Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Samedi 10 mai 2014 | Mise en ligne à 15h13 | Commenter Commentaires (34)

    Musique contemporaine: 25 ans plus tard, le NEM

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    Le Nouvel Ensemble Moderne fut fondé en 1989 par Lorraine Vaillancourt. Un quart de siècle plus tard, le NEM donnait vendredi son premier concert à la Maison symphonique. Les orchestres de musique contemporaine n’ont jamais eu la vie facile, mais c’était peut-être plus aisé il y a un quart de siècle. Aujourd’hui, le NEM, l’Ensemble de la Société de Musique Contemporaine du Québec (SMCQ), l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM) sont les principales formations québécoises à défendre la musique contemporaine de tradition occidentale.

    Pas facile… pourquoi ? Essayons de résumer.

    Il y a plus ou moins un siècle, la musique instrumentale dite sérieuse avait négocié un virage radical.

    En témoigne l’opéra Wozzeck du compositeur viennois Alban Berg, créé à Berlin en 1925, et rigoureusement interprété par le NEM vendredi. Encore aujourd’hui, il faut s’atteler d’aplomb pour absorber l’oeuvre, bien que l’on connaisse désormais ce langage qui mit un temps fou à se faire admettre. Les détracteurs de la musique contemporaine (atonale, dodécaphonique, sérielle) maintiennent généralement que l’abandon des structures harmoniques et mélodiques préconisées jusqu’alors par les compositeurs – même si modifiées considérablement par les premiers modernistes (impressionnistes) – ont produit un égarement du public qui perdure encore aujourd’hui.

    Les défenseurs de la musique contemporaine opposent à cette position les facteurs suivants: la fermeture et la crispation de la critique patentée en musique dite classique, l’intérêt minuscule des médias institutionnels, la désaffection progressive du diffuseur public et l’éducation déficiente des mélomanes qui pourraient s’y intéresser sont parmi les causes de ces difficultés récurrentes pour la musique contemporaine à se trouver un public croissant et un financement adéquat.

    Qui a vraiment raison ? En ce qui me concerne, personne.

    Pour les 25 ans du NEM, se trouvaient tout de même plusieurs centaines de spectateurs – à la salle Pierre-Mercure, ç’aurait été plein alors que la Maison symphonique était à moitié vide, mais bon… on n’y prêchait pas dans le désert !

    On conviendra qu’une portion congrue du répertoire contemporain, particulièrement celui créé entre les années 20 et les années 60, avait son lot d’austérité, de froideur et de grisaille. L’éradication des balises musicales antérieures n’a certes pas aidé les publics contemporains à bien saisir la nouvelle donne, tant et si bien que ces balises ont progressivement été réadmises dans la composition.

    En 1981, par exemple, une oeuvre de feu Claude Vivier était créée: Bouchara, pour soprano solo, quintette à vent, quintette à cordes, percussion, dédiée à son jeune amant de l’époque, Dino Olivieri. Or il appert que ce dernier était mon coloc à cette époque, également le jeune frère de ma blonde de cette même époque – devenue par la suite l’une des plus grandes libraires de Montréal. J’ai ainsi pu connaître Vivier avant sa disparition tragique en 1983 – sauvagement assassiné à Paris. Déjà, on observait que sa musique portait une douceur et une sensualité rares dans le contexte plutôt sec de la musique contemporaine, ce qui n’excluait en rien la complexité et la rigueur de ses architectures. Vendredi soir, je redécouvrais cette oeuvre qui a passé l’épreuve du temps sans problème aucun. Superbe !

    Dans les années 70, l’Infonie m’avait particulièrement branché. J’avais découvert ses enregistrements après l’âge d’or de la formation du saxophoniste et compositeur Walter Boudreau. Ce dernier était déjà à parfaire sa formation de compositeur auprès de maîtres et pionniers québécois de la musique contemporaine écrite – Serge Garant et Gilles Tremblay – et plonger dans un univers musical moins hybride que celui de l’Infonie dont il était le guide suprême (jazz, rock,musique contemporaine).

    En 1975, Walter amorçait déjà le cycle Le Cercle gnostique, dont on découvrait vendredi la 25e oeuvre: Solaris (Incantations VIII), inspirée de l’organisation générale de notre système solaire, quête d’un équilibre entre les «spéculations mathématiques» du compositeur et son «profond désir d’expression». Voilà toute une masse de viande autour de l’os ! Franchement, il me faudrait écouter l’oeuvre encore et encore pour en exprimer une analyse cohérente. Tout ce que je puis dire pour l’instant, c’est que cette nouvelle proposition ne manque ni complexité, ni de densité ni d’éclat. Les tableaux préconisés me semblent aussi très exigeants pour les interprètes du NEM (quelle exécution!), sorte de synthèse hybride de la musique contemporaine instrumentale et du jazz contemporain – transposé dans un contexte écrit et dont l’esthétique fait partie de l’édifice artistique de notre Walter national.

