Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mercredi 3 septembre 2014 | Mise en ligne à 10h23 | Commenter Commentaires (85)

    La présomption d’élitisme

    Valery Gergiev

    Pour le cycle qui s’amorce, je compte suggérer à l’occasion un thème sur lequel notre communauté pourra réfléchir et débattre. Je commence aujourd’hui par un billet sur la notion d’élitisme:

    Depuis que j’exerce ce métier de chroniqueur/critique en musique, un nuage gris foncé plane au-dessus de toutes les pratiques de communication, modes de diffusion, choix éditoriaux : l’élitisme présumé de la connaissance profonde en matière de culture. Sauf l’information générale, cette notion s’applique-t-elle aux autres secteurs médiatiques? Sport? Économie? Politique internationale? Art culinaire ou œnologie, tant qu’à y être? Poser la question…

    Ainsi, les journalistes économiques, sportifs ou politiques de haut niveau usent de lexiques très spécialisées, leur connaissance pointue exige des lecteurs un effort de compréhension et des connaissances relativement étoffées pour bien saisir de quoi on leur parle. À ce titre, le raffinement des communicateurs n’a d’autre effet que de faire grimper leur cote de respectabilité. Ce n’est pas exactement le cas des chroniqueurs de musique, théâtre, littérature, arts visuels ou cinéma lorsqu’ils explorent d’autres territoires de création que celui des blockbusters ou champions des palmarès.

    Pourquoi ce fossé s’est il creusé ?

    Les intérêts marqués du (très) grand public, il faut le rappeler, constituent un corpus de plus en plus restreint de productions, et celles-ci exigent des investissements de plus en plus considérables. Cet espace est complété par une multitude de créations qu’absorbe une multitude de communautés d’amateurs. Ainsi, le tronc de la bête culturelle, constituée des productions destinées au plus grand nombre, ne cesse de perdre du poids alors que sa queue, addition de nombreux publics spécialisés, ne cesse d’en gagner. Suggérée il y a une décennie par le journaliste et essayiste américain Chris Anderson, la théorie de la longue traîne (long tail) demeure pertinente.

    Or, la perception qu’on a de la chronique spécialisée n’en demeure pas moins suspicieuse. Prenons la musique, notre sujet de prédilection : la connaissance profonde d’un art est régulièrement associée au snobisme, à la prétention. À l’élitisme.

    Cette présomption d’élitisme est malheureuse et se fonde une confusion historique. Jusqu’aux années 60, on a opposé la culture classique à la culture populaire. Être cultivé revenait alors à maîtriser ses classiques. Point de salut hors de la musique classique occidentale qui remonte aux origines de la polyphonie – Léonin, Pérotin, l’ars nova, Guillaume de Machaut, puis la musique ancienne, la baroque, la classique, la romantique, l’impressionniste.

    Avec l’arrivée de ladite musique contemporaine, c’est-à-dire à partir des années 20 et 30 (Berg, Schoenberg, Webern, Varèse, etc.) mais surtout à partir des années 50 (Boulez, Stockhausen, Xenakis, etc.) , le public «naturel» de la musique classique n’a pas adhéré massivement aux oeuvres des nouveaux compositeurs, à l’exception d’un auditoire très spécialisé qui demeure encore confidentiel en 2014 – bien que sa croissance soit (très) lente et (un peu moins) sûre.

    Au cours du demi-siècle que nous venons de franchir, ladite culture classique s’est écroulée. Les nouvelles élites politiques, financières, médiatiques ou celles issues des professions libérales ne valorisent plus cette maîtrise minimale, jadis obligatoire, du répertoire classique des grandes oeuvres. L’élévation, ils la voient dans leurs propres pratiques, au mieux chez les théoriciens de ces pratiques.

    Il n’y a pas lieu de s’étonner que Stephen Harper se plaise à nous balancer des reprises des Beatles et non de Chopin lorsqu’il exprime publiquement ses goûts musicaux. Avant l’arrivée du rock & roll, un dirigeant n’aurait jamais fait les choses ainsi. Un demi-siècle plus tard? Au faîte de l’échelle sociale, on n’adhère que partiellement à la culture classique, on manifeste peu de curiosité quant aux déclinaisons les plus raffinées des musiques non savantes. L’anti-intellectualisme du «vrai monde» ne cesse de progresser sur le territoire de la culture.

    Bien sûr, il n’y a aucun mal à valoriser les artistes brillants issus de la culture populaire, on le fait quotidiennement sur ce blogue. Le problème est ailleurs: de bas en haut de l’échelle sociale, en fait, on a aujourd’hui tendance à confondre culture et divertissement. Même lorsqu’il s’agit de prolongements raffinés de la culture populaire, l’étiquette élitiste est rapidement collée. On est pourtant loin, très loin de la grande complexité ! Misère de notre époque…


    • Le fossé s est creusé simplement parce que les gouts ne sont pas à discuter mais quand ils le sont ca laisse souvent place à des jugements de valeurs qui ne se comparent pas.

      Pour moi le meilleur exemple pour illustrer tout ce que vous énumérer de péjoratif à des qualificatif comme snobisme, prétention, élitisme c est un gars comme Alain Lefevre. Un p`tit québécois qui perle bien et joue à l artiste persécuté et incompris.

      Vous voyez le jugement que j en fais ? C est la perception que j en ai et ca le rend pour moi indigeste et classé automatiquement au niveau de la présomption d élitisme même si je me dis qu il n y a que lui qui se voit si au dessus de la mêlée.
      Mais encore là qui suis-je pour dire cela ? Plusieurs semblent l apprécier même au haut lieu de l intelligencia dans la boite radio-canadienne alors moi j ai le privilège de pouvoir syntoniser autre chose et devrait suivre les conseils de l illustre Paul McCartney, Let it be !

      Mais pour d autre les Beatles c est du populisme de bas étage et le cirque recommence …
      Ca prend de tout pour faire un monde et puisque la musique nous offre tant de création et de couleurs il est normal que chacun trouve qu un style dépasse les limites et magane son dessin idéal.

      Est- ce que ma culture gastronomique est moindre que celle des autres si au fil des décennies j ai succombé aux McDo et autres jugés d un autre calibre que ceux que dictent le guide Michelin ? Pas nécéssairement c est juste que maintenant la variété est telle dans tous les domaines qu il est futile de vouloir classifier quelqu un par ses habitudes de consommation . Il n y a apres tout que 24 heures dans une journée et l offre dépasse la demande.

    • Vous m’avez eu a ” on a aujourd’hui tendance à confondre culture et divertissement.” J’ai dû chercher sur google et j’ai trouvé “Divertisement, Culture”, une chronique de Foglia et j’ai ris.

      Qu’est ce que vous voulez dire par culture en musique ou prolongement raffinés? Vous voulez parler de la structure d’une pièce ou de son historique?

      En tous cas je peux dire que j’ai lu beaucoup de commentaire sur la musique progressive qui parle de masturbation auditive. Alors j’en parle pas quand j’en achète, sauf a un ami.

      Et je préfère me taire si on parle des émissions comme la Voix, etc… a chacun ses plaisirs.

    • Si les chroniqueurs et journalistes étaient si élitistes on aurait droit à des articles sur Allan Holdsworth ou Yusef Lateef plutôt que sur des artistes insipides dénués de talent à la Jack White ou Foo Fighters qui polluent les publications musicales depuis trop longtemps.

    • @sergioo
      Puisque j’aime Jack White je devrais aller écouter Yusef Lateef, ça risque de me jeter par terre.

    • « Qu’est ce que vous voulez dire par culture en musique ou prolongement raffinés ?»

      Je parle des musiques spécialisées qui sont des formes raffinées de musiques populaires connues de tous. Certaines musiques électroniques, certaines formes de rock, l’aile gauche du métal, le hip hop «abstract», certaines formes de prog, la chanson d’auteur, certaines musiques arabes ou indiennes, etc.

    • Sujet fort intéressant M. Brunet…

      D’abord, je pense qu’il faut distinguer élitisme et snobisme. L’élitisme serait davantage lié à un niveau de culture général…

      Pour apprécier certaines formes d’art à sa pleine mesure, il n’est pas inutile de posséder un bagage littéraire, musical ou artistique… Le bagage venant de la connaissance et de l’expérience permet de comparer, d’apprécier, de mettre en relief les nouvelles œuvres lues, vues ou entendu… C’est pourquoi un mélomane averti peut apprécier une œuvre qui, pour la majorité, est plus ou moins accessibles, « prolongement raffinés»… Que ce soient en jazz, en chanson populaire… Ce même mélomane averti peut tout aussi apprécier une œuvre plus accessible ( ragtime, blues, swing)… Il n’y pas de problème jusque là.

      Par contre, si cette même élite, sous couvert de snobisme, lève le nez – avec au passage l’étalement d’un certain dédain à l’instar de @sergioo sur Jack White – sur des œuvres plus populaires ou consensuelles sous prétexte qu’elles sont justement «populaires», « faciles», et que d’un même souffle, elle élève au rang de réussites des œuvres plus «opaques», alors là, il peu y avoir problème… On peut y voir jugement de valeur… Et si on ajoute à cela un vocabulaire d’initiés, il n’y a qu’un pas avant que naisse et croisse une opposition, une tension entre public de masse et élite (Mais ce jugement de valeur va tout aussi bien dans le sens inverse : la «masse» est loin d’être tendre envers les «intellectuels»)

      Pour finir, ce décalage est peut-être plus marqué en chanson populaire ou en musique rock car les niveaux d’appréciation peuvent différer à la fois pour la mélodie, les arrangements, le choix des instruments, la maîtrise de instruments joué, la qualité formelle du texte, son pouvoir d’évocation, la voix de l’interprète, etc., autant d’éléments où les niveaux de connaissance de chacun peuvent varier… Le musicien professionnel pourra apprécier une pièce en raison de la qualité du jeu de basse pendant que l’adepte de «bons textes» trouvera la même œuvre mauvaise en raison du texte. Et au final, la pièce joue sur les radios car la ligne mélodique est simple et que la voix de l’interprète plaît…

    • Bref, continuez votre excellent travail M. Brunet… Et je souligne au passage que vous êtes toujours respectueux des oeuvres et des artistes que vous tenter d’analyser de la façon la plus objective possible sans trop y aller de vos jugements de valeur… Je salue au passage votre – vos – tentatives de construire un vocabulaire pour analyser les oeuvres musicales…

    • C’est pas donné à tous d’être curieux en musique et d’apprendre par soi-même.
      Certaine personne mon fait mieux apprécier la musique électronique que je balayais du revers de la main. Il n’y a rien de mieux qu’un passionné de musique dans notre entourage pour nous faire découvrir des trucs. Encore faut-il être intéressé par la musique pour l’écouter.

