Alain Brunet

Archive du 12 décembre 2013

Jeudi 12 décembre 2013 | Mise en ligne à 20h46 | Commenter Commentaires (4)

The Range, électro d’Amérique

The Range cover

De Providence, Rhode Island, James Hinton s’exprime sous le pseudo The Range. Cet automne, il a lancé Nonfiction, premier album cous étiquette Donky Piltch. À l’instar de son compatriote Travis Stewart (Machinedrum) que l’on a encensé récemment (certainement l’une mes trois meilleures performances de zizique électronique devant public en 2013), cet artiste américain se démarque sans cacher ses influences acquises des meilleures musiques électroniques d’Europe – hip-hop, grime, jungle, drum & bass, dubstep, techno, électro-jazz, musiques de films, musique pour ensemble de cordes, musiques de piano, post-rock et plus encore. À l’évidence, ce premier album du jeune Hinton (paru fin octobre) a été construit à l’aide d’une vaste collection d’échantillons sonores, collection superbement réorganisée. Les stratégies compositionnelles y sont variées. Proches des formes populaires connues, ces formes sont accessibles, mais leur compositeur lorgne aussi vers recherches plus poussées en matière de musique contemporaine. Très prometteur pour la suite des choses.

LIENS UTILES


The Range, écoute intégrale et achat de l’album Nonfiction sur Bandcamp

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Jeudi 12 décembre 2013 | Mise en ligne à 11h10 | Commenter Commentaires (10)

Jean-Louis Foulquier

Quelques mots sur Jean-Louis Foulquier, décédé mardi d’usure prématurée. Le mec avait bouffé dans la vie. Pas à peu près. Bouchées doubles, triples et quadruples, avec des conséquences prévisibles pour sa santé. Deux infarctus et un cancer on finalement eu raison de son corps baraqué. Lorsque, pour une première fois en 1989, j’ai rencontré ce grand animateur de France Inter et créateur des Francofolies, sa voix de whisky & cigarettes m’avait d’abord fait sourire. Classique de vieux film français, à la limite de la caricature sonore, cliché jeangabiniste. Et quel rire contagieux, mesdames et messieurs.

Au-delà des apparences, j’avais eu tôt fait de découvrir un homme chaleureux, attachant, très intelligent, très au-dessus des tensions primaires que vivent généralement les promoteurs de spectacles avec les médias. Alors au sommet de sa notoriété, il aurait pu fort bien ignorer les jeunes scribes québécois, loin d’être médiatiquement essentiels à la bonne marche de ses opérations. Bien au contraire, il était d’une cordialité exemplaire. Lorsque j’ai couvert les Francos de La Rochelle à quelques reprises au cours des années 90, tous les médias de France y étaient pour lui causer, se l’accaparer et… le vieux loup ne négligeait jamais la presse keb venue d’outre-mer.

Non, Foulquier n’avait pas cette attitude altière et contre-productive de certaines pointures parigotes. Je pense à celles qui faisaient les gorges chaudes en résumant le Québec et le Canada français à ses voix puissantes de la variété légère, tout en ignorant souverainement nos chansons et nos musiques de création. Bien sûr, le mec assumait son passé de chanson (Ferré, Barbara etc.) mais il restait curieux, sincèrement intéressé par le renouvellement de la forme. Je garde le souvenir d’échanges très instructifs avec lui, doublés d’une grande générosité de sa part et de son équipe – dont Danièle Molko, qui fut son bras droit, femme brillante et passionnée que je tiens en très haute estime – et qui nous offre aujourd’hui un témoignage très touchant à l’endroit de son collègue et grand ami. Je me rappelle aussi avoir assisté à quelques émissions de Pollen, animées par Foulquier en direct de Paris. Un petit inconnu y avait fait alors une première apparition, m’ayant conduit à l’interviewer quelques mois plus tard: Thomas Fersen.

Pour diverses raisons, je ne suis plus retourné à La Rochelle. Puis l’équipe des Francos rochelaises a plus ou moins cessé de venir aux montréalaises. Pendant quelques années, même, je n’ai plus couvert ces Francos de Montréal empoussiérées, redondantes, plutôt ennuyeuses… pour m’y remettre par la suite, c’est-à-dire lorsque le festival retrouva une nouvelle vigueur. Ce qui n’empêche en rien d’alimenter les bons souvenirs de leurs débuts en présence de leur créateur disparu.

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