    Enfin bref, une soirée chargée de substance. Bravo le NEM et Lorraine Vaillancourt.

    LIENS UTILES

    Nouvel Ensemble Moderne, site officiel


    • Je suis heureux de constater que ce blogue ratisse toujours aussi large! Monsieur Brunet, votre éclectisme nous a manqué. Merci de braquer votre projecteur sur la musique contemporaine!

    • decidement ce blogue m’amene toujours a des endroits toujours surprenant

      chibougamau resume bien ma pensee

      et vous m avez fait une petite douleur de m avoir separee de mes vinyl et de l infonie 333

    • Bon retour Alain! Vivier un personnage fascinant. Suite à ce blogue sûrement j’ai été zieuter sa bio sur Wiki. Sa zizique tragique.

      Bien heureux de lire ce cher Walter dans ce blogue parce que, qu’on le veuille on non, son nom résonne quand on aborde ce sujet.

      Une musique plus actuelle que jamais, comme figée dans le temps, le temps qu’on l’apprécie. Qui perdra de son essence quand on l’appréciera vraiment. Un destin tragique trop tard.

    • Autant je peux aimer des affaires (musicales) étranges, autant je ne suis pas capable d’écouter ça!!!

      Le coté dissonnant me dérange beaucoup; pas dans le genre “ouais, c’est hyper intéressant comme approche intellectuelle” mais dans le sens ongles sur un tableau d’ardoise.

      Maximilien

    • @maximilien

      Le rejet de la dissonance est-il culturel ou naturel ? Certains croient à un ordre harmonique naturel et justifient ainsi leur réprobation de la musique contemporaine. J’opte personnellement pour la perception culturelle. J’écoute de la musique dissonante depuis l’adolescence, c’est-à-dire depuis 40 ans, et ce n’est pas simplement par curiosité intellectuelle. Plus ça va, en fait, plus cela m’est familier, plus je m’en approche avec plaisir. Aucun problème avec le dissonant, l’atonal, le dodécaphonique,le sériel, ce qui ne m’empêche en rien d’aimer le consonant.

    • Perso, je trouve ce que font ces gens admirable. Je ne suis pas à même d’analyser tout ce qui contribue à la poursuite de leur oeuvre ou bien à une désaffection plus grande des publics.

      Mais pour moi, cela allait ensemble avec le musique classique, l’opéra, les trames musicales pour le cinéma ou le théâtre.

      J’aime lire les analyses musicales mais la langage utilisé est d’abord au service des émotions, de la pensée, de l’imagination.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Wozzeck

      ” Alban Berg suivit les pas de son maître, Arnold Schönberg, en utilisant l’atonalité pour exprimer les émotions et même les pensées. La musique atonale amplifie l’aliénation et la folie progressive de Wozzeck. ”

      Il y en a moins à la radio publique présentement et j’écoute moins aussi la radio pour la musique.

      Ils sont admirables mais je ne suis pas en mesure d’être leur spectateur et d’aller les voir.

      Attendez, je vais essayer une analyse. Les causes de leur rejet à l’époque ? Ils étaient trop modernes. Mais aujourd’hui, je dirais plus que c’est parce qu’ils sont trop anciens et que des oeuvres du genre cela demande de la patience d’abord et avant tout. Ce qui ne va pas avec notre époque ou les cotes d’écoute sont mesurées en PPM.

      Pour la Maison Symphonique, ils devaient bien savoir qu’ils n’allaient pas la remplir mais pour souligner leur 25 ans et avoir le plaisir de la faire, ce devait être approprié.

    • Je ne crois pas cela aussi à ce rejet pour les raisons évoquées… Non, des jeunes disons branchés vont écouter des artistes s’inspirant de la musique contemporaine mais y allant de manière soft.

      L’oeuvre est alors moins exigeante, demande moins de patience… Puis exigence, exigence, le spectateur n’a juste qu’à écouter mais ils peuvent vouloir plus participer de nos jours ou filmer avec leur smartphones.