      Est-ce que c’est des courriels que vous recevez qui vous mets l’étiquette d’élitiste ou vous percevez ça ailleurs?

      Peut-être que dans certain cas, le snobisme vient si la critique tente de discrétiser d’autre musicien pour mettre en valeur un artiste exceptionnels.

    • Je pense qu’un chroniqueur musical comme vous doit écouter beaucoup de musique pour son travail et obtient ainsi un bagage musical beaucoup plus varié que pour la majorité. Ensuite pour chaque artiste que le chroniqueur aime, il est forcé d’écrire sur plusieurs qu’il trouve moyen ou mauvais. Il aura aussi tendence a voir les techniques et les moyens qui définissent un genre et va plus rapidement trouver un artiste ordinaire. Ainsi le chroniqueur va être a la recherche de musique différente

      en musique pour apprécier un certain genre je pense il faut un certain bagage. Il m’est tres difficile d’apprécier un morceau de techno ou une chanson de rap car je ne dispose pas de référence pour ce qui est bon ou pas. Je n’ai pas de points de repères autre que mon bagage musical précédent, si il est trop éloigné je serai incapable d’apprécier. il en va de même pour des genres comme la musique classique, la barrièere a l’entrée est tres élevée, car cette musique est beaucoup plus codifiée. Je vais ainsi beaucoup plus apprécier un morceau qui rejoint ce que j’aime déja plutot qu’un qui en est éloigné. J’apprécie aussi beaucoup plus cette musique lorsqu’elle m’est expliquée. La personne normale est bombardé a partir de sa jeunesse de musique pop donc ce language lui est plus connu et aura ainsi tendance a aimer et rechercher ce qu’elle considere comme famillier.

      Pour moi l’étiquette élitiste vient du fait que la musique classique est beaucoup plus technique et nécéssite un langage propre. Beaucoup de gens font l’erreur d’utiliser ce langage en la présentant aux non-initiés ce qui a pour effet de repousser ces personnes. (De la même maniere que si je parle de programmation a un non-initié de ce domaine) Mais bien présenté, mise en contexte et vulgarisée elle est extraordinaire.

    • « Vous m’avez eu a ” on a aujourd’hui tendance à confondre culture et divertissement.” J’ai dû chercher sur google et j’ai trouvé “Divertissement, Culture”, une chronique de Foglia et j’ai ri. »

      Oui, ça m’a rappelé Foglia aussi. Je n’aurais toutefois pas cru que la chronique remontait déjà à 2008! Elle vaut bien la peine d’être recopiée, non?

      « Vous avez été deux ou trois, mettons quatre ou cinq, mettons environ 12 500 à m’expliquer durant le week-end la différence entre culture et divertissement.
      Je vous en remercie. Je suis moins bête aujourd’hui que vendredi. Vous avez parfaitement raison, je confonds culture et divertissement. Mais vous avez un petit peu tort aussi: ce n’est pas parce que je suis snob ou je ne sais quoi.

      Sauf pour quelques rares lectures, pour tout le reste, le cinéma, le théâtre, la musique, la poésie, les beaux-arts et même l’art ménager, je suis un consommateur de divertissement tout à fait semblable aux 887 millions de Français qui sont allés voir Les Ch’tis et aux 32 millions de Québécois qui ont vu La grande séduction.

      Et non, je n’ai pas loué Les Ch’tis exprès pour chroniquer.

      J’ai loué Les Ch’tis parce que dans ce dépanneur de merde où il n’y a jamais rien, il y avait ce truc dont tout le monde avait parlé et que 990 millions de Français ont vu, j’étais content, hein! Les Ch’tis! J’étais content, je vous dis.

      Tous les films que j’ai vus récemment sont des films de divertissement. Et je les ai presque tous aimés. Je suis incapable de me souvenir d’aucun, mais c’est normal, je ne me souviens pas non plus du sandwich que Giuseppina m’a fait la dernière fois que je suis allé au Café Italia. Le plaisir que j’ai eu à le manger, de cela oui, je me souviens, mais ce qu’il y avait dedans? Un peu de tout comme d’habitude.

      Tiens, j’ai loué aussi récemment et adoré tous les films de ou avec cette comédienne canadienne – Sarah Polley -, c’est du divertissement ça, non? C’est de la culture tout ce qu’il y a de plus populaire, non? Des bonnes histoires, bien racontées, bien jouées. Je me trompe?

      C’est trop intelligent pour être du divertissement? Le divertissement, c’est juste quand c’est du manger mou qui fait péter de plaisir? Je me trompe encore?

      Oui tu te trompes, me dites-vous. Tu confonds culture et divertissement. Les Ch’tis, c’est juste du divertissement. On n’attend pas que ce soit génial. On y va pour rire, se divertir, se reposer la tête.

      Foglia, bougre de, comment peux-tu confondre culture et divertissement?

      J’ai toujours confondu, je pense. Probablement que j’ai été éduqué par des gens qui tenaient la culture pour divertissante, si bien que la confusion s’est installée pour toujours dans ma pauvre tête.

      Je trouve que c’est tellement plus clair dans la vôtre. D’un côté, le divertissement. De l’autre, la culture. Divertissement, culture. Divertissement, culture. Torchons, serviettes. Pommes, bananes. Lapins, rhinocéros. Toasters, tournevis. Chaque place a sa chose.

      Vous ne précisez pas dans vos courriels à quel moment vous passez du divertissement à la culture, mais je comprends que vous le faites couramment, sans même y penser, instinctivement en somme, pas de problème, hop là, divertissement, culture, divertissement, culture. Le samedi et le dimanche divertissement, le mardi (le jeudi?) culture. Vous m’impressionnez.

      Dans ma chronique de samedi, je suggère un déferlement de merde planétaire qui submerge tout, une vaste entreprise de décervelage. Mais non, me dites-vous, tu t’énerves le poil des jambes pour rien, c’est juste du divertissement.

      Tu confonds culture et divertissement.

      Ah bon! Il y a aussi de la culture? Vous n’imaginez pas comme vous m’avez rassuré. »

      http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/200812/15/01-810714-divertissement-culture.php

      Et la chronique qui avait provoqué celle-ci.

      Extrait : « Avant, manquer de culture rendait circonspect. Aujourd’hui, cela rassemble »

      http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/200812/13/01-810096-critique-de-cinema.php

    • Et pourtant, M. Brunet. Et pourtant.

      L’élitisme existe. Il ne faut pas faire l’erreur, cependant, de juger tout l’élitisme comme appartenant au même moule, mais il semble toujours être justifié par une logique des classes sociales.

      Vous parliez, par exemple, d’Arcade Fire dans votre dernier article. Or, tout ce qui s’appelle “indie rock”, duquel Arcade Fire fait partie, souffre de ce mal; voir à ce sujet l’article de Carl Wilson, “The Trouble With Indie Rock”. Le même Wilson avait d’ailleurs écrit un livre sur Céline Dion, lequel affirmait d’abord que la Céline nationale était une chanteuse de mauvais goût, avant de changer de cap pour dire que le dédain généralisé des prêtres du Bon Goût envers Céline n’était finalement qu’un snobisme alimenté principalement par la dialectique des classes. Il n’aimait pas plus Céline Dion à la fin de son livre qu’au début, mais au moins il comprenait pourquoi elle jouissait d’une certaine popularité en dépit de sa quétainerie généralisée.

      Mais bon, Bourdieu n’avait pas déjà tout dit ça il y a quelques décennies?

      Alors, oui, l’élitisme existe, que ce soit l’élitisme hipster de ceux qui commencent à détester quelque chose dès qu’il devient populaire (ou à tout le moins connu), ou l’élitisme des chevaliers d’industrie qui carburent à la musique classique parce que c’est la musique supérieure.

      L’élitisme en musique, justement, a commencé avec l’expressionisme des Berg, Schoenberg et autres. (N’était-ce pas cet ultra-élitiste d’Adorno qui disait les préférer à la musique classique plus conventionnelle de son époque parce que cette musique classique plus conventionnelle était justement sur le point de devenir l’apanage du petit-bourgeois allemand de son époque, c-à-d du petit-bourgeois qui trouvait qu’Adolf chose faisait une bonne job comme chancelier?)

      Élitisme à peu près identique en littérature, à peu près à la même époque, avec le modernisme. Avec eux, d’ailleurs, c’était plutôt le contraire à propos d’Adolf et compagnie – voir Gertrude Stein (lesbienne, juive, mais pétainiste – vous voyez le genre), Yeats, Pound, Hamsun, et combien d’autres.

