Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 2 juin 2014 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (63)

    Rien ne se perd, tout se recrée: petite histoire du webdocu… et discussion!

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    Voici la petite histoire du webdocumentaire Rien ne se perd, tout se recrée, dont le titre est… un mashup de la célèbre phrase d’Antoine Lavoiser “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” formulée au 18e siècle. Le père de la chimie moderne avait lui-même reformulé une citation du philosophe grec Anaxagore ! C’est dire que le concept ne date pas d’hier…

    En 2003, je lançais Le disque ne tourne pas rond (éditions Coronet Liv), essai-reportage dont l’objet était de faire état des mutations très rapides de l’industrie de la musique depuis l’arrivée en force de l’internet. La Presse Télé m’avait ensuite approché afin qu’on s’inspire de de mon bouquin et que l’on produise un film documentaire et/ou une série destinés à la télévision. Un diffuseur s’était montré intéressé, mon équipe avait pu même obtenir le financement nécessaire (Téléfilm Canada) à la rédaction du scénario… Après quoi des changements de personnel chez le diffuseur ont dramatiquement stoppé le projet.

    Malgré un appui ferme de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) à l’époque, impossible d’aller de l’avant. Je m’étais alors tourné de nouveau vers la SODEC afin de produire moi-même un document fait sur mesure pour l’internet; webdocumentaire moins coûteux, adapté aux nouveaux médias parce que multi-plateformes. J’étais sur le point d’obtenir un financement spécial, et la haute direction de la SODEC a changé. Retour à la case départ.

    Un producteur privé m’a ensuite accordé son appui pendant quelques mois…. jusqu’à ce qu’il estime (justement, j’imagine) que les coûts et dépenses d’énergie étaient trop élevées pour sa boîte. Après cet énième refus, j’ai été mis en contact avec la compagnie de cinéma Parce que films, qui m’a miraculeusement accompagné sur ce chemin de Damas. Sous la direction de David Pierrat, nous avons tourné Mashupper Karkwa avec Karkwa. Parallèlement, la firme de télécommunication Cisco m’a aimablement permis de filmer dix interview en téléprésence dans ses studios, sorte de Skype haut de gamme. Vu l’absence de budget de voyage, j’ai pu interviewer en temps réel d’éminents spécialistes de la question et des artistes renommés mondialement, là où ils étaient: Tel Aviv, Londres, San Francisco, Portland (Oregon), Paris, Zurich, New York.

    Depuis les débuts de sa production, il faut souligner qu’aucun collaborateur (m’incluant) n’a été payé jusqu’à ce que ce projet soit mené à terme contre toute attente – sauf, ces derniers jours, les professionnels assignés aux trois plateformes de La Presse (La Presse papier, LaPresse + , www.lapresse.ca) qui en est le diffuseur et le gestionnaire de la mise en page/mise en ligne.

    Voilà qui en dit long sur l’état du financement de tels contenus au Québec (comme dans le reste du Canada). Alors je vous encourage à cliquer ici pour les crédits de cette équipe d’alliés formidables que je ne pourrai jamais assez remercier. Inutile d’ajouter que je suis trrrrèes fier de cette réalisation.

    Ceux qui lisaient La Presse au cours des décennies précédentes savent que je me suis beaucoup penché sur les conséquences économiques et juridiques de la révolution numérique sur le monde de la musique. Pour crémer le tout, j’ai choisi d’aller au coeur de l’affaire: l’acte de création à l’ère numérique. Plus que jamais, rien ne s’y perd, tout s’y recrée.

    EN SOMME, le mashup n’est que la pointe de l’iceberg, car les pratiques de recyclage d’oeuvres existantes (et autres sons ambiants) ne cessent de prendre de l’ampleur dans TOUS les processus compositionnels. Au Québec, les Variations fantômes de Philippe B, qui consistent à recycler des fragments d’oeuvres classiques, est un exemple parmi tant d’autre de cette nouvelle réalité… virtuelle. Lorsque j’ai interviewé l’artiste électro Machinedrum il y a quelques mois, il m’expliquait avoir à sa disposition une banque de sons prélevés (quelques téraoctets!), dont plusieurs proviennent d’oeuvres existantes qui sont ensuite transformées au point de n’être plus identifiables. Il disait même échanger des banques de sons avec des collègues afin que tous puissent élargir leur palette. Dans mon film dont l’objet était de «mashupper» Karkwa, en studio comme sur scène, on pouvait voir tout le dégradé des possibilités: certaines citations sont identifiables, d’autres beaucoup moins et conduisent leur recycleurs à créer des oeuvres de plus en plus distanciées des sources qui la constituent.

    Fascinant !!!

    CRÉDITS ET REMERCIEMENTS

    Idée originale, textes, interviews, coproduction: Alain Brunet

    Réalisation vidéo et coproduction: David Pierrat et Parce que Films

    Participants au film principal Mashupper Karkwa avec Karkwa:
    Les membres du groupe Karkwa
    Mashup électro: Francis Pineau
    Mashup électro et platines: Francis Rossignol et David Lafrance
    Mashup sur scène: Francis Brunet-Turcotte, guitare, Pierre-Alexandre Bergeron, guitare, Gabriel Gagnon, trombone, Mathieu Bourget, trombone, Étienne Lapierre, saxophone, Jules Payette, saxophone, Duncan Campbell, trompette, Francis Leduc Bélanger, trompette.

    Recherche: Alain Brunet, Guylaine L’Heureux, Michel Dumais (pour l’étape préliminaire)

    Caméra pour le film principal: David Pierrat, Olivier Picard

    Tournage en téléprésence rendu possible grâce à l’aimable collaboration de CISCO Canada et de l’accueil chaleureux de Vincent Barberger.

    Pré-montage, traduction, sous-titrage des interviews en téléprésence: Alain Brunet, Clara Brunet-Turcotte

    Montage et soutien technique: Hugo Mazo, Alexis Courtois

    Participation aux étapes préliminaires: Agence de communication Egzakt (Denis Roy et son équipe, 2010-2011), Carmelle Pilon, productrice, 2009, Société des Ars Technologiques (et les encouragements sincères de Monique Savoie, 2008-2011).

    Financement de l’étape préliminaire: SODEC

    Interviewés et participants: Louis-Jean Cormier, François Lafontaine, Stéphane Bergeron, Francis Pineau, David Lafrance, Francis Rossignol, Francis Brunet-Turcotte, Francis Leduc-Bélanger, Gerd Leonhard, Christiane Paul, David Jennings, Liam McGranahan, Bootie Adrian & Mysterious D, DJ Earworm, DJ Zebra, Atom & Pfel (Beat Torrent / C2C), Kutiman

    Grand merci à Sandy Boutin pour avoir assuré la liaison entre les musiciens de Karkwa et notre équipe.

    Grand merci à l’équipe des Arts de La Presse (sous la gouverne de Suzanne Colpron, directrice principale des Arts, et de Frédéric Murphy, chef de division des Arts) qui a accueilli mon projet et l’a soigneusement mis en page, mis en ligne sur www.lapresse.ca (Catherine Schlager) et en a orchestré un résumé succinct dans La Presse + (Pascal Leblanc et son équipe).