      Pour leurs difficultés aussi c’est qu’ils ne pouvent pas avoir le soutien qu’à le classique des partenaires, des grosses légumes qui veulent avoir leur nom associé à ce qui sont des chefs-d’oeuvre immortels et prestigieux. Bon, c’est un peu cliché mais c,est un peu comme cela.

      Pour encore revenir à ma perception, certains vont faire des choses qui se font depuis combien d’années en musique contemporaine ? Quarante ou cinquante ans ? Et vont paraître innovateurs. Mais ils peuvent l’être aussi, inutile d,opposer les publics. On peut penser que c’est du dilué mais on peut aussi penser que c’est une adaptation du langage sous une forme un peu moins complexe et avec une présentation plus dynamique.

      C’est ce qui me vient à l’esprit mais bon, il faudrait plus de suivi et d’écoutes pour étoffer tout cela. Ils font quelque chose d’admirable mais je n’ai pas de contrôle là-dessus. Ceux qui suvivront , survivront et comme ceux d’hier inspirer des générations à venir mais qui peuvent adapter le langage pour que cela soit moins musique contemporaine dite sérieuse.

    • J’aimerais préciser que Wozzeck est loin d’être difficile à apprécier. OK, ce n’est pas Carmen, mais la musique sert directement le récit et il n’y a rien d’intellectuel dans celle-ci, justement bien que Berg a étudié avec Schoenberg et qu’il utilisera -avec modération- sa technique sérielle plus tard (mais pas dans Wozzeck). À sa création, Wozzeck n’a pas été rejeté, loin de là. Et aujourd’hui, l’opéra est régulièrement joué sur les plus grandes scènes du monde. OK, je sais, ce n’est pas un greatest hit, et on ne sort pas en chantant le monologue de la mort de Wozzeck alors qu’il essaie de nettoyer le couteau qu’il a utilisé pour poignarder sa femme mais si on accepte de se faire dépayser un peu, c’est un opéra qui “passe” très bien. D’autant qu’il dure moins de deux heures. Il y a une vingtaine d’années, le NEM avait présenté une version “de chambre” de Wozzeck réalisée par John Rea au Monument National et c’était tout à fait réussi. Malheureusement, l’éditeur de la musique de Berg, les Éditions Universal, avaient refusé la publication d’un enregistrement. Dommage.

      J’oserais ajouter que si Wozzeck nous effraie en 2014, près de 100 ans après sa conception, il y a peut-être un problème… Pourquoi allons-nous voir des pièces de Samuel Beckett, nous pâmons-nous devant les toiles de Francis Bacon, trippons aux chorégraphies les plus audacieuses mais avons-nous peur d’une pièce musicale rien que parce qu’elle est atonale?

      Pour répondre au commentaire d’Alain Brunet au sujet des musiques atonales, dissonnantes et cie… je dirais que pour moi, c’est comme de dire qu’un tel a les cheveux bruns ou qu’un autre mesure 6 pieds. Ca n’influe pas mon approche de la musique -d’autant que je l’entends si c’est dissonnant au pas- et n’a aucun effet sur mon intérêt. Et je précise que j’écoute beaucoup de musique classique -baroque à contemporain-, de jazz -de Bix Beiderbecke à John Zorn- et de rock.

      Bravo au NEM en tout cas… J’étais à leurs tout premiers concerts à la salle Claude Champagne et j’en garde d’excellents souvenirs!

    • @jaypee2

      «J’oserais ajouter que si Wozzeck nous effraie en 2014, près de 100 ans après sa conception, il y a peut-être un problème…»

      Oui, il y a un problème. Un gros. Éducation, médiatisation et financement profondément déficients en cette période sombre pour notre civilisation qui se croit avancée. Nous sommes en plein repli. Navrant ? Oui mais il faut compter sur ces millions de jeunes gens éduqués qui finiront sûrement par piger.

    • Précisément, for the record, que Maximillien trouve aussi le jazz insupportable.

      ;)

    • C’est son droit le plus strict, jon8. Il faut respecter ça.

    • *précisons

    • Je sais très bien, Alain… Je connais personnellement Maximilien, je le taquine…. C’est vrai que Miles Davis c’est emmerdant en *(&* par bout…

      :-P

    • Pas de problème. :)

    • Me permettez-vous de faire un lien avec cet album ”étrange” ?

      Tomorrow, in a year.

      http://www.youtube.com/watch?v=L_Hr-mtAFbo

      (écouter plusieurs pièces pour s’en faire une idée juste)

      incapacité d’appréciation de la dissonance, une question de manque de culture ? Sans grand risque de me tromper, je dirais qu’une grosse poignée de scientifiques pourraient affirmer le contraire.

