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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 13 janvier 2014 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Commentaires (19)

    High Hopes de Springsteen: 18e album studio ?

    Bruce Springsteen high hopes bandeau

    Aux férus de chanson américaine, Bruce Springsteen nous a fait le bonheur de renouveler la donne avec Wrecking Ball, très bel album paru en 2012. Belle intégration chicano, celtique, folk des Appalaches, R&B, cuivres, anches, cordes et apparition du superguitariste Tom Morello, dont le groupe Rage Against the Machine se plaisait à balancer une version très rock de The Ghost of Tom Joad, chanson-titre d’un album inspiré de John Steinbeck et ses Raisins de la colère.

    The Ghost of Tom Joad se retrouve sur High Hopes, opus coréalisé par Springsteen, Ron Aniello et Brendan O’Brian. Aucune chanson neuve ne figure au programme de cet enregistrement que l’on présente comme le 18e album studio du Boss. On le présente ainsi car il ne s’agit pas d’une compilation mais bien d’un ensemble de reprises, chansons originales retravaillées. Plusieurs avaient été mises de côté pour différents projets.

    Ainsi, High Hopes, reprise de Tim Scott McConnell, avait été reservée au maxi Blood Brothers (1996).

    En 2001, Harry’s Place était destinée à l’album The Rising.

    American Skin (41 Shots) fut écrite par Bruce en 2000 à la suite de la bévue policière ayant causé la mort d’un immigré africain aux USA, Amadou Diallo. Une version se trouve sur l’enregistrement public Live in New York City.

    Just Like Fire Would est une reprise de The Saints, groupe punk australien qui faisait rage en 1986.

    Dream Baby Dream, reprise du groupe Suicide (Alan Vega), avait été créée en 1979.

    S’inspirant du défunt rockeur du New Jersey Walter Cichon (mort tragiquement au Vietnam) selon l’idée de Joe Grushecky, Bruce avait écrit The Wall en 1998.

    Les chansons Heaven’s Wall, Dawn In The Hole, Hunter of Invisible Games et This Is Your Sword ont été imaginées entre 2002 et 2008.

    Le Boss des opérations a certes souhaité que le E Street Band fasse bon ménage avec 19 collaborateurs extérieurs pour ces douze titres (20 à l’origine), les disparus (Clarence Clemons et Danny Federici) se trouvent avec les vivants (Roy Bittan, Nils Lofgren, Patti Scialfa, Steven Van Zandt, Max Weinberg, Gary Tallent). Cordes, cuivres, anches et plus encore. Difficile de conclure à un bon ménage sur toute la ligne…

    En fait, toutes ces pièces anciennes et reprises ont été retravaillées. À certains enregistrements originels, on a ajouté des pistes et transformé l’approche. Certains titres annoncent carrément une nouvelle facture musicale, un enregistrement totalement neuf – particulièrement High Hopes et Harry’s Place.

    Le plus important facteur de changement est la présence de Tom Morello sur sept titres, un des plus grands riffers et guitaristes lead de l’histoire du rock. Vraiment rien à voir avec Van Zandt, cela étant. Little Steven est un bon guitariste de type «classic rock», de surcroît bon artiste folk rock qui se démerde fort bien à la mandoline… et dont le son est un des plus prévisibles matériaux de l’édifice Spingsteen. Alors ? Résultat en dents de scie. Parfois, le son de Morello s’amalgame parfaitement à sa nouvelle famille. Parfois, ses super passes de guit finissent par faire oublier la chanson et l’on repère des fautes de goût.

    Sur l’ensemble de la production, d’ailleurs, l’éclectisme des styles manque de cohérence. Bien sûr, un bon album de chanson rock peut embrasser plusieurs genres à conditions qu’un liant fasse le travail. Ce qui n’est pas toujours le cas de High Hopes. Et… peut-on vraiment conclure au 18e album studio du Boss ?

    LIENS UTILES


    Bruce Springsteen, site officiel

    Bruce Springsteen, High Hopes, profil Wiki

    E Street Band, profil Wiki


    Metacritic: moyenne de 70% fondée sur 26 critiques anglo-américaines

    Écoute intégrale de High Hopes sur le site de CBC


    • Ich…

      On dirait un album post mortem… d’un gars pas encore mort. Décroché depuis The Rising, pour ma part.

      Comment qualifier autrement du grattage de fonds de tiroirs avec overdbus douteux comme on le fait encore pour Hendrix à chaque automne? Parlant de guitare, qualifier Morello de “un des plus grands riffers et guitaristes lead de l’histoire du rock” est l’overstatement média de cette jeune année. Des années ‘90, peut-être.

