Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Dimanche 31 août 2014 | Mise en ligne à 13h56 | Commenter Commentaires (114)

    Arcade Fire, la communauté anglo-indie et le Montréal franco

    arcade-fire-mis-fin-sa

    Samedi soir, les contraintes d’écriture au show d’Arcade Fire ne m’ont pas permis d’assortir d’un commentaire critique la description d’une composante importante du concert prévue en fin de programme: les reprises de groupe liées à Montréal. Au lendemain de cet excellent spectacle, le sujet fait jaser en masse dans la twittosphère…

    Rappelons que, dans la plupart des villes où le supergroupe montréalais s’est produit, il a repris une ou des chansons d’artistes issus de la ville visitée. Mavis Staples à Chicago, David Byrne à New York, pour ne citer que ces exemples.

    À Montréal ? On a eu droit à une parodie de Céline Dion: Une colombe, sortie il y a trente ans, interprétée à l’occasion de la visite de Jean-Paul II. Voilà pour l’évocation francophone. Pour la reprise anglophone, le choix s’est arrêté sur I’ll Believe Anything du surdoué songwriter Spencer Krug, époque Wolf Parade.

    La version pour marionnette géante (papale, il va sans dire) était parodique. Les quadras et les quinquas ont souri , les autres ont haussé les épaules ou n’ont pas pigé cette moquerie… qui dure depuis trois décennies. Parodier Céliiiiine n’est pas répréhensible en soi (les francophones le font à gogo depuis les débuts de sa carrière), on peut néanmoins s’interroger si l’occasion s’y prêtait vraiment. Tant d’excellentes chansons francophones auraient fait l’affaire ! Enfin…

    Loin de moi l’intention de faire tout un plat avec ce choix… qui n’en demeure pas moins révélateur de la connaissance plutôt mince du fait français chez les anglo-indies de Montréal.

    Voilà donc ce que je ressens: Win et Régine ont beau remercier sincèrement les fans d’ici, louanger sincèrement la dynamique montréalaise, ils demeurent représentatifs d’une communauté anglo-montréalaise où la culture francophone est connue superficiellement. Qui plus est, la majorité des artistes anglo-indies établis à Montréal maîtrisent mal la langue française lorsqu’ils n’y ont pas grandi. Des artistes anglos élevés dans la région montréalaise comme Ben Shemie (Suuns) ou Patrick Watson sont beaucoup plus sensibles à cette exigence de respect mutuel, contrairement aux autres provenant du ROC, des États-Unis ou autres territoires anglophones du monde. Dans le cas d’Arcade Fire, Régine est francophone (et créole) et demeure l’interlocutrice francophone alors que ses collègues s’expriment rarement ou très peu en français sur la place publique.

    Alors ?

    Je ne suis vraiment pas du genre à grimper dans les rideaux sur les enjeux de la survie et de l’émancipation du fait français dans la grande région montréalaise, je crois tout de même qu’il faille rappeler à nos amis artistes de la communauté anglo-indie qu’ils ont un devoir de compréhension de la culture française locale. S’ils décident de vivre ici, c’est une simple question de respect. En ce sens, il faut également leur rappeler que les francophones constituent une part très importante du public local de la mouvance anglo-indie. Cette tension créatrice est essentielle au maintien de Montréal parmi les capitales de la musique, et il y a certes place à l’amélioration.

    Or, force est de constater que les anglo-montréalais vraiment intéressés aux musiques d’expression française, indépendantes ou non, ne sont pas légion. La communauté anglo-indie vit dans une bulle plus étanche qu’elle ne le croit…

    LIENS UTILES

    Ma critique du spectacle au parc Jean-Drapeau


    • Très juste. Très très juste.

      A Paris, y’a quelques années, ils avaient repris Poupée de cire de France Gall. Ils auraient pu faire Je reviendrai à Montréal, de Garou 1er. A la limite Halleluia de Cohen, la chanson montréalaise la plus connue au monde.

      Mais bon, comme vous dites justement, ils sont déconnectés de la culture francophone.

      Parlant de nos Anglos: gros accident dans la ville du maire d’Huddington hier. Radio-Cane interview une Anglo dans la quarantaine qui a tout vu. Elle ne parle pas anglais! On peut encore vivre au Québec en 2014 dans le Québec profond sans parler français. Ceux qui vous disent qu’aujourd’hui tous les Anglos sont bilingues sont d’affreux menteurs.

    • «Déconnectés de la culture francophone», nousnoune, est une interprétation exagérée de ce que j’ai écrit. Ils sont assurément sensibles et favorables au fait français mais témoignent que d’une mince connaissance de notre langue et de notre culture.

      À tous et toutes, donc: dites plutôt ce qu’il vaudrait mieux pour améliorer la situation, ça vaudrait mieux pour votre survie dans cette discussion.

    • ”Je ne suis vraiment pas du genre à grimper dans les rideaux sur les enjeux de la survie et de l’émancipation du fait français (…)”

      Ce sera tout de même suffisant pour attirer les nousnounes de ce monde qui pataugent normalement loin de ce blogue…

    • Oui c’est vrai… Doit-on s’interdire d’aborder de tels sujets pour si peu ? Que les nationaleux bas de gamme se le tiennent pour dit – et je n’inclus pas nousnoune là-dedans.. Aucun propos haineux à l’endroit des non francophones est ici toléré.

    • Pour moi, MTL est une ville anglophone et francophone. Nier cela est de l’aveuglement volontaire.

      Vous devriez être contents que ces artistes anglophones persistent à vivre et travailler à MTL malgrès votre chialage.

      Les artistes francophones et les animateurs/chroniqueurs (Lepage, Dutrizac, Martineau, Bégin, etc) sont d’éternels frustrés.

      NDLR: Pas d’insultes ici, il en va de même pour les fédéraleux bas de gamme. On discute sur des idées et non des accusations gratuites.

    • @ Alain Brunet

      Je ne vous visais pas dans mon commentaire.

      Il y a seulement trop d’artistes/chroniqueurs qui jouent aux chiens de garde.

    • À Radio-Canada , ils essayaient de deviner la chanson qu’ils allaient faire pendant leur concert.

      Je crois pas avoir entendu le nom de Céline Dion, évoqué.

      Était-ce le choix de Régine Chassagne ? Parodie mais qui peut être aussi un souvenir d’enfance même si le gros de leur public est trop jeune. Une petite fille de 6 ou 7 ans alors…

      Pour Los Angles, ils ont repris le thème du Flic de Beverly Hills…

      Donc, on sent une envie de surprendre et d’aller dans la culture très populaire…

      J’essaye de comrpendre leurs intentions c’est soit de rendre hommage à la culture ou de faire un clin d’oeil. Et ici , vu la moyenne d’âge du public le clin d’oeil était peu efficace et aussi les plus âgés auraient aimé mieux un hommage à une chanson vraiment importante.

      Pour un clin d’oeil.. Je leur aurais fait reprendre le thème de Passe-Partout alors…

    • Los Angeles. Non mais l’exemple du Flic de Beverly Hills montre leur envie de s,amuser et faire un clin d’oeil à quelque chose de populaire mais si cela remonte à trop loin pour leur public…

      Ou encore qu’on leur donne le rôle de rendre hommage à une grande chanson alors qu’ils peuvent vouloir en profiter surtout pour s’amuser.

