Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 11 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (90)

    FIJM 2014: jazz, difffusion, perceptions, clips…

    Désolé de lancer ce billet tardivement… Je dois encore vous rappeler que nos tâches sont actuellement bouleversées à La Presse et que nous devons répondre à une quantité très importante de demandes afin de fournir en contenus nos trois plateformes – La Presse +, www.lapresse.ca et La Presse papier. Cela étant, je compte bien réussir à adapter le tout au blogue dans un avenir proche. Ne désespérez pas !

    Avant de passer à autre chose, quelques mots sur le Festival International de jazz de Montréal et l’état de la musique qui est censée incarner le (toujours) plus grand événement de musique à Montréal.

    Primo: quelques découvertes effectuées au bout d’une quarantaine de concerts, sans plus: les pianistes, claviéristes et compositeurs Kris Bowers, Christophe Chassol et Badbadnotgood. J’avais raté ce dernier en 2013, et j’ai finalement plongé dans son travail audiovisuel. Quant à Kris Bowers, il a trouvé ses repères et commence à peine à construire un langage qui lui est propre. Enfin, l’électrojazz torontois de Badbadnotgood m’est apparu tout ce qu’il y a de convenu, somme toute sans intérêt.

    Deuzio. Force était d’observer une baisse de l’affluence dans les salles consacrées au jazz de qualité. Le déclin n’est pas considérable, mais tout de même observable dans les séries au Gesù et au théâtre Maisonneuve. Au fond des parterres, il y avait toujours des sièges libres, peu de concerts on créé le buzz à guichets fermés comme les solos de Keith Jarrett et Brad Mehldau. Ce fut aussi plein pour les courtes séries consacrées à Tigran Hamasyan et Ambrose Akinmusire (de loin la plus concluante). Ce ne l’était pas pour le concert excellent de Rudresh Mahanthappa. Pourquoi ? Parce que les connaisseurs sont moins excités par l’événement, il ne fouillent pas très fort dans sa programmation qui compte pourtant de très bonnes propositions comme celle-ci. Et ne se présentent pas aussi systématiquement qu’ils le faisaient naguère.

    Troizio: Le jazz à ce festival me semble devenu la réponse obligée à un mandat plutôt que l’expression d’une grande passion chez ses programmateurs. Leurs défis artistiques se trouvent ailleurs: Woodkid, Vintage Trouble, Melbourne Ska Orchestra, Diana Ross, High Tone, Conjunto Chappotin, Rickie Lee Jones, Beth Hart, Susie Arioli, Diana Krall, etc. Sans conteste, il y a de la matière pour les fans de musique mais pour les jazzophiles ? Moins qu’hier et plus que demain. J’imagine que les promoteurs du FIJM doivent vivre avec le paradoxe de leur marque jazz et maintenir obligatoirement certains acquis, je pense à tous ces Tigran, Brad, Marcus Miller, Cassandra Wilson, Dianne Reeves, Kenny Garrett, Tord Gustavsen, Tom Harrell, Joe Lovano, Randy Weston, etc.

    Quarto: Le déclin du jazz dans ses plus grands festivals qui en portent le nom (à Montréal, mais aussi à Montreux et ailleurs en Europe) a un effet direct sur la perception qu’ont les mélomanes de son vieillissement présumé. Puisqu’on en programme moins et qu’on a cessé depuis un bon moment déjà de faire du développement de public, l’impression d’un idiome flétri et vieillissant finit par l’emporter. Par voie de conséquence, le jazz redevient underground et s’adresse à un public plus spécialisé. Trop spécialisé. On ne peut s’en tenir à la programmation de l’Upstairs et quelques prises intéressantes de la série Jazz à l’année du FIJM pour relancer l’affaire. Pas assez ambitieux, les volets jazz des Suoni per il Popolo et de Victo ne peuvent pas non plus favoriser cette croissance disparue. Aujourd’hui, le vrai public du jazz est confiné à de petites niches, ce qui n’est pas de bon augure pour la suite des choses. Pourquoi, au fait, le jazz devrait-il être aussi underground alors que la musique classique ne l’est pas, même si elle représente un créneau spécialisé ? Poser la question…

    En somme, je persiste et signe: le jazz est actuellement en mauvaise santé à cause des mutations économiques de sa diffusion, et non à cause de son déclin créatif. Son déclin créatif est une fiction.

    Avant de passer aux autres priorités estivales, voici la liste de mes critiques publiées sur le Web pendant le FIJM – cela n’inclut pas les nombreuses interviews réalisées. Vous constaterez qu’il n’y a pas que du jazz. Au FIJM, je me laisse désormais tenter par ce qui n’est pas jazz pour les raisons que vous connaissez déjà.

    * Keith Jarrett, concert solo à la Maison symphonique

    * Maxwell, Théâtre Maisonneuve

    *
    Buika, Théâtre Maisonneuve

    * Ambrose Akinmusire, retour sur deux concerts au Gesù

    * Brad Mehldau, l’art du solo ?

    * Brad Mehldau, l’art du duo

    * Le nouveau jazz-fusion ? Tigran Hamasyan, Kris Bowers, Felix Pastorius

    *
    Vieux jazz, les indémodables: Dr. Lonnie Smith, Pete Bernstein, Fred Hersch, Bob Mover…

    *
    St.Vincent : Annie Clark assume totalement son personnage

    * Conjunto Chappotin

    * Rudresh Mahanthappa

    *
    Trixie Whitley

    * Terence Blanchard et l’Orchestre national de jazz de Montréal

    * José James

    Voici enfin quelques friandises, captations vidéo de mon propre téléphone portable:

    Ambrose Akinmusire

    José James

    Kris Bowers

    Dr. Lonnie Smith

    Chassol: Big Sun

    Yannick Rieu

    Mehliana / Brad Mehldau & Mark Guiliana

    Pete Bernstein

    Jacques Kuba Séguin

    Christine Jensen Jazz Orchestra


    • Robin Thicke et Pharrell Williams sont au programme du festival de jazz de Montreux…

      http://www.montreuxjazzfestival.com/fr/programme14

    • RIP Charlie Haden…

      pour sa part Ken Vandermark ne dit plus qu’il fait du jazz:

      “…it makes more sense to save time and artistic energy by saying that the music I am now making no longer has an aesthetic relationship to jazz. Because, as jazz is currently understood, it doesn’t.”

      http://www.pcah.us/posts/189_questions_of_practice_with_ken_vandermark_is_jazz_dead

    • “Fin des années 60, ses convictions progressistes le menèrent à fonder le Liberation Music Orchestra avec des musiciens hautement créatifs, dont l’organiste et claviériste Carla Bley – en juillet 1989, ce grand ensemble reconstitué avait donné un des plus grands concerts jamais présentés au FIJM.”

      Bien d’accord avec vous. J’y étais au concert de 1989 de Charlie Haden et son LMO. Je m’en souviens encore. L’impression d’assister à un concert historique.

    • Rudresh, le problème est-il Rusdreh ou le fait qu’il était booké à 23h? En tk, ça a été un deal breaker pour le papa quadra en moi.

    • N’ayant pas les moyens d’aller en salle, je me suis contenté des shows à l’extérieur et mon coup de cœur aura été celui-ci…Kite trio…voici le lien de leur page YT – https://www.youtube.com/user/Kitetrio – Excellents bassiste et batteur mais le guitariste était hors du commun. Je le situerais entre John Scofield et René Lussier…lol. Oui, je sais que la palette est large mais ce québécois a un talent exceptionnel. Le batteur est américain et je crois que le bassiste est canadien anglais…excellent trio.

    • @duromax

      Vandermark dira bien ce qu’il voudra, mais ne jouons pas sur les mots. Ce qu’il joue s’inscrit dans la tradition du jazz contemporain. Que le swing ne soit plus au centre de l’expression rythmique importe peu. Que l’instrumentation change (lutheries électrique et électronique) importe peu. Que les choix harmoniques ne soient plus les mêmes importe peu. Que certains improvisateurs évitent de relire les standards importe peu. Il y a néanmoins une filiation. Cette musique inclut l’impro, une instrumentation et un vocabulaire tributaires du jazz.

