Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 1 août 2014 | Mise en ligne à 13h33 | Commenter Commentaires (46)

    Nick Cave: l’interview intégrale

    Amis lecteurs et blogueurs, voici la version intégrale de mon texte suivant une conversation enregistrée il y a quelques jours avec Nick Cave. Cette exclusivité m’a permis de voir et revoir l’excellent film documentaire 20 000 Days on Earth lui étant consacré, et que vous pourrez voir à la fin septembre sur un serveur près de chez vous. Inutile d’ajouter que son séjour de deux jours à Montréal – vendredi au Centre Phi et samedi à Osheaga. Enjoy !

    Nick Cave

    Plus de 20 000 jours passés sur terre. À dire. Écrire. Chanter. Mythifier. Se transformer. Mi-cinquantaine, Nick Cave a accepté d’être l’objet d’un film documentaire. Projeté au Centre Phi ce vendredi, cette réalisation de Iain Forsyth et Jane Pollard ne sera mise en circulation qu’en septembre prochain.

    Phoebe Greenberg et Penny Mancuso, respectivement fondatrice et présidente du Centre Phi Phi en sont les productrices exécutives de 20 000 Days On Earth, ce qui en justifie la projection exclusive et un spectacle intime donné ce vendredi par le sujet du film en chair et en os, réservé au 75 preneurs qui se sont prémunis de billets.

    Les images ont été tournées durant la période où fut créé l’album Push the Sky Away, chef-d’œuvre rock enregistré en 2013 avec The Bad Seeds et dont la matière sera certes mise en valeur ce samedi à Osheaga. Il faut évidemment s’attendre à une version réduite de ce ce spectacle mémorable présenté au Métropolis – en mars 2013.

    « J’adore donner des spectacles courts dans le cadre de festivals. Tu dois présenter tout de suite une matière consolidée, fusionnée, compacte. Deux ou trois punchs, et voilà. Avec le groupe Grinderman, j’ai appris à le faire, les Bad Seeds en sont tout autant capables désormais. Avant quoi nous nous retrouvions dans ce cirque sans savoir que nous faisions. »

    Aurez-vous saisi que Nick Cave est en conversation téléphonique avec La Presse. Les réparties sont concises, étoffées. Tout ce qui est dit par le maître rock mérite d’être transcrit… mission impossible. Concentrons-nous sur le nouvel événement le concernant.

    20 000 Days On Earth n’est pas exactement un film sur la vie de la rock star. Il y est essentiellement question de sa conception du processus créatif et de la transmutation que génère ce processus, sur scène comme en studio. On y observe avec fascination un chasseur obsédé par cette bête mystérieuse que l’on nomme inspiration.

    « Je me lève, j’écris, je regarde la télé… Je me sens cannibale. Je peux faire cuire quiconque à la casserole. Je peux même cannibaliser ma vie conjugale. Essentiellement, j’écris des histoires de monstres et de bonnes personnes évoluant dans un monde absurde, fou, violent. Plus j’écris, plus mon monde s’élabore, se construit… » révèle-t-il dans ce film dont il est aussi le narrateur.

    On le voit chez lui dans son bureau, très brièvement avec sa femme ou ses deux fils cadets. On le voit sur scène, en studio, en voiture. On le voit surtout converser avec ses collègues, son thérapeute, des collaborateurs avec qui il partage les images et artefacts de son passé, avec même Kylie Minogue qui a déjà vécu un moment intense à ses côtés (l’enregistrement du duo Where the Wild Roses Grow), avec son bras droit musical et grand ami Warren Ellis.

    « Plusieurs films documentaires, soulève-t-il au bout du fil, ont pour objet de se trouver derrière le masque de leur sujet. Iain et Jane (les réalisateurs) ont évité ce procédé. Ce qui se trouve derrière le masque, avons-nous convenu, ne peut-être autre chose qu’un souvenir pale, flétri. Cela dit, aucune ligne départage clairement le privé du public dans ce film. Ce que j’écris est le reflet de ce qui m’arrive. Ce sur quoi j’écris relève des choses les plus ordinaires et les plus intimes. Je pense beaucoup à ces petites choses de la vie, je leur colle du sens. »

    Tout au long du film, Nick Cave est impeccablement vêtu, même dans des contextes qui ne l’exigent aucunement. La justification est aussi très chic :

    « Vous savez, certains d’entre nous fonctionnent mieux lorsque la caméra est en marche. Nous vivons nos vies comme une sorte d’examen, autant donner la représentation la plus honnête possible. Très souvent, certains ne savent pas que nous sommes à moins que nous soyons sous observation.»