    Enfin, remerciement spécial à ma famille pour son soutien et, surtout, à ma compagne Dominique Depatie, pour m’avoir appuyé sans réserve tout au long du processus.

    DISCUTONS MAINTENANT !

    Vous pouvez :

    * Poser des questions à l’auteur – bibi.

    * Commenter l’information qui vous est fournie.

    * Débattre des enjeux de cette révolution numérique en création sonore.

    * Soumettre vos propres trouvailles: mashups, remixes ou créations sonores impliquant le recyclage et la manipulation des sons.

    ET … VOUS PROJETER DANS L’AVENIR !

    RIEN NE SE PERD, TOUT SE RECRÉE, LE WEBDOCUMENTAIRE, SE DÉCLINE VIA CES HYPERLIENS:


    ALAIN BRUNET ET PARCE QUE FILMS PRÉSENTENT: MASHUPPER KARKWA AVEC KARKWA

    LES PARTICIPANTS DU FILM + COMMENTAIRES DE FRANÇOIS LAFONTAINE ET LOUIS-JEAN CORMIER

    NOS INTERVIEWÉS: BOOTIE, EARWORM, KUTIMAN, ZEBRA, PARTY BEN, C2C, CHRISTIANE PAUL, GERD LEONHARD, LIAM MCGRANAHAN, DAVID JENNINGS

    LA MUSIQUE EN MUTATION

    MASHUPS CÉLÈBRES ET SITES SPÉCIALISÉS

    RECYCLEURS RENOMMÉS

    ET VOICI QUELQUES MASHUPS DE NOS INTERVIEWÉS: KUTIMAN, EARWORM, ZEBRA, PARTY BEN, BOOTIE !


    • Je ne connaissais pas le genre ou alors je ne savais pas qu’il avait un nom. J’ai écouté plusieurs des extraits plus hauts. Bien peur ne pas être constructif, mais d’autres sauront faire lever la pâte, c’est sûr!

      « Si ces fragments sont méconnaissables, peut-on alors parler d’une pratique admissible ou d’un viol de la propriété intellectuelle comme certains le croient? »

      À mon avis d’amateur, si les fragments sont méconnaissables, c’est qu’il y a eu un travail de création. Le créateur est parti d’un roseau et il s’est taillé une flûte, s’est fait un balafon de calebasses, etc. Le fragment devient prétexte pour aller ailleurs. Si le fragment est intact, me semble que c’est du plagiat, viol, au pillage de tombe et je me dis que si de tels «créateurs» s’étaient succédés depuis des centaines d’années, on en serait encore à taper des pieds et des mains. À condition, évidemment, que la communauté ait eu le droit d’aimer la musique.

      « Si ces fragments sont identifiables et que les ayants-droit profitent de la visibilité des oeuvres composites, y a-t-il lieu d’admettre la culture du remix bien au-delà de l’underground? »

      Au temps du streaming, succès d’estime, de visibilité sans autre salaire (show de la mi-temps au superbowl) et autres gratuiteries, poser la question c’est y répondre, dirait un célèbre commentateur de sports.

      J’ai écouté une partie du premier extrait. J’ai bien aimé les instrumentistes qui venaient d’un peu partout. Étonnant. Mais une fois l’étonnement passé, il reste quoi?

      Je trouve parfois ce genre cérébral. Ya un extrait qui reprend des hits et ça se fond dans un ensemble comme dans une chanson. Le travail est vraiment réussi. En même temps, on dirait que ça pourrait soutenir des recherches universitaires comme on peut en trouver à McGill. Daniel Levitin, genre? (http://www.ledevoir.com/societe/sante/12513/daniel-levitin-la-musique-pour-maitre-a-penser)

      J’écris pas assez vite et je mélange ce que j’ai vu. La chorégraphie de Saturday Night Live, est-ce qu’elle est bien « matché » avec Sting? Si oui, je trouve ça plutôt putassier. Que des hits, encore, de l’ultra rabâché. En même temps, la différence entre le visuel et le chanté me rappelle La fin du monde est à 7h de Marc Labrèche. Dans certaines présentations, le non-verbal entre lui et son invité accaparait tellement l’attention qu’on aurait eu de la misère à dire de quoi ils avaient parlé… De l’anti-communication alors qu’il ne peut pas ne pas y avoir de communication… Bref, de kossé, déjà?

      Y avait une émission télé de science-fiction, quand j’étais plus jeune, qui faisait jouer de la musique vraiment ordinaire quand les personnages se trouvaient dans un bar. Quand je me trouve confronté à tout ce recyclage, tout ce brassage d’archi-connu, j’ai l’impression d’être rendu au temps de Buck Rogers.

      Cela dit, votre recherche est passionnante. J’espère que les trippeux du genre vont venir y exprimer leur passion.

    • Il y a un message que je ne sais pas si j’ai envoyé ou non, mais je vais le reformuler autrement.

      Bravo pour votre projet, mais j’ai l’impression qu’un nom important manque à la “liste” des artistes mashups. Je dis “important” parce que lui, il a connu la censure et les déboires juridiques, eet donc il y a un apport historique intéressant. Vous le connaissez, je parle de John Oswald:

      Chef d’oeuvre mashup (?) de 1989:

      http://www.youtube.com/watch?v=8xIWLG-F0Ag

      (Je parle de l’album complet Plunderphonics, censuré à l’époque).

      Le “mashup” c’est vague comme terme, parce que finalement les DJs font çà depuis très longtemps.

      J’ai fait du mashup moi-même dans une autre vie (à l’époque il y avait une “mode” de la “création radiophonique”.)

      Les questions de propriétés intellectuelles concernant le milieu artistique sont limitées
      par le temps. Les gens en l’an 2200 auront beaucoup de plaisirs grâce à un accès
      illimité à toute cette merveilleuse culture d’”enregistrements” que nous avons produit
      depuis la fin du 19ième siècle.

      Bref, le “débat” étant un débat régit par le “temps”, à la longue il n’en est plus un. L’art déborde largement de la problématique légale, à long termes.

    • Le mieux qu’une personne peut espérer sur ce sujet est la gloire posthume d’être reconnu
      comme l’inventeur de quelque chose. Plus une oeuvre est “mâchée” (fr de mashed?), plus
      elle a des chances de faire parti de la mémoire collective. Je crois tout de même qu’on
      se souviendra plus facilement de funky Drummer de James Brown que de
      Never Gonna Give You Up de Rick Astley.

      James Brown est peut-être l’artiste le plus samplé de l’histoire, mais saviez-vous
      que la chanson la plus samplée de l’histoire est française (du moins d’expression)?

      Beside – Change The Beat (prod. Bill Laswell).

      http://www.youtube.com/watch?v=ZqauvQkC6VQ

    • Je suis allé lire l’article Wiki sur le genre “mashup”, et je suis satisfait d’y voir plusieurs “légendes” nommées: Negativland, Steinski, The Jams, Tape-beatles.

      <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mashup_(music)”>Définition wikipedia.