      Personnellement, j’ai une autre lecture de l’affaire. Je vois une concomitance de plus en plus tangible entre les grandes musiques. Celles qui exigent une éducation, un entraînement, un raffinement pour vraiment apprécier. Désolé mais on ne trippe pas spontanément sur Stockhausen ou Evan Parker. Certains appelleront ça de l’élitisme, moi j’appelle ça de l’éducation. Musiques écrites, improvisées, créées via la synthèse et l’échantillonnage convergent de plus en plus vers les mêmes mélomanes. Un grand festival de grande musique devrait désormais inclure toutes ces expressions. À l’évidence, ce n’est pas et ce ne sera pas le cas du FIJM.

    • Ce ne sera pas le trip du Festival d’été de Québec non plus.

      Puis, les têtes d’affiche de la dernière édition du New Orleans Jazz & Heritage Festival : Eric Clapton, Bruce Springsteen, Christina Aguilera, Phish, Arcade Fire, Santana, Robin Thicke. Pour s’immerger d’aplomb, le ou la jazzomane devrait plutôt se tourner vers le Vision Festival :

      http://www.npr.org/blogs/ablogsupreme/2014/06/25/324877189/the-future-of-intense-art-a-free-jazz-event-looks-forward

      « After five nights of scorched-earth improvising, poetry, dance and live painting, Vision Fest wrapped up its 19th annual incarnation on June 15. It continues to be New York’s most renowned avant-garde jazz happening — partly because it upholds tough convictions about the links between art and politics, music and other media, self-expression and self-determination. It is entirely artist-run. »

    • Ouaipe. Notre Québec médiatique a bien sûr repris à la hausse le commentaire d’un scribe de Billboard, inscrivant le FEQ parmi les grandes manifestations du genre parce qu’on y offre plus d’une dizaine de band d’arénas pour le prix d’un. Me semble avoir écrit ça (et lu ça maintes fois sur d’autres plateformes) il y a une mèche… Mais si Billboard le dit, ça devient vraiment vrai, n’est-ce pas ?

    • oui, je suis de votre avis, pour moi ça sonne jazz, de l’avant-jazz mettons.

      “Un grand festival de grande musique devrait désormais inclure toutes ces expressions. À l’évidence, ce n’est pas et ce ne sera pas le cas du FIJM.” en effet et c’est dommage.

    • ”Cela étant, je compte bien réussir à adapter le tout au blogue dans un avenir proche. Ne désespérez pas !”

      Je ne crois pas que le format blogue chez Lapresse soit encore en vie dans 1 an ou 2… Il y a au moins 70% des blogues ici qui sont mal entretenus ou complètement délaissés. Mais c’était prévisible.

    • *Just so i’m clear:
      Alain, vous n’êtes pas de ceux qui entretiennent mal leur blogue, au contraire.

    • Charlie Haden
      Pour s’ initier tout doucement à son travail il faut l’écouter avec Egberto Gismonti sur l’album In Montreal, enregistré en 1989 au FIJM.

    • jon8

      Je ne suis pas devin, mais je suis loin d’être sûr que les billets interactifs fondés sur une communauté d’intervenants vont disparaître. Aujourd’hui, nous faisons en sorte de pérenniser nos plateformes virtuelles, difficile de tout faire mais il faudra s’adapter. La mutation est loin d’être terminée ! Vous observez justement un déclin des blogues, mais vous dégainez peut-être trop rapidement pour la suite des choses. Le déclin pourrait n’être que provisoire. Beaucoup de choses risquent de changer d’ici deux ans, les blogues pourraient revenir en force (et plus encore) dans les configurations à venir.

    • L’interactivité ne va pas disparaitre, ce n’est même que le début (sur la planète, généralement parlant) mais le format blogue n’est ni intéressant au niveau commercial, ni au niveau social. Le truc a connu une brève période de gloire parce que c’était le trip d’égo et de power trip le plus facile et accessible sur le web. Mais le buzz est terminé depuis plusieurs années déjà…

      Même un format comme la plateforme Facebook commence à sentir l’essouflé… On changera pas le fait que seul un maximum de 5% des individus peuvent générer la majorité du contenu que va gober le 95% restant. Ça changera jamais, ça.

    • Vrai. Mais l’idée d’une communauté qui complète un contenu au-delà des trips d’ego, trolls et autres irritants est aussi là pour rester. Même dans une proportion de 5% d’intervenants (peut-être encore moins) et de 95% de lecteurs. Cette idée se défendra si le résultat demeure une alternative crédible aux formes traditionnelles du journalisme écrit.

    • Très bonne observation de la situation. Comment voulez-vous que des gens soient attirés par le jazz si ceux qui sont sensés en faire la promotion ne semblent guère s’y intéresser? Misère de misère…
      En ce qui concerne Charlie Haden, histoire de lui rendre hommage, je viens de réécouter le premier album du Liberation Music Orchestra en sirotant un calvados. Quel grand disque! Que lui et sa contrebasse reposent en paix.

    • Comme vous l’écrivez, le jazz n’est pas en déclin à cause de manque de créativité. L’est-il en ce moment parce que la musique en générale est en déclin ? Attention, ce n’est pas une affirmation mais bien une question.

      Je me la pose parce pour une première fois depuis qu’ils ont pris leur air d’allé, les ventes digitales seraient en baisse. Est-ce qu’on a tellement entouré la musique de négativité que toute celle-ci est en déclin ? Est-ce qu’on a tellement vendu l’idée d’avoir sa bibliothèque sur mp3 dans son iTunes (plus besoin de pochette avec le nom des musiciens et autres crédits, ni d’enregistrement de qualité…) qu’une musique comme le jazz, où une grosse partie de l’attrait est la qualité sonore et le jeu des musiciens ne peut que régresser (au niveau de l’intérêt) ? Et ne me parlez pas des hausses de ventes de vinyles, elle demeurent marginales et ne pourront compenser.

    • Le jazz n’est pas mort, puisque le afrobeat et tout ce qui est “brass” est remaniéré par de plus en plus d’artistes indie (de St. Vincent à Melt Yourself Down, J’en parlais l’autre jour).

      Cela dit, le jazz en tant que centre de rencontre de phénomènes musicaux, cela oui je crois est dépassé. De plus, je m’étonne encore que la tentative de Mutek d’occuper la Place Des Festivals a connu une si brève vie. L’équipe Spectra prend trop de place et ses dirigeants sont des pépères culturels (je ne parle pas d’âge réel, je ne suis pas si jeune). En Europe, les festivals sont beaucoup plus libertins qu’ici. J’imagine que les montréalais serait outré de voir des bands bruyants comme les Pixies ou The Prodigy sur une scène dehors en public? Pourtant j’ai vu çà moi, en Europe, dans les années 90. je prends un example lointain pour démontrer l’ampleur du retard.

      On dirait que our Spectra, un “bon” band = sacrilège de faire çà jouer dehors. Tout est payant et on garde les petits trucs sans histoire ni originalité pour l’extérieur. C’est le Festival Des Films Du Monde des groupes gratuits (c’est-à-dire, des petits groupes rares obscures dont vous n’avez jamais entendu parlé, et n’entendrez plus parlé non plus, sauf exception).

      Pendant ce temps, on se fait damer le pion à Toronto par le TIFF, et à Québec par le FEQ. Où est le problème?

      Il y a 30 ans, le jazz avait un enjeu plus grand, mais l’électronique était très underground. Pourquoi pas renverser cela? Quel personne en bas de 30 ans n’a pas écouté un band électronique. Mais qui écoute du jazz à plein nez? C’est très correct que le jazz (re)devienne underground. Peut-être que çà va aider à éliminer trop de créateur de jazz bidon type pour supermarché. Non mais, quel créateur de jazz sérieu prends le Festival De Jazz de Montreal d’aujourd’hui au sérieu?? Ou alors les gens attendent-ils que toutes les dernières célébrités du jazz décèdent?

      Je répète ma question: que s’est -il passé avec Mutek à la Place Des Festivals? Qui a été dire “ah mais, c’est trop cher, Montreal ne puis se permettre (gnan gnan)”. Parce qu’évidemment
      Spectra est très favorisé par je ne sais qui dans les octroyants de fonds publics qui ne semblent pas trop connaitre leur affaire et ce que les publics plus jeunes revendiquent.