    Le travail

    Nick Cave est de ces artistes pérennes qui ne s’arrêtent jamais. Pour lui, seul un travail constant peut conduire à l’inspiration. C’est ce qu’il tend à démontrer dans le film et ce qu’il confirme en interview :

    « Tout tourne autour du travail, sans quoi je ne me sens pas exister. Quotidiennement, j’essaie d’atteindre une plus grande efficacité, c’est le processus d’une vie entière. Ma vie hors du travail est secondaire; sans accomplir un travail concluant, je ne peux fonctionner d’une manière positive avec mes proches. »

    La transformation

    Devant un homme qui a toutes les allures d’un psy, Nick Cave raconte une fantaisie adolescente : il se travestissait sous la pression d’une amie qui le subjuguait. Il est alors question de transformation. Celle aussi de son père transmuté lorsqu’il lui lisait des extraits de Lolita, grand classique de Vladimir Nabokov. « Il était devenu quelque chose de plus grand .»

    Plus loin, il revient sur cette notion fondamentale de la transformation de l’artiste-performer par son imagination.

    « Sur scène, explique-t-il à un ami, il arrive que tu sois transporté ailleurs. Quelque chose se produit. Tu deviens alors la personne que tu as toujours voulu être. Enfant, je n’étais pas heureux en me regardant dans le miroir. J’avais déseprérément besoin de me transformer en quelqu’un d’autre. Il faut donc voir ce concept de la rock star avec distance, il faut tracer une ligne car tout ça est une invention. »

    Il évoque le souvenir d’un concert mémorable donné par Nina Simone pour appuyer son propos. Il décrit l’odieux personnage de la vieille diva dans la loge devenir un ange devant son public. « Nous voulons être quelqu’un d’autre sur scène. Nous voulons aussi mener les gens dans la salle à oublier ce qu’ils sont. Un spectacle peut nous conduire à cette transformation. »

    Les mots

    Les mots demeurent au centre de sa création, au-delà de l’écriture de chansons rock pour The Birthday Party, The Bad Seeds ou Grinderman -en témoignent romans et scénarios de films de son cru.

    « J’ai le sentiment de faire du progrès si je réussi à assembler un paquet de mots. Je ne ressens pas la même chose avec les sons. La musique ne vient jamais en premier lieu. J’écris des mots, je m’assois, je lis, je crée ensuite la musique. Mais cela est différent lorsque je travaille avec Warren Ellis », soulève notre interviewé.

    Plus précisément, les chansons de Nick Cave s’écrivent en plusieurs étapes, qu’il résume au téléphone :

    « D’abord j’écris à la main, dans mes cahiers. Lorsque sens que cela devient une chanson, je l’écris à l’ordinateur et je procède à son édition. Lorsque je sens que le texte a atteint une forme satisfaisante, je le recopie à la machine à écrire. La quatrième étape est dans le studio où j’attaque la chanson impitoyablement. J’écris à la main ou à la machine à écrire parce que j’ai perdu beaucoup de matière par le passé en ne me fiant qu’à l’ordinateur. Je pouvais moi-même effacer de la matière qui ne me semblait pas valable sur le coup et qui l’aurait été après réflexion. Ainsi j’ai perdu beaucoup de matière par ma faute. J’écris à la main ou à la machine pour éviter ce problème. »

    Multi-instrumentiste, l’Australien Warren Ellis est très présent dans 20 000 Days On Earth. Il y dirige des gamins français lors d’une séance d’enregistrement, il invite Nick Cave à dîner, etc. On le sait musicien central des Bad Seeds ou Grinderman, de surcroît le principal acolyte du chanteur.