    • « Incapacité d’appréciation de la dissonance, une question de manque de culture ? Sans grand risque de me tromper, je dirais qu’une grosse poignée de scientifiques pourraient affirmer le contraire.»

      On attend les liens, jon8. On piaffe d’impatience. Pour ma part, la réprobation «naturelle» de la dissonance, c’est du même ordre que le darwinisme social.

    • Le lien Youtube proposé par Jon8… Pour moi , cela me semble plus jeune, plus dynamique, plus visuel, moins introspectif aussi disons mais pas pour autant meilleur ni peut-être moins bon.

      Je dirais pareil que la musique contemporaine va plus en profondeur. Mas pas besoin d’opposer.

      Et le côté contemporain ici c’est dans la danse aussi que je le vois. Le tout est plus Pop dans son ensemble itou.

      Manque de culture ? On ne peut pas être cultivé dans tout mais il peut y avoir des rejets d’une forme de culture ou des cultures ou sous-cultures qui s’affrontent, des écoles de pensée aussi.

      Alors que les deux et changeons encore le disque, lors que les deux peintres, romanciers ou intellectuels peuvent être aussi brillants un que l’autre ou encore on peut les comparer et trouver un supérieur mais cela n’enlève pas le mérite à l’autre.

    • Pour apprécier cette musique, il faut accepter de perdre ses repères. Je ressens le même impact lorsque j’écoute, par esemple, une musique chantée chinoise. D’entrée de jeu , pas évident, mais si j’accepte l’aventure, qui demande disons-le un certain effort, une nouvelle forme d’esthétique s’impose.

    • par eXemple

    • Je m’en voudrais terriblement de vous faire piaffer.

      There you go, enjoy.

      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK92785/

      En français: un numéro complet sur les sens et donc aussi concernant l’ouïe, dans Science & Vie (juillet 2013 ?) où il est décrit tout le mécanisme des stimulations extérieures avec les implications physiologiques, cognitives, médicales, cellulaires et même évolutionnaires.

      Avec un peu de chance, en allant au gros Renaud-Bray sur St-Denis vous allez tomber sur un numéro de la revue (française) Cerveau & Psycho qui traite sur le sujet au moins une fois par année.

    • http://en.wikipedia.org/wiki/Consonance_and_dissonance#Dissonance

      aussi:
      ”In more general usage, a consonance is a combination of notes that sound pleasant to most people when played at the same time; dissonance is a combination of notes that sound harsh or unpleasant to most people.”

      Des études scientifiques ont démontrées le lien entre les sonorités et/ou fréquences ”déplaisantes” et certains réflexes hérités des gênes de nos ancêtres et directement liés aux instincts de survie. Par exemple les cris stridents et enfants en pleurs associés aux alertes, très basses fréquences associées aux dangers, etc… Notre appréciation générale de la musique n’échappe très certainement pas à ces mécanismes.

      Tsé, ne poussons pas l’arrogance anthropocentrique jusqu’à croire que notre cerveau (notre corps) est conçu tout d’abord pour apprécier de la musique…

    • Je pense que cela est vrai Jon8 mais Consonance/ Dissonance ? Yin et yang.

      Je voulais donner un autre exemple ou pour ce que je perçois comme de la dissonance mais qui n’est pas dans la musique chez des artistes mais dans leurs paroles de chansons, dans leur psyché. Ils s’accompagnent dans une musique apaisante ou harmonieuse pour apaiser leur tensions internens pour ne pas se suicider ou basculer dans la folie.

      Mais si tu veux illustrer de la folie ou de la passion. Pourquoi ne pas mettre de la sissonance dans la musique ?

      On veut juste un ciel bleu avec queles petits nuages blancs ? Surtout pas un orage ou une tempête ? Mais cela fait partie de la nature.

      Le chaos autant que l’harmonie. Sans chaos pas de retour à l’harmonie finalement.

    • ”D’entrée de jeu , pas évident, mais si j’accepte l’aventure, qui demande disons-le un certain effort”

      Voilà, Norvege, tu mets le doigt dessus: *effort*.
      Ce fameux EFFORT, tant promu par l’intelligentsia.

      Qui dit effort dit ‘doit aller en opposition contre quelque chose’, ne serait-ce que le statu quo. Donc contre un certain état naturel. Bien sûr l’état naturel en question se modèle, se modifie, s’adapte… Mais jusqu’à quel point ?

      Faudra-t’il lobotomiser matante Ginette pour lui faire débarquer de Maxime Landry pour du Wozzek, ou une petite cinquantaine d’années de pression sociale Facebook suffira à faire la job ?