      Cela dit, moi je mise sur Pop Montreal, parce que ce festival a la pertinence (peut-être à son insu) d’attirer des pointures de l’industrie de la musique “indie” qui viennent y dénicher des nouveaux groupes. C’est pour le moment un petit SXSW du nord, mais je ne sais pas si Montréal est assez déniaisé pour aider à grossir çà un petit peu. Le gros avantage: PAS de genre de musique précisé. Tu peux la jouer techno-jazz-classico-bullshit. Je crois que les festivals de “genre” sont désormais voué à rester “petit” et spécialisé, mais il n’y pas de mal à çà. Victo font çà depuis longtemps, et c’est bien comme çà. Parfois comme musicien c’est ce qu’on recherche, un petit public spécialisé. Combien de “grands” du jazz aiment jouer en cachette dans des petits clubs. Ils savent bien que la majorité du public de masse n’y pige que dalle.

    • Il n’y a pas grand chose à ajouter. Si on ressortait les sujets de blogue du FIJM des dernières années, on y trouverait p’têt ben quelque chose qui s’apparenterait aux étapes d’un deuil, partant du choc au déni pour finir par l’acceptation…

      De toute façon, on lit le compte-rendu du bilan des organisateurs du FIJM et on a de plus en plus l’impression d’avoir à faire à des proprios de magasins de vente au détail qui ont vendu pour 100$ le premier lundi du mois de juillet 2013 et qui ont donc pour mandat de vendre pour au moins 120$ le premier lundi du mois de juillet 2014.

      Chiffres à l’appui, ils doivent bien savoir que le jazz est présenté dans des salles plus clairsemées (sans compter les billets de courtoisie…). Le Gesu compterait quelque 425 places, ce n’est pas là que le FIJM doit faire la piasse, certain. Cœur de pirate, qui présente sa trame sonore de Trauma et autres reprises, est probablement plus payante!

      En dehors de mesures comptables, il faudrait peut-être revenir aux sources. Pas de retourner jouer dans les bordels. Je vois mal les pianistes aller jouer chez Cléopâtre ou Parée, mettons… J’aimerais bien avoir une scène avec une équipe rythmique qui change peu pour accueillir des solistes en duel. Entendre Akinmusire et Christian Scott l’un après l’autre sur scène, me semble que ça pourrait être intéressant. Ou encore un trompettiste et un saxophoniste se relancer dans un long jam, mais bon. C’est peut-être passé date ça aussi comme façon de faire, un genre de folklore, pour les musiciens aussi?

      Il y aura du jazz à Québec cet automne, cela dit. http://jazzaquebec.ca/programmation/?pno=2

    • ♩ ♪ ♫ ♬ Jazz is not dead but it smells funny, Jazz is not dead but it smells funny ♩ ♪ ♫ ♬

    • Le dernier grand spectacle jazz à l’extérieur, ça remonte à quand? Pat Monotonie en 1973? Cette année il y avait Woodkid, auquel j’ai jeté un coup d’oreille et d’œil. Gros bof, en passant. Un succédané d’Antony Hegarty avec, en plus, une barbe et une casquette et, en moins, une voix et des textes. Tant qu’à être dans le jazz qui n’a pas besoin d’en être, Daft Punk aurait stimulé davantage les buveurs de Molson Dry. L’an prochain, Monsieur Saulnier? Daft Punk gratos et la place des Festivals qui tient lieu de plaines d’Abraham. Sinon, Diana Krall, c’est de la – bonne, surtout le dernier album – torch song pour amateurs de côtes levées.

    • Jazz à Québec… Karen Young qui chante du Monk. Wow. En espérant que ça ne soit pas qu’un one night stand et que ça passera par Montréal un de ces quatre.

      Chibougamau résume en une phrase le problème du FIJM. Quand le directeur artistique du festival peine à apprécier les déclinaisons un peu plus « champ gauche » du style musical que son festival est sensé promouvoir, on a un problème. Quand ce même directeur artistique engage des artistes sur la seule base de leur nom sans trop savoir où ils en sont dans leur carrière (Lou Reed il y a quelques années et BB King cette année, sans compter ceux qui reviennent année après année nous ressasser la même rengaine), on a un problème.

      Ceci dit, il y a quand même moyen de trouver son compte dans l’offre en salle du FIJM, comme AB l’a démontré dans ses chroniques. L’offre extérieure et gratuite, par contre, à l’exception de deux ou trois artistes, fait carrément dur. Voilà un autre problème : Entre la Petite école du jazz et Rudresh Mahanthappa , arrangez-vous pour faire le lien. Je ne demande pas à voir Evan Parker au FIJM. On pourra toujours retrouver ce type de musicien au FIMAV ou autres Suoni quand notre « éducation » sera plus avancée. Mais programmer un minimum de jazz un tant soit peu substantiel sur les scènes extérieures (je me souviens y avoir vu Django Bates ou encore l’hommage à Monk de Derome, et on m’a parlé d’un concert de Willem Breuker assez mémorable) pourrait aider le public à se faire l’oreille. J’ai eu besoin de ce festival pour m’initier au jazz il y a 25 ans et je vois mal comment mon fils pourra s’y initier dans dix ans.

      Mais bon, peut-être que le jazz est appelé à retourner faire un tour dans l’underground, histoire de se refaire une crédibilité et se doter de promoteurs visionnaires. Comme tout est cyclique, il reviendra par une porte ou l’autre, soyez-en certains.

      Comme disaient Zappa et jon8 : « Jazz is not dead, it just smells funny » ;-)

    • il y avait quand même Darius Jones dehors avec Eric Revis à la contrebasse Orrin Evans au piano et Nasheet Waits à la batterie ! Bon petit set. J’ai quitté Mehliana à l’entracte pour aller voir ça.

      Les festivals de jazz d’Ottawa et de Vancouver proposent de meilleures programmations à mon avis. Un peu plus de prise de risque. Festivals de plus petite taille, mieux équilibrés et représentant une image un peu plus juste de la viveur du jazz de création (surtout pour Vancouver).

    • pardon, *vigueur.

    • C’est ce que je disais: à l’exception de deux ou trois artistes. J’ai failli tomber sur le dos quand j’ai vu que Darius Jones jouait dehors (mais j’ai assez apprécié Mehliana pour vouloir rentabiliser le prix de mon billet), Ibrahim Electric était pas mal et le Kite Trio semblait intéressant. Par rapport à l’offre totale, le néophyte avait peu de chances de tomber sur un de ces trois-là…

      Le festival de jazz d’Ottawa oeuvre dans l’ombre du Bluesfest qui sort pas mal du registre blues, alors il y a de bonnes chances qu’il garde sa niche plus longtemps. Vancouver semble un bien joli festival, mais ça commence à faire loin pour s’abreuver de notes bleues… Un jour, peut-être…

    • S’il est un genre qui survit et peut survivre à la disparition de ses créateurs, grands innovateurs et interprètes illustres, c’est bien le jazz. Il y aura toujours – pour le cœur – des transmetteurs comme Cécile McLorin Salvant, de jeunes audacieux – pour la tête – comme cet Akinmusire qui est sur les lèvres de tous les jazzomanes avertis, puis des talents locaux aptes à rayonner ailleurs comme Jérôme Beaulieu (« Chercher l’équilibre », c’est pas mal).

    • 98% du Jazz que j’écoute a été créé avant 1980. L’âge d’or du jazz est passé depuis belle lurette…

    • Regardez le palmarès des albums jazz de tous les temps sur RYM:

      http://rateyourmusic.com/customchart?page=1&chart_type=top&type=album&year=alltime&genre_include=1&include_child_genres=1&genres=jazz&include_child_genres_chk=1&include=both&origin_countries=&limit=none&countries=

      Que rajouter de plus ??

    • 1957 à 1974 (et surtout entre 1959 et 1971…)

    • Je sais que ce n’est pas du “jazz” pur, mais on dirait que ça prendrait un autre Buena Vista Social Club pour ramener l’intérêt pour le jazz sur la grande scène. Depuis quelques années, on dirait que les gros shows sont électros.

      Pour ce qui est du jazz au Festival de Jazz, la situation se compare aux autres festivals du genre. Je regardais le line-up pour le Festival de Jazz de la Nouvelle-Orléans: Bruce Springsteen, Arcade Fire, Vampire Weekend, Foster the People… On se croirait à Osheaga. Pourtant, si une ville connait bien le jazz et en écoute à l’année longue, c’est bien eux.