    « En passant beaucoup de temps ensemble, raconte notre interviewé, nous sommes devenus très amis. Warren a produit chez moi un effet extrêmement puissant, ce qui a eu des incidences profondes dans ma manière d’écrire mes chansons. Plus que tous les membres des groupes auxquels j’ai participé antérieurement. Warren n’est pas réticent à l’idée qui émerge, alors que plusieurs membres des Bad Seeds et The Birthday Party l’ont été par le passé. J’avais connu ces garçons à l’adolescence et j’étais devenu l’auteur-compositeur de leurs groupes à travers nos expériences. Lorsque Warren est arrivé parmi nous, j’ai trouvé un collaborateur qui a rendu mes chansons meilleures. »

    Musiques toujours très simples, écritures et ambiances complexes. Nick Cave en convient : « Cette atmosphère très linéaire est idéale pour ma façon d’écrire.»

    La mémoire et la nostalgie

    Au psy qui lui sert de miroir dans le film lui étant consacré, Nick Cave révèle sa peur de perdre la mémoire :

    « La mémoire est ce que nous sommes. Dans une chanson, je crée un monde à travers la narration. Souvenirs précieux, bonheurs et traumatismes réminiscents… les chansons reprennent ces souvenirs et les font entrer dans une sorte de mythologie. »

    « Mais qui connaît sa propre histoire ? questionne le narrateur. Ce n’est que confusion, écho, clameur. Notre histoire ne prend forme que lorsque nous la répétons encore et encore. À nous-mêmes ou aux autres. Les fantomes du passé doivent parfois ressurgir car ils étaient cachés depuis trop longtemps et réclament de l’attention. C’est à ce moment que se rencontrent la réalité et l’imagination. C’est là qu’existent la joie, les larmes, l’amour. C’est là où nous vivons »

    Effectivement.

    Sur la banquette arrière de sa voiture, la pop star Kylie Minogue apparaît comme un fantôme dans le film. Avec la pop star, Nick Cave a enregistré naguère la chanson Where the Wild Roses Grow, histoire d’un meurtrier raconté par l’auteur du crime et sa victime devenue spectre. « Elle et moi avions vécu ensemble un épisode bref et intense. Lorsque nous avons pensé qui inviter dans le film, nous avons d’abord pensé à Kylie. »

    En revanche, Nick Cave évite toute nostalgie. Préfère de loin l’ici et maintenant.

    « Si aujourd’hui est mieux qu’hier? Je ne sais pas. J’ai beaucoup aimé faire mon dernier album, j’en suis vraiment fier. Et je ne me souviens pas trop des périodes antérieures. Dans le film, d’ailleurs, j’ai trouvé étrange de visionner et commenter des photos et artefacts de mon passé (Mick Harvey, Tracey Pew, concert de The Birthday Party, art religieux, soft porn, collection de cheveux, etc.), pour les besoins de la réalisation. Or, je ne fais jamais ça dans la vie. Les souvenirs ne sont importants que lorsqu’ils résonnent au présent. »

    20 000 jours passés sur terre… et quoi encore, Nick Cave ? « Beaucoup de choses, surtout des chansons pour le prochain album des Bad Seeds.» Encore beaucoup à dire. Écrire. Chanter. Mythifier. Se transformer.


    • J’apprécie dans son vidéo qu’il soit prudent en voiture, avec la belle demoiselle assise à l’arrière, en ne faisant pas trop le cave.

      Bravo mon nick.

    • Merci M.Brunet remarquable entrevue avec un marquant personnage, la création/célébrité comme mode de vie étalée et révélée.

    • Boy, oh, boy: ce billet ne décolle pas du tout. C’est le temps des vacances, tout le monde est parti.
      Ce sujet de billet se retrouve dans la cave. Ok j’arrête de faire le cave.