      Alors autre clin d’oeil nostalgie… Les Satellipopettes ? Non, leur public est trop jeune ? Bon, le thème de Watatatow alors…

    • OUf Alain!
      On sort le dents! Je suis parfaiement d’accord, c’est une question de respect. L’argument “adverse” serait de nous accuser de susceptibilité, avec raison. C’est de l’art, doit-il être apolitisé? Oui et non. En mode survie, bien des choses deviennent superflues et on revient à la base. Laquelle? La colombe est bien la chancoi choisie pour chanter devant J-P2… ça en dit bcp…

      Josimed

    • @ nousnoune

      J’ai entendu cette dame de Huntingdon qui s’est exprimée dans sa langue maternelle, l’anglais. Vous sautez vite aux conclusions. Cela ne veut pas dire qu’elle ne parle pas français. Il est fort probable qu’elle le parle mais pour la télé, elle aurait choisi de le faire dans la langue qu’elle maîtrise, c’est moins gênant. Je parle bien anglais… sauf quand je suis épuisée. Une radio anglophone de Montréal m’a interviwée il y a quelques années sur un sujet délicat. Ils m’ont demandé si je préférais répondre en anglais ou en français. J’ai choisi le français afin d’être certaine de dire EXACTEMENT ce que je pense et non pas à peu près car tel ou tel mot me manque.
      ——-
      Arcade Fire…

      Je suis étonnée, Alain Brunet, qu’ils aient choisi Une Colombe. Il doit y avoir une raison qui nous échappe. Un running gag ? Il serait intéressant de les entendre à ce sujet. Anyway, bon texte M. Brunet. Merci d’attacher le grelot au sujet des anglo-indies vs la musique francophone d’ici.

    • Amen. Que dire de plus….

    • alainbrunet

      31 août 2014
      17h34

      Oui c’est vrai… Doit-on s’interdire d’aborder de tels sujets pour si peu ? Que les nationaleux bas de gamme se le tiennent pour dit – et je n’inclus pas nousnoune là-dedans.. Aucun propos haineux à l’endroit des non francophones est ici toléré.
      ————————————————

      Comme je ne veux pas me faire enfermer dans mes chiottes comme Charles15 qui trône maintenant tout seul sur son trou, je dirais ceci:

      les anglophones c’est …. les plus fins, les plus beaux, les plus intelligents, les plus créatifs, les plus forts, les meilleurs, les plus merveilleux, les plus superbes, les plus inventifs, les plus brillants, les plus
      Alain, wow,

    • Bon, pour ne pas me faire enfermer dans mes chiottes comme Charles15 qui trône maintenant tout seul sur son trou, je dirais que les anglophones sont…

      les plus fins, les plus beaux, les plus merveilleux, les plus spectaculaires, les plus superbes, les plus créatifs, les plus inventifs, les plus forts, les plus formidables, les plus formidables,

      les plus supercalifragilisticexpialidocious.

      Bon, excusez-moi, je dois y aller.

    • Arcade Fire: la fierté montréalaise. Rien de moins.

    • Alain tu ressembles de plus en plus à Peter Gabriel.

    • Les anglophones c’est les meilleurs au monde.

      Ils sont supercalifragilisticexpialidocious.

      Rien de moins.

    • Les anglophones sont supercalifragilisticexpialidocious.

      Et ils pensent la même chose des francophones.

      C’est un win-win.

    • La musique anglophone canadienne est aussi bonne que celle produite aux USA.

      Sauf que ce qui est déficient est notre star système inexistant, le marché réduit, et le manque de financement et de distribution.

      Alors, comme Céline, go South of the Border.

    • theblob

      31 août 2014
      18h59

      Amen. Que dire de plus….
      —————————–

      He!!! Quelques suggestions:

      Alleluia

      In God We Trust

      My God

      I Believe in the Lord

      Inch Allah

      No money, no candy

      J’te l’avais dit qu’on l’aurai notre permis bière (Elvis Gratton, first of the series)

    • Damn, j’ai déjà hâte au prochain billet.

    • jon8

      31 août 2014
      20h50

      Damn, j’ai déjà hâte au prochain billet.
      ———————————————-
      Et moi donc

    • Arcade Fire, meh…

    • Je ne les ai pas vus lors de leur passage au festival Norwegian Woods d’Oslo mais ils ont eu des critiques unanimement positives, dans tous les journaux. A ce que je sache, ils n’ont pas chanté de chanson du répertoire norvégien.(anglophone on s’entend, personne ne s’attendrait à ce qu’ils nous en poussent une en norvégien). Au Québec, c’est différent. C’est tout de même leur lieu de résidence. Donc…ils chantent une chanson d’un artiste local, oui, en autant que ce succès soit en anglais et connu sur le reste de la planète????
      Qu’est-ce qu’ils ont chanté en France??

    • @norvegequebec
      Le premier soir à Paris, ils ont fait une parodie de Daft Punk et repris une chanson de Prince. Le 2eme soir, une parodie de Phoenix et au lieu de reprendre une chanson, ils ont joué pour la seule fois de la tournée “Headlights Look Like Diamonds” du premier ep.

    • Exact. Arcade Fire habite une ville essentiellement francophone (pour l’instant). Si leur connaissance — ou parodie , de l’indie locale s’arrête à Céline, c’est simplement zéro.

      Si Neil Young habitait Montréal (si), il n’afficherait certainement pas ce niveau d’ignorance et d’indélicatesse pour ses voisins musiciens.

    • fruitloops

      1 septembre 2014
      08h50

      Exact. Arcade Fire habite une ville essentiellement francophone (pour l’instant). Si leur connaissance — ou parodie , de l’indie locale s’arrête à Céline, c’est simplement zéro.

      ———————–

      Je vois très bien Arcade Fire reprendre Bye Bye Mon Cowboy de Mitsou

    • fruitloops

      1 septembre 2014
      08h50

      Exact. Arcade Fire habite une ville essentiellement francophone (pour l’instant)
      _____________________

      Cela s’en vient, ne vous inquiété pas. Et c’est nous les francophones qui encourageons cela.

      J’ai vécue une bizarre d’expérience dans une boutique de livres usagés dans le West-Island.

      2 femmes francophones, avec l’accent et le vocabulaire québecois, vraiment québecois de souche, ont subitement changé de langue pour passer à l’anglais.

      Puis revenant en français avec l’accent québecois. Puis 2 phrases plus loin en anglais sans accent francophone.

      Et ainsi de suite sans arrêt.

      J’ai déjà dans le passé entendu cela, mais ce matin cela en était étourdissant.

      J’étais vraiment découragé.

      Quand j’entend des québecois et québecoizes francophones de souches sauter du français à l’anglais à chaque 2 phrases, je ne me demande plus pourquoi le Québec devient de plus en plus le Kwebec.

      Oui nous sommes ”cool”.

      Oui, il est beau ton chandail, the color is so beautiful.

    • Ils ne se mêlent pas à la culture francophone???? Bien il y avait le groupe Québeco-Haïtiens Frakas en première parti samedi soir. Karkwa faisait leurs première parti au show dans le quartier des spectacles. Ils ont aussi fait le fameux spectacles au Metropolis pour recueillir des fonds pour la famille de M. Blanchette. J’imagine que ça doit être difficile de garder contact avec Éric Lapointe et Marie-Mai quand tu fais une tournée mondiale!!!!

      Ils ont ri de Céline Dion!!! OOONNNN!!! Bien oui ils ont ri aussi de d’Alanis Morrissette à Ottawa, de Kim Mitchell à Toronto, du groupe Boston à Boston, de Loverboy à Calgary. Et puis???

      C’est sûr que ça l’aurait été bien le fun qu’ils fassent une reprise de Leloup ou de Charlebois mais je ne suis pas sûr que les frères Butler ont grandit en écoutant du Leloup dans la banlieue de Houston. C’est Will Butler qui prenait le lead de toute les covers et j’imagine que ça ne doit pas être évident de faire une toune différente quand tu changes de villes à toute les jours!!! C’est pourquoi que le choix de Wolf Parade était tout à fait logique.

      Le seule reproche que je fait à Arcade Fire est qu’ils ne se mêlent pas au média Québecois. Ils font toutes les plus gros show du monde entier (Saturday Night Live, Jools Holland, Le Grand Journal…) et ils n’ont toujours pas fait un émission local.

      Ah oui… ça l’air que Pierre Lapointe était l’un des Bubbleheads à la fin du spectacle!!!

    • C’est un constat très juste mentionné ici par l’auteur du blogue.

      Dans la même veine, le libraire francophone du mile-end qui doit déménager dans villeray car plus assez de clients pour acheter des livres en français dans son propre quartier qui n’arrête malheureusement plus de se faire coloniser et embourgeoiser à la sauce hipster (voir Hochelaga, c’est commencé depuis un bon moment déjà).