    • @jon8

      L’âge d’or de bien des styles musicaux est terminé… ça ne veut pas dire qu’il ne se fait plus de bonne musique.

      Comme je l’écrivais plus haut, je crois que le problème n’est pas d’intéresser le monde au jazz mais bien à la musique en générale.

    • @phil

      C’est un peu poussé que d’affirmer que les gens ne sont plus interressés à la musique en général.

      Il y a très peu d’exemple comme le Jazz dans les gens musicaux, j’veux dire: le Rock, par exemple, est sorti assurément de son âge d’or mais il reste en vie. C’est au delà de la ‘’survie”. D’ailleurs quand on parle de quelque chose en utilisant le terme ‘’survie” c’est que les belles années sont derrières!

      Il n’y a pas pour le genre Jazz d’équivalent à Radiohead ou GYBE pour le rock. Même pas proche.

      Le Jazz est un genre musical que j’adore mais il est fossilisé.

    • *genres musicaux

    • La mort clinique du genre Jazz a été déclarée quelque part entre l’album You’re under arrest et Tutu de Miles Davis.

      En fait, les années 80 ont achevées le patient en y injectant des doses mortelles de pop-fromage! Si Davis n’a rien pu faire pour sauver la patente, imaginez Kenny G!

    • “Il n’y a pas pour le genre Jazz d’équivalent à Radiohead ou GYBE pour le rock. Même pas proche. Le Jazz est un genre musical que j’adore mais il est fossilisé. ”

      Après avoir vu The Thing ou Fire! Orchestra, je me dis qu’on a plus les fossiles qu’on avait.

    • @jon8

      Je n’ai jamais dit que les gens n’étaient plus intéressés par la musique. Il serait ridicule de faire une telle affirmation. Ce que je disais est que la musique ne rayonne plus de la même façon en 2014. Mais la musique comme telle demeure toujours l’un des médiums les plus populaires.

      C’est simplement que la façon dont les gens écoutent la musique de nos jours, en général, a bien changée et demande moins d’implication. Même mes parents utilisent songza aujourd’hui au lieu de faire jouer leurs vieux albums; c’est plus simple et demande moins de temps.

      Alors, si les gens ne sont plus aussi intéressés qu’il le faut par le magasinage musical, il serait normal que cette attitude se fasse aussi sentir au niveau des spectacles (pas juste des supports physiques ou numériques), non ?

    • @jon8

      tiens, je viens de tomber sur cet article. Quel hasard !

      Ce n’est pas exactement ce que j’essayais de dire mais un paragraphe s’y rapproche:

      http://www.esquire.com/blogs/culture/live-music-problem

      “Summer festivals are the perfect analogy for how consumers interact with music in 2014. Our relationship with the industry is more fragmented and there are more pipelines for consumption than ever before. We have access to and are familiar with more artists than we can keep up with. They’re on our friends’ social media feeds, covered by the blogs we read, and we can listen, pass judgment, and move on to the next thing in an instant. We stream rather than buy. We listen to individual songs, not entire albums. We don’t want to commit. Even if you claim to be a listen-to-the-whole-album purist, I’ve seen you bouncing around from one or two War on Drugs songs to Iggy Azalea on Spotify. We’re all a product of the times. Summer festivals embrace this reality. They lay it all out for us at once and let us customize our experience.”

    • Ce n’est pas très jazz mais le duo Haden/Metheny interprétant Cinéma Paradiso (le thème) est superbement mélodique. Ça se trouve facilement sur YT.

    • Norvege, les seuls faux cils dont j’ai entendu parler récemment, ce sont ceux d’Aretha Franklin, qu’elle a garrochés chez ses spectateurs-archéologues.

    • Phil, on doit avoir des amis communs sur Face-de-bouc car j’ai lu cet article ce matin et j’ai bien failli en afficher le lien ici même, pas plus tard que tantôt.

      Un autre extrait intéressant :

      « There’s immeasurable value in losing yourself in a piece of art so that you may truly experience it, but this level of sustained commitment to a single piece of media is becoming more and more unusual for us to give ourselves over to, however depressing that may be and however unwilling we are to admit it. »

    • Bravo ! Ce qui prouve que It ain’t over until the fat lady sings !

    • @jon8

      En transposant ton propos dans ton terrain de jeu, on pourrait dire que la musique électronique n’a pas évolué depuis Kraftwerk et que si Tangerine Dream n’a pas pu sauver le genre, imaginez David Guetta et Daft Punk! ;-)

      Come on, tu peux faire du meilleur name-dropping que Miles et Kenny G…

    • @hardy_canyon

      je suis de ceux qui aiment encore lire un livre (ou un magazine… je suis abonné à Esquire d’où vient l’article, ainsi qu’à 3-4 autres périodiques) et qui aime rester debout pendant 2 heures alors qu’un groupe est sur scène. Mais c’est vrai qu’il m’arrive, bien malgré moi, de regarder mon téléphone à plusieurs reprises lorsque je suis au bar avec mes amis. Et imaginez, je n’ai pas pratiquement aucune application sur mon téléphone (je viens tout juste d’avoir mon premier iPhone), je ne suis pas sur twitter et je ne commente pas sur facebook.

      Donc, si une personne comme moi peut voir son attention détournée par son cellulaire, je n’ai pas de misère à croire que la nouvelle génération qui grandit avec toutes ses technologies formidables a besoin de plus aujourd’hui qu’une pochette de disque ou un concert en salle. Il faut s’y faire… Ce sont eux le futur public cible. Donc, comment les intéresser au jazz s’ils ont de la misère à s’intéresser aux concerts rock ???

      N’ayez-pas croire que je blâme la technologie par contre… La musique est partout grâce à elle. C’est simplement que la façon dont nous consommons la musique a changé bien plus de choses que nous les croyons; ce n’est pas simplement les ventes physiques qui sont affectées.

    • « Il y a très peu d’exemple comme le Jazz dans les gens musicaux, j’veux dire: le Rock, par exemple, est sorti assurément de son âge d’or mais il reste en vie. »

      S’il y a bien un genre qui tourne en rond en tentant de se mordre la queue depuis des années, c’est le rock. Mêmes sonorités, mêmes titres, etc, etc. Des fois, j’ai l’impression qu’il faut avoir l’âge et les références (idéalement moins) des groupes qui pognent pour avoir l’impression que la musique est née en même temps qu’eux.

      Je ne suis pas à date en jazz. Je ne sais pas s’il existe des genres ou des sous-genres, des courants dominants, etc. Mais peut-être que ça devrait car l’idiôme jazz embrasse tout ce qui bouge, c’est trop et c’est mélangeant. Selon le fourre-tout actuel, Darius Jones (lui, j’aurais aimé le voir et l’entendre!!!) et Diana Krall feraient le même genre de musique. C’est un non-sens. Ce serait comme placer Gorguts et Arcade Fire dans le même style. Oui, mais les deux groupes jouent de la guitare!

      Be bop, hard bop, free jazz, jazz rock, jazz fusion, pis après, c’est devenu du jazz tout nu. Les années 80 ont été difficiles pour les artistes d’instruments accoustiques… On dirait que le jazz cherche encore à s’en relever. Me semble qu’on ne parle toujours pas de post jazz, de nu jazz, comme dans d’autres styles. Et pourtant le genre s’est répandu comme une traînée de poudre partout dans le monde. Mais me semble que c’est la musique « light » convenue et consensuelle des Michael Buble et Melody Gardot qui a l’air de garder le mot jazz « vivant » dans le grand public.

    • « Electronic music isn’t dead, it just doesn’t smell anything. »

    • quelques étiquettes de jazz, free et avant-jazz à suivre à l’extérieur des “majors”:

      Intakt, Leo, Auand, Pi Recordings (le nouveau Steve Lehman Octet est très bon), Clean Feed, Delmark, Not Two, NoBusiness, 482 Music, Jazzwerkstatt, ACT Music, Hatology, ILK Music, Relative Pitch, FMR, Songlines, Tzadik, Trost, Rune Grammofon, Ayler, Criss Cross, RogueArt, Libra, Ambiances Magnétiques, Barnyard, Trost, Cuneiform, Okka Disk, Hubro, Palmetto, Sunnyside, AUM Fidelity, Label Bleu, Thirsty Ear, Naim Jazz, Greenleaf, Fresh Sound New Talent, Driff Records, OddSound…

      et plusieurs autres labels encore plus marginaux et indépendants. Ça se trouve facile sur le net, pas besoin d’aller au musée.