    • Cave et Minogue, entre la superbe Where the Wild Roses Grow et 20,000 Days on Earth, il y a aussi la nouvelle The Death of Bunny Munro, dans laquelle Nick Cave évoque Kylie Minogue:

      “Bunny turns on the radio and Kylie Minogue’s hit ‘Spinning Around’ comes on, and Bunny can’t believe his luck and feels a surge of almost limitless joy as the squelching, teasing synth starts and Kylie belts out her orgiastic paean to buggery, and he thinks of Kylie’s hot pants, those magnificent gilded orbs which makes him think of riding the waitress’s large, blanched backside, his belly full of sausages and eggs, back up in the hotel room. He says “Yes!” and takes a vicious, horn-blaring swerve, re-routing down fourth avenue, already screwing off the top of the hand cream. He parks and beats off, a big, happy smile on his face, and dispenses a gout of goo into a cum-encrusted sock which he keeps under the car seat.”

    • un détail.

      la trame sonore du film ”the road” signé par Nick Cave
      est d’une justesse et d’une sensibilité rare.

    • bt627

      4 août 2014
      21h43

      Cave et Minogue, entre la superbe Where the Wild Roses Grow et 20,000 Days on Earth, il y a aussi la nouvelle The Death of Bunny Munro, dans laquelle Nick Cave évoque Kylie Minogue:

      “Bunny turns on the radio and Kylie Minogue’s hit ‘Spinning Around’ comes on, and Bunny can’t believe his luck and feels a surge of almost limitless joy as the squelching, teasing synth starts and Kylie belts out her orgiastic paean to buggery, and he thinks of Kylie’s hot pants, those magnificent gilded orbs which makes him think of riding the waitress’s large, blanched backside, his belly full of sausages and eggs, back up in the hotel room. He says “Yes!” and takes a vicious, horn-blaring swerve, re-routing down fourth avenue, already screwing off the top of the hand cream. He parks and beats off, a big, happy smile on his face, and dispenses a gout of goo into a cum-encrusted sock which he keeps under the car seat.”

      Cibolac, vous êtes callé en Cavologie. Savez même ces trucs Cave/Minogue.

      My God. J’ai pas de vie.

    • Merci pour l’entrevue. J’espère bien le revoir en spectacle, une heure, ce n’est définitivement pas asssez !

    • Amateur de prog ou de bonne musique, le dernier Tim Bowness est très bon.

      [video=youtube;XuzHTgev7Hc]https://www.youtube.com/watch?v=XuzHTgev7Hc&feature=player_detailpage[/video]

    • Tim Bowness

      https://www.youtube.com/watch?v=XuzHTgev7Hc&feature=player_detailpage

    • J’ai hâte que la Voix recommence. Pierre Lapointe prend le siège laissé vacant de Cormier.

      Avec son style, cela va être passionnant de la voir à l’oeuvre comme coach.

    • Où êtes-vous donc la gang?

    • On attend un nouveau billet, i guess…

    • jon8

      Bon, un qui est en vie.

      Un rescapé de Heavy Montreal (pas de é dans Montreal, parce que cela fait plus ”ineteurnachioneulllle”)

    • En voyant quelques photos et vidéos du week-end de Heavy Montreal, je me disais qu’il n’est pas nécesssaire de voyager bien loin, pour ne plus se sentir au Québec. Ou bien sur cette planète.

      My god, c’est épeurant les bibittes qui vont voir ce genre de ‘’show” là. Disons que tu restes poli pis tu farmes ta gueule dans une foule comme cela. Si tu veux pas servir de ballon de soccer disons. Ou faire du body-surfing sur les dents.

      Juste pour foutre le bordel, tu met complet-cravate puis tu te fais passer pour un ‘’scalper” en gueulant en plein milieu de la foule, que tu as des billets pour le prochain ‘’show” de Michel Louvain.

      Mettons que tu viens de mettre la marde solide dans la place.

      Excusez-moi d’être peureux et p’tite nature, mais je me sens sécure quand j’écoute La Voix.

      Je dois avoir peur des… grosses bibittes.

    • “En voyant quelques photos et vidéos du week-end de Heavy Montreal, je me disais qu’il n’est pas nécesssaire de voyager bien loin, pour ne plus se sentir au Québec”
      Osheaga est pas tellement mieux, on a plus l’impression d’être quelque part près de la Ford Nation avec des casquettes des Blue Jays à profusion, de la Molson Canadian partout et 3 artistes francophones répartis sur 3 jours…

    • maxime_g

      11 août 2014
      18h44

      Juste à lire ce blogue de musique tout le long de l’année, et on voit bien que les québecois sont ”ailleurs” culturellement. On parle français mais c’est la planète, surtout anglophone bien sur, qui est notre gros jukebox, noter écran de cinéma et les vedettes qu’on chérie.