      Je rajouterais: certains des premiers hits de hip hop comme Sugarhill Gangs étaient du pur mash-up, et bien avant eux les jamaicains, depuis lurette, se partagent les “dubplates” (combien de chansons différentes sur les mêmes maudits beats).

      Il y a aussi les artistes du “loop”, mais je pense qu’ils mentionnent çà à travers John Cage. Gashing The Old Mae West de Severed Heads demeure un chef d’oeuvre dans le genre.

      Un oublié: Donna Summer (Jason Forrest).

      Meco, Stars On 45, ok j’arrête car je viens de trouver un article du NYT sur le sujet:

      <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mashup_(music)”>http://www.nytimes.com/interactive/2011/01/09/magazine/mashup-timeline.html?ref=magazine&_r=0

      Les premiers cylindres vendu étaient régulièrement des mashups: des “singles” ré-interprétés, dont on changeait les textes. Happy Birthday (To You) est un célèbre mash-up. Ouioui, quand vous chantez “Bonne Fête” vous masher.

    • Bravo pour ce projet d’envergure phénoménal. Beaucoup de matière.
      J’en commence à peine la lecture et je me suis rappelée ce blogue Féline…Dion…sur le groupe qui avait fait tout un album ambient à partir d’échantillons de chansons de Céline Dion. Je suis retournée lire cet envoi et à aucun moment vous ne parlez de mash up dans cet autre envoi. Vous ne parlez que d’échantillonages ” transfigurés et recontextualisés”. Je croyais que le but du mash up était de transformer sans qu’on puisse nécessairement identifier la source. Donc différent de l’échantillonage.
      Et puis, j’ai écouté l’une de vos entrevues avec Party Ben. Il dit qu’il crée à partir d’une autre oeuvre. Oui c’est bien d’accord mais j’ai écouté ce qu’il a fait avec la chanson de Green Day. Trafiquée oui mais bon…c’est quand même la toune de Green Day qui domine.
      Si je comprends bien, je ne comprends rien.
      Je retourne donc à la lecure de votre webdocumentaire ( entrevues, liens, explications, films, vous n’avez vraiment pas lésiné sur les infos.)
      Bravo pour ce travail colossal et surtour bravo de na pas avoir baissé les bras devant les embûches du non-financement.

    • @ Sultitan

      Ma liste de mashups est volontairement grand public pour des raisons de vulgarisation. Dans toutes les sections du webdocumentaire, il y en a profusion, bien au-delà de cet envoi. Sur cet envoi, je me limite aux interviewés. Bien sûr, on peut en rajouter des centaines d’autres. Je me propose donc de mettre en ligne toutes les suggestions de nos blogueurs dans un envoi subséquent.

      @ Atchoum

      Le mashup n’est que la pointe de l’iceberg au chapitre du recyclage musical. Que la pop culture se l’approprie est la démonstration de son implantation réelle. L’objet de ce webdocumentaire n’est pas d’en faire la critique formelle mais bien d’en illustrer le phénomène et d’en faire sommairement la genèse. Vous aurez tôt fait de réaliser que d’autres mashups ou compositions intégrant le recyclage musical sont beaucoup plus pointus que ceux ici mis en ligne.

      @norvege

      Le mashup est une pratique de recyclage dont l’objet est très souvent de laisser la citation apparente dans l’oeuvre nouvelle. Or,cette pratique met en relief une autre beaucoup plus généralisée: le recyclage des oeuvres et des sons existants dans une portion de plus en plus grande du processus compositionnel.

    • Pour mieux visualiser le truc, j’ai dégoté un mashup de Girl Talk disséqué sous forme de diagramme de Gantt :

      http://mashupbreakdown.com/

    • Ce lien est excellent hardy. Bon pour celle( en l’occurence moi) qui comprend vite quand on m’explique longtemps.

      Petit commentaire sur le mash up live avec Karkwa. Faut quand même être culotté!

    • Ah b’en misère, je ne suis pas grand public et je ne suis pas spécialiste…
      Je me retrouve néanmoins davantage dans les références de sultitan: Negativland, severed heads.
      C’est sûr que ça date un peu…Je découvre à l’instant Tape-beatles, Music with soud et j’aime ça.
      Merci!

    • Finalement dans la ré-création il s’est bien perdu quelque chose: l’histoire.

    • “À mon avis d’amateur, si les fragments sont méconnaissables, c’est qu’il y a eu un travail de création. Le créateur est parti d’un roseau et il s’est taillé une flûte, s’est fait un balafon de calebasses, etc. Le fragment devient prétexte pour aller ailleurs. Si le fragment est intact, me semble que c’est du plagiat, viol, au pillage de tombe ”

      Je suis plutôt de cet avis mais je parlerais davantage d’emprunt que de vol. Et quand on emprunte, c’est avec l’intention de remettre, non? Dans le mash up Broken songs de Party Ben, qu’est-ce qu’on entend? On entend que Green Day et Oasis et leurs chansons qui ont fait des millions, justement en raison de leur pouvoir d’accroche. Ce qui est brillant, c’est d’avoir juxtaposé ces 2 chansons. Les quelques ajouts donnent un autre angle mais au final on retient ces 2 tounes.
      Se tailler une flûte avec un roseau, c’est sans souci, c’est comme peindre un paysage. C’est dans la nature et dans ce cas, pour trouver le Créateur…Bonne chance!
      Mais se tailler une flûte dans une planche bien lisse, qui vient directement de la scierie…y a bien fallu débourser quelques sous pour se la procurer,non?
      Mais alors…comment mesurer l’impact de l’emprunt? Aucune idée.

    • La citation intacte est suspecte pour les purs et durs de la propriété intellectuelle, surtout les plus riches titulaires de droits, il va sans dire. Pillage ? Viol ? Pas si évident.

      Si la citation intacte ne rapporte rien financièrement à l’artiste mashup en retombées financières (j’entends en termes de droits d’auteur) et que sa circulation n’a pour effet que de lui permettre de tourner, il y a lieu de tolérer cette pratique; si l’artiste mashup se met à faire beaucoup de fric avec l’usage de ses citations, il devrait verser une part de ses revenus aux cités qui contribuent à le rendre prospère. Si toutefois le collage de micro-fragments identifiables (le cas de Girl Talk) devient une tout autre affaire que sont les matériaux originels de son oeuvre, il y a lieu de tolérer sa pratique, au plus envisager un micro-partage de ses revenus avec les artistes cités. Encore là il faut parler de micro-partage car il faut ici envisager l’équité. Un tout petit bout de citation mérite un tout petit bout de revenus.

      Si, par ailleurs, le matériau de création est transformé, recyclé voire méconnaissable, le problème devient tout autre car l’idée originelle est disparue. Aucun partage de revenus ne devrait alors être envisagé.

      Il y a aussi cet autre phénomène, la redondance de la mélodie ou de la progression d’accords: plein de chansons (ou parties de chansons) sont construites sur la même progression d’accords ou révèlent des fragments mélodiques absolument identiques, à tel point que l’idée originale n’est plus évidente. Que faire alors ?