    • @atchoum

      Attention, le terme jazz n’est qu’une façon de tout regrouper comme le terme rock, country ou blues. Il existe bien des déclinaisons de tous ces genres.

      Le jazz est bien en vie, comme l’est le country et le blues. Oui, l’époque où Hank Williams Sr ou Merle Travis ou Howlin’ Wolf étaient les artistes populaires du genre qu’on entendait à la radio est finie mais ça ne veut pas dire que le country est mort puisque Keith Urban et Toby Keith trônent aujourd’hui au sommet.

    • jon :

      « At the Mountains of Madness » d’Electric Masada. Est-ce que c’est avant-jazz, pendant-jazz ou post-jazz, ou les trois en même temps, je ne peux point le dire. Ce que je peux affirmer, par contre, c’est que ça se situe loin de Nikki Yanofsky et que ça doit rendre les gars et la fille de GYBE et de Radiohead jaloux.

    • « Le jazz est bien en vie, comme l’est le country et le blues. »

      Le blues est toujours vivant mais, encore là, faut voir ce qui est blues en 2014, dégoter des trucs qui correspondant à l’esprit, pas qu’à la forme. Et, toujours en ce qui a trait au FIJM, faudrait dépoussiérer quelque peu la programmation du dedans et du dehors. Au lieu de Steve Hill, Stephen Barry ou B.B. King (j’espère qu’ils ne le programmeront pas en 2015), ce pourrait être Hurray for the Riff Raff, Alabama Shakes, St. Paul and the Broken Bones, Joe Henry, ou David Lynch, tiens, ce serait pas mal.

    • Jon8, grand bien vous fasse si vous écoutez du jazz créé avant 1980. Moi aussi, j’aime toujours écouter Dizzy, Monk, Bird, Trane, Lennie Tristano, Phineas Newborn, Bud Powell, Dexter Gordon, Ornette, Miles, Oliver Nelson, Bill Evans, Gil Evans, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Joe Zawinul, Chick Corea, etc.

      L’âge d’or du jazz moderne se situe entre 1942 et 1959, en fait. So what ? Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas du jazz moderne. Tellement différent !! À moins de n’écouter que es gardiens de la tradition (musiciens classiques su jazz), il n’y a pas grand fossile à l’horizon si vous voulez mon avis. Il faut écouter les nouveaux chefs de file avant de mettre de l’avant des considérations historiques aussi euh… tranchées. Ce qu’Evan Parker et ses collègues ont joué à Victo en mai,ça n’a plus rien à voir avec le hard bop, le cool ou le West Coast jazz… Idem pour les Mark Guiliana, Gretchen Parlato, Aaron Parks, Robert Glasper, Kris Bowers, Vijay Iyer, Dave Douglas, John Zorn, Rudresh, Tigran Hamasyan, Dave Binney, John Escreet, The Story, Greg Osby, Steve Coleman, Nik Bartsch, Danilo Perez, EST, Django Bates, Jaga Jazzist et tant d’autres… Franchement, dire qu’il ne s’est rien de passé de majeur depuis 35 ans (comparable à Radiohead pour le rock), c’est fort de café – pour être très poli.

      Cela étant dit, je comprends cette impression (erronée) de vieillissement… plusieurs blogueurs peu enclins au jazz d’aujourd’hui en ont fait part au cours des six années de ce blogue. J’interprète cette impression avec les arguments formulés dans ce billet.

    • ”Après avoir vu The Thing ou Fire! Orchestra, je me dis qu’on a plus les fossiles qu’on avait.”

      Oui c’est du bon travail en effet, mais jamais, JAMAIS, de l’ampleur de Radiohead et GY!BE.

      Don’t get me wrong, guys: j’aime beaucoup le jazz. Je serais le premier à être heureux d’un dynamisme qui soit l’égal des autres genres. Mais ce n’est pas le cas. Pour une majorité de gens, c’est considéré comme de la musique d’ascenceur et/ou de la musique ”de vieux”, ce qui est bien sûr caricatural et même grossier, mais c’est la réalité.

    • @hardy,

      Ce qui rend jaloux, surtout, c’est comment Radiohead a intégré du jazz dans la pièce National Anthem ;-)

      https://www.youtube.com/watch?v=5DmNzmG1OEU

      Possiblement le plus puissant sursaut du jazz de ce millénaire…pis c’est même pas du jazz!

    • ”L’âge d’or du jazz moderne se situe entre 1942 et 1959, en fait.”

      Bof, c’est hautement discutable, to say the least. Les années soixantes sont excellentes et le début ‘70 est d’une grande richesse au niveau expérimentation.

      Après ça, le déclin est foudroyant.

    • Désolé jon 8, mais je présume que n’avez pas entendu grand-chose des artistes que je vous ai mentionnés pour affirmer que «c’est la réalité». Le vieux jazz que vous avez en tête est celui des périodes antérieures… Il vous manque un demi-siècle d’écoute active… Mettons 35 ans , période du «déclin foudroyant».

      Pour l’âge d’or du jazz moderne, la période 1942-1959 serait «hautement discutable» ? Les historiens du jazz s’entendent sur cette période. Il vous faut lire les principaux ouvrages à cet effet. Que signifie jazz moderne pour vous ? Pour les historiens de la musique, en tout cas, cela renvoit aux genres bebop, hardbop, cool, west coast et Third Stream. Free jazz, jazz rock, jazz-fusion, mBase, nujazz, world jazz, freebop,électro-jazz, smooth jazz et autres genres subséquents ne font pas partie de cet ensemble. Excluons le smooth jazz et succédanés de jazz, affirmons sans ambages que le genre traverse une période difficile et que ces perceptions de «musique fossilisée» ou de « musique d’ascenseur» sont la conséquence de carences importantes en information. Pis encore, de désinformation.

    • @blackened
      ”En transposant ton propos dans ton terrain de jeu, on pourrait dire que la musique électronique n’a pas évolué depuis Kraftwerk et que si Tangerine Dream n’a pas pu sauver le genre, imaginez David Guetta et Daft Punk! ;-)
      Come on, tu peux faire du meilleur name-dropping que Miles et Kenny G…”

      Uhm, non pas vraiment. ‘pantoute, dirais-je, en fait ;-)

      L’âge d’or de l’électronique, en admettant qu’il soit terminé (ce que je conteste), se situerait plutôt entre 1991 et….
      En fait, le genre électronique est intimement lié à l’évolution des ordinateurs, hardware électronique et software. Donc ça coïncide parfaitement avec les années 90.

      Tangerine et Kraft c’est, à la limite, les Louis Armstrong de l’électronique. On était trèèès loin du réel potentiel du genre!

    • @ jon8

      “Tangerine et Kraft c’est, à la limite, les Louis Armstrong de l’électronique. On était trèèès loin du réel potentiel du genre!”

      Ok, mettons. Alors You’re Under Arrest, ça se compare à quoi?

    • @hardy_canyon

      Vous avez entièrement raison pour ce qui est du blues. Mais encore là, je crois que le Festival se donne comme mission de mettre en scène (plus souvent qu’autrement à l’extérieur) des artistes locaux du blues. Ça explique en partie les nombreuses apparitions des Bob Harrison, Stephen Barry et autres du genre. C’est loyal d’une certaine façon.

      Pour ce qui est de B.B. King, et bien ça prend ce genre d’artiste pour remplir des grandes salles et garder la vocation jazz-blues du festival. Seul problème cette année est que B.B. King n’était plis B.B. King. Mais bon… Ils ont au moins eu la bonne idée de mettre Gary Clark Jr sur le bill.

      Pour le reste, oui pour Alabama Shakes. Ou même des Drive-By Truckers si on veut aller jusque là. Mais à L’extérieur ? J’aimerais bien, mais c’est plutôt difficile de faire venir un groupe établit pour jouer dehors cars ces shows sont ceux qui payent le moins aux artistes.

      Par contre, un travail de déchiffrage de la part des organisateurs (et je ne parle pas des hauts placés qui ne peuvent tout voir et tout connaître) permettrait de mettre sur scène extérieure ces artistes blues qui poursuivent très bien la tradition sans toutefois avoir la notoriété des Buddy Guy ou B.B. King. Des vrais musiciens qui donnent des shows à jeter par terre, dans les grandes villes du sud, il en pleut.