      Au cinéma, difficile à dire, peut-être parce qu’en raison de ses coûts de production, il a toujours visé la masse. Justement, voyez un peu le théâtre, ce qu’il est devenu depuis que le cinéma lui a ravi tout son public bas de gamme. Parce que finalement, la vérité est peut-être là: qu’avec le progrès technologique, seule l’élite peut se permettre un produit qui n’est pas mis en boîte. Ça veut dire, dans votre répertoire, que le grand public écoutera sa musique classique en disque, ou à la radio (et malheureusement, la radio cherche aussi à vendre, alors rien que le conventionnel, le sûr, le banal n’y sera offert). Rien de nouveau depuis cent ans. À cet époque, le disque faisait son apparition et le piano mécanique était répandu parmi ceux qui pouvaient se le payer. Qui, aujourd’hui, va à la Place des Arts? Pas moi, en tout cas.

      Il est là, l’élitisme dont vous parlez. Celui de ceux qui pensent qu’il ne suffit pas, justement, de connaître l’histoire de la musique, de posséder les rudiments de la musicologie, d’être capable de reconnaître un extrait à partir de seulement quelques notes, mais aussi de prendre part dans le développement de la culture musicale contemporaine. Pour l’élitisme plus classique, ça veut dire billets de saison à l’Opéra de Montréal, l’OSM, l’Orchestre métropolitain, sans parler de tout ce qui est produit à McGill et ailleurs. Pour l’élitisme plus hipster, ça veut dire connaître chaque groupe musical obscur avant même que le Voir se donne la peine d’en parler. C’est le bouche à oreille qui prévaut; et pour cela, il faut déjà graviter autour de ce milieu, de connaître les bonnes personnes, et ainsi de suite. Faire partie de la clique. Sous-entendu: Si vous ne les connaissez pas, alors vous pouvez bien retourner à la médiocrité de Céliiine. Dans ce milieu, il ne suffit pas d’être généralement au fait culturellement, ce qui est impossible si on ne vit pas à proximité de ce milieu, il faut partager un certain cheminement professionnel, une certaine vision sociale et politique, sinon, on est jugé trop ringard pour pouvoir s’associer à eux. Voilà cet élitisme qui me désole le plus, et qui n’a rien à voir avec celui plus renfermé de la musique classique.

      Wilson justement mentionnait l’exemple d’Arcade Fire qui avait pris part à un concert de Bruce Springsteen “devant un auditoire qui en général ne savait même pas qui ils étaient” (”in front of an arena audience that mostly had no idea who the hell they were”). C’est à peu près le problème de nos jours.

    • @restil
      Vous avez pressenti où je veux en venir. Il y aura une suite à ce premier billet !

    • « L’élitisme existe. Il ne faut pas faire l’erreur, cependant, de juger tout l’élitisme comme appartenant au même moule, mais il semble toujours être justifié par une logique des classes sociales. »

      Jamais vu ni entendu un Requiem ni un Stabat Mater en personne. J’aime pourtant ça. Mais trop cher. Peu vu de pièces de théâtre en direct. Chaque fois que j’en suis ressorti, je me disais pourtant que le contact direct avec les acteurs et les voix en direct des acteurs, ça rendait le cinéma « artificiel. » Mais là, encore, ça devient une question de sous. Heureusement, le texte de pièces de théâtre peut être publié. Si on a accès aux mots et aux images qu’ils libèrent, ça rend quand même l’expérience un peu sèche, comme si on vivait la pièce par procuration…

      Et pourtant, malgré le prix exigé au guichet, ce n’est pas comme si les acteurs de théâtre pouvaient se permettre de vivre au-dessus de leur moyen…

      Si par classes sociales vous entendez moyens financiers pour se déplacer à des événements, bingo!, là, on commence à parler! Reste que, pour s’initier à la musique classique, on en est peut-être à un âge d’or de la diffusion des grands interprètes. Les compagnies de disques classiques proposent désormais des coffrets de 40, 50 cd pour parfois moins de 100$. C’est presque la réalisation d’un phantasme de mélomane d’il y a 20 ans.

    • Moment de nostalgie, hier soir. J’ai ressorti un vieux Genesis : Selling England by the pound. En écoutant ces jeunes musiciens, je me suis demandé quelle devait être leur culture musicale à eux pour qu’ils parviennent à créer une musique aussi originale? Ils arrivaient d’où, de quelles écoutes, de quelle époque?

      Je veux dire, comparé, par exemple, à Arcade Fire qui serait le groupe de l’heure dans le monde malgré sa musique à numéros tellement ses références sont parfois peu subtiles…

    • “Peu vu de pièces de théâtre en direct. Chaque fois que j’en suis ressorti, je me disais pourtant que le contact direct avec les acteurs et les voix en direct des acteurs, ça rendait le cinéma « artificiel. »”

      Vous pourriez apprécier l’essai de Walter Benjamin, “L’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique”, si vous ne l’avez pas déjà lu.

      ” Heureusement, le texte de pièces de théâtre peut être publié. Si on a accès aux mots et aux images qu’ils libèrent, ça rend quand même l’expérience un peu sèche, comme si on vivait la pièce par procuration…”

      J’avais lu à quelque part que la pièce de théâtre de Shakespeare qui était considérée la plus poétique sur papier était en fait une de ses moins bonnes sur scène. Alors, peut-être l’expérience n’est-elle pas interchangeable. (Ce serait comme lire le menu du Toqué, faute de pouvoir me le payer.)

      Et pour la musique, bon, j’ai une partition complète pour piano du Lohengrin de Wagner. Même si j’avais un piano, même si je savais en jouer, ce ne serait quand même pas aussi satisfaisant que de voir l’opéra sur scène.

      “Si par classes sociales vous entendez moyens financiers pour se déplacer à des événements, bingo!, là, on commence à parler!”

      C’est ce que je voulais dire. Les acteurs de théâtre et les musiciens classiques ne sont pas exactement réputés pour gagner de folles sommes d’argent, hormis les superstars habituelles. Même avec une liste de commanditaires, même avec les conditions de misère de ses artisans, tout ça reste hors de prix.

      Et pour une raison quelconque, ça me rappelle “Ding et Dong: Le Film”, dans lequel le duo hérite d’une fortune, achète un théâtre, et décide de mettre en scène “Le Cidre” de Corneille. René Homier-Roy lui-même interviewait le duo: Quelle est l’orientation exacte de votre nouvelle compagnie théatrâle? Réponse: nord-ouest, sur De Maisonneuve, juste de biais avec le Harveys.

      Voyez par vous-même: https://www.youtube.com/watch?v=uyniRZXZg5s

      Tout le film est une excellente indication de tout ce clivage élitiste/populiste qui existe au Québec.

    • Chaque medium artistique a ses forces et ses faiblesses. Je me souviens quand j’ai amené ma conjointe a une représentation de l’OSQ. Avant elle était sceptique mais a la fin elle en redemandait. Le prix est une raison majeure qui m’empêche d’y aller aussi souvent que je voudrais. Mais ce n’est pas plus cher que d’aller voir un concert rock.

      Peut-être qu’il y a une question d’image d’inaccessibilité qui est véhiculée. Quand je lis sur les compositeurs ce n’est pas du tout l’image que j’ai. Beethoven semblait plutôt rebelle et contre l’ordre établi par exemple, ce qui est très difficile a percevoir dans l’interprétation moderne de sa musique. Peut-être qu’un jour les rebelles d’aujourd’hui seront joué comme les pièces trop vénéré d’un ancien temps. Sil ce qu’ils ont accompli traverse aussi loin.

    • Pour le meilleur ou pour le pire c’est notre culture. C’est bon de se poser la question ici parce qu’on ne le fait pas, en politique, sport ou économie.

      Cette question d’élite, de snob. Ce rapport entre la culture et le divertissement. Si c’est ça l’élite de se remettre en question, quitte à achaler les autres, je suis d’accord. Habituellement ici on entend: “Mais qu’est-ce que vous voulez?” Ça c’est notre culture…

      Mais on est pas juste achalants, on aime bien se divertir aussi. Ah Celine, cirque, soleil, Vegas… c’est là qu’on trouve les “autres” irritants mais est-ce qu’on le dit? Heille, c’est du pur divertissement!

    • Très intéressant billet (merci, de l’air enfin!)
      j’y reviens demain, il est tard par che nous..

    • En fait ce qui est élitiste de nos jours c’est exactement le contraire… L’élite d,avait n’avait pas besoin autant du peuple…

      Et ce qui l’intéresse toujours c,est bien plus le pouvoir, l’argent et le prestige. Alors l’élite ou les grosses légumes se colle sur la réussite de Céline Dion et du Cirque du Soleil.

      C’est pas le petit commerçant qui tient une épicerie fine qui représente l’élite c’est la famille à la tête de Wal-Mart , par exemple.

      Des élites dans la culture ? Ils ont ce qu’on veut bien leur laisser chez les puissants pour bien paraître.

      Quand même, du mécénat existe toujours et il y a des élites qui s’intéressent vraiment à la culture mais ils s’intéressent souvent plus à leur image et ce qu’ils vont laisser.

      Les grands bourgeois d’autrefois et disons anglos pouvaient être plus cultivés. Ils faisaient appel aux plus grands architectes pour construire leur maison. Maintenant ils font surtout construire des centres commerciaux et leurs maisons sont toujours imposantes mais peut-être avec moins de goût.

    • @sergioo

      Jack White et Dave Grohl sont parmi mes artistes préférés, du moins au niveau du rock actuel. Je crois que l’élitisme est de considérer tout ce qui est plus “grand public” est forcément mauvais, alors que tout ce qui est inconnu de la majorité est nécessairement du grand art. Mais bon, j’écoute les Foo Fighters alors qui suis-je pour parler de musique…(sans rancune!)