      Comme Robin Williams qui vient de se suicider. C’est le genre d’acteur que l’on voit et aime depuis tellement longtemps, qu’il fait partie de notre univers culturelle d’une façon ou une autre.

      Dans le fond, le Québec ou le Canada, c’est assez semblable culturellement. On tiraille chacun de notre côté pour avoir une culture propre à nous. Mais le modèle, le patron (blue-print en anglais) reste que cela provient d’ailleurs pour que le succès soit assuré.

      Il y a le modèle de France, du Royaume-Uni, et évidement et par une écrasante majorité, le voisin du sud, nos zamis les zamaricains.

      Rien à faire. Pour être big c’est cela. René et Céline le sait bien que trop. Pas pour rien que Bobby Bazini tentera sa chance prochainement.

      C’est vraiment notre langue qui nous garde francophone. Parce que les jeunes dans sur leur mur de chambere c’est OneDirection. Mais aussi Mari-Mai. Mais encore c’est bien parce qu’elle emprunte le style rockeuse qu’elle se démarque du lot de nos chanteurs francophones du Québec.

      Nous le savons depuis très longtemps: les québecois sont des anglo/américains qui parlent français. Voilà notre société distincte.

    • maxime_g

      ”Osheaga est pas tellement mieux, on a plus l’impression d’être quelque part près de la Ford Nation avec des casquettes des Blue Jays à profusion, de la Molson Canadian partout et 3 artistes francophones répartis sur 3 jours”

      Welcome to Kwebec, maxime my man

      Des grands événements comme cela attire des gens de tous les horizons qui roulent des heures pour se rendre. C’est des fêtes ”citoyen du monde”. Oublie l’endroit ou le pays ou la province ou la ville ou tu es (maudit accent sur le clavier). L’important c’est l’événement.

      Tu transportes tes intérêts et ta passion avec toi. Géographiquement, l’endroit que tu te trouves n’importe plus.

    • maxime_g

      11 août 2014
      18h44

      Welcome to Kwebec.

      Ne trouves tu pas que la Ford Nation est en fait une copie conforme de l’américain typique d’aujourd’hui?

      Toronto, la vile la plus américaine du Canada, et aussi la plus grand métropole, devient le porte étendard de l’américanisation du Canada dans sa plus forte et belle exemple.

      Et comme nous ne voulons pas être en reste ici, nous les américains francophones du Nord, on est aussi autant Ford Nationisé que c’est possible de s’en approcher.

      Ben quoi, nous aussi nous voulons être … cool. Y a pas de mal à cela. Nous aussi nous voulons ”triper” avec la gang.

      Oublions la séparation pour le Québec. Nous sommes déjà parti sur une autre planète. Et elle est anglophone. (culturellement parlant).

      Et c’est la recette anglo/américaine qui assure le succès. Marie-Mai, Bon Cop Bad Cop, etc.

      Ce qui fonctionne ici en français est basé sur le modéle qui a déjà fait ces preuves et donc nous nous raffolons depuis des décennies: La culture américaine.

      C’est certain que je vais plus m’amuser et danser sur des chansons comme Cool and the Gang ou Bruno Mars qu’une chanson, genre rigodon, comme Mon arrière arrière grand-père il avait labourer la terre. (Mes aieux, chanson Dégénération)

      On s’entend.

    • J’apprécie beaucoup la musique québécoise francophone, mais je préfère écouter Nick Cave que n’importe lequel individu de La Voix.

    • Merci Alain Brunet pour être allé à la rencontre du grand Nick (dont je suis fan finie) et partager avec nous cette passionnante conversation. Bien hâte de voir ce documentaire!

    • 2 sorties d’album fort intéressante annoncé cette semaine ! Le retour d’aphex Twin après 13 ans de silence et un nouveau Leonard Cohen prévu pour septembre..

    • ”Le retour d’aphex Twin après 13 ans de silence”

      Noooon?!?