    • J’aime bien l’idée de votre fiston et de ses comparses de McGill Music qui se parachutent sur scène, avec l’idéalisme et l’insouciance propres à leur âge. Cela a probablement déjà été tenté, pas nécessairement ici. Ce concept du commando de musicos inspirés et compétents qui retontissent sur scène au beau milieu d’un concert me plaît beaucoup. Dans ce cas-ci, il est difficile de se prononcer sur le résultat, compte tenu de la brièveté de l’expérience. Je constate tout de même que les notes cuivrées rendent le passage moins hypnotique, lui insufflent une lumière rassurante. Votre fils et a opté pour le méta-recyclage, à même la pièce cible, puis bio et en direct. À quel point voulait-il que l’ajout transposé soit corrélatif?

    • « Il y a aussi cet autre phénomène, la redondance de la mélodie ou de la progression d’accords… »

      Spirit vs Led Zeppelin, Taurus vs Stairway to Heaven ;-)

      http://www.youtube.com/watch?v=gFHLO_2_THg

    • Ou encore :

      Art Blakey vs Duke Ellington, Moanin’ vs The Shepherd

      http://www.youtube.com/watch?v=ynZDm50EgBY

      http://www.youtube.com/watch?v=5IMUu9veOBo

    • @hardy

      Sans vouloir m’approprier quoi que ce soit, c’était mon idée de mashupper Karkwa sur scène, idée que mon fiston et ses amis ont ensuite concrétisée. Francis BT a composé le truc, écrit l’arrangement et son pote Francis Leduc a réuni les instruments à vent. À ce que je sache, ce type de mashup ou de transmutation d’une chanson en direct,devant le groupe qui l’a créée, n’existe pas… Je vais demander un copyright là-dessus haha !

    • très intéressant… très enrichissant.

      De mon œil de gars de post-prod le copyright n’est pas au bout de ses peines.
      Le rap et l’electronica ont ébranlé plusieurs concepts.
      Avec les banques de sampling et la démocratisation quasi totale des outils de création musicale, l’originalité devient moins possible… je les reconnais avec le temps.

      Anyways on est à l’ère de l’artiste (le front-end) et non de la musique. On aura beau essayer de se persuader du contraire… Tiesto est un des (artistes) le plus prolifique… Guetta qui perd sa clé USB is dead ;).

      Je reçois de plus en plus de chansons d’artistes différents qui ressemblent étrangement à des hits connus passés ou présents. (En fait je reçois de moins en moins de contrats… ce serait un bon sujet ca aussi)

      Les progressions d’accords c’est un faux débat pour moi… plus personne n’invente rien à ce niveau. Mais une copie de chanson intégrale, sans accord quelconque avec l’artiste original, c’est pêchée Capital.

    • Soit dit en passant, il y aura un 5 à 7 au Divan Orange pour fêter la sortie du webdocu, ce vendredi 6 juin. Si la soif vous prend, on sera là !

    • Un autre oublié, Christian Marclay, dont le Video Quartet, pourtant une oeuvre tardive pour l’artiste, est présciente des expérimentations Youtube à la Kutiman (Nam June Paik a fait des “concertos” incluant des sources vidéo bien avant, et possiblement, du mashup en direct d’un musician participant):

      http://www.youtube.com/watch?v=9VmXoeZir7A

    • Ce n’est qu’une autre des manifestations du postmodernisme. Ça fait pas au moins 50 ans qu’on parle de ça d’une façon ou d’une autre?

    • Le collage, le détournement, la distance ironique, bref, certains des idées fondamentales derrière le mashup sont en fait aussi des idées et des questionnement qui traversent l’ensemble de la création artistique du XXe siècle.

      Pour un artiste, l’enjeu devrait être plutôt comment dépasser cette réalité centenaire, il me semble.

    • Je ne pense pas qu’on puisse dire d’aucune époque qu’elle n’a été que ceci ou que cela. Le postmodernisme, c’est une question de courant dominant. Ce qui suit le post-modernisme (pluralisme, metamodernisme, et autres théories), çà va ressembler à quelque chose de déjà vu et entendu, dans un contexte ou l’accès aux archives culturelles devient de plus en plus facile. J’ai lu que le groupe CocoRosie est considéré “métamoderne” par certains intellectuels, mais des artistes qui font de la fusion de musiques de sources disparates dans le but de créer un son nouveau, tout en préconisant comme sujet des enjeux de moralité, des quêtes d’archétypes et du sublime, bien il y en a déjà eu.

      Certains mondes fantastiques “en ligne” sont probablement parmis les plus grandes oeuvres du début du nouveau millénaires. On est très loin du postmodernisme distant là-dedans. Et puis çà ca bien avec la musique de CocoRosie quoique personne n’y a probablement pensé (à leur demander de faire la musique de ce genre de nouveau monde).

    • çà ca = çà va

      et millénaire sans s

    • Je dis que de tel démarches existe depuis longtemps. J’ai dit ”l’ensemble”, je devrais être plus nuancé, mais reste que c’est des questionnements qui sont importants pour comprendre ce qui distingue notre époque des précédantes.

      Le mashup est bien présent, mais la démarche qui y mène n’est pas nouvelle. Ça me semble simplement une nouvelle twist pour de bien vieilles idées.

    • Ça illustre bien la fonction ludique du mashup : combiner des pièces pour obtenir un effet amusant, en mettant souvent l’accent sur l’antinomie, comme « Ça m’énerve » d’Helmut Fritz combinée avec « Water Music » de Händel.

    • Comme les bouquins « Pride and Prejudice and Zombies » ou « Sense and Sensibility and Sea Monsters ».

    • Mettre l’accent sur l’antinomie, brouiller la division entre les niveaux de cultures, porter un regard amusant, la plupart du temps à l’aide de clins d’oeil ironique, c’est au coeur du postmodernisme.

    • CocoRosie métamoderne? Térez Montcalm doit l’être aussi, à ce compte-là!

      J’écoute beaucoup le dernier album de Sturgill Simpson ces-jours-ci. Il s’intitule « Metamodern Sounds in Country Music » et semble assez traditionnel de prime abord. Sauf que, quand on tend l’oreille, on se rend compte que Simpson nous parle de « reptile aliens made of light », que certains passages de slide vont se perdre dans le cosmos, qu’on entend du Mellotron, qu’il y a une reprise véhémente du tube « The Promise » de When in Rome.

    • On peut dire que George Clinton était postmoderne il y a 40 ans, avec son Mothership. Meshell Ndegeocello vient tout juste de lancer un t******k de bon album qui s’appelle « Comet Come to Me ». Ça dépend de la grille qu’on privilégie : on analyse selon le mouvement ou selon les particularités d’un artiste et de son œuvre? Et puis, peut-être que le postmodernisme a encore à donner!

    • En fait, ici, il est surtout question d’une démarche, d’une idée. C’est donc le mise en contexte de celle-ci qui m’intéresse, plus que la qualité de ce qui est produit par ses artistes. Que cette démarche puisse aboutir sur des créations intéressantes, je n’en doute point. Que certains l’utilisent avec plus d’audace et que d’autres soit plus en avance, je ne doute pas non plus.