      Le travail d’éducation n’est pas si difficile pourtant. Regardez la série de télévision Nashville. Horrible comme émission et destinée aux fans de romans savons et musique populaire. Pourtant, ils avaient T-Bone Burnett comme producteur pour toutes les musiques jouées lors de la première saison et Buddy Miller pour la deuxième. Et pour avoir écouté quelques scènes où les acteurs chantaient, ça sonnait bien et ça sonnait country. Moderne mais bien ancré dans la tradition.

      Il suffit de vouloir davantage j’imagine…

    • L’ironie dans cette rengaine opposant jazz et électronique est qu’à mon avis, et bien plus important que Radiohead, c’est le mouvement du drum and bass des années 90 qui aura des répercussions importantes pour la musique of le futur, genre qui a d’ailleurs été trop rélégué comme anecdotique à l’époque par les fanas de jazz, alors qu’à mon avis, le vrai “nouveau jazz” se trouvait là, et ensuite dans les explorations post-dnb comme ce qui était nommé “IDM” à l’époque (Squarepusher, Kid 606, etc..). D’ailleurs avec le “trip hop” et le retour du “lounge”, les années 90 étaient très jazz et s’est pas si loin.

      Oui, Fire! Orchestra et plusieurs autres artistes pertinents continueront d’utiliser le jazz, comme la musique électronique improvisée, qui pourtant descend de méthodes semblables, ne sera jamais réellement associée au jazz tant que les pépères dans ce domaine domineront le status quo de la musicologie.

      Je vous laisse avec du bon vieux jazz électronique, Alec Empire circa 1993. Comment ces EPs peuvent-ils encore être obscurs en 2014? C’est aussi important à mon avis que les premiers enregistrements de Amstrong et autres.:

      http://www.youtube.com/watch?v=e7ieg_mxxws

    • En ce qui me concerne, il n’y a aucune opposition entre les styles. Quant au jazz que certains croient fossilisé, sa lutherie ne cesse de changer: les trois grandes familles d’instruments (acoustiques, électriques, électroniques) y sont sans cesse réunies. Bien sûr, il se trouve le même taux de médiocrité dans le jazz que dans tous les territoires de création, ce qui ne justifie en rien le décret de son déclin ou de son agonie.

      Encore en 2014, le jazz demeure un aspirateur de styles sérieux et populaires. Le jazz classique, c’est autre chose, et il est tout à fait légitime d’opter pour ce classicisme: il n’est vraiment pas simple d’interpréter du hardbop façon Jackie McLean, une suite de Duke Ellington ou une fresque d’Oliver Nelson, des oeuvres qui font partie du patrimoine de la grande musique au même titre que Chostakovitch ou Prokofiev.

    • ”Pour l’âge d’or du jazz moderne, la période 1942-1959 serait «hautement discutable» ? Les historiens du jazz s’entendent sur cette période.”

      Références, svp.

    • L’Aventure du jazz, James Lincoln Collier
      Le Grand livre du jazz – Joachim-Ernst Berendt
      Le jazz des origines à nos jours – Lewis Porter, Edward Hazell, Michael Ullman
      L’Histoire du jazz – Gunther Schuller
      Histoire du jazz et de la musique afro-américaine – Lucien Malson

      Il y en a plusieurs autres…

      L’expression « jazz moderne », disent tous ces livres et les profs d’histoire du jazz (j’ai moi-même enseigné cette matière pendant trois années à la fac de musique de l’UdeM), est un ensemble de sous-genres ayant germé pendant une période précise: de la naissance du bebop au début des années 60 jusqu’à l’apparition du free à la toute fin des années 50. Le free est associé aux périodes subséquentes et fait plutôt partie de l’ensemble «jazz contemporain».

    • Pas de lien web, plutôt ? ;-)

      Faudrait tout d’abord s’entendre sur ce que ”âge d’or” signifie. Quand j’utilise ce terme, c’est pour parler d’une période florissante. Je vois difficilement comment le genre jazz pourrait ne pas avoir été ”dans son peak créatif” dans les années que j’ai mentionné.

      Anyway, 1942 à 1959 ou 1959 à 1974… on s’entend que ce n’est pas 2001-2014, hein ?

      J’ai remarqué que les adeptes de quelque chose (musical ou non) n’acceptent jamais de voir ce qu’ils aiment décliner. Comme si tout était éternel ou en constante évolution (vers meilleur), alors qu’en réalité un genre musical est plutôt quelque chose de vivant: ça nait, ça vie, ça meurt*. Et au passage ça peut faire des enfants.

      *”meurt” dans le sens de manque de renouveau, d’actualisation, et non pas dans le sens de disparition totale, bien entendu…

    • jon
      V. page. 513 :
      http://books.google.ca/books?id=-w-uGwm_LhcC&pg=PA513&lpg=PA513&dq=jazz+1942-1959&source=bl&ots=tTcc0Jyy_b&sig=2e3sSBVA8QHGLIXY1FxMBxeZfnU&hl=fr&sa=X&ei=B1LFU4i0G8qpyATd44HgAw&ved=0CDoQ6AEwBA#v=onepage&q=jazz%201942-1959&f=false

    • « Je vois difficilement comment le genre jazz pourrait ne pas avoir été ”dans son peak créatif” dans les années que j’ai mentionné. »

      Le jazz a longtemps été une musique populaire. L’une de ses branches, le bebop, a arrêté de faire danser dans les années 40.Et une autre de ses branches, le free, pour bien des gens, a arrêté de faire écouter cette musique au début des années 60. À l’opposé, je ne sais pas si le jazz soul a converti bien des amateurs : http://www.youtube.com/watch?v=Dce3qcQ6qeE

      De toute façon, dans la culture populaire, l’invasion britannique a tout balayé sur son passage dans les années 60. C’est pourquoi Miles Davis s’est tourné ou a créé le jazz rock. Il désirait être entendu par le plus grand nombre.

      Dans les années 70, des artistes jazz ont vécu le trip multi-claviers-électro. Je pense notamment à l’album Headhunters de Herbie Hancock : http://www.youtube.com/watch?v=FPdPK_rIseY

      Dans les années 70, il y avait aussi une étiquette de disques, CTI, qui signait de grands noms du jazz pour, souvent, leur faire reprendre des hits pop de manière un peu plus « sohistiquée ». Exemple, George Benson qui joue White Rabbit : http://www.youtube.com/watch?v=oLFD18Dob6w

      Pour les annés 80, je commence à me perdre un peu… Mais reste que les grands noms du jazz sont souvent associés aux années d’avant 1960. Si, par exemple, Ben Webster jouait encore du sax aujourd’hui, vous pouvez être certain que le FIJM remplirait sa grande salle avec des billets vendus des prix de fous pour l’entendre… http://www.youtube.com/watch?v=VihgeOi0Rn8

    • «J’ai remarqué que les adeptes de quelque chose (musical ou non) n’acceptent jamais de voir ce qu’ils aiment décliner.»

      Vous avez raison, jon8. Les nostalgiques ont peine à voir (encore moins admettre) qu’ils se vautrent dans un passé révolu. Le problème, c’est que vous ne prenez pas le bon exemple – enfin, vous ne prenez qu’un bout d’un très vaste territoire pour ainsi généraliser. Au cours des derniers 30 ans, il y a bien assez de compositeurs majeurs de filiation jazz qui renouvellent la forme et qui infirment totalement ce que vous affirmez (sans fournir d’exemples ni analyses fondées). Et je ne parle pas de Brad Mehldau, un esthète qui a eu la bonne idée de choisir des chansons indies et de les enrichir harmoniquement dans un concept de trio acoustique.

      Sauf votre respect, j’ai l’impression que votre point de vue relève… de l’impression.