    • Elite fait référence au choix. Nous choisissons ce qui est mieux que. Et je ne pense pas ici qu’en terme virtuosité technique. Les punks en 1975 décidèrent que-less is more et pour eux, l’esthétique d’avant-garde de l’époque passait par un minimalisme mélodique et technique qui influence encore la musique pop aujourd’hui. ( on pourrait peut -être dire pour le meilleur et pour le pire…). Plus ou moins consciemment a travers nos conceptualisations , on peut donc facilement développer des préjugés envers divers genres musicaux. J’aime bien la citation de Zappa: Writing about music is like dancing about architecture. C’est une boutade bien sur mais si on remplace le mot writing par thinking, cela nous indique qu’on devrait aborder tout genre musicaux, sans idée préconçue, laisser aller les pensées et les discours qui surgisse et plutôt prendre vraiment le temps d’écouter les sons et leur résonnance sur notre sensibilité , ce qui nous amène a une approche plus nuancée des divers genres. .Concernant Culture et divertissement, toutes musiques est basé sur le jeu, il y a donc possiblement une part de divertissement même dans les musiques dites sérieuses ( pourquoi je déteste cet expression ?). Gauguin disait que toutes peinture avait une dimension décorative.
      Concernant la musique, on pourrait affirmer que tout ce qui va vers de la complexité tend a une musique élitique mais j’ai tendance a voir cette problématique en terme de préférence conceptuelle: Pour le hipster, la musique indie constitue la musique actuel qu’il faut écouter. Pour le musicien classique, c’est l’approfondissement et la personnalisation des grandes œuvres du répertoire. Pour le jazzman, c’est pousser le langage de l’improvisation , et pour le rocker old-school rien ne vaut l’âge d’or des grandes mélodies et techniciens des années 60-70… Comme de quoi il est facile de devenir le béotien de quelqu’un. Vive l’ouverture !

    • Toute forme de d’art, que ce soit en bas ou en haut de l’échelle sociale, est un divertissement potentiel qui n’est pas nécessairement réalisé.

      Naturellement, la dite échelle sociale est très étendue et comprend une infinité de composantes: la richesse, le sexe, la religion, la couleur de la peau, l’âge, la langue, l’éducation, le métier…

      Toutes ces composantes, dans leur proportion propre, définissent un agencement.

      Certains agencements s’identifient les uns aux autres et forment des groupes, des classes.

      Dans un agencement, il y a aussi une hiérarchie entre les composantes.

      Ainsi, deux agencements différents mais contenant un nombre statistique critique de composantes majeures semblables pourraient s’identifier l’un à l’autre et former un groupe ou une classe.

      Par exemple, la richesse ou l’éducation sont des composantes fortes qui dominent dans un agencement.

      Le divertissement est un processus par lequel un être, un groupe ou une classe ne s’identifie non pas à un autre mais à elle-même AVEC et PAR d’autres.

      Naturellement, si, en tant qu’autre, nous ne sommes pas diverti par une forme d’art, soit qu’elle nous apparaît triviale (populaire), soit qu’elle nous apparaît trop complexe (élitiste).

      Chose certaine, ne pas être diverti par une forme d’art engendre une angoisse: si elle nous apparaît triviale, elle évoqie la misère de notre condition collective. Si elle nous apparaît complexe, elle évoque la misère de notre propre condition.

      Au contraire, lorsque nous sommes divertis, nous définissons ce que nous sommes en reforçant les liens de notre agencement, de notre groupe ou de notre classe.

      En somme, le débat “élitiste contre populaire” est un charabia d’imbéciles…mais il en diverti sans doute plusieurs….

      ahh !! misère…

    • “Suggérée il y a une décennie par le journaliste et essayiste américain Chris Anderson, la théorie de la longue traîne (long tail) demeure pertinente.”

      Au contraire, cette théorie ne tient pas la route.

      La culture de masse (le mainstream comme on aime dire en anglais et ce qui suit avec, les blockbusters) a toujours encore le haut du pavé dans le paysage culturel. La culture de niche, comme elle se doit, occupe une petite place et de temps en temps quelques trucs font le saut vers la culture de masse comme ça toujours été le cas. Comme on repêche un joueur des ligues mineures qui domine son équipe pour faire le saut dans la vraie ligue. On voit que son rendement est supérieur et on attend de lui qu’il puisse faire de même dans la vraie ligue comme ça l’investissement sera rentable.

      Oui, il semble y avoir plus de propositions et de projets, mais c’est davantage un retour vers la loi de la jungle où chacun tente sa chance car il y a moins de filtres (éditeurs, labels), donc tout se retrouve à l’air libre, dans le marché. Mais au final, on ne fera pas croire que les acteurs de la culture de niche vivent mieux qu’avant ou que leur public est plus grand. Bien sûr, il y aura toujours des exceptions qui vont s’en vanter haut et fort, prônant que leur modèle est le meilleur et qu’il faut suivre leur exemple (avec chiffres à l’appui la plupart du temps pour justifier leur validité artistique, même tactique que Hollywood emploi en diffusant les recettes des blockbusters après la première fin de semaine de diffusion), mais ce sont des exceptions, comme avant il y a eu aussi des exceptions.

      La théorie de la longue traîne a surtout fait l’affaire de Chris Anderson. Bien que séduisante, car elle renvoie au “mythe” fondateur de web/internet à savoir que cet outil/média démocratise l’accès à tous, elle demeure une théorie.

      Le public spécialisé ne croît pas plus qu’avant.

    • Si on parle d’élitisme, on peut aussi mentionner les embargos tacites, maintenus par certains médias, nombreux d’ailleurs, à propos de certains artistes. Les “pas touche”. Je me rappelle le tollé de protestations, je dirais même la commotion causée par un certain blogue peu flatteur sur un opus de Pierre Lapointe. Quoi? Qui a osé s’en prendre à notre “meilleur”??On aurait dit un crime de lèse-majesté.
      Lors de mon dernier séjour au Québec, je suis allée voir la pièce Coeur de Robert Lepage, un artiste brillant et une mise en scène superbe, on s’entend. J’ai lu plusieurs critiques dans les journaux et ai été franchement étonnée qu’aucun critique ne mentionne les propos racoleurs/récupérateurs et gros comme le bras sur la question du port du voile ou sur les propos convenus et maintes fois entendus sur le racisme. Non, les critiques soulignaient le grand modernisme de son propos. Ah bon! Ce n’est pas parce qu’un thème est au goût du jour qu’il est traité sous un angle nouveau. Il doit être possible de mentionner que des artistes exceptionnels sont parfois moyens…

    • « La culture de masse (le mainstream comme on aime dire en anglais et ce qui suit avec, les blockbusters) a toujours encore le haut du pavé dans le paysage culturel.»

      La culture de masse occupe et occupera la place principale sur la place publique. Et la plus grande visibilité… dans les médias traditionnels. Ailleurs, elle perd en importance, c’est un fait objectif. Bien sûr, personne ne prédit ici la mort du mainstream, personne ne refuse de reconnaître sa plus grande rentabilité quoique… Dans les faits, les artistes qui remplissent les arénas et les stades sont nettement moins nombreux que dans les années 80 et 90, les vendeurs de disques à coup de millions sont aussi beaucoup moins nombreux qu’avant (pour les raisons qu’on sait), l’industrie de la musique compte nettement moins d’artistes à fort rayonnement… et les médias traditionnels n’en ont jamais autant parlé parce qu’ils craignent le tune-out, c’est-à-dire la désaffection du grand public au profit des nouvelles plateformes et médias sociaux sur l’internet.

      La longue traîne est moins apparente et la somme de ces centaines voire milliers de communautés d’affinités ne cesse de gagner en importance. En rentabilité ? Cela finira bien par se produire… et je serais curieux de lire une étude sérieuse qui en fait état. Chose absolument certaine en ce qui me concerne, les publics spécialisés n’ont jamais été aussi nombreux et diversifiés qu’aujourd’hui. Affirmer que leur croissance n’existe pas repose sur… une perception limitée, une vue partielle de l’esprit.

      Comme dirait l’autre, deux millions de personnes aiment Céline au Québec (enfin…), il en reste six qui s’en balancent. En ce sens, la théorie de Chris Anderson tient la route… et doit être raffinée, bien entendu. Idem pour le concept d’accès de Jeremy Rifkin, mis de l’avant à la fin des années 90; le fondement tient toujours la route et la réalité d’aujourd’hui nous permet d’en faire évoluer les prémisses.

    • Ce n’est pas tout a fait sur le sujet, mais disons que ça touche a la culture et divertissement.
      Primus va sortir un album Primus and the Chocolate Factory with the Fungi Ensemble.

      Cet album sera la piste sonore ré-imaginé du film Willy Wonka and the Chocolate Factory.
      En voyant cela je me suis procuré le film que j’ai adoré étant jeune pour pouvoir comparer les œuvres à la sorti de l’album. Ça risque d’être intéressant, du moins pour moi.

    • Pourquoi ce fossé s’est il creusé ?
      J’aurais aimé répondre car la grande majorité n’a plus besoin d’une pseudo-intelligentia pour se faire dicter ce qui est bon et génial… mais ce n’est pas le cas. On est dans la pyramide inversée. Un DJ avec une clé USB c’est le summum de la culture maintenant. C’est l’ère du vide… et la critique, la contestation sont devenues condamnables.
      On est à l’autre extrême… après la peuteuterie intellectuelle vint la paresse massive.