    • @effet
      La démarche postmoderne est bien réelle dans le mashup et autres pratiques de recyclage. Le recyclage créatif lui, est aussi vieux que l’humanité. La différence aujourd’hui, c’est que cette pratique du recyclage, du collage intégré et de la transmutation continue des oeuvres existantes acquiert un pouvoir supplémentaire dans l’univers numérique. En démontrer la croissance exponentielle via les outils de la révolution numérique est précisément l’objet de ce webdocu.

    • La nouvelle idée (qui n’est pas nouvelle) serait d’émanciper le mashup de son ludisme, de faire du recyclage plus sérieux, c’est-à-dire qui ne ressemble pas à cette combinaison (qui reste très bonne, par ailleurs) :

      http://www.mashup-charts.com/busta-rhymes-vs-georg-friedrich-handel-wicked-sarabande/

      Donc, cette nouvelle idée n’est pas nouvelle puisque le recyclage sérieux existe depuis belle lurette : Handel – comme bien d’autres compositeurs dont Bach – recyclait des extraits de ses vieux oratorios ou « empruntait » des passages à des collègues. Ça ne devait pas se faire souvent live en présence du ou des compositeurs, toutefois.
      C’est pourquoi je disais plus haut que j’aimais l’idée du commando à fiston B. J’aimerais, moi qui suis abonné à une série de concerts à l’OSM, que retontisse un détachement de musicos qui plaqueraient Red de King Crimson sur La damnation de Faust. L’auditoire ne sourirait pas pantoute, c’est sûr. Et moi j’arrêterais de cogner des clous. Je blague, bien sûr (même si ça m’est déjà arrivé de cogner des clous, surtout durant la première partie; après mon scotch à l’entracte, je peux suivre Kent et sa bande pendant des heures).

    • Ah ! On se plaît à sillonner le Kent !

      Le recyclage «plus sérieux» est bien vivant, par ailleurs, et ce n’est qu’un début. Charles Ives, Luciano Berio et tant d’autres s’y sont consacrés. Sultitan est en train d’en faire une nomenclature complète, d’ailleurs – merci !

    • Un petit peu, mais j’ai mieux aimé le Yorkshire : Haworth, Top Withens, on s’était perdu dans la lande, on avait suivi les moutons jusqu’à la civilisation.

    • « (…) et je me demandais comment quelqu’un pouvait imaginer que ceux qui dormaient dans cette terre tranquille eussent un sommeil, mais tu n’as pas sommeil, ton toit, ton taf, ta caisse, tes sous, mais tu n’as pas sommeil »

      (mon mashup de la fin des « Hauts de Hurlevents » et de « Sommeil », de Stromae)

    • « Central Park in the Dark »! Wahou, c’est en plein le genre de truc que je cherchais.

    • Nils Petter Molvaer – Switch; Belle réinvention dans la continuité et toujours cette sublime sonorité !

    • Si on commence à parler de citations et d’”emprunts”, on a pas fini. Moi je m’en tiens aux artistes qui font des oeuvres de collage. Ce qui met en dehors aussi le simple échantillonage, sauf si toute une pièce est produite d’échantillonages pillés à d’autres artistes. On se souviendra des déboires juridiques de M/A/R/R/S pour la chanson Pump Up The Volume qui contenait un lot impressionant d’échantillonnages. Ils ont eu beaucoup de troubles avec çà alors c’est presque du mashup.

      Je pense que la musique “new age” est métamoderne, alors pas surpris de voir un album country se déclarer “métamoderne” en affichant un portrait sur un background “cosmos”. J’accoure écouter cet album au nom presque prétentieu (mais il s’agit surement d’ironie, alors que je pense que le mouvement regroupe d’abord des expressions sincères, romantiques, des gens qui croient vraiment qu’il est temps de changer le monde, et au final pas si obsédé par la question esthétique que le XXième siècle l’a été. Peut-être que The Knife est métamoderne. Je préfère laisser les gens qui osent inventer de tels termes s’expliquer et présenter leur artistes favoris. J’ai personellement l’impression d’être dans une époque pluraliste, “rhizomatique”, où tout s’équivaut sur le même pied, mais c’est pas nous qui vont la faire, la prochaine époque, nous sommes tous ici trop vieux je crois.)

    • Il y a des approches qu’on peu qualifier de “post-ironique” en art.

      Il y a un ras-le-bol du post-modernisme, dans la post-ironie. Parfois, la stratégie esthétique peut sembler à prime abord identique à celle de l’ironie. Mais c’est le cynisme de l’ironie qui y est révélé et critiqué. La post-ironie, c’est un peu de se poser la question: comment en sommes nous arrivé à çà, à cette moquerie malsaine, à cette distance? Dans le vidéo Seasons de Future Islands, c’est la juxtaposition de la chanson aux images qui semble renverser la structure ironique et semble percer vers une nostalgie sincère, ou du moins défier le spectateur à se questionner sur sa réaction aux images.

      C’est différent de la stratégie de l’artiste visuel Richard Prince, qui s’est souvent approprié des images semblables d’un idéal de la vie américaine. Mais je ne suis pas certain de ce que j’avance. Si on interprête le vidéo comme une simple critique de la commercialisation de ce type d’images, on en revient à Richard Prince, donc cliché post-moderne.

      On s’en va vers un monde de l’Oculus Rift, hyper-réel à souhait. Je ne suis pas certain que l’ironie aura sa place dans ces mondes préfabriqués. J’ai l’impression que le vidéo de Seasons est davantage hyperréel que présenté “sous un socle” (selon moi, ou disons plutôt selon ce que j’ai retenu de mes années scolaires, le pomo est la structure du cube blanc et du socle: tout y est posé et examiné comme coupé du reste du monde. Tout ce qui est immersif s’éloignerait de çà.)

    • En fait, la pomo n’a jamais été une menace pour le domaine de la musique. C’est dans les autres domaines esthétiques que des styles, des manières, des intentions entières ont été fortement marginalisées. Avez-vous déjà eu un voisin qui fait des petites squarelles cutes et qui se demande pourquoi personne ne s’intéresse à çà et que les musée ne veulent que des bidules conceptuels “laids” (mettons qu’ils emploient ce mot, parce qu’ils en sont encore à la “quête du beau”)? De l’autre côté, avez-vous un gratteux de guitare qui se dit juste que si sa musique marche pas, c’est juste que la compétition est forte en musique folk?

      L’académisme en musique a snobbé pas mal de trucs, mais çà s’est renversé contre eux, parce que, pas grand monde écoutent du Xénakis aujourd’hui, et la musique la plus pertinente en ce qui concerne le “savoir-faire” (musique savante) se fait de toutes façons souvent en marge des universités, qui n’y comprennent que dalle (sauf dans le milieu des arts visuels, d’où vous remarquerez proviennent souvent les musiciens “indie” populaires: exact, ce sont souvent des ex-étudiants en art visuels ou chez les meilleurs en technique, des drop outs des écoles de musique!).

    • En fait, la pomo n’a jamais été une menace pour le domaine de la musique. C’est dans les autres domaines esthétiques que des styles,

      des manières, des intentions entières ont été fortement marginalisées. Avez-vous déjà eu un voisin qui fait des petites squarelles cutes et

      qui se demande pourquoi personne ne s’intéresse à çà et que les musée ne veulent que des bidules conceptuels “laids” (mettons qu’ils

      emploient ce mot, parce qu’ils en sont encore à la “quête du beau”)? De l’autre côté, avez-vous un gratteux de guitare qui se dit juste que

      si sa musique marche pas, c’est juste que la compétition est forte en musique folk?