    • On dit aussi par Guzzo que le cinéma québécois est déprimant… Manque de culture ? Oui, mais il a aussi raison mais il a une culture qui refuse d’écouter cela…

      Justement le bébé en pleurs quiest une alerte mais il faut l’entendre pleurer même si on aime pas cela si on ferme la porte ou l’isole on ne sera pas là pour intervenir…

      Là même chose dans la nature avec les animaux… Tous ces bruits inquiétants, ils aiment pas cela quand ils arrivent mais s’ils les entendent pas ils sont foutus…

      Au théâtre ou dans la salle de concert c’est une fiction qui se joue devant vous à moins que le plafond ou bien la sc`ne s’effondre alors là , la dissonance vous allez la vivre pour vrai.

    • Bin cru d’même, là… Je crois que nos goûts musicaux ”avancés” se développent comme certains font évoluer leur vie sexuelle.

      Un moment donné, le missionnaire qui te rendait follement excité(e) dans ta prime jeunesse ne suffit plus. Tu explores puis tu définis tes limites. Ou pas.

      La grosse différence c’est qu’écouter du Pan sonic est encore légal et presque moralement acceptable. Mais, bottom line, plusieurs d’entres nous sommes d’inoffensifs pervers. Nous sommes prisonniers d’une quête éternelle de stimulations sonores de plus en plus dérangeantes.

    • Tu peux remplacer le mot effort par ouverture. Ce n’est pas toi qui parles souvent de “grower”? Ton grower implique aussi une forme de persévérence. Tu as entendu quelque chose qui attire ton attention, ce n’est pas la folie au départ, mais tu crois qu’il te faut plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités. Voilà une définition de grower et une définition d’effort.
      L’idée de perdre ses références pour expérimenter une rencontre de troisième type est assez séduisante, non? Ah bon! Pas grave. Le whisky c’est pas mal non plus! :-)

    • ”Ce n’est pas toi qui parles souvent de “grower”? Ton grower implique aussi une forme de persévérence.”

      Oui, absolument.

      Je parle essentiellement des gens en général, pas du lectorat de ce blogue qui a ”par défaut” un certaine ouverture d’esprit ou intérêt à l’effort.

      Ce que je dis c’est que ”nous” sommes en infériorité numérique, et ce, probablement jusqu’à la fin du match. Ron Fournier, sors de mon corps!

    • @jon8

      L’infériorité numérique des assoiffés de substance est un phénomène vieux comme le monde. En ce moment, toutefois, on peut parler d’une régression côtés visibilité, légitimation, soutien…

    • @jon8

      Je viens de parcourir votre lien. Il n’y est pas expliqué que les musiques modernes sont négatives pour le corps humain. Il faudrait clairement démontrer que les échelles d’intervalles préconisées par les compositeurs modernes ont un impact négatif sur les êtres vivants, bien au-delà des comportements acquis de ces derniers. Si tel était le cas, la musique se limiterait aux échelles modales et tonales. Empiriquement, j’observe que les échelles atonales, dodécaphoniques, sérielles et une pléthore de propositions texturales sont de plus en plus admises dans la composition, même dans la composition destinée à de vastes publics.

    • « Il n’y est pas expliqué que les musiques modernes sont négatives pour le corps humain. »

      Donc, Denis Gougeon n’est pas un assassin en puissance?

    • Très gentil garçon, by the way !

    • On peut affirmer que c’est la figure de proue – ou le « poster boy », pour faire plaisir à jon8 ;-) – de la musique contemporaine d’ici, ces jours-ci. C’est son année après tout, tant mieux, j’espère que son œuvre gagnera en notoriété. J’ai vu en et entendu sa pièce pour flûtes chinoises avec l’OSM, en février. Non seulement je n’ai pas fait de crise d’épilepsie, mais je ne m’étais jamais levé aussi assaini à l’entracte. Faudrait que j’aille entendre autre chose, le Trio Fibonacci peut-être?

    • ”Il n’y est pas expliqué que les musiques modernes sont négatives pour le corps humain.”

      ???

      Nous ne parlons visiblement pas du tout de la même chose.

    • Peut-être ne suis-je pas sur la bonne page, mais je me demandais s’il était possible de vous demander des suggestions de musique ambiante dans le veine de Boards of Canada? J’aimerais beaucoup approfondir ma culture de la musique électro-ambiante de ce type, mais ne trouve pas de ressources. Puis-je solliciter votre propre connaissance M. Brunet?

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