    • « Pour l’élitisme plus hipster, ça veut dire connaître chaque groupe musical obscur avant même que le Voir se donne la peine d’en parler. C’est le bouche à oreille qui prévaut; et pour cela, il faut déjà graviter autour de ce milieu, de connaître les bonnes personnes, et ainsi de suite. »

      Vu de l’extérieur, je trouve qu’il s’agit d’un snobisme assez inoffensif, somme toute. Que des commentateurs patentés ou autres types de pseudo-exégètes veuillent exercer une autorité intellectuelle dans un domaine comme la musique pop, ce n’est pas nouveau. C’est inévitable, nous voulons tous que prévale la finesse de notre jugement, à divers degrés; certains sont plus casse-couilles que d’autres, malheureusement. Quant à l’appartenance à une clique qui ferait office de « classe privilégiée », bof. Ces cocos-là sont faciles à démasquer : ce sont eux qui, debout au fond de la salle, près du bar, génèrent la rumeur irritante qui nous empêche de profiter pleinement d’une prestation.

      Et leur jugement est-il si fin? Je reprends moi aussi une citation (un peu usée) où l’on mentionne le Boss : Pour une prophétie comme celle de Jon Landau (« I saw rock and roll future and its name is Bruce Springsteen »), il doit y avoir 100 000 bides. Bref, quand ça marche, on immortalise la citation. Quand ça chie, on l’oublie. Et ça doit chier souvent.

    • Enfin ! Quelqu’un qui ose parler du sujet tabou de l’élitisme.
      Merci pour ce billet.
      Les commentaires sont également captivants.

      Robert Duquette
      Retraité

    • “La longue traîne est moins apparente et la somme de ces centaines voire milliers de communautés d’affinités ne cesse de gagner en importance. En rentabilité ? Cela finira bien par se produire… ”

      On commence a peine a voir la pointe de l’Iceberg de ce qui est possible. Déja dans la derniere année j’ai contribué a une campagne Indiegogo (production d’une série sur youtube) et une autre sur patreo (production d’un podcast) pour la première fois. Les gens veulent encourager les artistes qu’ils aiment. Ils veulent leur permettre de vivre de leur art et de produire plus de contenu. En plus ces campagnes produisent un effet d’appartenance et permettent a chacun de payer dans la mesure de ses capacitées.

    • Difficile de voir un quelconque élitisme en musique classique de type « Big B’s » (Beethoven-Bach-Brahms) ici même. Y a-t-il déjà eu autant de groupes orchestraux, au Québec? À peu près toutes les villes relativement importantes et toutes les régions comptent au moins un orchestre symphonique, un orchestre à vents, plusieurs harmonies et une tonne de chœurs (il y a sans doute encore beaucoup de Guantanamera et d’Obladi-Oblada là-dedans, mais bon). Dutoit avait amorcé la démocratisation de l’OSM, Nagano a poursuivi en grand et Nézet-Séguin partage la scène avec Misteur Valaire. Le prix des billets? Pas plus cher que Jack White ou les Foo Fighters, moins cher que Céline. Pour ce qui est de la musique contemporaine, qu’on peut entendre à l’occasion chez Nagano, je ne compterais pas sur Yves Bolduc pour la mettre au programme dès le primaire.

    • Les élitistes sont comme les hipsters: ils sont les seuls à ne pas savoir qu’ils le sont. Le problème vient du fait qu’il n’y a rien de mal à être élitiste (ou hipster, soit dit en passant). Il faut reconnaître son élitisme et l’assumer. Fréquentez les théâtres, regardez les classiques de Bergman, écoutez du Bach en sirotez un verre de Henri Jayer Richebourg Grand Cru, mais surtout méprisez cette plèbe inculte!

    • J’écoute un album en streaming sur NPR : « Ensemble » de Death Blues, en buvant un triple capu-macchiato bien cogné. C’est sublime, on dirait une sorte de croisement entre GYBE, le Cirque du soleil et l’Art Ensemble of Chicago. Je suis la troisième personne à écouter ce truc à Montréal (après Catherine Pogonat et Christiane Charrette).

    • Pour avoir un débat qui a de l’allure, il faudra d’abord s’entendre sur les termes exacts et leurs significations:

      ”la connaissance profonde d’un art est régulièrement associée au snobisme, à la prétention. À l’élitisme.”

      As far as i know, la perception de ces mots est très variable d’un individu à l’autre, ce qui court-circuite dans l’oeuf toute discussion.

    • Monsieur Brunet,
      Pure curiosité sociologique. Le niveau intellectuel des participants à ce blog est franchement étonnant( favorablement). Effectuez-vous une quelconque sorte de filtrage?
      La dernière entrée à 15h19 de jon8 est particulièrement pertinente.

    • Je jure que paulleautaud n’a jamais séjourné sur mon yacht.

    • Tiens, attaquons le snobisme:

      ”Un snob, c’est-à-dire une personne qui fait preuve de snobisme, cherche à se distinguer du commun des mortels mais se fourvoie dans une fausse élégance de parvenu ou un suivisme de cuistre.”

      Haha. C’est bon.
      La suite est tout aussi juteuse: http://fr.wikipedia.org/wiki/Snob

    • Alain, d’un point de vue plus psychologique, toute la problématique dont il est question ici est reliée aux niveaux de communication et donc à la ”distance” entre les individus.

      Ce n’est ni plus ni moins qu’une dichotomie ”néophyte v.s. expert” dont il est question ici.

      On retrouve le même pattern un peu partout dans la société. Deux geeks qui parlent ensemble le même language ont une meilleure ”proximité d’échange” qu’un geek avec une grand-maman sur le même sujet pointu. Il en va de même pour l’ado qui se régale de musique pop v.s. un critique musique. Il y a décalage et ce décalage cause fatalement des frictions.

      Je crois pour ma part que ”l’expert” a la responsabilité morale de tendre la perche au néophyte, qui lui, fera plus souvent qu’autrement résistance. Et, d’ailleurs, je vois cette résistance comme étant positive puisque ça teste (et stimule) l’expert.

      My 2 bucks.

    • @paulleautaud

      Pas de filtrage, notre communauté regorge de cerveaux ! :)))

    • jon8

      La relativité des termes vous pèse une fois de plus. ;) On ne fait pas de physique quantique lorsqu’on parle d’élitisme ou de populisme hi hi. Dans un premier billet sur la question, je dis d’abord que la notion d’élitisme a connu une mutation et que plusieurs en voient désormais partout. L’élitisme social (de classe) supposait une maîtrise des classiques jusqu’à il y a environ un demi-siècle, après quoi la notion d’élitisme est devenue confuse pour les raisons énoncées sommairement dans le billet ci-haut. L’élitisme culturel de classe s’est progressivement effrité alors qu’aujourd’hui, la connaissance profonde d’une forme d’art est davantage liée à l’éducation (démocratisée) et la passion de cette forme qu’à une appartenance de classe. Ainsi, un individu au revenu modeste peut connaître beaucoup mieux la musique dite sérieuse qu’un homme ou femme d’affaires beaucoup plus riche. Jadis, ce n’était pas le cas.

    • ”Ainsi, un individu au revenu modeste peut connaître beaucoup mieux la musique dite sérieuse qu’un homme ou femme d’affaires beaucoup plus riche.”

      Un businessman ou businesswomen est binque trop occupé pour mettre du temps dans tout ça, voyons. C’est pour les gratteux de guitare, la culture musicale. Ceux qui ont du temps à y consacrer, entre deux chèques de BS. Je déconne bien sûr.

    • “L’élitisme culturel de classe s’est progressivement effrité alors qu’aujourd’hui, la connaissance profonde d’une forme d’art est davantage liée à l’éducation (démocratisée) et la passion de cette forme qu’à une appartenance de classe.”

      Peut-être ici, mais ailleurs? Je me souviens, il y a quelques années, d’un essai dans le magazine littéraire américain “N+1″, intitulé “Revenge of the Elites”. À l’époque gratuit à lire, mais aujourd’hui envoyé derrière un paywall: https://nplusonemag.com/issue-10/the-intellectual-situation/revolt-of-elites/

      Si j’ai bonne mémoire, le point des auteurs était: pourquoi la populace s’acharne-t-elle contre les intellectuels quand c’est l’élite financière qui mène le jeu? Suivi d’une charge à fond de train contre les technocrates finissants en finance ou en droit de Harvard. Ce que les auteurs oubliaient soudainement de mentionner, alors qu’ils le répétaient sans cesse ailleurs dans leurs autres articles, était qu’eux-mêmes étaient diplômés de Harvard.

      Une critique de cet article est disponible ici: http://www.amcircus.com/politics/the-intellectual-situation-of-n1.html . Je cite:

      “Take, for example, an interesting passage from the middle of the article. Discussing the ways elitism codes itself into language, the editors of n+1 offer, “When Al Gore said his favorite book was Stendhal’s Red and the Black, this could be boiled down to mean, You know what? I’m an upper-class guy who went to Harvard.” It’s a great observation — the kind n+1 editorials are full of. The next sentence, however, is something strange. Not content to leave the point where it stands, the editors add, almost offhandedly, “Of course, everyone with power in America is an upper-class guy who went to Harvard.”

      A fairly innocuous statement, until you realize that nearly everyone on n+1’s editorial board went to Harvard — the lone exceptions of the six-person group being a graduate from Columbia and a graduate from Wesleyan. Hearing that everyone who matters in the world went to Harvard isn’t, in and of itself, all that obnoxious — unless you’re hearing it from four people who went to Harvard. Then it’s really, really obnoxious.

      Obnoxious is not the end of it, though, if one recalls the central arguments of the article. “Colleges, in their role as four-year drinking clubs for rich boys, knit their alumni into a WASP mafia pledged to socioeconomic self-preservation.” “Distinctive speech, sports, and garb set them off from the general population.” I don’t know what the editors of n+1 wear, but I know what they sound like, and if there is a better example of people with an “educated background” banding together and setting themselves apart from the masses, I know not where.”