      L’académisme en musique a snobbé pas mal de trucs, mais çà s’est renversé contre eux, parce que, pas grand monde écoutent du

      Xénakis aujourd’hui, et la musique la plus pertinente en ce qui concerne le “savoir-faire” (musique savante) se fait de toutes façons

      souvent en marge des universités, qui n’y comprennent que dalle (sauf dans le milieu des arts visuels, d’où vous remarquerez proviennent

      souvent les musiciens “indie” populaires: exact, ce sont souvent des ex-étudiants en art visuels ou chez les meilleurs en technique, des

      drop outs des écoles de musique!).

    • (manque un petit message sur la pertinence du pomo regardant le domaine de la musique).

    • Un autre sujet intéressant en musique ces temps-ci, c’est la notion de “musique jetable”. James Murphy en a parlé récemment: selon lui, un album de musique aujourd’hui ne crée plus le phénomène qu’il pouvait créer à l’époque de Thriller de Michael Jackson. Le mashup semble participer à cette réalité de la “tune-itude” (la chanson itunes isolée, “shufflée”, mixée, rajoutée à des images, et enfin, mâchée).

      Je tiens à dire que je suis un fidèle aux artistes que j’aime, que je poursuis encore d’album en album les artistes qui me semblent pertinent, et que j’écoute encore intensément des albums sorti il y a 2 ou 3 ans (justement, Grey Oceans de CocoRosie, qui était parmis mes favoris en 2010, et je me demande si j’ai pas sous-estimé le dernier).

      Il y a simplement beaucoup plus d’artistes et de compétition de nos jours, plusieurs tendances parfois très contradictoires dans un même groupe d’années, et beaucoup de fusion de styles très familiers. Mais je trouve qu’il se fait encore de la très bonne musique aujourd’hui, et franchement LCD Soundsystem pour moi ç’était correct, sans plus, alors ce n’est pas eux que je retiens. La première chose qu’il faut pardonner à la musique d’aujourd’hui, c’est si elle ne sonne pas “nouvelle”. Pas grave. Si çà sonne comme un excellent album de 1979, tant mieux, c’est probable que ce soit le but. Le jeune musicien s’en fout, car il n’était pas là en 1979. Il tente de prolonger un party de 1979, pour les gens qui comme lui, ont envie de se payer un party revival 79. Le jeune d’aujourd’hui découvre toutes ces musiques en même temps, et la perspective historique perd de l’importance. L’ère de Youtube c’est l’ère de l’instantanné, du “j’ai envie de me mettre dans cette atmosphère NOW”. C’est l’ère d’un système d’archives à portée de main, la possibilité de se transporter d’un univers à l’autre par un simple clic de doigt. C’est aussi çà qui influence et permet une culture du mashup si exarcerbée.

      Je trouve que c’est une époque formidable, mais il y a tellement de choses qui se passe qu’il est difficile pour des individus de partager les mêmes désirs au même moment. Les prochains artistes tenteront peut-être de souligner ce problème, de forcer certains types d’événements plus “communionistes”.

    • A une époque où l’on applaudit tout artisan qui crée/recrée/(procrée?) en recyclant verre, pneus, bouteilles vides et autres produits de notre vieillissante civilisation, recycler des partitions comme nouveau matériau ne devrait pas plonger notre société dans l’incrédulité et encore moins la dépression. Je comprends les chatouillements de certains créateurs “originaux” – me le sont-ils vraiment, sans aucun emprunt? – mais si en 2014, on ne peut toujours pas trancher au couteau la propriété intellectuelle d’une oeuvre, tough luck, faut faire avec.

    • Je ne sais pas si ce chatouillement existe vraiment, bt627. En ce qui me concerne, il n’y a que le résultat qui compte, peu importe la démarche, surtout si cette démarche part d’une idée centenaire.

      Ceci dit, le mashup suscite l’intérêt car il relie des oeuvres que le grand public connait. Mais il y a un autre type de mashup. Celui qui permet une empilade de sonorités, d’instruments et de traitements impensables jusqu’à récemment. C’est plus discret, mais très profond.

      Partons de l’exemple des synthétiseurs. Pendant des décennies, ceux-ci ont été envisagés comme une possibilité d’être toujours à la fine pointe de la sonorité et de la technologie. Les dudes ont commencé avec les thérémines et les ondes martenots, puis sont passés aux modulaires, puis aux synthés monophonique avec claviers, puis aux polyphoniques, puis au synthés avec des mémoires et le MIDI et enfin, aux synthés numériques et aux soft synths.

      Le but était d’être à jour. Si bien que lorsque des nouveaux équipements sortaient, les plus vieux étaient placés au rancart. Les synthés d’une époque cotoyaient presque exclusivement d’autres synthés de la même époque (ces changement s’observent presque sur une base annuel dans la production discographique des années ’80) . Or, depuis les années ’90, les synthés de toutes les époques commencent à se cotoyer, d’abord via l’émulation numérique (versions numérisées de sonorités analogiques classiques), puis avec le retour en force de l’intérêt pour les synthés analogiques de toutes les époques eux-mêmes. Toutes les technologie et les sonorités se rencontrent grace à des interfaces qui leur permettent de communiquer. On est dans le méta total ici aussi.

      Étrangement, les synthés modulaires se vendent plus que jamais. Alors qu’on les croyait morts, il semble qu’un nombre pas mal important d’artistes avaient inclus un petit rack dans leur kit à Mutek cette année. Quelque chose qu’on ne voyait pas il y a seulement 2 ou 3 ans. Le retour du modulaire, c’est la reprise d’une utopie avortée, mais c’est un autre sujet.

      Désormais, les nouveaux synthés analogiques avec entrée USB cotoient les synthés analogiques pré-midi ainsi que toutes les possibilités de sonorités et d’enregistrements offertes par le numériques. Cette façon de puiser dans le matériel et les sonorités de toutes les époques n’a jamais été aussi présente. On met en commun un tas de trucs qui n’ont pas été pensés ou mis en marché pour aller ensemble, comme pour le mash up.

      Tout le monde se criss de ça ben raide, mais c’est une transformation très profonde qui s’est amorcée car la créativité s’est affranchie, en quelque sorte, de la tyrannie de la nouveauté technologique. Bien sûr que les musiciens attendent avec impatience les nouveautés, mais celles-ci sont moins structurantes dans leur travail. Il y a maintenant un détachement qui permet de voir ce qu’il y avait de bien dans le matériel antérieur alors que longtemps, on se contentait de jeter ce qui n’était pas nouveau

    • @ sultitan :

      Je reprends un des éléments de votre sultitanesque production de la nuit dernière : Sturgill Simpson. Le gars est tout sauf ironique. Il n’est pas en mode révolte, débauche, rupture ou dépression. Il est marié, heureux, sa femme attend un bébé, mais sur un son « outlaw-country » assez traditionnel, il couche des réflexions et des interrogations sur le cosmos, au sens philosophique.