      Il y a 10 ans, en arrivant à Montréal, j’avais presque peur de me promener dans Hochelaga le soir. Aujourd’hui, je peux aller me chercher un espresso de luxe ou bien un repas pseudo gastronomique, tout ça en entendant parler anglais en me rendant à ces endroits (que je ne fréquente pas).

      Des quartiers comme le mile end ou même nouvellement Hochelaga et St-Henri ne me représentent plus du tout. On voit le changement à vue d’oeil.

      Vive l’exode de Montréal vers la campagne et RIP Falardeau.

    • Ça me rappelle cet excellent billet toujours d’actualité d’Émilie Dubreuil:

      http://www.lapresse.ca/vivre/urbania/200910/21/01-913502-sorry-i-dont-speak-french-.php

    • Billet fort pertinent, Alain. S’attendre à un minimum de respect, de sensibilité et de curiosité de la part des nouveaux Québécois, il n’y a rien d’exagéré ni de malsain là-dedans. Puis, on ne demande pas à tout le monde de devenir Boucar Diouf.

      Le coup de l’auditoire costumé, Diane Dufresne l’a fait ici avec « Magie rose » au Stade, il y a exactement 30 ans. Je ne me serais pas attendu à ce que Régine et Win souligne cet anniversaire en reprenant « Duodadieu » en duo et je n’ai absolument rien contre Wolf Parade, bien au contraire, mais… Cohen avait repris « La Manic », il y a deux ans. Et je reprends encore mon vieil exemple de Bruce Dickinson qui fait la plupart de ses interventions en français quand Iron Maiden fait escale ici. Élégance, culture, respect, intelligence, curiosité, sensibilité… Et je sais qu’il pilote lui-même le jumbo-jet du groupe ;-).

    • Arcade Fire… meh. Martin Dufresne dixit.

      Idem pour moi.

    • @ boledodjavel 10h48

      Merci pour la lecture, c’étais vrai il y a 5 cinq ans, encore plus d’actualité aujourd’hui. Passer de se faire coloniser par les riches et puissants anglo de l’ouest de Montréal par maintenant des étudiants, toutes dépenses payées par papa et maman, venu à Montréal pour Condoria et McGill et mépriser les gens mêmes qui les accueuillent les yeux fermée avec un pot de vaseline dans la main droite.

    • jean-urbain

      1 septembre 2014
      10h41

      C’est un constat très juste mentionné ici par l’auteur du blogue.

      Dans la même veine, le libraire francophone du mile-end qui doit déménager dans villeray car plus assez de clients pour acheter des livres en français dans son propre quartier qui n’arrête malheureusement plus de se faire coloniser et embourgeoiser à la sauce hipster (voir Hochelaga, c’est commencé depuis un bon moment déjà).

      Il y a 10 ans, en arrivant à Montréal, j’avais presque peur de me promener dans Hochelaga le soir. Aujourd’hui, je peux aller me chercher un espresso de luxe ou bien un repas pseudo gastronomique, tout ça en entendant parler anglais en me rendant à ces endroits (que je ne fréquente pas).

      Des quartiers comme le mile end ou même nouvellement Hochelaga et St-Henri ne me représentent plus du tout. On voit le changement à vue d’oeil.

      Vive l’exode de Montréal vers la campagne et RIP Falardeau.
      ————————————-

      Les québecois n’ont que ce qu’ils méritent. Tant pis pour nous.

    • Corrections: venus, Concordia, fermés

      Les fautes d’orthographes viennent plus facilement quand on est révolté par ces gens là!

    • @ spasipire

      C’est avec des gens comme toi qu’on préserve notre identité, lâche pas la patate mon ami!

    • Elsie Lefebvre, la conseillère municipale de Villeray était là et a beaucoup aimé cette parodie. Née en 1979 , elle.

      Alors ? Il est illusoire d’avoir de trop grands espoirs pour une connexion franco avec des musiciens grandis ailleurs.

      Mais quand on évoque la culture populaire alors là les jeunes hipsters francos pseudo branchés n’en savent rien ou font mine de rien savoir ! Kétaine ou pas la chanson, la visite du Pape en 1984 fait vraiment partie de l’histoire de Montréal et du Québec. Et pour Céline Dion ? Mais c’est la vraie Céline Dion à cette époque… Celle qui chantait dans les centres commerciaux… Ou un peu avant…

    • Alors cela se peut très bien que ce soit l’auditoire qui fasse preuve de snobisme ou d’inculture.

      Et leur groupe culte n’a pas fait ce à quoi ils s’attendaient… Pauvres p’tits pets.

    • Arcade Fire est un groupe de Montréal. Mais sûrement pas de Québec… une seule visite et lors d’un festival en plus… :( Il n’y a peut-être pas assez d’anglos à Québec… ou la ville de Québec est trop conservatrice ?

    • jean-urbain

      1 septembre 2014
      11h22

      @ spasipire

      C’est avec des gens comme toi qu’on préserve notre identité, lâche pas la patate mon ami!
      ——————————

      De rien, toujours présent pour rendre service. Même si tu le mérite pas.

    • jean-urbain

      1 septembre 2014
      11h22

      @ spasipire

      C’est avec des gens comme toi qu’on préserve notre identité, lâche pas la patate mon ami!
      ———————–

      En fait, la culture québecoise s’est surtout de s’insulter entre nous. C’est notre musique, notre art. Notre plaisir, notre passe-temps.

      Là-dedans, pas grand monde nous suivre à l’extérieur. J’adore.

    • Mine de rien, il se cache de grands esprits derrière Une colombe, Paul Baillargeon qui a composé pour tout le monde au Québec, entre autre orchestré Soleil de Ferland; et Marcel Lefebvre qui en plus d’avoir écrit pour tout le monde lui aussi, a coréalisé l’extraordinaire Mustang (1975), film musical culte s’il en est, avec Willie Lamothe. Bien des portes se valent pour entrer dans notre culture.

    • Vous voulez parler de culture musicale québecoise?

      La seule musique que les québecois connaissent entre eux c’est de crier à l’autre de se fermer la gueule.

      La raison pourquoi les québecois n’ont pas, n’auront jamais leur propre pays, et n’en méritent pas est simple:

      Ici c’est le royaume de l’insulte. Nous sommes bêtes et méchants entre nous les québecois.

      Tandis que les anglophones sont des gens de groupe et d’équipe, nous c’est chacun pour soi et toujours prompt à envoyer l’autre paître.

      Tant pis pour nous. On est fait comme cela. Rien a y faire.

    • En plus nous salivons et nous nous roulons comme des cochons dans la boue devant la culture anglo-américaine.

      Juste à pense à l’émission Star Académie et La Voix.

      Combien de fois les juges et les organisateurs ont demandés à ceux qu’ils vont se présenter au entrevue et pendant les éliminations de penser de choisir des chansons francophones au lieu de se tourner immédiatement sur du ”matériel” anglophone.

      Ils sont ”obligés” de le ‘’suggérer” de changer de répertoire car le premier réflexe est de se tourner vers la musique anglophone la plus part du temps.”

    • C’est vrai que le choix de la Colombe et d’une toune anglo peut être décevant pour les fans francos de Montréal.

      Mais Céline n’avait-elle pas exprimé le souhait de collaborer avec AF récemment. Si c’est le cas, ben AF est peut-être déconnecté de la culture musicale franco mais Céline est déconnectée tout court ! Dans le contexte, je trouve que la parodie de la colombe papale est assez pertinente.

      Concernant le sujet de fond du billet: AF est un groupe anglo qui utilise le français exotiquement. Ils ont peut-être bien fait d’éviter le répertoire francophone qu’ils connaissent probablement assez mal. Se faire reprocher de massacrer un classique québécois ça termine mal une tournée. Au lieu de ça, on les accuse seulement ici de manquer de respect à leur ville adoptive. Un devoir de compréhension ? C’est du délire…

      La curiosité, une connaissance minimale de l’autre culture c’est déjà pas mal et ça peut même amener des collaborations intéressantes.

      Il a des exceptions, genre Patrick Watson qui interprète Frog Song avec Charlebois. Le gars a vraiment des couilles et je lui lève mon chapeau.