      :-O

    • Cet automne, Il y aura aussi…

      le nouveau Scott Walker avec Sunn o))) (!!!),

      le nouveau Shellac (Steve Albini et sa bande),

      le nouveau Flying Lotus (avec Snoop Dog (Lion?) et Herbie Hancock!!).

    • Cohen, “Almost Like the Blues” :

      https://www.youtube.com/watch?v=9VYXECtjOos

    • Almost Like the Blues:

      Très bonne chanson!

      Et que dire de cette voix que le temps qui passe a rendu aussi rugueuse que chaleureuse…

    • * … cette voix que le passage du temps a rendue…

      Manquait le “e”. Scusez la…

    • Le nouveau Aphex Twin a un titre “Syro” et une date de sortie “23 sept” …

    • Est-ce que quelqu’un sait si c’est le groupe I love the Queen and my Coors ligth qui a remporté le prix polaris 2014?

    • Ah, et pis tiens, non, c’est pas possible, le décompte se poursuit encore. Cette attente est vraiment insupportable.

      http://polarismusicprize.ca/fr/

    • « Les artistes en prestation sont: Basia Bulat, Jessy Lanza, Mac DeMarco, Owen Pallett, Shad et Tanya Tagaq. Des membres d’Arcade Fire et de YAMANTAKA // SONIC TITAN assisteront également au gala. »

      Mmmh, ce sera intéressant de les regarder assister au gala.

      Deux bonnes nouvelles là-dedans : tous les finalistes seront là, sur scène ou pas, sauf Timber Timber, puis il n’y aura pas de prestation d’Arcade Fire.

    • Pour l’électrophile (1) parfois métalophile (2) ou jazzophile (3) : The Bug, Angels & Devils.
      Pour le (2) parfois (1) ou (3) : Pallbearer, Foundations of Burden.
      Pour le (3) parfois (2) ou (1) : The Bad Plus, Inevitable Western.

    • Baof, c’est même pô grave si AF joue pas au Polaris parce qu’AF joue au parc Jean Drapeau ce samedi! Je ne sais pas s’il est commanditaire étant donné la taille de l’annonce, mais Clamato Mott’s s’affichait sur le site d’Evenko. AF et Clamato Mott’s ensemble, ça doit être vraiment bon!

    • L’épaule, ça va ?

    • Excellent le Pallbearer, même si je ne suis pas le plus grand métalophile sur Terre. Deux ou trois fois par année, ça m’arrive, surtout lorsqu’un groupe du genre s’attire plusieurs très bonnes critiques !

    • Hello amigos.

      Je suis de retour. Gigantesque chantier à l’arrière de chez moi depuis trois semaines, avant quoi c’était sept jours sur sept dans la festivalite aiguë. Je compte faire mieux pour le blogue d’ici Noël. Pour toutes les plateformes de La Presse, je couvre Arcade Fire demain soir. Dan Deacon et Spoon sont au programme, Deacon m’intéresse particulièrement. Oui jon8, l’épaule est parfaitement guérie (fonctionnelle à 85 %, encore quelques exercices et ça y est), merci de vous en enquérir. :) On va bien s’amuser cet automne, promis !

    • Le documentaire 20 000 Days on Earth devrait être à l’affiche au mois d’octobre à Québec (Le Clap).

      J’aurais bien aimé aller, encore une fois, à Montréal, cette fois-ci pour Dan Deacon, Spoon (le meilleur album de l’été, selon moi) et Arcade Fire, mais bon… l’automne s’annonce bien occupé en show de musique, de toute façon.

      Super si on s’amuse bien ici cet automne !

    • « Spoon (le meilleur album de l’été, selon moi) »

      Selon moi aussi. J’aurais bien aimé les voir au Club Soda, disons. Mais pas en première partie d’AF… Ce serait comme voir Nirvana en première partie de Guns and Roses.