      Cette entrevue est très révélatrice, notamment parce qu’il dit s’être inspiré, entre autres, du « Phénomène humain » de Teilhard de Chardin et de l’essai « Nature » d’Emerson pour la composition des pièces de son nouvel album :

      http://www.npr.org/2014/05/25/315292234/i-wanna-make-art-sturgill-simpsons-twisting-path-to-nashville

      Et le clip de la chanson « Turtles All the Way Down » (la Terre est posée sur une pile de tortues, non?) :

      http://www.youtube.com/watch?v=LWx6csgGkg4&feature=kp

    • On ne parle pas de plagiat conscient (ou inconscient… comme George Harrison et My Sweet Lord), mais d’utilisation d’extraits musicaux, une pratique déjà encadrée par la loi sur les droits d’auteur, qui comprend la notion d’utilisation équitable. Or, où se situe le seuil d’application de la loi lorsqu’on triture un extrait jusqu’à le rendre presque méconnaissable ou méconnaissable? Est-ce qu’un artiste du son, comme se décrit David Lafrance dans votre documentaire, doit demander la permission aux titulaires des droits d’auteur lorsqu’il prépare un mashup, quitte à ce que les extraits soient méconnaissables au final?

    • sultitanesque… très bon !

    • Il faudrait d’abord que quelqu’un reconnaisse l’extrait, ce qui est par définition impossible avec un extrait méconnaissable.

      La demande de droits est un processus assez ennuyant et c’est bien clair que lorsque tu es un petit artiste indépendant, tu ne touche pas à ça. Personne va te gosser avec ça avant un certain niveau.

      L,autre chose est que quand tu fais un CD ou un vinyle, il y a normalement un formulaire qui te demande de clairement indiquer si tu utilises des extraits et dans le cas échéant, si tu as les droits. Il y a théoriquement un check up à cette étape, check up qui se contourne de différentes façons. Mais Bandcamp et Soundcloud ne sont pas autant pointilleux…

    • Très intéressant tout ça. Une chose qui rend le mash-up et ses dérivés de + en + possible est l’accès au studio d’enregistrement et sa transformation.
      Le studio n’est plus un endroit avec des facilités pour enregistrer des instruments, c’est devenu carrément un instrument à part entière qui tient dans Mac!.

      En ce qui me concerne, faire des chansons ne m’intéresse plus (sauf pour en écrire pour les autres) et je travaille présentement avec des amis dans un jam-band où on mélange du des loops, du lo-fi, de l’acoustique, du spoken word et de l’électronique. Et c’est pour moi une petite révolution dans la mesure où comme créateur, la musique voulait automatiquement dire faire des chansons, jusqu’à ce que je réalise que ça m’ennuyait depuis un bout. Bref le plaisir est revenu et la créativité s’en retrouve boostée.

      Sinon, comme le dit placebo, la demande de droits est quelque chose de plutôt compliqué, c’est pourquoi j’ai pris le risque de passer outre lorsqu’on a isolé des strings d’un album québécois très connu pour en faire le riff central d’une pièce instrumentale (Variation sur le Vide #1) d’un record que j’ai sorti en 2005 (pour les curieux qui connaissent un peu …).

    • Exiger des droits pour des fragments a ses limites. Girl Talk a été menacé au départ, mais tout indique que les poursuites ont été abandonnées. D’un point de vue moral, la citation d’un fragment doit être trrrès payante pour qu’on exige un partage des bénéfices. Cela est alors justifié. Si elle rapporte peu (ou presque rien) à l’oeuvre qui l’inclut tout en suggérant autre chose artistiquement, ce sont les poursuites qui deviennent moralement discutables… et qui demeurent légales jusqu’à nouvel ordre.

    • Exemple concret : j’ai écouté la pièce « Variations sur le vide 1 » de Be-Bop et j’ai trouvé la provenance de l’extrait du riff de cordes (mettons que Be-Bop nous donne un bon indice; s’il avait dit « Un riff de cordes provenant du patrimoine musical mondial », ç’aurait été plus corsé). Je n’avais pas repéré cet emprunt à l’époque, ni au fil des écoutes (bon, je ne réécoute pas cet album tous les jours, mais disons que je l’ai réécouté quelques fois au fil des ans). Bref, si Be-Bop ne l’avait pas mentionné, je ne l’aurais jamais su. Est-ce que le gars qui a composé ce passage emprunté l’aurait reconnu? Peut-être, mais ce n’est pas sûr. Et on ne pourra vérifier, parce qu’il est décédé (trois ans après la parution de l’album de Be-Bop). On pourrait donc parler d’une utilisation équitable, qui ne porte pas préjudice au créateur de l’extrait ou à sa succession.

    • J’aurais été curieux de savoir ce que Boulga pense de ce sujet…
      .
      « Il faudrait d’abord que quelqu’un reconnaisse l’extrait, ce qui est par définition impossible avec un extrait méconnaissable. »

      À ce moment-là, il me semble que le job de création a été fait. Et, à ce compte-là, l’élément déclencheur devient anecdotique pour l’auditeur. Mais la création peut s’exercer à différents niveaux, si je commence à bien comprendre.
      .
      « Si on commence à parler de citations et d’”emprunts”, on a pas fini »

      L’un et l’autre ne sont pas pareils. Je n’ai que des exemples de bd qui me viennent en tête, mais je ne compte plus les bd où un personnage au téléphone se fait répondre Boucherie Sanzot en hommage, par citation, à Tintin. Un emprunt, ce serait une case dessinée par Hergé.
      .
      « J’ai personellement l’impression d’être dans une époque pluraliste, “rhizomatique”, où tout s’équivaut sur le même pied, »

      Dans la mesure où Me.com peut écouter ce qu’il veut où il veut quand il veut sans délai d’attente, tout le monde devient pas mal égal. Reste aux artistes à se faire entendre…
      .
      « mais c’est pas nous qui vont la faire, la prochaine époque, nous sommes tous ici trop vieux je crois.) »

      Sultitan, il m’arrive d’envier mes parents quand ils trouvaient que j’écoutais de la musique de diable, qui se et me demandaient ce que je pouvais bien trouver à tout ce bruit (et je ne parle pas des pochettes). J’envie ce clash de génération. La génération qui pousse est en train de refaire le monde à travers la forme (peut-être). Toujours les mêmes foutues vieilles chansons qui reviennent comme des virus. Ce n’est plus Love is in the air, pour les oreilles, ça devient MTS is in the air.
      .
      « Un autre sujet intéressant en musique ces temps-ci, c’est la notion de “musique jetable”. »
      Cette notion, Rick Astley était déjà conscient d’en être dans les années 80. La notion doit être née pas longtemps après l’invention du disque.
      .
      « un album de musique aujourd’hui ne crée plus le phénomène qu’il pouvait créer à l’époque de Thriller de Michael Jackson. »