    • «Un devoir de compréhension ? C’est du délire…»

      Euh… Je côtoie quotidiennement des anglos de MTL, j’ai beaucoup d’amis (bilingues) parmi eux, avec qui j’échange en anglais comme en français. Et … je n’ai vraiment pas l’impression de «délirer» lorsque je me formalise de l’unilinguisme et de la fermeture (quant à la culture francophone locale) de certains artistes anglos établis à Montréal depuis plusieurs années.

    • alainbrunet

      1 septembre 2014
      13h52

      «Un devoir de compréhension ? C’est du délire…»

      Oui, eh bien, n’aller pas vous promenez dans le West-Island, vous aller vraiment vous tapez un ”burn-out” culturel.

    • colissuspect

      1 septembre 2014
      13h43

      Il a des exceptions, genre Patrick Watson qui interprète Frog Song avec Charlebois. Le gars a vraiment des couilles et je lui lève mon chapeau.
      ————————-

      Je ne sais pas si les anglophones trouvent que les québecois ont des couilles aussi:

      parce que les québecois chantent souvent plus en anglais qu’en français.

    • Une différence, tout de même. Dans les autres villes, la chanson caricaturée (ou à peine) et parfois interprétée sur le stage secondaire par on nen sait trop qui, a été coupée et traitée de crap. Genre: “Cut that crap” avant que le groupe ne reprenne le show. Mais il est vrai que quelque chose de franco aussi eut été apprécié dans cette ville bilingue. Et moi qui me disais avant le show que Arcade Fire est probablement le seul groupe de chez nous à avoir autant de fans dans les deux langues !

    • @colissuspect Manque de connaissance du répertoire francophone. Peut-être. Quoique à Paris il y a plusieurs années, ils avaient fait uen version amusante (mais mal enregistrée) de “Poupée de cire, poupée de son”.

    • Même si la grande majorité des québecois parlent le français,

      culturellement, ils sont presque à 90% macéré solide dans la culture pop anglo-américaine jusqu’aux oreilles.

    • Au lieu de la chanson de C.Dion: Live et let die? (ok ok je blague).C’est vrai qu’AF aurait pu se creuser un peu plus les méninges avec le volet ”autochtone”.En cela AF est plutôt représentatif de la ville: 2 solitudes 1 musique.

    • Même des francophones ne sont plus dans le coup ne sachant pas trop qui est ce Louis-Jean Cormier…

    • La Régine a connait pas Pagliaro ? Faut vraiment nous sortir une Colombe de Céline Dion ? Misère.

    • Alain Brunet

      ”Or, force est de constater que les anglo-montréalais vraiment intéressés aux musiques d’expression française, indépendantes ou non, ne sont pas légion. La communauté anglo-indie vit dans une bulle plus étanche qu’elle ne le croit…”

      ———————————————–

      Je travail pour le fédéral. Des têtes carrées qui ne se forcent même pas pour dire un mot français et qui vivent à Montréal, j’en ai plein autour de moi.

      Et nous les codindes de québecois francophones, sans être complètement bilingue, ont parle bien l’anglais pour faire fonctionner notre travail et parler à ces cruches qui se croient à Toronto.

      Bien oui, nous faut rester poli. Maudite marde.

    • C’est ben plate. Y’a du monde qui se cherchent une indignation pas à peu près. C’est un groupe de musique ou un parti politique ? Les Québécois ont élu les Libéraux en grande majorité aux dernières élections 18 mois après avoir sacré Jean Charest dehors. Arrêtez de vous draper en blanc et de faire les vierges offensées!

      @Alain Brunet Moi, je suis souverainiste et francophile, ce qui ne m’empêche pas d’avoir été fort surpris et heureux qu’AF aient choisi Wolf Parade au lieu de Piché, Leloup, Charlebois ou autre relique qui aurait sonné convenu de toute façon. Que voulez-vous, c’est de ce milieu dont is viennent (en partie). Leur version de l’ll Believe in Anything était grandiose et certainement un fait marquant de la soirée.

      Chacun a droit à ses engagements, AF ont les leurs et ils ne sont pas obligés à quoi que ce soit. J’aime les artistes engagés pour le fait français, j’aime aussi AF pour bien d’autres raisons qui sont suffisantes. On fait une tempête dans un verre d’eau. Ils en ont d’ailleurs fait beaucoup plus pour soutenir le fait français l’immense majorité de gens qui pourraient critiquer leur choix. S’ils n’avaient pas fait de cover, on en parlerait ?

    • @alainbrunet

      Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant les problèmes d’unilinguisme et de fermeture à la réalité francophone d’une grande partie de la communauté anglo (artistique ou non). Que ce soit par choix ou pour cause de paresse, c’est une réalité.

      Je vous suis si vous parlez d’ouverture ou de curiosité comme minimum souhaitable.

      Néanmoins, me semble que les attentes que vous formulez correspondent mieux à ce qu’on serait en droit de s’attendre d’un chroniqueur culturel ou d’un politicien.

      AF s’exprime parfois en français et ont déjà fait appel à des francos pour leur première partie. On peut trouver pire exemple comme manque de respect envers leurs fans francophones.

      Ça me semble vraiment déraisonnable et irréaliste de demander à des gens n’ayant pas grandi ici d’avoir une COMPRÉHENSION de la culture française locale. Même pas sûr que ce soit le cas pour la majorité des francophones.

      Vos attentes me laisse croire que vous mettez les artistes sur un piedestal avec la charge d’un ambassadeur. C’est juste de la musique !

    • Sujet tellement piégeux je trouve . Il y a longtemps que les artistes ont cessé de représenter un pays, une langue, un idéal. La mondialisation remember ?

      Montréal n est ni francophone, ni anglophone, elle est multi-culturelle et en même temps l illustration des deux solitudes à son meilleur. On y retrouve du gros calibre comme Arcade fire qui peuvent explorer et s exprimer grace à une jungle multicolore et ouverte à tout.

      Peut-on ou doit on juger de leur choix de chanson représentative ou les blâmer de ne pas être plus connectés avec la culture francophone ? Nous on s en fout du curling, de la st-Patrick , de stompin`Tom Connor de Don Cherry et que sais je encore ?

      Et pis eux ben c est Marie Mai qui est inconnue ,Isabelle Boulay, Eric Lapointe et qui d autre encore ?

      On existe, on fleurit mais on ne se regarde pas et on ne saurait s apprécier.

    • @ colissuspect

      Bien au-delà des artistes, je m’attends de tous citoyens éduqués à l’ouverture, la curiosité et le respect minimal des principales composantes culturelles d’une métropole. Le «vivre ensemble» dans une ville cosmopolite où la langue principale est le français et la langue du continent est l’anglais. Pour que la pâte lève, il faut un dynamique cohésive. Cette dynamique se fonde sur le respect et la curiosité de l’autre. On est loin d’exiger la connaissance parfaite de l’autre.

    • Bien d’accord. Ce n’est pas le répertoire de chansons locales dignes de ce nom qu’Arcade Fire aurait pu jouer qui manque, la colombe de Céline, c’est à la limite du mépris. Je ne pense pas qu’ils auraient été en territoire si étranger en s’appropriant une pièce de Charlebois, Harmonium, Leloup, Bélanger ou Malajube.

    • Céline? On oublie l’essentiel avec l’arcade en feu. Aviez-vous un beau costume ou étiez-vous déguisés?

      Dans le premier cas, c’était quoi votre costume? Un tuxedo cheap pris au Village des Valeurs?

      Dans le 2e cas, je ne le sais pas! C’était quoi?

    • Le Canada est une province des États-Unis et le groupe Arcade Fire ne représente en rien le Québec puisque le trois quart de ses membres viennent du Texas. Pour l’amour, cessez de me dire que c’est un groupe Montréalais, on gage combien que le chanteur ne pourrait même pas me pointer la rue DeLorimier sur une carte?! Libre à vous de trouver ça fantastique, mais j’ai écouté leur dernier disque à quelques reprises et je trouve tout cela très ordinaire. Et pour ce qui est de nos charmants anglophones, ces gens très ouvertS d’esprit et plein de tolérance, à quand des cours de français intensif au primaire?

