Alain Brunet

Archive du 7 décembre 2013

Samedi 7 décembre 2013 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (6)

Pierre Lapointe, Les Callas, le défi des chansons nues

Pierre Lapointe Les callas

Tant qu’à faire dans le piano-voix (depuis jeudi), passons en revue le nouvel opus de Pierre Lapointe, Les Callas, lancé il y a quelques jours.

Quelques extraits à lire, d’abord:

Je déteste ma vie, c’est long ma vie sans toi, je sais trop que ma place est dans tes bras…

Ce soir je me branlerai encore en pensant à toi…

Je préfère tuer l’amour maintenant, sinon c’est lui qui me tuera…

Les désordres du coeur nous ont fait basculer vers d’étranges demeures…

…comme si ta seule présence tuait en moi tout ce que j’ai de malheureux…

Nous sommes les ancêtres de demain, notre jeunesse ne vaut rien, donne-moi la main s’il te plaît…

Les enfants du diable habitent sous le sable sur une île inventée entre deux rives éloignées / les enfants du diable y vont pour exhiber leurs rêves empoisonnés, leurs frustrations empilées / les enfants du diable, par des jours agréables, gorgent leurs verges de sang et s’enculent en chantant…

Essentiellement conçu pour piano et voix (sauf de discrètes collaborations de Philippe B., Arianne Moffatt, Joe Bocan, Monica Chokri, Félix Dyotte, Michel Robidoux), le mini-album Les Callas est rendu public après le grand déploiement au début de 2013 – un album de belle facture (Punkt) suiivi d’un spectacle grandiose et inachevé, mal ficelé, présenté trop tôt malgré ses qualités évidentes.

Quelques mois plus tard, l’hyperactif PL nous relance avec une dizaine de chansons courtes et la reprise acoustique des Enfants du diable. Au programme de ce parc thématique, la fin de l’amour, la survie du désir au terme de relations écourtées, la souffrance , le désenchantement, la pénombre, le vide, le souhait de plénitude, l’enchevêtrement du désir et du romantisme, l’androgynie assumée dans le texte, l’érotisme androgyne frisant la porno soft. Lapointe explore ainsi la peau et l’esprit des êtres qui se blottissent l’un contre, se repoussent, se perdent, nourrissent le souvenir de ce qui s’est produit ou l’espoir de ce qui pourrait se produire.

En orbite autour d’une «mélancolie très pure», pour reprendre l’expression du principal intéressé (cité par mon collègue Alexandre Vigneault), les thèmes sont éternels, encore faut-il les réitérer avec talent.

Alors ? Certaines de ces rimes sont franchement excellentes, d’autres ne le sont pas. La voix est juste sauf quelques passages, le ton est juste dans chaque état exprimé. Comme d’hab, mélodies et harmonies y sont sommairement classiques (surtout romantiques), la langue y est classique, le français on ne peut plus normatif.

Il faut être très fort pour se démarquer dans un cadre où seuls les mots et le grain de la voix font la différence. Pierre Lapointe n’y parvient pas toujours, mais il y parvient parfois.

LIENS UTILES

Interview d’Alexandre Vigneault

Pierre Lapointe, site officiel


Pierre Lapointe, Les Callas, profil Audiogram

Écoutez les extraits des Callas, sur le site d’Archambault

Pierre Lapointe – Les callas from Audiogram on Vimeo.

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