Alain Brunet

Archive du 6 mars 2015

Vendredi 6 mars 2015 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Commentaires (165)

Steven Wilson, certitude prog

Steven_Wilson_Hand_Cannot_Erase_cover

Frontman de la formation Porcupine Tree, Steven Wilson vient de lancer son quatrième opus solo. D’aucuns crient au génie, j’ai même aperçu une note de 5 /5 dans le très crédible Guardian, sans en lire le contenu – je le ferai une fois ce texte mis en ligne. Pour l’instant, je note que cinq textes recensés sur la plateforme Metacritic attribuent à cet opus une moyenne de 90%. Imprimatur d’un seul groupe d’affinités ?

La certitude prog ne date pas d’hier, c’était ainsi au tournant des années 70 lorsque la forme vécut son âge d’or après s’être inspiré de l’école de Canterbury (Hugh Hopper, Steve Hillage, Robert Wyatt, Kevin Ayers, Daevid Allen, Fred Frith, etc. ) et avoir vu émerger des groupes phares : King Crimson, Yes, Genesis, Gentle Giant, Van der Graaf Generator, Focus, Alan Parsons, ELP et autres PFM. Le sentiment qui animait alors les férus de prog en était un de supériorité. Rythmiquement supérieur, mélodiquement supérieur, harmoniquement supérieur et, pourtant, de culture rock. Qui plus est, la scène prog pouvait compter sur des musiciens virtuoses (tchèque la passe !), pour la plupart ouvert à la musique classique et au jazz fusion… style vers lequel plusieurs ont ensuite migré.

Nous voilà 45 ans plus tard, pour ne pas dire 50.

Mêmes choix harmoniques dans Hand.Cannot.Erase., mêmes choix mélodiques, mêmes choix rythmiques, même approche aigre-douce, même dosage classico-jazz-fusion, mêmes évocation rock (rythmes musclés et distorsion dans certaines séquences), instrumentation à peine modifiée. Chansons construites sur les mêmes charpentes : mélodies, refrains et ponts instrumentaux démesurément longs, sortes de pièces instrumentales enjolivées de chants humains. Oui, ces musiques de SW sont exécutées par de redoutables artilleurs dont le jeu est plus solide qu’il y a 40 ans – Guthrie Govan, champion shredder à la guitare; Adam Holzman, ex-sideman de Miles Davis et excellent claviériste; Marco Minnemann, batteur hors-pair; Chad Wakerman, autre superbatteur qui fut jadis recruté par Frank Zappa; Nick Begg; basse électrique et Chapman Stick… sans compter les voix complémentaires à celle de SW, Katherine Jenkins, Ninet Tayeb, sans compter les cordes et les propositions chorales.

Si le musicianship de Steven Wilson et sa bande ne font aucune doute, si la méticulosité de leur pratique est incontestable, si la qualité des prises de son et du mix de cet album sont exemplaires, l’imagination fait ici sérieusement défaut dans le contexte de 2015. À moins que l’on considère ici la composition et l’écriture de chansons comme l’interprétation d’une autre époque sans velléité créatrice. En tout cas, l’écart entre un groupe hommage d’icônes prog rock des années 68-76 et la nature de ces musiques «originales» me semble très mince. Si mince qu’une telle approche ne peut intéresser qu’une communauté étanche de mélomanes… qu’on devine convaincus de l’excellence de leurs choix esthétiques.

La certitude prog étant ce qu’elle est…

LIENS UTILES

Écoute intégrale de Hand.Cannot.Erase sur Grooveshark

Steven Wilson, site officiel

Steven Wilson, profil wiki

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Vendredi 6 mars 2015 | Mise en ligne à 9h58 | Commenter Commentaires (18)

Tigran Hamasyan: Mockroot et…

TIGRAN-HAMASYAN-Mockroot2

En formation réduite, c’est-à-dire avec le bassiste Sam Minaie et le batteur Arthur Hnatek, Tigran Hamasyan relance cet amalgame explosif de jazz, de rock presque métal et de folklore arménien.

L’approche fut révélée au monde de la musique il y a un moment déjà, particulièrement en 2009 avec la sortie de l’opus Red Hail. Ceux et celles qui en ont vue et entendue son groupe Aratta Rebirth au Gesù, soit en juin 2011, peuvent en témoigner. Sur le cul ! L’impression fut renforcée en 2013 avec l’album Shadow Theatre et la tournée qui s’ensuivit – très beau concert au Cabaret du Mile-End, rebaptisé Théâtre Fairmount à compter de ce mois-ci.

La suite des choses en 2015 ? Grosse modo, il s’agit de la même quête du jeune pianiste, chanteur, compositeur et improvisateur dont on vante les prodiges depuis le début de la courte carrière.

Bien qu’efficaces et exigeant une grande virtuosité de ses interprètes, ces nouvelles compositions n’apportent pas grand-chose de neuf à ce qu’on connaît de Tigran. La réduction orchestrale (sorte de power trio), l’usage plus marqué de sons de synthèse et les chants du leader ne modifient pas vraiment la perception. Fin de cycle? Si l’album subséquent use des mêmes ingrédients, et ce avec plus d’emphase sur la musique traditionnelle arménienne (on sait que Tigran est retourné vivre dans son pays natal), on devra alors poser un diagnostic de plate redondance.

Nous n’en sommes pas là mais il y a lieu d’être moins enthousiaste qu’il y a cinq ans. Bien sûr, si vous n’avez jamais goûté à cette médecine, vous risquez d’être éblouis par ce Mockroot.

LIENS UTILES


Écoute gratuite et intégrale de l’album Mockroot sur Deezer


Tigran Hamasyan, site officiel


Tigran Hamasyan, profil wiki

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