    • Deux des membres viennent du Texas (les frères Butler), d’autres sont issus du Canada anglais et un de Montréal. Ces artistes vivent à Montréal depuis plus de 15 ans, Régine y a passé sa vie entière. Ils ne sont pas montréalais ??? Ils le seront dans trois générations, si on suit cette logique tordue ??? Les préjugés gros comme le bras viennent de partout, n’est-ce pas ?

    • «Je ne suis vraiment pas du genre à grimper dans les rideaux sur les enjeux de la survie et de l’émancipation du fait français dans la grande région montréalaise»

      Quelle surprise venant d’un employé de Power qui écrit dans un journal (un bien grand mot) provincial pro-canadian.

    • Bye bye basquiat13… Mettre dans un même panier tout ce qui vous échappe vous mène aussi, tête première, à plonger dans ce panier – genre corbeille à papier… ;)

    • Je suis totalement en accord avec vous Monsieur Brunet sur la relative méconnaissance de la culture francophone chez les anglos de Montréal. Je n’étais pas à Arcade Fire, j’étais au FME, et j’y ai vécu une expérience qui m’a passablement dérangé. J’ai assisté au spectacle de thee silver mt. zion memorial orchestra et jamais, dans tout le spectacle, le groupe s’est adressé en français à l’auditoire. Je ne me rappelle pas avoir même entendu un “Merci”. Bordel, le groupe vient de Montréal et il joue à Rouyn-Noranda; un peu de sensibilité pour l’auditoire serait le bienvenue!! Si le chanteur n’est pas à l’aise à parler français devant une foule, il y a une certaine Sophie Trudeau dans le groupe, qui d’après moi, est capable d’aligner quelques phrases en français.
      Je me demande quelle serait la réaction si un groupe Belge, ayant des membres Flamants et Wallons, jouerait à Anvers et s’adresserait à la foule uniquement en français.
      Sur une note plus positive, Owen Pallet, un Ontarien, s’est adressé à moitié en français à l’auditoire, malgré qu’il ne soit pas bilingue. J’admire cet effort et cette marque de respect.

    • « Vous devriez être contents que ces artistes anglophones persistent à vivre et travailler à MTL malgrès votre chialage. »

      Ah, cette charité bien ordonnée! Il est vrai que le prix des logements, le prix des études universitaires, le coût de la vie en général et la présence de ghettos linguistiques n’a rien à voir! Il est encore plus vrai que passé à l’ouest du boul. St-Laurent, il est absolument impossible de ne vivre qu’en anglais, n’est-ce pas? Qui entend chiâler quand vous ne comprenez pas un mot de ce qui est dit?

      Voici d’autres raisons qui expliqueraient la création du « Montreal Sound » (avec un nom semblable, on se croirait en France) :

      « This is a city of intellectuals, idiots, and idiot-savants. A city where you can get a pitcher of beer, a pound of wings, and a lap dance for under $15 .»

      Je vous laisse lire le reste : http://www.jambase.com/Articles/7378/WHAT-IS-THE-MONTREAL-SOUND

    • vous savez, lorsque le peu de culture que vous avez fut volé à d’autres.

    • « Le premier soir à Paris, ils ont fait une parodie de Daft Punk »

      Venant d’un groupe de guitares, on pouvait raisonnablement s’attendre à ce qu’il pile sur les pieds d’un groupe « dance. »

      Cela dit, aurait-on pu voir et entendre AF parodier un Jeunny Haliday en Elvis Presley ringard reprendre les Portes du pénitencier? Là, moins sûr. Les filets de voix de Mylene Farmer et Vanessa Paradis auraient également constitué des prises de choix… Mais quelle aurait été la réaction de la foule?

    • @arthon :

      Sophie Trudeau, toute de talent et de grâce, détient un diplôme ès laconisme de l’institut GYBE.

    • « C’est Win Butler qui prenait le lead de toute les covers et j’imagine que ça ne doit pas être évident de faire une toune différente quand tu changes de villes à toute les jours!!! C’est pourquoi que le choix de Wolf Parade était tout à fait logique. »

      Il est vrai que Win Butler fait tout absolument seul, un homme et sa guitare. Ainsi, il y avait probablement trop de mots dans une toune à apprendre par coeur de Dobaracol pour souligner et leur retour à Montréal et le caractère multiculrel de la ville, j’imagine.

    • Avant que quelqu’un me le reproche, j’ai vu mon erreur tout de suite après avoir envoyé mon commentaire. Le”Si n’aime pas les Rais”

    • « Tant d’excellentes chansons francophones auraient fait l’affaire ! Enfin… »

      Exact, dont « Mommy » de Marc Gélinas ou « Cajuns de l’an 2000 » de Stephen Faulkner.

    • « Concernant le sujet de fond du billet: AF est un groupe anglo qui utilise le français exotiquement. Ils ont peut-être bien fait d’éviter le répertoire francophone qu’ils connaissent probablement assez mal. Se faire reprocher de massacrer un classique québécois ça termine mal une tournée. Au lieu de ça, on les accuse seulement ici de manquer de respect à leur ville adoptive. Un devoir de compréhension ? C’est du délire… »

      C’est vrai que l’utilisation du français est plutôt exotique au Fairview Center, dans le ghetto McGill ou à Montreal West, entre autres…
      .
      « Ils ont peut-être bien fait d’éviter le répertoire francophone qu’ils connaissent probablement assez mal (…) Au lieu de ça, on les accuse seulement ici de manquer de respect à leur ville adoptive. Un devoir de compréhension ? C’est du délire… »

      En effet, je me souviens encore de l’honorable gouverneure générale Michaelle Jean qui avait reproché (!) aux Québécois d’être trop ouverts sur le monde, mais pas assez sur le Canada (ah! ah! ah!). Mais on n’a jamais connu son opinion à propos des anglos québécois sur la culture francophone. D’ailleurs, aurait-elle osé l’émettre? Vous avez raison. C’est du délire!

    • C’est étrange, dans le commentaire de mleg99 on peut lire « C’est Will Butler qui prenait le lead de toute les covers », tandis que dans la citation du même mleg99 reprise par Atchoum on lit « C’est Win Butler qui prenait le lead de toute les covers ». J’imagine qu’Atchoum a pris sur lui de rectifier en remplaçant Will par Win. C’est bien mélangeant tout ça; est-ce qu’il s’agit de ce qu’on appelle en anglais une « Win-Will Situation »?

    • « J’essaye de comrpendre leurs intentions c’est soit de rendre hommage à la culture ou de faire un clin d’oeil. Et ici , vu la moyenne d’âge du public le clin d’oeil était peu efficace et aussi les plus âgés auraient aimé mieux un hommage à une chanson vraiment importante. »

      Aucune idée si les membres éminents d’AF sont pratiquants d’une religion, idéalement protestante, vu leurs origines, pour la plupart (au fait, ils vivent et/ou enregistrent encore dans une église restaurée dans les Eastern townships?). Reste, en tout cas, qu’il fut une époque où traiter un Québécois de papiste était une insulte (http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/papiste/) Quoi que pour la majorité d’entre nous aujourd’hui, ça ne veuille rien dire…

      Quand la cie Moose Knuckles a sorti sa campagne de pub s’inspirant de la crise d’octobre, le leader de l’entreprise a paru surpris du sursaut d’indignation qu’elle provoquait dans le Qc franco. Territoire qu’il ne connaissait visiblement pas… Vrai qu’à lire The Suburban, The Gazzette et The National Post pour apprendre ce qui se passe au Québec, il y a de quoi être déconnecté de la réalité! http://www.tonpetitlook.com/fr/2014/02/26/revient-sur-la-controverse-politico-mode-signee-moose-knuckles

      Dans le cas d’AF et de sa reprise de la Colombe, le chroniqueur Cormier a dit : « Une colombe, en play-back surréaliste: la pratique de l’absurde manière Arcade Fire, sorte d’hommage décalé, très décalé, à Montréal, et après, ça repart comme si de rien n’était. » Très décalé! Ah! Ah! Ah!