      Michael Jackson s’est servi d’un nouveau médium, la forme, le vidéo, pour vendre sa musique. Et le vidéo, à l’époque, ne pouvait être vu qu’à la télé quand le diffuseur le décidait. On créait l’événement autour d’un médium populaire. Comment s’en sortirait Michael Jackson aujourd’hui? Aucune idée. Peut-être que c’est Thriller qui aurait 2 milliards de visionnements sur Youtube au lieu de l’autre pitre dont j’oublie le nom. Mais peut-être que Thriller n’existerait même pas parce que Jackson n’aurait jamais eu les moyens de financer un vidéo comme un film. Peut-être que Jackson aurait été obligé en 2014 de faire jouer Thriller sur des vidéos de chats-zombies, à condition que ça existe, je ne sais pas. Mais, chose certaine, l’album Thriller s’écoute encore très aujourd’hui sans support visuel.
      .
      « La première chose qu’il faut pardonner à la musique d’aujourd’hui, c’est si elle ne sonne pas “nouvelle”. Pas grave. Si çà sonne comme un excellent album de 1979, tant mieux, c’est probable que ce soit le but. Le jeune musicien s’en fout, car il n’était pas là en 1979. Il tente de prolonger un party de 1979, pour les gens qui comme lui, ont envie de se payer un party revival 79. »

      C’est en effet ce que je retiens de plusieurs mashups. Et je me demande ce que l’histoire va retenir de cette période. Ces jeunes-là allaient danser sur les airs de leurs grand-parents? Un espèce de déclin de l’empire américain?

    • Effet_Placebo a très bien décrit la période actuelle, bravo!

      Ailleurs je me suis permis une tirade contre Brigitte Haentjens, qui préconise que sans la subvention d’état, la culture est réléguée aux artistes de rue qui font dans l’art “folk”.

      Ben voyons donc! Les jeunes artistes ont le meilleur accès à l’éducation possible grâce
      à internet, et ils mélangent tout çà, “haute culture”, folk, etc. Ce sont les premiers
      à se mettre à l’évidence que l’avant-garde n’est qu’un autre type de “folk” (puisque
      les sonorités dites “contemporaines” ont souvent en réalité conservé des esthétiques
      similaires au courant du siècle dernier, malgré des approches conceptuellement différentes).

      La quête du “son nouveau” existe encore pour plusieurs artistes, mais elle se fait de manière horizontale, pas verticale (”avant-garde is dead”, “death of cool”, brandissent les pamphlétaires), donc l’utilisation de vieux instruments et l’emprunt à des vieilles manières est de mise, surtout quand le souci d’authenticité est sur la table à une époque ou tout se reproduit si bien artificiellement.

    • Bob Mould :

      http://www.youtube.com/watch?v=ZZ0ZEpJRpAE

    • @ atchoum

      La question, c’est: il y a t’il un album des 4 dernières années environs que vous écoutez autant (ou presque) que Thriller?

      Video amusant de Bob Mould. La musique, j’ai un peu plus de misère. Très musique d’ado 90. Mais c’est un son qui lui appartient.

      HORS SUJET:

      Qui ici connais Daniel Mathieu? C’est un québécois?

      Cette chanson fait partie de la populaire compile Magik Sunrise (de Psychemagik), sorti l’an passé, mais je jouais çà par hasard aujourd’hui. Pour un inconnu çà sonne pas mal:

      http://www.youtube.com/watch?v=1hM3NDmXlV0

      Info sur la compil dans la descript ici:

      http://www.youtube.com/watch?v=Iaf97nsmnMU

    • Certaines gens ici devraient apprécier le nouvel (premier) album de Diamond Version (Alva Noto et Byetone, des noms revenus souvent sur ce blogue).

    • Sultitan

      « La question, c’est: il y a t’il un album des 4 dernières années environs que vous écoutez autant (ou presque) que Thriller? »

      Je serais bien en peine de répondre à cette question dans la mesure où il me semble que rien ne s’est particulièrement démarqué pour me suivre ces dernières années. Dans le dernier mois, j’opterais pour le nouveau-né d’Ambrose Akinmusire. À savoir où il sera dans 4 ans, aucune idée. Pour l’heure, j’en suis à me préparer mentalement à payer trop cher un cd peu vendu par une compagnie de disque qui a fait faillite. D’un point de vue rationnel, je trouve complèment débile de mettre autant de $ pour une heure de musique. D’un autre côté, « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas… » Ou n’importe quelle autre raison, finalement, pour passer de la parole aux actes…

      Quant à Michael Jackson, non, il n’a jamais fait partie de ma discographie.

    • « Très musique d’ado 90. Mais c’est un son qui lui appartient. »

      D’accord quant à l’appartenance du son. Pour ce qui est de l’auditoire, j’aimais beaucoup Sugar au début des années 90… même si je n’étais déjà plus ado (au sens de la loi). En fait, j’aime tout ce que Mould fait. Figure de proue power-punk, pop-punk, power-pop ou coco-pop, digne héritier de Big Star. Avec le recul, j’ai l’impression que les pièces de Hüsker Dü composées par Grant Hart portent davantage l’empreinte de Big Star – notamment Sorry Somehow et Don’t Want to Know If You Are Lonely –, tandis que celle-ci s’est révélée post-HD chez Mould, dans des pièces comme If I Can’t Change Your Mind.

      Bref, je comprends qu’on puisse qualifier I Don’t Know You Anymore de refrain pour adulescents décalés de 20 ans ou de dad-rock pour quadras abonnés au Voltaren, mais je crois tout de même que Bob Mould demeure d’une pertinence totale : « A thousand pieces of my heart spread across the weathered floor – No idea how to start solving puzzles from before – I don’t know you anymore – Name and face have been obscured – Change them if you want but – I don’t know you anymore ».

    • Mais, au départ, que vient faire Bob Mould dans ce billet sur les mashups? Rien, si ce n’est que je trouve le clip distrayant : le caméo du gars des Decemberists, la mention de Carrie Brownstein et autres clins d’œil portlandiens, l’astuce marketing de Mould, les hipsters à qui il fourgue des 7 pouces dans des boîtes de iQqchose avec logo détourné. Et la pièce, bien sûr.

    • L’important Hardy c’est votre enthousiasme et que vous soyez en mesure de l’argumenter. Je me demande maintenant si les Parquet Courts, çà vous chante.

    • L’engouement suscité par Light Up Gold ayant piqué ma curiosité, j’avais visionné la vidéo de leur prestation de 2013 à Austin, chez Mellow Johnny’s (« maillots jaunes » prononcé avec un accent angloïde), le magasin de vélos de l’ex-septuple vainqueur du Tour de France. Le morceau le plus solide du lot : « Stoned & Starving », qui me rappelait le « Repo Man » d’Iggy.

      C’est fort honnête et très efficace, mais on ne peut guère clamer l’avènement de la plus belle invention depuis le pain tranché. Il s’agit des coqueluches art-garage du moment, les dépositaires favoris du rock NYC, l’équivalent des Strokes il y a 13 ans, gueules de gagnants et blousons en cuir de gosses de chameau en moins, tronches de geeks, authenticité, hygiène douteuse et cohérence en plus.

      J’ai écouté le nouveau disque sur NPR, c’est bon. Pas d’innovation formelle, toutefois ;-). J’ai appris hier qu’ils étaient à Montréal la veille.

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