      Alors je pense que le temps n’est pas encore venu d’envoyer Pierre Bourdieu aux oubliettes. Et si finalement l’élite intellectuelle et l’élite politico-financière n’étaient que les deux côtés de la même médaille? Elles se connaissent. Elles se côtoient. Elles proviennent du même milieu. Quand ça coûte 60 000$ US par année pour étudier dans une université privée aux États-Unis, comment pourrait-il en être autrement?

      Bon, ici, on n’en est pas encore rendu là, mais cette impression d’une culture réservée à l’élite demeure. Oui, quelqu’un peut lire Stendhal sans jamais étudier formellement la littérature (j’avais commencé à lire “Le Rouge et le noir” pendant le verglas de 1998, mais je ne l’ai jamais terminé), mais à moins de faire partie du bon milieu socio-économique, les chances d’en avoir entendu parler s’amenuisent.

      Et comme je mentionnais dans un autre commentaire plus haut, le véritable élitisme n’est pas tant celui qui est créé par une connaissance de l’histoire de la musique (ou de la littérature, etc.), mais plutôt celui qui consiste à être en position de prendre part dans et d’influencer les mouvements artistiques contemporains. Facile de dire qu’on peut facilement trouver tout ce que Karajan a enregistré, ou de dire que personne n’a mieux dirigé un orchestre. Il reste qu’il est mort depuis 25 ans. Et encore, on ne parle pas d’un compositeur. Le mélomane qui s’en tiendrait encore à Beethoven ou à Mozart passerait pour terriblement vieux-jeu aujourd’hui.

      Alors oui, de cette perspective, l’élitisme culturel de classe, comme vous l’appelez, a peut-être disparu, justement qu’il a été remplacé par un autre élitisme, celui de l’avant-garde qui se méfie de ce qui a pu être corrompu par les valeurs bourgeoises. (Difficile d’imaginer autrement la controverse entourant le Sacre du printemps en 1913.) Et celui-là est devenu la norme, impossible à déloger. Parce que oui, un grand pan de la musique classique s’est embourgeoisé (c’est impossible à manquer quand on écoute la radio classique), et en même temps, les formes musicales plus populaires sont également dénoncées parce qu’elles sont entièrement motivées par le capitalisme.

      Reste alors l’obscur, le trop risqué pour la radio. Et c’est pour cette catégorie de musique qu’il faut à priori appartenir au bon milieu. Lequel n’est pas démocratique du tout, car basé entièrement sur l’exclusion des indésirable et des éléments qui puissent le corrompre.

    • “Je jure que paulleautaud n’a jamais séjourné sur mon yacht.”

      Élitiste.

    • Il semble que le système semble destiné à gober les messages plus longs, alors coupons en deux parties.

      “L’élitisme culturel de classe s’est progressivement effrité alors qu’aujourd’hui, la connaissance profonde d’une forme d’art est davantage liée à l’éducation (démocratisée) et la passion de cette forme qu’à une appartenance de classe.”

      Peut-être ici, mais ailleurs? Je me souviens, il y a quelques années, d’un essai dans le magazine littéraire américain “N+1″, intitulé “Revenge of the Elites”. À l’époque gratuit à lire, mais aujourd’hui envoyé derrière un paywall: https://nplusonemag.com/issue-10/the-intellectual-situation/revolt-of-elites/

      Si j’ai bonne mémoire, le point des auteurs était: pourquoi la populace s’acharne-t-elle contre les intellectuels quand c’est l’élite financière qui mène le jeu? Suivi d’une charge à fond de train contre les technocrates finissants en finance ou en droit de Harvard. Ce que les auteurs oubliaient soudainement de mentionner, alors qu’ils le répétaient sans cesse ailleurs dans leurs autres articles, était qu’eux-mêmes étaient diplômés de Harvard.

      Une critique de cet article est disponible ici: http://www.amcircus.com/politics/the-intellectual-situation-of-n1.html . Je cite:

      “Take, for example, an interesting passage from the middle of the article. Discussing the ways elitism codes itself into language, the editors of n+1 offer, “When Al Gore said his favorite book was Stendhal’s Red and the Black, this could be boiled down to mean, You know what? I’m an upper-class guy who went to Harvard.” It’s a great observation — the kind n+1 editorials are full of. The next sentence, however, is something strange. Not content to leave the point where it stands, the editors add, almost offhandedly, “Of course, everyone with power in America is an upper-class guy who went to Harvard.”

      A fairly innocuous statement, until you realize that nearly everyone on n+1’s editorial board went to Harvard — the lone exceptions of the six-person group being a graduate from Columbia and a graduate from Wesleyan. Hearing that everyone who matters in the world went to Harvard isn’t, in and of itself, all that obnoxious — unless you’re hearing it from four people who went to Harvard. Then it’s really, really obnoxious.

      Obnoxious is not the end of it, though, if one recalls the central arguments of the article. “Colleges, in their role as four-year drinking clubs for rich boys, knit their alumni into a WASP mafia pledged to socioeconomic self-preservation.” “Distinctive speech, sports, and garb set them off from the general population.” I don’t know what the editors of n+1 wear, but I know what they sound like, and if there is a better example of people with an “educated background” banding together and setting themselves apart from the masses, I know not where.”

      Alors je pense que le temps n’est pas encore venu d’envoyer Pierre Bourdieu aux oubliettes. Et si finalement l’élite intellectuelle et l’élite politico-financière n’étaient que les deux côtés de la même médaille? Elles se connaissent. Elles se côtoient. Elles proviennent du même milieu. Quand ça coûte 60 000$ US par année pour étudier dans une université privée aux États-Unis, comment pourrait-il en être autrement?

    • “L’élitisme culturel de classe s’est progressivement effrité alors qu’aujourd’hui, la connaissance profonde d’une forme d’art est davantage liée à l’éducation (démocratisée) et la passion de cette forme qu’à une appartenance de classe.”

      Peut-être ici, mais ailleurs? Je me souviens, il y a quelques années, d’un essai dans le magazine littéraire américain “N+1″, intitulé “Revenge of the Elites”. À l’époque gratuit à lire, mais aujourd’hui envoyé derrière un paywall.
      Si j’ai bonne mémoire, le point des auteurs était: pourquoi la populace s’acharne-t-elle contre les intellectuels quand c’est l’élite financière qui mène le jeu? Suivi d’une charge à fond de train contre les technocrates finissants en finance ou en droit de Harvard. Ce que les auteurs oubliaient soudainement de mentionner, alors qu’ils le répétaient sans cesse ailleurs dans leurs autres articles, était qu’eux-mêmes étaient diplômés de Harvard.

      Une critique de cet article avait répondu:

      “Take, for example, an interesting passage from the middle of the article. Discussing the ways elitism codes itself into language, the editors of n+1 offer, “When Al Gore said his favorite book was Stendhal’s Red and the Black, this could be boiled down to mean, You know what? I’m an upper-class guy who went to Harvard.” It’s a great observation — the kind n+1 editorials are full of. The next sentence, however, is something strange. Not content to leave the point where it stands, the editors add, almost offhandedly, “Of course, everyone with power in America is an upper-class guy who went to Harvard.”

      A fairly innocuous statement, until you realize that nearly everyone on n+1’s editorial board went to Harvard — the lone exceptions of the six-person group being a graduate from Columbia and a graduate from Wesleyan. Hearing that everyone who matters in the world went to Harvard isn’t, in and of itself, all that obnoxious — unless you’re hearing it from four people who went to Harvard. Then it’s really, really obnoxious.

      Obnoxious is not the end of it, though, if one recalls the central arguments of the article. “Colleges, in their role as four-year drinking clubs for rich boys, knit their alumni into a WASP mafia pledged to socioeconomic self-preservation.” “Distinctive speech, sports, and garb set them off from the general population.” I don’t know what the editors of n+1 wear, but I know what they sound like, and if there is a better example of people with an “educated background” banding together and setting themselves apart from the masses, I know not where.”

      Alors je pense que le temps n’est pas encore venu d’envoyer Pierre Bourdieu aux oubliettes. Et si finalement l’élite intellectuelle et l’élite politico-financière n’étaient que les deux côtés de la même médaille? Elles se connaissent. Elles se côtoient. Elles proviennent du même milieu. Quand ça coûte 60 000$ US par année pour étudier dans une université privée aux États-Unis, comment pourrait-il en être autrement?

      Bon, ici, on n’en est pas encore rendu là, mais cette impression d’une culture réservée à l’élite demeure. Oui, quelqu’un peut lire Stendhal sans jamais étudier formellement la littérature (j’avais commencé à lire “Le Rouge et le noir” pendant le verglas de 1998, mais je ne l’ai jamais terminé), mais à moins de faire partie du bon milieu socio-économique, les chances d’en avoir entendu parler s’amenuisent.

      Et comme je mentionnais dans un autre commentaire plus haut, le véritable élitisme n’est pas tant celui qui est créé par une connaissance de l’histoire de la musique (ou de la littérature, etc.), mais plutôt celui qui consiste à être en position de prendre part dans et d’influencer les mouvements artistiques contemporains. Facile de dire qu’on peut facilement trouver tout ce que Karajan a enregistré, ou de dire que personne n’a mieux dirigé un orchestre. Il reste qu’il est mort depuis 25 ans. Et encore, on ne parle pas d’un compositeur. Le mélomane qui s’en tiendrait encore à Beethoven ou à Mozart passerait pour terriblement vieux-jeu aujourd’hui.

      Alors oui, de cette perspective, l’élitisme culturel de classe, comme vous l’appelez, a peut-être disparu, justement qu’il a été remplacé par un autre élitisme, celui de l’avant-garde qui se méfie de ce qui a pu être corrompu par les valeurs bourgeoises. (Difficile d’imaginer autrement la controverse entourant le Sacre du printemps en 1913.) Et celui-là est devenu la norme, impossible à déloger. Parce que oui, un grand pan de la musique classique s’est embourgeoisé (c’est impossible à manquer quand on écoute la radio classique), et en même temps, les formes musicales plus populaires sont également dénoncées parce qu’elles sont entièrement motivées par le capitalisme.