      Ils sont combien sur scène, AF, 10, 100, 1000? Pour un tel « supergroupe », du genre à avoir inventé le pain tranché (bio) et le couteau (recyclable) à beurre (équitable), pondre des arrangements festifs sur la pièce Montréal d’Ariane Moffat (une résidente du Mile End?) aurait pu constituer un défi intéressant, non? D’ailleurs, il n’était pas demandé à AF de chanter en français, le groupe a lui-même suscité des attentes en reprenant des pièces des villes qu’il visitait.

      Bref, visiblement, AF ne revenait pas à Montréal. They were going back in Montreal.

      Je reviens a Montreal
      La tete gonflee de nuages
      C’est le transit d’Amsterdam
      Qui s’est charge du glacage

      Je reviens a Montreal
      Le corps tatoue de visages
      Des anges dandys au dense plumage
      Ont mis en lumiere mon passage

      Le soleil indonde le terminal
      Le dub fait danser mes scandales
      En format original
      Je rentre a Montreal

      Je reviens a Montreal
      Le coeur emballe de courage
      Je serais rentree a la nage
      Si je n’avais pas eu tant de bagages

      Je reviens a Montreal
      Portee pas un heritage
      Enfin je suis un peu plus sage
      Il etait temps, a mon age…!

      Le soleil inonde le termianl
      Le dub fait danser mes scandales
      En format original
      Je rentre a Montreal

      Mon ivresse n’a rien d’un mirage
      Paris a engueule ma rage
      Finis les enfantillages
      Je range mes peurs au garage

      Et je reviens a Montreal
      Mon sourire est un alliage
      Ultraleger et malleable
      Totally natural

      Le soleil inonde le terminal
      Le dub fait danser mes scandales
      En format original
      Je rentre a Montreal

      http://www.parolesmania.com/paroles_ariane_moffatt_18088/paroles_montreal_521134.html

    • C’est moi qui ai corrigé. :) En français ? gagnant gagnon ?

    • Quant à faire dans l’humour décalé, très décalé, il aurait pu être pertinent pour AF de reprendre le travail d’un artiste né dans Cote Sainte. Louc, Montrial : William Shatner, mieux connu sous le nom du Capitaine James Tiberius Kirk, commander of the Federation starship USS Enterprise,

      http://en.wikipedia.org/wiki/William_Shatner%27s_musical_career

    • Perso, je trouve Arcade Fire surévalué depuis toujours mais c’est une question de goût. Maintenant, leur choix artistique de Céline Dion se défend car c’est l’artiste québécoise de loin la plus connue au monde. Pour être honnête, je connais bien peu de chose moi-même de la communauté anglophone – bien que j’y compte plusieurs amis – et, dans le cas inverse, j’aurais choisi (aussi) le cliché, Leornard Cohen. Sauf pour dérouter, auquel cas j’y serais allé de Mashmakhan et son classique “As the Years Go By”.

      PT

    • Bon, assez de chiâlâge pour aujourd’hui (perdon me?).

      À une époque où le très honorable « premier » du Quebec (sans accent) trouve normal que les employés s’adressent à leur boss (les unions, qu’ossa donne quand t’as un bon boss?) dans sa langue, on va ressortir le poème de Michèle Lalonde, qui n’a, malheureusement, pas pris une ride. Tant mieux pour elle, tant pis nous :

      Michèle Lalonde
      Speak white
      Speak white
      il est si beau de vous entendre
      parler de Paradise Lost
      ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare

      nous sommes un peuple inculte et bègue
      mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue
      parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et Keats
      speak white
      et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse
      que les chants rauques de nos ancêtres
      et le chagrin de Nelligan

      speak white
      parlez de choses et d’autres
      parlez-nous de la Grande Charte
      ou du monument à Lincoln
      du charme gris de la Tamise
      de l’eau rose du Potomac
      parlez-nous de vos traditions
      nous sommes un peuple peu brillant
      mais fort capable d’apprécier
      toute l’importance des crumpets
      ou du Boston Tea Party

      mais quand vous really speak white
      quand vous get down to brass tacks

      pour parler du gracious living
      et parler du standard de vie
      et de la Grande Société
      un peu plus fort alors speak white
      haussez vos voix de contremaîtres
      nous sommes un peu durs d’oreille
      nous vivons trop près des machines
      et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

      speak white and loud
      qu’on vous entende
      de Saint-Henri à Saint-Domingue
      oui quelle admirable langue
      pour embaucher
      donner des ordres
      fixer l’heure de la mort à l’ouvrage
      et de la pause qui rafraîchit
      et ravigote le dollar

      speak white
      tell us that God is a great big shot
      and that we’re paid to trust him
      speak white
      parlez-nous production profits et pourcentages
      speak white
      c’est une langue riche
      pour acheter
      mais pour se vendre
      mais pour se vendre à perte d’âme
      mais pour se vendre

      ah !
      speak white
      big deal
      mais pour vous dire
      l’éternité d’un jour de grève
      pour raconter
      une vie de peuple-concierge
      mais pour rentrer chez nous le soir
      à l’heure où le soleil s’en vient crever au-dessus des ruelles
      mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
      chaque jour de nos vies à l’est de vos empires
      rien ne vaut une langue à jurons
      notre parlure pas très propre
      tachée de cambouis et d’huile

      speak white
      soyez à l’aise dans vos mots
      nous sommes un peuple rancunier
      mais ne reprochons à personne
      d’avoir le monopole
      de la correction de langage

      dans la langue douce de Shakespeare
      avec l’accent de Longfellow
      parlez un français pur et atrocement blanc
      comme au Viêt-Nam au Congo
      parlez un allemand impeccable
      une étoile jaune entre les dents
      parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression
      speak white
      c’est une langue universelle
      nous sommes nés pour la comprendre
      avec ses mots lacrymogènes
      avec ses mots matraques

      speak white
      tell us again about Freedom and Democracy
      nous savons que liberté est un mot noir
      comme la misère est nègre
      et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

      speak white
      de Westminster à Washington relayez-vous
      speak white comme à Wall Street
      white comme à Watts
      be civilized
      et comprenez notre parler de circonstance
      quand vous nous demandez poliment
      how do you do
      et nous entendez vous répondre
      we’re doing all right
      we’re doing fine
      we
      are not alone

      nous savons
      que nous ne sommes pas seuls.

    • En effet, cessons de râler et reconnaissons une évidence : si nos anglos font si peu de cas de notre culture, c’est sans doute parce que nous n’avons pas grand-chose à offrir (bien que Win semble s’être inspiré de Ding et Dong, en matière de veston).

    • Bonjour/Hi,

      Sortie du nouveau Placard/Out of the new closet : Le nouvel album de Dany est en écoute sur le site de Voir/Dany’s new album is on listen on See’s site :

      http://voir.ca/nouvelles/actualite-musicale/2014/09/02/en-ecoute-dany-placard-santa-maria/

      Voyez à quel point c’est disproportionné : on a un album de Québéricana en écoute aujourd’hui, celui de Placard (un valeureux vrai, il faut le rappeler). Les anglos d’Amérique du Nord, pas en reste, ont en écoute sur NPR aujourd’hui les nouveautés de Robert Plant, Ryan Adams, Justin Townes Earl, Tricky, Interpol et une couple d’autres.

    • C’est vraiment trop injuste.

    • “Cela dit, aurait-on pu voir et entendre AF parodier un Jeunny Haliday en Elvis Presley ringard reprendre les Portes du pénitencier?”
      À mon avis, un Je t’aime moi non plus aurait été très fédérateur :-)

    • Groupe surévalué

      J’ai toujours pensé que ce groupe était suréavalué. Sont bons mais pas aussi qu’on le dit sans cesse. Ils ont un succès international, mais aussi gros qu’on le dit
      Des Richard Desjardins quoi…..

