l’usage… Paradoxalement, il est peut-être plus ardu pour un groupe d’abord associé à une pop exploratoire de gagner un public plus pop, friand de ses allègements conceptuels. Dans le cas de Braids, l’impact de ce nouvel album nous en dira long sur son avenir.

LIENS UTILES


Braids, site officiel

Braids , profil wiki

Braids, profil Arbutus Records


Metacritic, moyenne de 79% sur 15 recensions

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Mardi 28 avril 2015 | Mise en ligne à 12h56 | Commenter Commentaires (20)

Colin et Sarah: le tout dépasse la somme des parties

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Motifs mélodico-harmoniques, choix rythmiques, innovations texturales, références stylistiques de Colin Stetson et Sarah Neufeld sont ici des vases concomitants, et plus encore. Le jeu des langages individuels trouve un terrain d’entente où fleurissent des compositions supérieures aux démarches individuelles de ces musiciens montréalais.

On a déjà observé que les trouvailles de Stetson pouvaient épater de prime abord, mais qu’on faisait assez vite le tour du jardin avec ces trucs de respiration circulaire, microphones contact et quête microtonale. D’un point de vue compositionnel, on peut conclure à une série d’effets sans structures apparentes.

On peut aussi considérer cette démarche aussi pertinente que l’élaboration de drones à plusieurs couches, ou autres musiques apparemment linéaires et qui ne s’inscrivent pas dans les pratiques compositionnelles de la musique instrumentale contemporaine, écrite et/ou improvisée. Quant au travail individuel de Sarah Neufeld, il se limite aussi à l’élaboration de motifs et de textures émanant de son violon, qu’elle combine à un travail vocal. Intéressant, mais aussi le matériau d’une oeuvre et non une oeuvre en tant que telle.

Combinées aux motifs de Sarah Neufeld à l’archet ou à la voix, les musiques de Stetson sont plus que des matériaux utiles à d’éventuelles compositions. Les huit pièces au programme de Never Were the Way She Was offrent une variété de propositions à la fois exploratoires et accessibles, parce que liées de près ou de loin à des formes traditionnelles ou populaires.

Ces entrelacements entre cordes, vents et voix permettent ainsi au tout de dépasser la somme de ses parties.

LIENS UTILES

Colin Stetson et Sarah Neufeld, profil Constellation


Écoute intégrale de l’album sur Spotify

Mon interview de Sarah Neufeld et Colin Stetson

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Samedi 25 avril 2015 | Mise en ligne à 11h32 | Commenter Commentaires (9)

Wire, long fil conducteur

wire, wire

Wire m’est vraiment apparu comme une formation majeure lorsque Colin Newman travaillait avec Alain Bashung dans le cadre de Novice, un album fondamental dans la discographie du disparu. Clairement en avance sur ses collègues de la chanson française d’alors, Bashung s’entourait d’artistes-phares des mouvances post-punk, électro-pop, et industrielles: Blixa Bargeld, d’Einsturzende Neubauten, Dave Ball de Soft Cell et Colin Newman de Wire. C’était aussi l’époque de la transition de ses grands paroliers: fin de relation et divorce professionnel avec Boris Bergman, débuts d’une longue collaboration avec Jean Fauque, qui dura d’ailleurs jusqu’à sa mort en 2009.

De l’autre côté de la Manche, Colin Newman et ses comparses (pas toujours les mêmes) ont traversé trois cycles de création du groupe Wire. Nous sommes toujours à observer le troisième et ce tout récent album sans titre, sous étiquette Pink Flag.

Sans conteste, très réussi.

Colin Newman (chant, guitare), Graham Lewis (basse et voix), Robert Grey (batterie) et Matthew Simms (guitares) forment un groupe parmi les très rares à avoir construit aussi longtemps sur le rock britannique. Ce groupe culte a traversé des phases marquantes du rock britannique : punk, post-punk, rock alternatif, art-rock, rock expérimental, shoegaze mâtiné d’électro. Le quartette londonien n’a rien perdu de son identité originelle tout en trouvant le moyen d’innover dans le son.

Ce quatorzième album studio exhale une fraîcheur certaine. Solidement arrimés à la batterie et la basse, les grooves binaires sont les fondements de motifs très créatifs émanant des guitares et d’épaisses couches texturales toujours au service de cette voix relativement discrète du frontman. La forme chanson n’y est jamais laissée pour compte, et Wire continue de dérouler ad infinitum son fil conducteur.

LIENS UTILES

Wire, écoute intérgale du nouvel album sur Deezer


Wire et Pink Flag, site officiel

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