      Reste alors l’obscur, le trop risqué pour la radio. Et c’est pour cette catégorie de musique qu’il faut à priori appartenir au bon milieu. Lequel n’est pas démocratique du tout, car basé entièrement sur l’exclusion des indésirable et des éléments qui puissent le corrompre.

    • Bon, j’avais rédigé un commentaire plus long, mais le système semble destiné à le gober. Alors j’attendrai votre prochaine partie sur ce sujet.

    • “Ainsi, un individu au revenu modeste peut connaître beaucoup mieux la musique dite sérieuse qu’un homme ou femme d’affaires beaucoup plus riche”

      Peut-être… Mais est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle? C’était mieux avant, quand le PM citait Chopin ? Le name dropping, c’est facile. Bref, je ne suis pas certain de suivre…

      Et puis Alain, est-ce que vous pensez vraiment qu’on vous traite plus d’élitiste qu’un François Brousseau, qu’un Marc-André Lussier ou qu’un Paul Houde? Franchement, quelqu’un qui connaît son affaire, peu importe le domaine, gagne en respectabilité. Que ce soit du jazz ou du 110 mètres haie, le savoir c’est le pouvoir (parfois la domination).

      Encore une fois, j’ai de la difficulté à comprendre le propos et/ou la revendication de ce billet.

      Comment les choses devraient-elles être pour que le nuage noir se dissipe?

    • « Ainsi, un individu au revenu modeste peut connaître beaucoup mieux la musique dite sérieuse qu’un homme ou femme d’affaires beaucoup plus riche. »

      J’oserais même la corrélation suivante : la connaissance des musiques dites sérieuses est inversement proportionnelle aux revenus.

    • Deux exceptions : Monique Leroux et Hélène Mercier.

    • Christophe Huss, Claude Gingras, Alain Brunet : Vous vous imaginez que ces gars-là roulent en BMW?

    • La gang du Vivier, Walter Boudreau, Gilles Trembaly, Denis Gougeon : ça se déplace en Land Rover de l’année, ces gens-là?

    • Boogie, on discute, on ne cherche pas nécessairement de solution.

    • ”Franchement, quelqu’un qui connaît son affaire, peu importe le domaine, gagne en respectabilité. ”

      Pas automatiquement.

      Ça dépend du ton, ça dépend de comment l’expertise est livrée.

      Perception is reality.

    • ”Boogie, on discute, on ne cherche pas nécessairement de solution.”

      En fait ce qui retient mon attention dans ce billet c’est ça: Henri Jayer Richebourg Grand Cru

      Bâyenne, j’en veux une tasse, aubergiste!

    • ”Ça dépend du ton, ça dépend de comment l’expertise est livrée. ”

      C’est aussi ce que je pense – Faut s’ajuster à son public. À mon avis 90% du problème vient de la forme. C’est un méchant challenge cependant au niveau du vocabulaire à employer pour transmettre ses connaissances ou ses appréciations.

    • Prenons un cas ”La Presse”: la collègue d’Alain, Mme Lortie.

      Disons que mettons que disons j’ai lu et entendu que Mme Lortie pouvait être parfois perçue comme étant ‘’snob”.
      Pourtant, étant moi-même un éliteux snobinard de la bouffe de grand resto Montréalais, je peux vous affirmer que Mme Lortie à un excellent jugement quant aux restos. Je dirais même un des meilleurs (en tout cas câlissement meilleur que Tastet -no offense here-)

      POURTANT, la dame souffre d’un manque flagrant de ”respectabilité”. Du moins, c’est ce que je perçois (voyez, encore…). Pourquoi ? Possiblement à cause de ses opinions et prises de position sur les autres sujets…

      Bottomline, être crédible, être respecté, ça ne dépend pas seulement de ses connaissances ou même de son jugement sur un sujet XYZ. Ça dépend de tout, de son beau-frère pis du statut facebook de son chat.
      On contrôle ce que l’on apprend, on contrôle ce que l’on sait, on contrôle ce que l’on dit, mais on ne contrôle pas ce que les tous les gens peuvent percevoir de nous. Pis apparement on ne contrôle pas ses photos sur iCloud.

    • @ boogie

      Il m’apparaît évident que la connotation péjorative d’élitisme soit davantage associée à l’art qu’aux autres secteurs d’activité lorsqu’il s’agit de médiatisation. Bien sûr, cela ne m’empêche pas de dormir. Je sais , par ailleurs, que notre pm n’a aucune culture littéraire (parlez-en à Yann Martel) et que sa culture musicale se limite à la pop classique, et c’est idem pour moult dirigeants de notre société dite avancée.

    • ”C’est un méchant challenge cependant au niveau du vocabulaire à employer pour transmettre ses connaissances ou ses appréciations.”

      D’où l’extraordinaire (mais sous-évaluée) puissance de la vulgarisation et de l’humour.

      ’suffit de voir ce que font les bons profs. Pas besoin de chercher ailleurs.

    • Cela explique quand même bien des choses lorsqu’on observe le déclin du financement public en matière de culture – SRC, Patrimoine Canada…

    • Ça vous dirait pas M Brunet d’écrire ‘Les musiques savantes pour les nuls’ … ?

    • @jon8

      Ah oui, le cas Lortie. Je me souviens à l’époque, quand elle nous avait fait le coup du “comment ça se fait que nos restos font pas les palmarès internationaux?” ‘Gardez, mame Lortie, j’irai pas à Copenhague juste pour prendre le dîner. Stéphane Baillargeon du Devoir avait écrit un texte intitulé “La madamisation”; impossible de ne pas relever les allusions indirectes à la dame Lortie dans ses lignes.

      Pour rester dans le petit monde de La Presse, il y a le cas Therrien aussi. Celui-là finira-t-il par voir un Bye Bye qu’il n’encensera pas le lendemain? Bon, c’est le petit monde de la télé, c’était à prévoir, et ça ne m’affecte pas vraiment car je ne la regarde plus depuis 2012. Mais j’avoue, ça ferait changement d’avoir un chroniqueur télé qui n’aime pas la télé.

      Ou le cas Cassivi, quand il nous avait larmoyé ça à propos de l’arrestation de Roman Polanski (voyez son article “Honte à la Suisse!”), “accroc inquiétant à la liberté d’expression” qu’il disait.

      Ou mon préféré, Mario Roy, maintenant à la retraite, qui nous faisait toujours le grand coup des majuscules (l’Histoire, la Justice, la Raison, etc.), mais qui dissimulait mal qu’il y avait chez lui un profond sentiment anti-intellectuel (toujours vite à dénoncer les “sachants” – cherchez le mot avec son nom et vous verrez) et passablement philistin (rappelez-vous l’échange qu’il avait eu avec Xavier Dolan où il nous faisait le coup du patriarche qui remettait un petit morveux à sa place). Vous parlez d’élitisme, fouillez un peu dans les vieux textes de Mario Roy; il y a quelques surprises intéressantes.

    • «Plèbe en haut, plèbe en bas.» Nietzsche

    • Il reste aussi la possibilité que certains commentateurs d’art soient snobs. L’art est une question de goût. Le sport, l’économie, la politique, non. Le snobisme et l’art sont intrinsèquement liés, quoiqu’on en dise. Il y a peu d’autres moyens pour le snob de démontrer sa supériorité que par son intelligence, son goût et son raffinement, c’est-à-dire par sa clairvoyance en art. Un singe savant pourrait probablement identifier, si on lui apprenait, tous les sportifs importants du dernier siècle. Ça ne veut pas dire qu’il saurait s’habiller avec goût ou qu’il aurait du jugement en matière d’art. L’expertise en art ne mène pas toujours au snobisme, mais le snobisme mène toujours à l’esbroufe artistique.

    • Le snobisme est un autre cas, un «produit dérivé» de l’élitisme. Le snob se colle sur un groupe (classe sociale, institution d’enseignement, communauté de créateurs, etc.), un genre artistique ou autre composante d’un mode de vie qu’il croit supérieurs, sans en maîtriser les codes, sans en comprendre vraiment les fondements, sans apprécier pour les bonnes raisons. Le prestige est pour le snob une valeur plus importante que la qualité intrinsèque de ses choix et allégeances.

    • « Il m’apparaît évident que la connotation péjorative d’élitisme soit davantage associée à l’art qu’aux autres secteurs d’activité lorsqu’il s’agit de médiatisation. »

      Prenez votre propre journal. Il y a entres autres, dans La Presse, une section Sports, une section Affaires, une section Maison, une section Auto, une section Techno, une section Vins… et une section Arts, un fourre-tout comprenant la littérature, les arts visuels (sculpture, peinture, etc.), la musique (populaire, orchestrale et jazz), la danse, le théâtre et les spectacles (genre « Disney on Ice »), la télévision, les médias (?) et l’humour (?). Le cinéma, lui, a droit à sa propre section.

      J’imagine qu’on attribue l’espace en fonction d’une équation prenant en compte à la fois les préférences du lectorat et les possibilités de revenus publicitaires. On constate donc que les arts – sauf le cinéma – héritent de la portion congrue. Parce que pour bon nombre de gens, lorsqu’on cause d’arts visuels, d’une certaine littérature, d’un certain théâtre ou d’une certaine musique, on entre dans le domaine du facultatif, du négligeable, voire de l’inutile.

      Par conséquent, celui qui voue sa carrière à la couverture de ces disciplines fait souvent figure d’emmerdeur de fantaisie. Par contre, le journaliste qui couvre les sports, les chars, les rénovations et les fluctuations du taux directeur jouit du statut de pragmatique de bon aloi.