      Pour les bouquins, eh bien je vous suggère d’aller sur Amazon :)

    • Phil :

      Jusqu’à la fin des années 90, avant le départ de David Jobin à la programmation, le FIJM faisait une généreuse place au blues. Plusieurs légendes n’avaient pas encore passé l’arme à gauche et on ne se gênait pas pour les inviter : Louisiana Red, Pinetop Perkins, Clarence Gatemouth Brown, Junior Wells, Albert Collins, John Lee Hooker. On nous proposait, en plein air, des Duke Robillard, Bryan Lee, Sonny Landreth, Otis Taylor, Charlie Musselwhite, Tab Benoît, Alvin Youngblood Hart, Guy Davis, Ray Bonneville, feu John Campbell, feu Big Jack Johnson ou feu Coco Robicheaux. J’ai déjà vu Champion Jack Dupree dehors, au début des années 90. Bon, c’était dans le cadre d’un « événement spécial », mais quand même.

      Je me souviens d’avoir vu Kelly Joe Phelps à l’extérieur, en 2000 je crois. Puis, par la suite, ce fut pas mal pffffrrrroouuiiitt… Bon, les légendes du blues ont cassé leur pipe, l’époque est moins faste et je veux bien que le festival offre à quelques bluesmen d’ici leurs gigs annuels, mais il reste que les programmateurs pourraient refaire une place honorable à ce genre noble et des plus pertinents… lors d’un festival de jazz. Et lâcher un peu Harry Manx. J’ai fait quelques souhaits hier, il y aurait aussi la filière des frères Dickinson (North Mississippi Allstars et The Word, avec notamment Robert Randolph et John Medeski). Privilégier l’esprit, pas que la forme. Quelqu’un avait dit, me souviens plus qui, vers 1993, que PJ Harvey et Nirvana étaient plus blues que le blues officiel du temps. C’est un peu ça l’idée.

    • Meanwhile…
      En 2018, le Festival International de Jazz de Montréal annoncera Lady Gaga, Tiesto et Snoop Dog comme invités.

      Le ”Jazz” de FIJM deviendrait-il un frein marketing à son évolution ? Ho,ho.

    • À titre de nostalgique du blues, j’ai peine à voir – et encore moins à admettre – que je me vautre dans un passé révolu. Bref, c’est ben crissant, mais j’ai le blues du blues.

      T-Bone Walker, I Got the Blues (1951) :

      http://www.youtube.com/watch?v=_Id1e4Y8aqE&feature=kp

      Hurray for the Riff Raff, St. Roch Blues (2014) :

      http://www.youtube.com/watch?v=GsfNmg9dGpM&feature=kp

    • Serait-il possible que le jazz et le blues étant les racines de la plupart des musiques populaires ayant émergées par la suite, leur évolution soit plus ardue et ralentie par les élites?

      Je suis quand même d’accord que le jazz n’a jamais connu d’histoire récente le type de révolution que le rock ou la musique électronique ont connu. Le free jazz (qu’on qualifiait naguère d’avant-garde) s’essoufle un peu et on peine à décrocher des incontournables qui sombrent souvent dans la redite. Comme sultitan le dit, il a peut-être même raté un virage intéressant avec le drun & bass. Le rock et la musique électronique semblent moins tenu à se conformer à une certaine esthétique pour conserver leur appellation. Radiohead sont d’ailleurs parfois conspués par certains puristes pour avoir amené à un public plus large des idées prises au jazz, à la musique concrète ou encore contemporaine. Personne dans le milieu du rock ne s’en formalise… The National Anthem, Squarepusher ou encore même Holden (avec par exemple The Caterpillar’s Intervention), si c’était là l’avenir du jazz? Je pose la question, là.

      Est-ce que le jazz est mort? Non, mais il est peut-être dû pour retourner faire un tour dans l’underground pour développer ses idées et s’ouvrir un peu plus.

      Ironie mise à part, jon8, ce n’est pas le déclin du jazz que je nie, surtout quand je vois ses plus intéressants représentants actuels peiner à remplir des salles. Je suis juste surpris que quelqu’un à l’argumentation habituellement plus étoffée règle son cas avec Louis Armstrong, Miles et Kenny G. Tu passes à côté d’un ou deux trucs intéressants, tsé. ;-)

    • Comme dit Alain: il n’y a pas d’opposition entre les genres musicaux. Aussi; ”musique électronique” (ou encore pire: ”electro”) est un abus de language, ce n’est pas un genre à proprement parler.

      Le genre Jazz, dans sa forme ”pure” (for whatever that means!) n’est plus d’actualité. Ce qu’il pourrait être (mais n’est pas), c’est une certaine continuité, que le jazz soit l’inspiration de…
      Mais à part quelques tentatives ça et là, ce n’est pas pleinement exploité. En fait, le genre Blues est beaucoup plus ”vivant” en tant que source d’inspiration contemporaine (Moby, Lynch, Kid Koala, etc…) que pourrait l’être le Jazz. Au pire, on va parler d’une ‘’saveur jazz” dans telle ou telle pièce d’un album… Mais Jazz-jazz ? non.

    • Joe Henry, Sign :

      http://www.youtube.com/watch?v=cRp1w8Zqr4g

      Le texte blues de l’année :

      « I was born in Montreal,
      A winter’s slip that bloomed in fall
      Due my father’s lot in life,
      I got his name and I killed his wife
      As if her blood I’d broken through
      Had never been enough for two… »

    • ”Je suis juste surpris que quelqu’un à l’argumentation habituellement plus étoffée règle son cas avec Louis Armstrong, Miles et Kenny G. Tu passes à côté d’un ou deux trucs intéressants, tsé. ;-)”

      Je ne me suis jamais intéressé au genre Jazz (ou blues, ou classique) du point de vue intello. Ça m’intéresse pas une miette.
      Forcément, mes interventions de simple-amateur-qui-est-né-après-le-golden-age risquent de donner des migraines a l’intelligentsia. Mais, tsé, si ça peut vous faire débarquer d’une certaine monovision élitiste, ça aura déjà ça comme mérite.

      Rien ne sert de se foutre la tête dans le sable, le FIJM vise tellement large dans sa programmation de nos jours que c’est à deux poils d’être de la putasserie. J’veux dire: dites le donc que ce n’est plus un Festival de ”Jazz” et que tout ce que vous voulez c’est présenter de la musique! ;-)

    • En fait, pendant longtemps la théorie “officielle” disait que la Modernité en art (visuel, musical, ou autre) s’arrêtait vers le début des années 60, et après çà on appelait “contemporain” ce pour quoi on avait pas encore de nom. Aujourd’hui, certains prolongent la modernité jusqu’au tournant de 1990, mais en parallèle avec l’étalement nommé post-moderne (comme si l’enjeu du post-modernisme, qui est si on veux la quête de l’identité (à travers la juxtaposition culturelle, la fascination pour la passé, etc.), ceci en deçà du “but commun” moderniste qui était la quête de l’avant-garde et du progrès, s’était tout de même échelonné de manière un peu verticale (”Je fais ceci car je tente de faire du nouveau”).

      En musique, le modernisme cesse au moment où la notion de structure musicale au sens classique perd de son importance ou carrément sa pertinence. Le “free” jazz se “libère”. Les musiciens quittent les écoles et font des groupes rock. L’Académie a pris un coup dans les années 60 dont elle ne s’est jamais relevé. Qui aujourd’hui va voir tel compositeur nouveau formé à telle Université? On s’en fout!

      La musique a tout de même continué à évoluer, mais à travers le populaire. On va rarement dire par example, “oh il y a eu tel mouvement de musique électroacoustique dans les années 80 qui était si différent de ce que faisait Stockhausen ou John Cage”. On va plutôt parlé du Acid House, des trucs de niveau populaire, auxquels les musiciens plus instruits se mêlent parfois avec des résultats intéressants.

      Et comme il n’y a pas un tracé commun valable pour tous en musique populaire depuis les années 60, il est difficile de parlé de “moderne”. Il se passe trop de différentes micro-modernités un peu partout. La quête c’est de catégoriser tout çà, d’être en mesure d””identifier” des sources. Ok, le footwork est de Chicago, mais quoi encore. Comment en est-on arrivé là? Les mouvements de musique populaire sont surtout des phénomènes de quête d’identité.

    • Et là certains parlent de méta-modernité parce que tout le monde se branche sur Youtube et Facebook. Le “sens commun” redevient une notion pertinente, mais loin des lieux intellectuels. C’est la guerre du “trolling” dont l’enjeu est la quête d’un sens éthique commun. Çà n’a rien à voir avec l’art, mais les artistes fonctionnent dans cette nouvelle réalité. Par example un jeune homme “gothique” de 16 ans fait un vidéo de black metal sur Youtube visionné au même moment par un jeune musulman en Inde. Le clash culturel est inévitable. Mais ce melting pot au niveau global fait que des rencontres entre PSY et Snoop Dogg sont possible, alors qu’on aurait pas imaginé çà il y a 10 ans. La Corée Du Sud peut sembler très occidentale, mais d’autres inter-influences sont à venir.