      Je l’aime beaucoup, cela dit. Qu’il fasse partie d’un top 100 généreux, soit. Et c’est déjà un exploit, l’oeuvre d’une vie de s’en approcher…

    • Côté riffer, je persiste et signe. Des milliers de guitaristes que j’ai vus en show, il est parmi les tops. Un des plus grands – on parle de rock ici. Dans l’overdénigrement et le ton péremptoire, toutefois, je n’ose pas me prononcer…

    • On pourrait aussi jouer au jeu de celui qui trouve la meilleure toune nommée High Hopes:

      http://www.youtube.com/watch?v=n-zwQZs0Igw

    • On est loin d’Yngwie Malmsteen avec Morello, mais j’aime bien son jeu sur l’album, particulièrement THe Ghost of Tom Joad qui n’a rien à voir avec la version originale ronflante.

    • Il faut peut-être voir cet album comme une parenthèse. Rien ne l’obligeait à dire que plusieurs de ces chansons avaient été aupravant mises de côté.
      Morello avait remplacé Steven Van Zandt lors de la dernière tournée en Australie parce que little Steven était trop occupé à trouver son “tone” comme acteur vedette, dans une série de télé norvegienne. Depuis 2 ans, il en est le personnage principal. La première saison était d’ailleurs brillante et hilarante.

    • Eh ben, si c’est dénigrer un gars que de dire qu’il est parmi les 100 meilleurs riffers de l’histoire du rock (je vois qu’on ne répète pas ‘guitariste lead’, parce que là, c’est un stretch, ses excursions au digitech whammy sont pas mal datées) je suis sans voix… Je disais ça comme un compliment bien senti.

      Killing in the Name Of est un riff en drop D hallucinant, le meilleur des nineties sans doute, mais…

      Ça commence à être long, l’histoire du rock, mine de rien… On commence à parler de six décennies bien sonnées ! Des Kinks à Them Crooked Vultures en passant par Free, des clisses de bon riffers, y’en a assez pour remplir un bottin de téléphone !

    • Il y a longtemps que je ne mesure plus l’importance des nouvelles parutions du Boss en fonction de son Œuvre. J’achète, j’écoute, j’aime. Et je réécoute. « Tunnel of Love », ces jours-ci, ne me demandez pas pourquoi. Si « beat » peut vouloir dire « béatitude », comme l’expliquait Kerouac à Fernand Seguin, alors Springsteen est toujours un chanteur beat.

    • Morello est un riffer d’abord et avant tout, c’tivident. Dans le contexte de Rage, ses riffs d’enfer étaient associés à un jeu de soliste, bien qu’il n’avait pas l’aisance de centaines de guitaristes dans le monde. Pas trop complexe à piger, me semble, avant de dégainer l’«overstatement» au milieu du rideau. Dans le top 100 des meilleurs guitaristes, donc ? Ben… on est dans les meilleurs de l’histoire du rock, non ? On s’entend,donc. Énergie inutilement perdue…

    • Entouécas, « Roll Right » c’était du riff juteux!

      http://www.youtube.com/watch?v=MLXj_wH2OoI

    • Et Morello est un riffer beat.

    • Le Boss est le 93e meilleur riffer sur 100… case closed.

    • Puis, le Boss mérite d’être béatifié et son canon d’être canonisé.

    • “Énergie inutilement perdue…”

      Ouais, ça rejoint ma conclusion générale sur 98% du web 2.0…

      À l’année prochaine !

    • Bonne année, boulga_

    • Le boss, bof.
      Rage against the ( money we don’t until we do) machine, bof itou.
      .
      Par contre, petit mot pour encourager ceux qui ne l’ont pas encore fait à lire John Steinbeck et ses Raisins de la colère. Les chiens aboient, la caravane passe et le 1% empoche. On ne vous dit pas à qui appartiennent les chiens, mais vous avez intérêt à rester serré dans le rang de la caravane des 99% qui passe…

    • Bon ce fut long… je me suis retapé fast forward Rage Against the Progress et Morello est le 56e riffer sur 100.

    • “Énergie inutilement perdue…”

      Bah…ça a fait un bon show! Pour un mardi plate au bureau à faire des états financiers.

    • Alain :
      Ray Mitten = Roy Bittan ;-)

    • 10 chansons inédites de grandes qualité, 1 relecture intéressante d’une très grande toune qui me poigne au trip à chaque fois que je l’entend (The Ghost of Tom Joad) et une excellente initiative d’intégrer sur un album studio American Skin (41 shots) frissons garantie à chaque écoute de cette grande toune!! Thanks Mr Springsteen !! Même si on est pas au même niveau que The Rising, Magic ou The wrecking Ball, on prend énormément de plaisir à écouter ce High Hopes!!

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