    • «emmerdeur de fantaisie»… hahaha ! Cela étant, mon rôle se limite ici à aborder le phénomène en des termes généraux. Vu ma position, il m’est absolument exclu de critiquer mon employeur comme ses concurrents.

    • Je pense que le commentaire de sergioo ne pouvait pas mieux représenter ce fameux “fossé” snobinard…

    • Je me souviens dans une autre vie quand j’étais disquaire chez Archambault et que le country commençait à redevenir in. C’était étrange au début de voir des kids demander des disques de Johnny Cash… Mais bon, aujourd’hui plus personne a besoin d’écouter Willie Lamothe en cachette. Et y’avait-il un un instrument + quétaine que le pedal-steel? Pourtant, c’est devenu maintenant un instrument fascinant…

      @Alain
      Pas que je veux défendre Harper c’est le premier intellectuel qui dirige le pays depuis Pierre-Elliot Trudeau, n’en déplaise à Yann Martel… Et je me ferai un devoir d’essayer de le débarquer du pouvoir aux prochaines élections en passant…

    • C’est une fausse accusation et qui vient probablement de certaines élites commerciales qui manipulent le peuple.

      Un concert peut être pour un public pointu mais élitiste ? Arrêtez moi cela…

      Pour le snobisme ? Il peut y en avoir ou non, l’accusation peut être fondée ou pas, c,est souvent une question de perception.

      Il y a des clans, des intérêts, du purisme…

      Le sport ? Voilà, un champ ou l’élite est plus repérable et mesurable mais les médias couvrent quoi ? Que ce qui attire les plus grands auditoires et où les millions sont gagnés. Est-ce de l’élitisme ou du populisme ?

      Pour l’humour, il y a souvent des caricatures et on se sert de clichés… Tiens Rajotte de la façon dont il est dépeint par l’émission ”À la semaine prochaine”. C’est un peu facile, mais cela reste drôle comme émission et efficace. Que la caricature ne soit vraie qu’à 2% ou 3%, ce n’est pas important…

    • « Et y’avait-il un un instrument + quétaine que le pedal-steel? »

      Le banjo, encore et toujours? Bien que Lisa Leblanc le déquétainise dans nos contrées.

      « Il y a des clans, des intérêts, du purisme… »

      À écouter certaines radios (à petites doses, par échantillonnage anthropologique), on constate rapidement qu’il existe un purisme de la bêtise.

    • Dans la famille des “sneub”, le premier nominé: Boris Vian.

    • Pour les radios, elles étaient généralistes avant pas autant peinturées dans le coin pour les débats et moins de manipulation.

      Mais oui, il ya des élites derrière tout cela qui y voient leur intérêt. Diviser pour régner ?

      Pour le reste dans des débats que l’idéologie soit plus à gauche ou à droite cela ne veut pas dire qu’on est plus bête que l’autre. Sauf que les raccourcis, les insultes et les accusations peuvent fleurir.

      Il y a toujours eu des invités ou des animateurs mais aussi réguliers et avec une tribune comme cela ? Pas sûr.

      Cela pouvait attirer un large public remarquez mais ce n’était pas une radio complète.

      Pour les journaux ? Pour l’époque papier vous aviez votre journal La presse et vous pouviez vous passer les cahiers entre membres de la même famille. Pour les articles qui ne vous intéressaient pas… Bien vous les lisiez pas et cela finit là.

      Des abonnés se seraient intéressés juste à l’horoscope, les mots mystères, les bandes dessinées et les avis nécrologiques et petites annonces… cela nous passait par-dessus la tête.

    • “« Et y’avait-il un un instrument + quétaine que le pedal-steel? »

      Le banjo, encore et toujours? Bien que Lisa Leblanc le déquétainise dans nos contrées.”

      Encore plus le ukulélé, probablement. Ou le gazou. Et l’accordéon à peu près n’importe où sauf dans la chanson française.

      Et bon, je vois que mon texte d’hier qui avait été bouffé a été régurgité malgré tout, en multiples copies. Je suis curieux de savoir ce qui a créé le délai. Les liens? Je les avais enlevés la dernière fois, et c’était quand même arrivé.

    • Malentendu:
      Tous les domaines ont leurs spécialistes(ceux qui savent,ceux qui ont des diplômes)et ça se trouve même en œnologie et dans le domaine de la cuisine,alors que dans le domaine de l’art on a affaire qu’à des apprentis sorciers qui jouent aux connaisseurs,sans la ”patine scientifique”.

      Autre malentendu:
      <>.Parce que ”tout le monde sait ça”,la musique c’est un hobby.

    • @ restil :

      C’est sans doute ce que j’appelle le bogue du blogue, un mal mystérieux qui, selon Alain, ne s’attaque généralement qu’à moi.

      Ne serions-nous pas aux prises, de plus en plus, avec l’élitisme sans culture découlant de l’affairisme à tout crin (ou le contraire)? Ça me rappelle l’élitisme du crétin-riche qui débouche sur le nihilisme, dont Bret Easton Ellis dessine l’archétype dans American Psycho. Son personnage de Patrick Bateman, ce cinglé qui dissèque le plus sérieusement du monde des albums de Huey Lewis, Genesis et Whitney Houston, s’amuse à démembrer ses amis, s’obstine à tenter de faire des réservations dans un resto trop branché même pour lui, et finit par trouver, sur une plage, un restant de méduse qu’il passe au micro-ondes et déguste.

    • @hardy_canyon

      Jamais lu American Psycho, mais votre description me fait penser à un autre roman décadent classique, l’À rebours de Huysmans, lequel justement allait plutôt dans le sens contraire: c’était le raffinement au point du grotesque, exemplifié par cette tortue dans la carapace de laquelle le protagoniste fait incruster des joyaux au point de finir par la tuer sous le poids.

    • «Tous les domaines ont leurs spécialistes(ceux qui savent,ceux qui ont des diplômes)et ça se trouve même en œnologie et dans le domaine de la cuisine,alors que dans le domaine de l’art on a affaire qu’à des apprentis sorciers qui jouent aux connaisseurs,sans la ”patine scientifique”.»

      En voilà un qui a tout pigé… Je vais de ce pas m’inscrire à l’ITHQ.

    • Mais en musique, ce n’est pas la patine qui compte, c’est le platine.

    • @ Alain : je pense que c’est un exemple de malentendu.

      @ restil : J’ai commencé « À rebours » mais je ne l’ai jamais fini. « Là-bas », j’ai beaucoup aimé, par contre, surtout à cause des ambiances. Enfin, faudrait que je m’y remette, en sifflant une bouteille de Château Le Tertre-Rotebœuf Saint-Émilion grand cru et en écoutant des pistes non encore endisquées de Gesttalt-Prostalt, un groupe que seuls Christiane Charrette, Catherine Pogonat et moi connaissons.

    • «en sifflant une bouteille de Château Le Tertre-Rotebœuf Saint-Émilion grand cru et en écoutant des pistes non encore endisquées de Gesttalt-Prostalt, un groupe que seuls Christiane Charrette, Catherine Pogonat et moi connaissons.»

      C’est encore plus drôle quand on s’imagine ce texte lu par Marc Labrèche.

    • On voudrait se débarrasser des accusations d’élitisme, mais on fantasme quand même sur un Pm qui écoute des vinyles de jazz tout en feuilletant son Pouchkine…

      Pour ma part, je vais me faire l’avocat du diable.

      J’espère que mes chroniqueurs culture favoris sont, à quelque part, un peu snob et élitiste de nature.

      J’espère également qu’un grand nombre d’artistes le sont également…ce qui semble le cas, non?

      Le monde de la culture est un monde snobinard et prétentieux, par définition. Thats It . Rien de méchant là-dedans. Rien de bien compliqué à l’assumer également…

    • Si on compare avec les chroniqueurs de sports mais dans les sports ils vont s’intéresser d’abord aux sports professionnels les plus suivis et là où il se gagne des millions ou encore aux disiplines reines des Jeux Olympiques. Si Ronald King nous parle de rugby ou de badminton ou un autre sport universitaire ou même des Jeux du Québec, il ne se fera pas taxer d,élitisme ou de snobisme. Le débat peut devenir différent s’il parle de patinage courte piste et la même chose pour Foglia mais c,est pas le mot qui va venir.

      Autre point bien cet élitisme supposé va même vers le public ou encore snobisme. Tu peux avoir meilleur goût qu’un autre mais tu n’es pas forcément plus un élite. Peu importe ce que tu consommes. Chacun a droit a ses goûts mais de là à se sentir supérieur… Bien là on risque de rejoindre le snobisme. Tu es quand même pas pour consommer ce que tu n’aimes pas. La personne qui roule en BMW et qui a les moyens de se la payer bien tant mieux pour elle, ce sont réellement des bonnes voitures.

      Les artistes mais autant que les sportifs, ceux qui réussissent sont des élites dans leur domaine qu’ils fassent du populaire comme ce qui est le plus pointu. Ils ne visent simplement pas les mêmes marchés bien que…

    • La culture classique, à la limite, on peut s’en foutre ou carrément la rejeter. Mais valoriser à l’inverse de la musique conventionnelle de grand-papa comme celle de McCartney… parce que quand même, c’est pas parce que vous avez déjà eu un bassin en 1960 que personne n’en a jamais eu un avant vous. La roue doit tourner. Le snob, c’est celui qui a le fric et le pouvoir et impose ses goûts, aussi cheap, conventionnels ou ringards soit-ils. En ce sens, Harper et tous les dretteux qui rabaissent l’art sont des snobs finis.

    • Et le populisme est la forme la plus élevée de snobinardise…

    • Présomption comme dans innocence. L’élitisme présumé est comme déjà condamné.

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