Alain Brunet

Archive du 24 mars 2015

Mardi 24 mars 2015 | Mise en ligne à 10h41 | Commenter Commentaires (16)

Chilly Gonzales et la musique de chambre

Gonzales Chambers

Chilly Gonzales vient de lancer Chambers et se propose de tourner à travers le monde avec cette nouvelle matière. Montréal sera une escale importante: le pianiste et compositeur sera parmi nous les 25, 26 et 28 avril au Théâtre Outremont.

Au mieux, cet album pour piano et cordes (et quelques cuivres à l’occasion) est un rite de passage sympathique vers la musique de chambre. Ces 13 compositions que propose Chilly Gonzales ne constituent rien d’autre qu’une série d’exercices de style (et de chambre) inspirés des compositeurs impressionnistes et romantiques, fin XIXe siècle début XXe, exercices sur lesquels il saupoudre des épices d’aujourd’hui – procédés vaguement minimalistes, entre autres ornements.

Pièces certes faciles d’accès, idéales pour un background de télésérie? Nul besoin d’être un fin connaisseur de musique classique, moderne ou contemporaine pour réaliser que cette matière n’a rien d’exceptionnel, bien que jolie dans l’ensemble. Certes, les mélodies sont finement ciselées, les harmonies bien construites, l’exécution très correcte, les interprètes compétents (Gonzales, le Kaiser Quartett, le percussionniste Joe Flory, etc.) les coefficients de difficulté n’étant pas très élevés de toute façon.

Pourquoi donc Chilly Gonzales remplira-t-il ses salles avec la tournée qui suit la sortie de cet opus ?

Parce que l’homme offre un excellent divertissement et que ses fans n’écoutent pas (ou très peu) de musique classique. Humour au programme de ses prestations, aucune de prise de tête, et cette impression de s’élever musicalement. J’ai assisté à quelques concerts de Gonzales depuis une quinzaine d’années, je témoigne qu’il avait mis tous ses fans dans la poche de son peignoir transylvanien.

Si on essaie d’être positif, on peut suggérer que l’album Chambers est une transition vers la vraie musique de chambre, celle que s’approprie Gonzales en reprenant des procédés compositionnels connus, dont la plupart ont plus d’un siècle d’existence. Puisque son public ne les connaît pas et que le musicien d’origine montréalaise est associé à la pop indie de qualité, ça reste très cool pour les hipsters.

Si on essaie d’être réaliste, on prédit qu’une petite minorité de ses fans ira plus loin dans sa quête de très bonne musique, et se mettra à l’écoute active de Satie, Chopin, Liszt, Rachmaninov, Debussy, Fauré ou Ravel.

Et si on essaie d’assumer sa propre condition de mélomane ? Pour les amateurs de musique classique (romantique ou impressionniste dans le cas qui nous occupe), la perception de telles musiques est tout autre: ce travail n’est rien d’autre qu’un repiquage d’époques antérieures aux musiques de chambre d’aujourd’hui.

Voilà, en fait, une autre illustration de cet univers musical constitué de bulles plus étanches qu’on ne le croit…

LIENS UTILES

Écoute intégrale de l’album Chambers sur Deezer

Chilly Gonzales, site officiel

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