    • The Spoon par-ci the Spoon par là j’ai été écouter ça. Esthétique sonore des 60’s, mais sans le côté goguenard des chanteurs de l’invasion britannique. J’aimais bien, c’est correct quoi qu’un brin trop propre. Le toupet dans le vent est un peu court… Alors j’ai triché quand YouTube m’a suggéré Blues Pills, que je connaissais pas plus. Là encore on nous suggère une esthétique sonore connue. Sauf que la chanteuse donne l’impression de se piler sur les cordes vocales tellement elle veut chanter fort. Le toupet dans la bouche qu’elle crie qu’on lui enlève ça de là. Charmant. J’aime mieux, donc.

    • Hardy, bien le bonjour,

      Sauf votre respect et votre grande culture musicale, je crois que vous vous égarez un tantinet. Nirvana en première partie de Guns’n'Roses ? La mauvaise foi ne transporte pas les montagnes, hihi! Pour faire une histoire courte, Spoon m’a semblé hier être un bon groupe rock, ni plus ni moins, respectant les plus prévisibles paramètres générationnels indies, références classiques à l’appui, sans bouleverser quoi que ce soit. Je préfère l’album récent (They Want My Soul) que j’ai écouté une paire de fois avant le concert. En salle, je vous l’accorde, ça devrait le faire.

    • Nirvana… toutes proportions gardées, bien sûr : Spoon n’en a ni les aptitudes supérieures, ni la stature historique. Je tente simplement d’établir un rapport : Spoon, un groupe d doté d’un corpus remarquable axé sur la finesse pop-rock, mené par un compositeur-chanteur aussi doué que modeste (Britt Daniel), appuyé de collègues talentueux et tout aussi modestes, se produit en lever de rideau d’AF/Guns and Roses – toutes proportions gardées, bien sûr, AF n’a pas atteint le degré de boursouflure de Guns and Roses (pas encore, du moins) –, un ensemble où la forme empiète souvent sur le fond, un fournisseur de rengaines moins évocatrices et ainsi de suite, vous connaissez mon humble avis. Enfin, ça semblait festif hier, avec l’Halloween des campeurs et tout ça.

      « They Want My Soul », c’est de la pop-rock qui déborde allègrement la médiane et défonce souvent la moyenne. Or, auparavant, Britt Daniel, son compère Jim Eno et leurs acolytes en ont généré toute une enfilade de semblables. Il faut écouter ou réécouter « A Series of Sneaks », « Kill the Moonlight », « Transference » et tout le reste. Britt Daniel est un parolier sensible et astucieux doublé d’un compositeur mélancolique-dynamique. Et ce chant singulier, comme si Britt s’enfournait une bouchée de pâté chinois trop chaud avant chaque couplet (bien qu’il use moins de ce truc sur les trois derniers albums). Puis, Britt n’est pas un laborantin comme les futés cocos de Deerhoof ou de Blonde Redhead, mais il est, à lui seul, une petite usine à hooks.

      « The Beast and Dragon, Adored », de l’album « Gimme Fiction » :

      https://www.youtube.com/watch?v=Hwf5uRr4iOI

    • « Finer Feelings », de l’album « Ga Ga Ga Ga Ga ».
      https://www.youtube.com/watch?v=tbcUfIimKaU

      Désolé Alain et norvège-québec si j’ai encore cassé du sucre sur AF, je ne suis manifestement pas guéri… La prochaine étape de ma démarche thérapeutique consistera à assister à l’un de leurs concerts. J’ai hâte de savoir qui sera en première partie. Je me déguiserai en Céline Dion « circa » 1984.

    • Pas de trouble Hardy. Ce blogue n’aurait vraiment aucun intérêt si tout le monde avait les mêmes goûts. Par ailleurs, même si j’aime AF et que je suis très heureuse de leur succès planétaire, je me m’égosillerai pas à vous les faire aimer. Je ne suis pas une fan finie, ne porte pas leur t-shirt et n’ai aucun poster d’eux dans ma chambre…

    • Norvège :

      Ce n’est qu’une réflexion (une réflexion) de mes réflexions (de mes réflexions).

    • Sans blague, le prosélytisme musical ne rime à rien. Je ne tenterai pas de vous faire aimer Spoon. Mais avez-vous entendu leur dernier album? ;-)

    • Pour ma part, j’aime Spoon et Arcade Fire !

    • Ça, ce n’est pas du prosélytisme, c’est de l’oecuménisme!

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