    • @hardy_canyon

      ce que vous écrivez fait beaucoup de sens. Mais hélas, quand Justin Townes Earle vient à Montréal et que son concert doit être déplacer du Café Campus au Petit Campus et qu’à peine 60 personnes se déplacent, je me dis que l’âme du blues est très loin de Montréal.

      La forme, comme vous dites, y est toujours et on l’a présente avec des artistes sans intérêts pour ceux qui suivent encore le genre avec passion.

      Pour ce qui est de Joe Henry, qui sait, peut-être avec ce nouvel album, il viendra faire un autre petit à Montréal. Au Corona encore, ce serait super. Au pire, au Festival de Jazz l’an prochain.

      Continuons de rêver !

    • Intelligentsia? Monovision élitiste? Si j’en faisais partie, je me serais contenté de te traiter d’ignare. ;-) Blague à part, il est dommage que certains esprits obtus s’amusent à se faire une chasse gardée du jazz en propageant cet élitisme, le même qui m’a tenu loin du prog pendant plusieurs années.

      Tu l’as dit: Parler de musique électronique est un abus de langage et les déclinaisons ne se comptent plus. Se limiter à parler de jazz renvoie à une certaine esthétique qui date en effet pas mal. Si on va par là, le rock dans sa forme pure n’est pas tellement plus d’actualité. Pas sûr que Chuck Berry a tellement la cote chez les jeunes, Kraftwerk non plus.

      Est-ce que le jazz évolue plus lentement? Probablement. De par son côté rébarbatif à la première écoute et par le conservatisme de son “intelligentsia”, c’est pas le style le plus invitant, j’en conviens. Dommage que le FIJM délaisse le travail de fond effectué dans les années 80 et 90, mais je ne crois pas qu’on sera témoin de la renaissance du jazz sur la rue Ste-Catherine!

      Bah, que le jazz retourne dans l’underground se refaire une beauté, ça lui fera du bien. Je ne crois pas que la musique électronique a connu ses meilleures années sur les scènes d’arénas non plus.

    • ”Intelligentsia? Monovision élitiste? Si j’en faisais partie, je me serais contenté de te traiter d’ignare. ;-)”

      Je suis un cuistre. Lapidez-moi.

    • À grands coups d’Ornette Coleman, à part ça. Tu vas souffert.

    • Est-ce qu’il y a beaucoup d’auditeurs de l’émission de jazz de Stanley Pean?

    • À l’occasion. J’ai justement capté ça hier soir, en voiture. Une chanson langoureuse, « So you take the high road, I’ll take the low ». « Tiens », me suis-je dis, « Stanley qui ressort Dorothée Berryman et ses reprises de standards ». Or, une fois la pièce terminée, Stanley nous annonce que c’était Goodbye, chantée par Diana Krall, avec le Charlie Haden Quartet. Quoi, ces deux-là ensemble? Moi qui croyais que Diana Krall attirait les péquenauds du jazz et Charlie Haden l’élite monovisionnaire.

    • *dit

    • mon message dans les limbes du blogue..

    • Charlie Haden accompagnant Nick Cave dans une très bonne version de “Hey Joe”:

      http://www.youtube.com/watch?v=yVsqId3Kmhg

    • Clarence Gatemouth Brown s’était arrêté à Sherbrooke dans le cadre de son festival de blues. Au Granada, belle salle. Dans le courant du show, il avait laissé jouer ses musiciens, s’était bourré une pipe et en avait bien tiré quelques pouffées avant de revenir à sa guitare. Pittoresque. Bryan Lee était passé lui aussi. Le spécialiste du blues qui montait en crescendo… Dans la liste de Hardy, il y a des gars qui ont traversé le XXe siècle ou presque. J’aurais été curieux de voir en personne Champion Jack Dupree. Sur disque, il donne parfois l’impression de boxer sur son clavier, je ne sais pas s’il jouait les poings fermés? Hardy, vous avez été chanceux d’entendre autant de ces blues en vrai!

      « Jusqu’à la fin des années 90, avant le départ de David Jobin à la programmation, le FIJM faisait une généreuse place au blues. Plusieurs légendes n’avaient pas encore passé l’arme à gauche et on ne se gênait pas pour les inviter : Louisiana Red, Pinetop Perkins, Clarence Gatemouth Brown, Junior Wells, Albert Collins, John Lee Hooker. On nous proposait, en plein air, des Duke Robillard, Bryan Lee, Sonny Landreth, Otis Taylor, Charlie Musselwhite, Tab Benoît, Alvin Youngblood Hart, Guy Davis, Ray Bonneville, feu John Campbell, feu Big Jack Johnson ou feu Coco Robicheaux. J’ai déjà vu Champion Jack Dupree dehors, au début des années 90. Bon, c’était dans le cadre d’un « événement spécial », mais quand même. »

    • On peut ajouter Johnny Winter à la liste des bluesmen disparus.

    • Un docu pré-posthume sur Winter, réalisé par un gars qui sait choisir ses sujets (le précédent portait sur Lemmy…); ça devrait sortir bientôt :

      http://www.youtube.com/watch?v=–Asd6Pq5gk°

    • @ atchoum :

      Pour Champion Jack Dupree, nous étions assez loin de la scène, mais je me rappelle le jeu clair et la prestance du bonhomme, qui devait mourir un an et quelques mois plus tard… C’était un beau party, Buckwheat Zydeco était là aussi! Je n’avais pas vu Clarence Gatemouth Brown au FIJM mais plutôt au Café Campus, où l’on programmait du blues tous les mercredis ou jeudis, me semble, dans les années 90. J’y avais aussi vu feu le très rustique et envoûtant R.L. Burnside, entre autres.

    • sur je Jazz:

      Jazz originated in the Southern United States at the beginning of the 20th century. It was largely influenced by Ragtime and Blues, and quickly developed into one of the more popular musical genres by the 1930s with the development of Swing.

      After World War II the sound began to change from the Big Band style to smaller groups that created the style of Bebop and Modal Jazz in the 50s. Soon Latin infused styles emerged, such as Afro-Cuban Jazz and Brazilian Music jazz. This was also how Latin Jazz was formed. Free Jazz started to develop in the late 1950s and with the popularity of Rock music becoming more prevalent in the 70s, Jazz Fusion and Jazz-Funk were born. By the 1990s Nu Jazz was becoming the more popular medium for new listeners in jazz.

      The sound of jazz has changed many times over the past 100 years but one element that is within most jazz is improvisation. Early blues was commonly structured around a repetitive call-and-response pattern and forms of folk music from the blacks in the rural areas was also highly improvisational. These are some features that are known to be fundamental in jazz.

    • @hardy_canyon

      ahhh les mercredis Blues au Campus. Un autre tradition qui s’est perdu. Mon coloc était allé à ce show de RL Burnside et m’avait raconté l’expérience unique. Nous étions allé le voir en première partie de Ben Harper l’année suivant mais hélas, le Métropolis était un peu trop pour lui.

      Triste nouvelle que la mort de Johnny Winter. Au moins j’aurais eu la chance de le voir au Medley il y a quelques années. Tout un showman même s’il restait assis sur sa chaise.

      Avant de mettre mon guide Jazz 2014 au recyclage, j’ai revisité l’offre des soirée blues. Encore le Paul Deslaurier blues band. Et encore Jim Zeller… Pourquoi toujours Jim Zeller. Le pire est qu’il y a d’autres bluesman locaux execllent. Vous connaissez Pat Loiselle hardy ? Il joue du blues, du country, du cajun, du country, du bluegrass… J’ai eu la chance de jouer avec lui à quelques reprises; tout un muscien. Pourtant, il n’est jamais au Festival de Jazz.

      Mais Jim Zeller lui par contre…

      Ray Bonneville au Cabaret pour moins de $10; fini cette époque !!!

    • Encore bloqué… seulement le lien RYM, alors ?

      http://rateyourmusic.com/genre/Jazz

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