    • Sans doute, ce serait chic qu’ils fassent quelque chose de symbolique pour montrer leur attachement au francos de mtl. Ils le font déjà, remarquez, mais ce ne sera jamais assez pour certains. Moi, je les ai vus dans le stationnement de la place Longueuil il y a quelques années, et j’étais très touché. Le truc, c’est que les francos de mtl qui se sentent interpellés par Arcade Fire n’écoutent pas Marie-Mai ou Éric Lapointe, et je doute qu’ils soient des super fans de Pierre Lapointe non lus. En quoi Win et Butler seraient obligés de reconnaître les références de gens Le groupe est tellement gros dans l’imaginaire local qu’on leur demande la lune. Je trouve qu’ils sont super respectueux. Le vrai problème, c’est l’apathie des créateurs franco-québécois en dehors du créneau “télé-métropole”

    • Dans la même veine, je viens de voir Operators. Dan Boeckner a vécu minimum 10 ans à Montréal et ne semble pas avoir été en mesure d’apprendre à dire ” bonsoir” et/ou “merci”…

    • 10 ans, c’est court. Vous êtes exigeant. Dans certains quartiers de Mtl, ça peut prendre des générations!

    • Il y a des exceptions : j’ai entendu une chanteuse anglo-québécoise en entrevue, il y a quelques mois; son français était laborieux – vocabulaire limité, beaucoup de calques, conjugaisons approximatives –, mais elle faisait l’effort, comme on dit. Son groupe s’appelle le Pascale Picard Band.

    • Trêve de plaisanteries, un bon musicien franco standard n’impose généralement pas le français à ses collègues anglos. On parlait de Sophie Trudeau plus haut. Quelle est la langue de travail chez GYBE et Silver Mt. Zion Memorial Orchestra? Est-ce qu’Efrim – natif de Montréal, sauf erreur – s’efforce de parler à français à ses collègues francos? Chez Timber Timbre, quelle langue utilise Taylor Kirk lorsqu’il s’adresse à Simon Trottier et à Mathieu Charbonneau? Sans doute pas le français, que mon collègue colombien utilise pourtant avec aplomb et précision, trois ou autre ans après être arrivé ici, tout comme mes voisins roumains et bulgares.

      Puis, outre la fratrie Wainwright, Patrick Watson et le gars de Suuns, il ne doit pas y en avoir des tonnes qui accordent des entrevues en français, non?

    • * s’efforce de parler français

      *trois ou quatre ans

    • Le”fire”est pogné dans la cabane M. Brunet? :-)
      91 commentaires!

    • Les arrondissements névralgiques de la créativité Montréalaise, et je nomme Le Mile-End et le Plateau se sont “anglisisés” de façon exponentielle depuis les 10 dernières années.
      En même temps, Montréal se targue d’être une métropole internationale et multiculturelle de la création musicale “indie”… Nous avons même le ” Montreal Sound” comme fierté dans l’industrie de la musique à l’échelle mondiale. C’est plate à dire, mais cette réputation internationale extraordinaire que nous avons acquise, nous la devons à qui au juste ?
      Nos préoccupations de justice linguistiques et de respect culturel , les musiciens francos et anglos n’en ont pas grand chose à cirer… Ils jouent tous de la musique ensemble. Les barrières
      culturelles sont tombées. Les préjugés sont tombés. L’indignation aussi. Mais pour comprendre
      cette nouvelle réalité, il faut la voir de l’intérieur.

    • La justice linguistique et le respect culturel, les anglos – notamment les musiciens – s’en préoccupent vivement lorsqu’ils voient poindre la moindre menace… à leurs privilèges linguistiques et culturels. Quant aux francos, musiciens ou pas, il est vrai que nombre d’entre eux n’en ont rien à cirer. C’est triste, mais c’est ça.

    • Nousnoune
      Vous avez tout à fait raison, ceux qui disent que tous les anglos sont bilingues sont des affreux menteurs, affreux, affreux je vous dis, vous ais-je dis affreux.

    • C’est doute de même spécial que lors du même spectacle, Dan Deacon, de Baltimore, s’excuse de ne pas parler français en ajoutant que le système éducationnel américain veux garder les gens dans l’ignorance, alors que Win Butler vivant à Montréal, marié à une francophone (qui, si je ne me trompe pas, disait ne pas parler anglais lors de leur rencontre) ne semble pas le moindrement importuné de se limiter à 3-4 mots de français. ..

    • *vivant à Montréal …depuis au moins 15 ans.

    • « Mais pour comprendre cette nouvelle réalité, il faut la voir de l’intérieur. »

      Ce que je comprends de cette réalité, moi qui la vois de l’extérieur, c’est que les barrières culturelles, les préjugés et l’indignation semblent tous être tombés, mais du même bord.

      Quant au « Montreal Sound », quelles sont ses particularités? À quoi le reconnaît-on? Un album enregistré chez Hotel2Tango est automatiquement empreint du « Montreal Sound »? Il y a une touche particulière, comme celle de Steve Cropper et de ses collègues de chez Stax à l’époque? À ce compte-là, peut-on dire qu’il y avait un « Morin Heights Sound » dans les années 70-80? Si les Besnard Lakes, Stars, Arcade Fire et Wolf Parade s’étaient installés à Brooklyn, à Schenectady ou à San Francisco, est-ce que leur « son » aurait été le moindrement différent? Ou est-ce une réalité que l’on voit de l’intérieur?

    • Je ne voudrais pas faire de jaloux, mais il arrive que moi et René-Charles on écoute ensemble Arcade Fire en mangeant du macaroni à la viande de moman Dion.

    • « Ce que je comprends de cette réalité, moi qui la vois de l’extérieur, c’est que les barrières culturelles, les préjugés et l’indignation semblent tous être tombés, mais du même bord. »

      Le problème est là, comme le souligne justement hardy_canyon. Si on considère la compréhension et la curiosité de l’autre comme une pratique à sens (presque) unique sauf la valorisation de l’exotisme local, si le maintien équitable de la diversité culturelle (en autant que faire se peut) est une valeur passéiste et mène immanquablement au nationalisme étroit, aussi bien préconiser dès maintenant l’unilinguisme en Amérique du Nord. Et cesser de discuter de respect mutuel ou de convivialité sociale.

    • Ils ont fait ”Back in Time” de Huey Lewis and The News à Edmonton en hommage à Michael J. Fox.

      En Suède à Stockholm , ils ont repris une pièce d’ABBA.

      http://www.youtube.com/watch?v=mofS4mH_C90

      J’ai plus l’impression que les gens ont mal deviné , les pièces qu’ils allaient faire et même leurs intentions.

      Décalé ? Cela peut vouloir dire qu’il faut aller dans le passé, être un peu kitsch aussi tout en respectant et en souriant en même temps.

      Céline Dion ? C’était à la fois très imprévisible et trop prévisible.

      Céline Dion est connue partout sur la planète, peut-être pas ”Une Colombe” par contre.

      Tu fais un cover ? Les objectifs peuvent être multiples.

      Tu peux avoir un moment de divertissement et humour dans un spectacle considéré par ailleurs comme fort sur d’autres plans.

      Sauf que si cela n’est pas vu ni comme tellement pertinent sur le plan artistique et en plus pas efficace sur le plan d’embarquer le public, bien on va considérer qu,ils ont manqué leur coup. Et c’est pas bien grave.
      Est-ce que cela prouve un manque de sensibilité à la culture francophone ? Pas ce choix de chanson là. D’autres raisons, peut-être.

    • Ce n’est pas l’ouverture à l’autre qui pousse les francophones à s’ouvrir à la musique des anglos d’ici, mais la mode et les tendances. Avant qu’Arcade Fire et Wolf Parade nous reviennent ici sous la forme des échos de la presse étrangère, les francos n’avaient rien à cirer des groupes anglophones qui étaient pourtant nombreux et souvent de qualité.

      L’intérêt pour l’autre n’est en fait que la façon romantique de percevoir ce qui n’est rien d’autre qu’un marché qui s’est développé. Les francophones ont commencé à écouter ces groupes non par curiosité, mais parce que comme n’importe quel autre produit, on a su leur vendre. On écoute Arcade Fire pour les même raison qu’on achète du Tide et on achète pas du Tide parce qu’on est plus ouverts que les autres.

    • Deux facteurs se chevauchent: la culture mondiale anglophone, incontournable pour quiconque s’intéresse un tant soit peu à la musique, et la scène locale anglo, parfaitement contournable sauf quelques évidences – AF, Pat Watson, Besnard Lakes, etc. Or, depuis longtemps, nous sommes de nombreux francos à nous intéresser aux petits groupes anglos. Ces formations nous ont pas été moussées par de grosses machines de promo ou de diffusion. Cette curiosité-là existe bel et bien.

    • En 2012, Cyndi Lauper…

      http://www.youtube.com/watch?v=sop-ztb4S-E

      Un des commentateurs fait allusion au Karaoké… En disant qu’il va continuer à les suivre pareil.

      Tiens, du côté anglo on s’attendait à Corey Hart…

      http://cultmontreal.com/2014/09/arcade-fire-live-in-montreal/

      Trop attendu… Le jeu est de surprendre le public.

    • Cette curiosité n’existait pas du tout avant ces groupes au succès international. L’intérêt pour las artistes plus petits est directement redevable à l’élargissement de ce marché, pas a une espèce de curiosité qui n’aurait rien à voir avec un contexte plus vaste.

      D’ailleurs, qui sont ces groupes sans machine de promo qui attirent de si nombreux francophones ?

      Je ne crois pas qu’il soit possible de nommer plus que 10 groupes anglos qui attirent plus de 150 francophones dans leur spectacle, et parmi ceux-ci, la majorité ont des moyens promotionnels au-dessus de la moyenne.

    • «Cette curiosité n’existait pas du tout avant ces groupes au succès international.»

      Euh… non. Elle existe depuis que je fais ce métier… Pas à un niveau mainstream, bien entendu. Ce qui est dit ici, c’est que l’intérêt des francos pour la scène locale anglo (bien avant l’arrivée des gros noms) est plus grand. Sans plus. Ils est très vrai que les francos sont minoritaires dans les salles où se produisent des groupes émergents anglos. Or ces derniers sont pratiquement absents pour l’ensemble des concerts francos. Voilà tout…

    • Vous voulez rire? Combien y avait de francophones dans les concert des Nils, Asexuals, Doughboys (c’était un peu mieux), Chinese Backward, Rise, Bite, Stellar Dweller, Tinker, Pest 5000, Bubblegum Army ?

      Là où ça se mélangeait, c’était dans la scène hardcore. 50/50.

      Vous parlez de quels artistes, Alain?

    • Mais je les comprends d’être moins nombreux. Les anglos sont assez nombreux en proportion dans plusieurs concerts de groupes francophones dont vous ne parlez jamais ici. Tant mieux s’ils ne vont pas voir les Soeurs Boulay.

    • Je n’ai pas compilé de statistiques (cela peut être variable d’un groupe à l’autre, bien sûr), mais j’ai régulièrement observé la présence de «délégations» francophones dans plein de shows anglo-indies de la scène locale.

    • « Les anglos sont assez nombreux en proportion dans plusieurs concerts de groupes francophones dont vous ne parlez jamais ici. »
      Hum… J’aimerais bien le croire.

    • À preuve du contraire, il y a peu ou pas de musiciens anglos qui sont venus sur ce blogue revendiquer leur place et/ou leur appartenance dans le Qc français et/ou leur ambition de se faire connaître des amateurs de musique franco.

      Sans surprise, par contre, on peut lire ici pas mal de monde renverser le fardeau de la preuve : Les anglos sont au pire ostracisés, au mieux ignorés par les méchants, méchants, méchants francos…

      C’est peut-être une différence de perspective qui explique ça? Daniel Bélanger vient de compléter sa tournée de je ne sais combien de spectacles à Rouyn-Noranda. Quand on rêve du Wembley Stadium ou du Madison Square Garden à partir du sous-sol d’une église ukrainienne, l’Agora des arts de Rouyn, ça doit faire petit-replié-sur-soi-nationalissse-ethnique pas à peu près…

    • « Si on considère la compréhension et la curiosité de l’autre comme une pratique à sens (presque) unique sauf la valorisation de l’exotisme local, si le maintien équitable de la diversité culturelle (en autant que faire se peut) est une valeur passéiste et mène immanquablement au nationalisme étroit, aussi bien préconiser dès maintenant l’unilinguisme en Amérique du Nord. Et cesser de discuter de respect mutuel ou de convivialité sociale. »
      .
      Le respect, ça ne se demande, n’exige, commande pas : Ça s’inspire de.

      Le fait est que la majorité des médias montréalais et ses élites politiques pensent (ou voudraient penser) en anglais.

      Sur toutes les tribunes où il a la chance de le déplorer, Gilbert Rozon ne manque jamais une occasion de se plaindre du manque de bilinguisme des postulants à Juste pour rire. Or, tant Rozon que les animateurs qui lui fournissent le micro dans lequel cracher ne relèvent jamais le fait qu’il existe aussi à Montréal des anglos pure laine qui devraient, dans une société normalement constituée, parler la langue officielle et, accessoirement, d’au moins 80% de la population? De ces anglos de souche, Rozon dit Just for Laughs reçoit combien de cv bilingues? Mais ici, on marche sur des oeufs, pas vrai? Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle?
      ….
      ..
      Au printemps dernier, le conseiller municipal, Jeremy Searle a déclaré ceci : «Je n’ai pas de félicitations à transmettre aux candidats. J’en ai toutefois à transmettre à vous les citoyens. Vous bénéficierez de 4 ou 5 années sans la présence écrasante des séparatistes qui tentent de détruire notre économie et notre mode de vie. Je crois que nous pouvons tous nous féliciter. Peut-être que dans dix ans, nous pourrons éradiquer le mouvement séparatiste, un peu comme on souhaite le faire avec l’agrile du frêne qui fait cependant moins de dégâts que les séparatistes .» `(http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2014/04/20140410-162737.html)

      À preuve du contraire, je n’ai lu absolument aucun faiseux d’opinion de la presse montréalaise dénoncer ces propos. Des séparatissses, comme on dit à Ottawa, l’exemple vient de haut, c’est 49.42% de la population québécoise en 1995. Éradiquer un groupe ethnique, dans l’histoire récente du monde, ça se fait à coups de machettes en Afrique, de gaz en Europe et de bombes atomiques en Asie…

      S’il avait par contre fallu qu’un Mario Beaulieu, un Bernard Drainville ou une Elsie Lefebvre (en passant, Elsie, vu ton passé de pékissse-séparatisse-donc-forcément-racissse, tu vas avoir plus de chance de devenir reine de la planète Vl;nasiopfrne du système Aonfdsout avant de devenir mairesse de Montréal. Demande à Louise Harel!), j’ai peine à imaginer tous ce que des faiseux d’opinions comme Cassivi-Elkouri-Boisvert-Lortie-Cardinal-Ravary, etc. auraient trouvé à dire. La finesse des analyses, toé, chose en réponse au silence assourdissant de ces mêmes faiseux d’opinion, qui ne suivent officiellement aucune ligne éditoriale, quand c’est dit par un anglo. Un attentat psychiatrique, donc.

      Bref, un looooong, loooooong détour pour conclure par ceci : Quand l’étatsunien Dan Deacon s’excuse de ne pas mieux parler français, il nous expose en peu de mots son peu de connaissance de la situation montréalaise. S’il avait le moindrement vécu à Montréal, il aurait su que dans la métropole québécoise, ce sont les francophones qui s’excusent de ne pas comprendre l’anglais. Jamais le contraire.

    • Ah, les méchants francos…

      Il y avait, naguère, plusieurs guitaristes anglos qui accompagnaient des francos ou faisaient partie de groupes francos (Joe Jammer, John McGale, Rick Haworth, Bob Cohen, Mike Sawatzky). Ça semble fini, tout ça. Que s’est-il passé pour que la tendance se renverse? J’aimerais savoir ce qu’en pense la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

    • Pour vous consoler, atchoum – et ça me console aussi –, dites-vous qu’il reste Jim Corcoran et qu’en plus, il vient de par chez vous.

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