Alain Brunet

Archive du 13 mars 2015

Vendredi 13 mars 2015 | Mise en ligne à 12h13 | Commenter Commentaires (9)

Lang Lang: flamboyant et…

Lang Lang

Oui, sa gestuelle est flamboyante, ses mains papillonnent au-dessus des ivoires pour s’y reposer et accomplir des miracles de musique. Oui, il a le port altier, même son recueillement est spectaculaire, sorte de transe communicative qui alimente son mythe naissant. Quoi qu’on pense de ces gracieux sparages, l’exécution de Lang Lang dans le Concerto de Mozart pour piano et orchestre no 24, en do mineur, K. 491 avec l’OSM sous la direction de Kent Nagano, était tout simplement suave du début à la fin. Dans chaque mouvement de ce concerto (allegro en do mineur, larghetto en mi bémol majeur, allegretto en do mineur), le pianiste nous emmène au paradis de la musique.

Le phrasé, l’articulation, l’élégance et la perfection technique convergent chez Lang Lang. Pour certains, cette perfection est suspecte; on voit Lang Lang s’esbaudir aux Grammys avec Pharrell Williams, Hans Zimmer ou Metallica, on peut trouver ces associations suspectes de la part d’un soliste qui se ferait du capital médiatique sur des tribunes pop qui n’ont pas grand-chose à voir avec sa profession: pianiste de concert. Or, les détracteurs de Lang Lang doivent réaliser que ces sorties côté jardin n’affectent en rien son développement de supravirtuose, soit l’un des plus beaux spécimens vivants du piano classique.

Que ses incursions dans la pop culture puissent convaincre des amateurs à l’écouter dans un contexte classique est une bonne chose, non ? Pour l’avoir rencontré cette semaine, en tout cas, je puis confirmer que cet homme de 32 ans n’a rien du jet-setter superficiel, de la star hautaine. J’avais plutôt devant moi un homme raffiné et intelligent, certes conscient de son talent mais facile d’accès. Ni prétentieux ni distant. Voyez comment il se fringue: veston, pantalon et chemiser haut de gamme, pas de cravate… Clinquant ? Personnel, si. Sa coiffure ? Personnelle, si.

Qu’importe, son travail d’interprète nous intéresse davantage que ces consirérations. À ce titre, j’ai la nette impression que Lang Lang se bonifie avec le temps. Je l’ai vu jouer à quelques reprises au cours de sa carrière et… ce que j’ai entendu jeudi soir m’a semblé encore meilleur, soit l’expression d’un supravirtuose au service de l’oeuvre et dont la personnalité de l’interprétation transcende l’oeuvre. Voilà (évidemment) pourquoi j’assisterai ce vendredi 13 à son récital: Bach, Tchaïkovski et Chopin sont au programme. Pur délice en perspective.

LIENS UTILES

Mon interview avec Lang Lang dans La Presse +

Le programme du récital de Lang Lang, ce vendredi à la Maison symphonique

Écoute intégrale sur Deezer de Lang Lang : The Mozart Album – With Nikolaus Harnoncourt & Wiener Philharmoniker (Orchestre philharmonique de Vienne), sous étiquette Sony Classical.

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mars 2015
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives