Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 20 septembre 2013 | Mise en ligne à 13h28 | Commenter Commentaires (45)

    Au sujet de Jake Bugg

    jake-bugg_album_

    En musique dite sérieuse, créer « à la manière de » alimente un débat permanent. À Hollywood, les compositeurs de bandes originales ont longtemps été contraints au néo-classicisme fin 19e début 20e. Pendant que les mélomanes réduisaient ces bandes «originales» néo-classiques à de pâles copies d’une autre époque, les producteurs y voyaient (et plusieurs y voient toujours) une marque rassurante. Plus près de chez nous, les détracteurs de feu André Mathieu lui reprochent d’avoir pensé sa musique à la manière de certains compositeurs s’étant démarqués un demi-siècle avant qu’il couche des notes sur des partitions – Prokofiev, notamment. Inutile de souligner que le pianiste Alain Lefèvre s’inscrit en faux contre cette perception, à l’instar de tous ses fans qui remplissent ses salles à travers le monde.

    En chanson populaire, l’évocation directe soulève beaucoup moins de débats mais… Régulièrement, un jeune auteur-compositeur-interprète s’impose en abordant son artisanat comme le faisaient les artistes préférés de ses grands-parents. Au Québec, le showbiz a porté aux nues Bobby Bazzini dont l’esthétique puise (jusqu’à ce jour) dans l’esthétique pop des années 50 et 60. Au Canada anglais, Michael Bublé a repris le flambeau de crooners pour la plupart morts de leur belle mort. Diana Krall est devenue la plus populaire des chanteuses associées au jazz en imposant d’abord un trio à la manière de Nat King Cole pour ensuite faire dans la bossa nova orchestrale. Et que dire de la Montréalaise Nikki Yanofsky, chouchoutée par papi Quincy (Jones) et cher oncle Phil (Ramone).

    Ce qui nous mène à Jake Bugg, finaliste au Mercury Prize et l’enfant chéri d’une presse indie qui n’a vraiment pas grand-chose à voir avec Nikki, Bobby, Michael ou Diana. Qu’est-ce qu’on se pâme sur ce jeune Anglais, bobdylanesque pas à peu près, évoquant aussi The Weavers et Buddy Hollly. Ouf… On a pris note du phénomène l’été dernier, on a attrapé petit bout de sa prestation au dernier festival Osheaga, on imagine que c’était archi-plein jeudi au Corona pour accueillir le «prodige».

    Il écrit de jolis mots, ce garçon à peine remis de ses transformations hormonales. Il a une très jolie voix. Il est très sûr de ses moyens et reprend la dégaine nonchalante de ces artistes vachement indépendants de la faune médiatique. De prime abord, Jake Bugg voit la chanson comme Robert Zimmerman la voyait il y a 50 ans, initiant le folk-rock au grand dam de ses fans de la première ligne. Pas dix, pas vingt, cin-quan-te. Un tel talent de l’évocation parfaite réjouit à coup sûr la music business pour des raisons évidentes: une forte portion du public alimente avec plaisir son inconscient nostalgique. Ainsi, tout ce beau monde peut aller jusqu’à prêter un talent exceptionnel à ces copy cats émergents.

    Il arrive toutefois qu’un «prodige» se dégage de ses influences après avoir charmé les masses. Il arrive aussi qu’un Rick Rubin parvient à les lui extirper. Souhaitons à Jake Bugg que ça se produise au prochain album – de concert avec notre barbu préféré. Si tel est le cas, on retournera le voir et l’entendre sur scène. Sinon…

    LIENS UTILES

    Jake Bugg, site officiel


    Jake Bugg, profil wiki

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM SANS TITRE SUR GROOVESHARK


    • Comme Mick Ronson pour Lisa Dal Bello.

    • …et pourtant, Bob Dylan nous ressert l’Amérique des années 30 à 50 depuis 3 ou 4 albums et les gens crient au génie. Dylan reprend presque mot pour mot du Muddy Waters et du Bing Crosby et ça passe.

      Pourquoi est-ce correct pour Dylan mais pas pour Jake Bugg ?

    • J’aime bien. Et bravo pour cette photo où il a une cigarette à la main sur son site officiel.De plus en plus les fumeurs se cachent et je ne comprends jamais pourquoi.

    • @phil8791

      La musique de Bob est totalement country, folk, blues et rock. Formes traditionnelles mais… il peut compter sur des musiciens capables de transcender ces genres. Et puis… le plus important chez Bob ? Les mots. À ce titre, on parle d’une signature de génie.

      @gillesménard

      La cigarette en public est un signe ostentatoire ;-)

    • Dylan n’est qu’un exemple…

      La tradition folk, blues, country a souvent été de réinterpréter ou de modifier un répertoire déjà existant. Comptez le nombre de chansons blues qui utilisent les lignes “one and one is two, two and two is four”…

      Je ne défends pas Jake Bugg. Je le trouve sympathique mais je ne payerais pas nécessairement pour aller le voir en spectacle. Simplement que je vous trouve un peu sévère !!!

      Quand un artiste indie fait un album avec plusieurs références aux années 80, on aime ça (si c’est bien fait). Alors pourquoi un artiste qui poursuit la tradition folk (encore, si c’est bien fait) n’aurait pas le droit d’avoir un peu de succès mainstream lui-aussi ?

      Si c’est de la nostalgie écouter Jake Bugg, alors ça doit être aussi de la nostalgie écouter The Drums, non ?

    • Je comprends assez mal le buzz. Votre collègue Cormier du Devoir est absolument dégoulinant à son égard. Je trouve pourtant ça assez redondant et, pour tout dire, sans grand intérêt. Il doit m’en manquer une couche…

    • Sinon, pour passer à du costaud, quelqu’un à des nouvelles de Sufjan ?

    • « Votre collègue Cormier du Devoir est absolument dégoulinant à son égard. »

      En effet, le sirop coule à grands flots.

    • Il y a divers degrés de pasticherie. Jake Bugg est un maître-pastichier précoce qui confectionne des pasticheries un peu trop chargées de crème chantilly.

    • @phil8791

      «Si c’est de la nostalgie écouter Jake Bugg, alors ça doit être aussi de la nostalgie écouter The Drums, non ?»

      Ne suis pas trop fan de The Drums non plus.

      «La tradition folk, blues, country a souvent été de réinterpréter ou de modifier un répertoire déjà existant.»

      Très juste. Ceux qui se démarquent, pourtant, ne ressemblent pas à leurs prédécesseurs même s’ils reprennent les mêmes instruments, les mêmes progressions d’accords, des mélodies semblables. Tout se passe autour: dans la manière de jouer, dans les arrangements, dans la voix… et surtout dans les mots. Chez Jake Bugg je n’ai pas d’autre impression que celle d’un élève modèle. Maître-pastichier précoce, pour reprendre hardy.

    • Un potiche qui pastiche, si je comprends bien.

    • @freiberg

      Oui, en quelque sorte mais cela pourrait changer pour le mieux.
      Sylvain Cormier, soit dit en passant, est un ami. Je respecte son point de vue comme celui de tous les fans de Jake Bugg. Cormier et moi sommes régulièrement aux antipodes de la perception sensible, et cela n’altère en rien notre appréciation mutuelle et notre amitié véritable.

    • attendons le prochain album comme vous dites… N’oublions pas que Dylan se prenait pour Woody Guthrie un peu trop sur ces premiers albums (surtout son premier).

      Pour Jake Bugg, je n’ai pas le feeling non plus que ce sera quelqu’un de qui on parlera encore beaucoup dans 3-4 albums.

    • @phil8791

      «N’oublions pas que Dylan se prenait pour Woody Guthrie un peu trop sur ces premiers albums (surtout son premier)»

      Encore très juste.

    • Faut pas le prendre mal, j’ai insulté personne. Relisez mon commentaire, il ne s’agit que de mon incompréhension.
      Et si je dis ça, c’est parce que je le lis et donc que je le trouve intéressant. Vous pouvez voir ça de l’autre côté, aussi.

    • @freiberg

      N’ayez crainte je ne le prends pas mal. Je rappelle simplement que les romantiques sont aussi mes amis ;-) Et tout indique que vous et moi sommes plutôt d’accord sur le cas Jake Bugg.

    • @phil8791

      “…et pourtant, Bob Dylan nous ressert l’Amérique des années 30 à 50 depuis 3 ou 4 albums et les gens crient au génie. ”

      C’est vrai, sauf que Dylan, c’est vers son enfance qu’il retourne. Vers la musique qui a marqué son enfance et qu’il écoutait à la radio. Dans le cas d’un kid de 20 ans, mettons que ça fait diablement passéiste que de ressortir le folk d’il y a cinquante ans comme le souligne M. Brunet.
      Personnellement, j’adore Sinatra (époque Capitol exclusivement) mais je suis incapable d’écouter les crooners d’aujourd’hui. Sinatra était de son temps, c’était la musique de son temps. Bublé, ce n’est que de l’évocation.

      C’est platte, mais Duke Ellington, Frank Sinatra, Miles Davis, les Beatles, c’est de la musique d’hier. Il n’y a rien de mal à l’écouter et à l’aimer mais une imitation conforme de cette musique n’est rien de plus… qu’une imitation.

      Mais bon, ce Jake Bugg (personnellement, sur la photo de l’album, je trouve qu’il ressemble à Keith Richards très jeune: http://i111.photobucket.com/albums/n141/TheGomper/keith.jpg) est très jeune et il va peut-être nous sortir quelque chose de plus personnel bientôt. Après tout, l’opus 1 de His Bobness est également -comme le souligne Phil8794- woodyguthriesque bien plus que dylanesque…

    • Je dois vous avouer que mon commentaire sur Jake Bugg dans l’autre blogue était un peu gratuit car je ne l’avais jamais entendu, mais bon, c’est ce que la pochette et le nom (Jake Bugg, ouf) m’ont inspiré! Faux croire que mon impression initiale n’était pas mauvaise.

      Donnons la chance au coureur. Le talent est là et il suffirait d’une réorientation artistique pour que sa carrière prenne un tournant. Qui aurait prédit un Jagged Little Pill de la part d’Alanis Morissette après son horrible premier album?

    • Bien dit, jaypee2.

    • @jaypee2

      “C’est vrai, sauf que Dylan, c’est vers son enfance qu’il retourne. Vers la musique qui a marqué son enfance et qu’il écoutait à la radio.”

      Il faut faire très attention…

      à titre d’exemple:

      http://www.youtube.com/watch?v=6U6Vrc8RqsI

      vs

      http://www.youtube.com/watch?v=CEoGqUqy-0w

      La pièce de Bing Crosby a été enregistré en 1931. Dylan est né en 1941.

      Comme je disais, on est vite à pardonner à certains et on a la critique facile pour d’autres !!

    • Pas tout suivi Dylan. Même que sa voix actuelle, qui tient vraiment de la provocation, m’a fait décrocher depuis un bout. Surtout quand je la compare à la voix du jeune cocky des années 60. Je veux bien être ouvert aux « pas-de-voix-qui-faussent-bien », reste qu’il y a une limite.

      Mais ce que je veux dire, c’est que le Dylan des années 60 s’abreuvait déjà aux mamelles du blues primitif, du folk et du bluegrass. Bukka White aurait été l’une de ses inspirations. Dylan a pogné de quoi dans la musique Black. Dans les années 60, Hendrix disait qu’il avait l’impression que Dylan écrivait pour lui quand il entendait l’une de ses pièces, Odetta a enregistré un album de chansons de Dylan, les Staples Singers et allez savoir combien de groupes gospel ont aussi enregistré de ses chansons.

      Bugg peut bien reprendre les intonations de Dylan tant qu’il peut, on n’entend pas dans sa voix le feu au cul qui enflammait celle de Dylan.

    • Dylan idolâtrait Guthrie, il était allé le voir à l’hôpital, il voulait en être l’émule. Je vois ses premières chansons comme autant d’hommages à Guthrie.

      Jake Bugg, si l’on se fie à ses déclarations – « Bob Dylan’s cool, you know, he’s great, but he’s not a major influence » –, modèle sa musique sur celle de Dylan sans même s’en rendre compte.

      « Qui aurait prédit un Jagged Little Pill de la part d’Alanis Morissette après son horrible premier album? »

      Coudonc, il n’y que moi qui me souvienne de Lisa Del Bello? ;-)

      « et le nom (Jake Bugg, ouf) »

      C’est effectivement suspect, ça me fait penser à Jack Rollins, l’un des alter ego de Dylan dans « I’m Not There ».

      Pour la ressemblance au jeune Keith, c’est frappant, en plus angélique et moins anguleux.

    • *Dal Bello

    • @hardy_canyon

      je crois que c’est possible que Dylan ne soit pas une influence majeure pour lui.

      Dylan a tellement emprunter à d’autres que si un artiste est influencé par Jimmie Rodgers, Hank Williams et Skip James (pour ne nommer que ceux là), les gens finissent par croire que Dylan est son influence principale.

    • Personnellement, je suis toujours contente d’entendre un p’tit jeune qui arrive à me rappeler Hank Williams, Lonnie Donegan ou Bob Dylan. Un bon chanteur avec ben du nez et du twang! Ce type de musique ne sera jamais dépassé.

    • Fort bien, sauf que lorsque j’écoute Jake, je n’entends ni Leadbelly, ni Elvis, ni Harry Belafonte, ni Dave Van Ronk ni aucune autre des influences assumées de Dylan : j’entends Dylan.

      http://www.youtube.com/watch?v=-hygKtKhSLc

    • «Major influence» ou pas, j’entends aussi Dylan avant quiconque.

    • J’ai un commentaire qui a pris le chemin du cosmos le plus proche?

      NDLR: Allo la Terre… le cosmos vous a renvoyé votre commentaire. Vraiment un caprice du logiciel wordpress…

    • @ atchoum :

      Ça m’arrive aussi de perdre des commentaires dans le cosmos, c’est ce que j’appelle le bogue du blogue. Cette fois-ci, ce doit être le bogue de Bugg.

    • Alain peut les récupérer, toutefois. Le vôtre est peut-être dans une autre dimension, genre Twilight Zone.

    • C’est ça l’embêtement. N’entendre Dylan et que Dylan. Avec en plus des textes pas mal plus cucul la praline, même si c’est joliment tourné. Le désavouer en prime, c’est malhonnête. Il n’y a rien de mal à afficher haut et fort ses références.
      Ça se laisse écouter, mais sans plus. Me semble qu’on entend le détachement des influences assez vite chez les bons, vite de même Grizzly Bear, puisque c’est ce qui tourne chez moi en ce moment.
      On peut tout de même laisser le bénéfice du doute, vous avez raison.

      Au fait, c’est M. Cormier qui m’a fait l’écouter pour la première fois. C’est vous dire le crédit.

      Vous, c’est Sufjan Stevens. Main plus heureuse sur ce coup.

    • Jonas Alaska. Jeune artiste dylanien-norvégien

      http://www.youtube.com/watch?v=sphk8F_Sd2s

    • Ecouter le disque, l’aimer ou pas…le reste on s’en fout.
      Assez tanne des critiques qui critiquent pour critiquer.

    • @mctru

      Tanné ? Vous avez l’entière liberté de lire une pléthore de textes sur la musique, mis en ligne chaque semaine partout sur l’internet. Si ce qui est présenté ici vous exaspère, vous avez un vaste choix. Ici, en tout cas, on ne vous engueule pas parce que vous préconisez la formule «j’aime ou je n’aime pas et le reste on s’en fout ».

    • @mctru

      Nous ne critiquons pas pour critiquer; nous avons des discussions par amour pour la musique. À l’époque, nous avions ce genre de discussions dans les magasins de disques. Au point où ils sont rendus aujourd’hui, il faut maintenant venir sur un blogue comme celui-ci pour partager ses passions. Parce qu’il y en a pour qui simplement écouter un disque n’est pas suffisant.

      Grace à Jake Bugg, nous avons discuté de Bob Dylan, Sufjan Stevens, Jonas Alaska, Bing Crosby (sans oublier Dal Bello !!!) et plusieurs autres. Jake Bugg continuera d’avoir le succès qu’il a pendant que nous, lecteurs de ce blogue, avons pu faire un petit voyage musical en explorant les racines de l’artiste.

      Il est où le problème ?

    • Au fait, j’avais interviewé Lisa Dal Bello à ses débuts… et mes débuts. Nous avions alors parlé de Mick Ronson, ça me revient. Hardy m’a fait fouiller dans mon disque dur ! ;-)

    • @phil8791

      Bien dit !

    • Je l’aime bien cet album. Suis-je nostalgique d’une époque que je n’ai pas connu (comme Jake Bugg, d’ailleurs) ? Peut-être. Mais je suis d’accord sur le fait qu’il devra passer à un autre niveau lors de son prochain album.

      Je préfère tout de même l’écouter que quelques autres groupes présents dans la liste restreinte du Mercury Prize, mais il ne serait pas mon premier choix non plus !

    • @ mctru

      Je trouve amusant de prendre la peine d’aller un blog consacré à la musique, de se “logger in” et d’écrire quelque chose pour dénoncer la critique musicale.
      Comme l’écrit fort judicieusement phil8791, “à l’époque, nous avions ce genre de discussions dans les magasins de disques”. Sauf qu’aujourd’hui, on peut le faire d’un continent à l’autre (je vous écris de Vienne en Autriche…). Et grâce à cette discussion, j’ai eu envie d’aller écouter mes vieux Dylan…
      Si on ne peut s’en tenir qu’à ce qui compte dans la vie, à part discuter de la vie, de la maladie et de la mort, on ne parlera pas de grand chose…

    • @hardy_canyon

      Je m’en souviens aussi, de Dalbello. Whomanfoursays était un album assez singulier pour l’époque. J’avais aussi par la suite acheté Whore qui était de facture un peu plus convenue. Elle était assez prolifique et ses chansons ont été reprises par plusieurs artistes, mais je vois qu’elle n’a plus rien produit après 1995. Y a une raison?

    • Kikipédia : « Dalbello has not released another album since 1996 and has primarily focused on producing and writing for other artists such as Heart, Julian Lennon, Nena, and Patti LaBelle, whom she also produced. »

      Mais, quand même, peut-être qu’elle en avait sa claque de la vie rock, des entrevues – pas celle qu’elle a accordée à Alain, bien sûr, mais à ses collègues moins délicats –, des drogues dures et d’Alex Lifeson et compagnie. D’après Kikipédia, elle a commercialisé sa voix de toutes sortes de manières par la suite : « her voice was heard introducing CBC News anchor Peter Mansbridge on the network’s flagship nightly news » (des milliers de Canadiens qui se demandaient ce qu’elle était devenue entendaient sa voix tous les soirs sans le savoir).

      Seule entrevue récente :

      http://www.youtube.com/watch?v=embh7JpRh6I

    • Ça fait maintenant une année que j’écoute assez régulièrement l’album du jeune Bugg, et je vous trouve un peu dur. Bien d’accord: il n’a rien à faire sur la liste du Mercury.
      Cela dit, il a maintenant 19 ans, ces chansons ont été écrites quand il en avait 16-17. Si on ne peut pas écrire une chanson d’amour un peu nunuche à 17 ans !.. Les Beatles en avaient 22-23 quand ils chantaient I Want To Hold Your Hand. On va lui laisser quelques années pour produire son Rubber Soul. (En passant, je ne vois pas trop en quoi « Once I Was an Eagle » est le « Court and Spark » de Laura Marling. Mitchell est passé de Blue à C&S, avec jazz band et arrangements orchestraux en deux albums. J’aime bien Marling, mais je n’entends pas de changement de paradigme dans son univers sonore. )
      Pour ceux qui voient en Bugg un « produit » manufacturé, vous pouvez aller voir les vidéos sur You Tube de ses premières participations à un show radio régional de la BBC. Entre ces prestations et ce qu’on retrouve sur son album, pas vraiment de différences, aucun formatage.
      Sur l’influence de Dylan : il dit avoir commencé à s’intéresser à la musique vers 14 ans, et c’est Don McLean (!!) qui fut la bougie d’allumage. Depuis, il fait ses classes, il dit écouter Neil Young, Nick Drake, Hendrix, John Martyn, Robert Johnson…
      Pour ma part, ce n’est pas tellement Dylan que j’entends, mais Buddy Holly, les Everly Brothers (Fire), Simon & Garfunkel (Simple As This) , et quand c’est du folk plus dylanien, c’est plutôt via Donovan, période Catch The Wind (Some Place), ou David Gray (Slide). Et la toune qui promet, pour moi, c’est « Ballad of Mr. Jones », qui, malgré le titre, n’a absolument rien de dylanien.
      Si Rubin vient de finir la production de son 2e album, c’est qu’il doit entendre plus qu’un simple copycat.

      Je me souviens d’une entrevue avec Ryan Adams à l’époque de son magnifique Heartbreaker (ça fait déjà treize ans !), dans laquelle il disait capoter à l’écoute de « Madman across the water » d’Elton John, qu’il venait de découvrir.

    • @Ben50

      Merci de vos précisions. Effectivement, Dylan n’est pas une «major influence» de Jake Bugg, c’est néanmoins la fragrance principale de son album- sur scène, je vous l’accorde, c’est moins évident. Les autres saveurs et influences assumées (Buddy Holly, Everly Bros, Donovan, etc.) sont moins prédominantes en ce qui me concerne… et je n’entends vraiment rien de John Martyn, Nick Drake, Jimi ou Neil Young. Quant à Robert Johnson, tout songwriter s’en réclame comme tout humain se réclame de Mama Lucy, non ? Enfin, comme vous, je souhaite que Rick Rubin fasse éclore le bourgeon. Ça n’arrive pas à tout coup… Mais bon, le problème réside dans l’éclairage médiatique dirigé vers le ti-cul. Beaucoup trop intense, nettement exagéré. Et le Mercury par-dessus tout ça, n’importe quoi… Toutefois, vous avez écouté cet album beaucoup plus que moi (4 fois et ce sera tout !), vos nuances me semblent donc étoffées et justifiées.

      Quant à Laura Marling, une artiste très jeune et à mon sens beaucoup plus avancée que son collègue Bugg, je vois personnellement un changement important dans Once I Was An Eagle par rapport au précédent mais bon, je mentionne Court & Spark parce que c’est son album préféré de JM, et non un opus directement comparable dans sa forme. Ce sera donc l’occasion d’en discuter davantage lors de son prochain passage !

    • “et je n’entends vraiment rien de John Martyn, Nick Drake, Jimi ou Neil Young.”

      Normal: il dit écouter ces artistes depuis qu’il a enregistré son album.
      Pour ma part, je suis plus curieux d’entendre ce qu’il aura tiré de l’écoute de “Five Leaves Left” ou “Solid Air” que Robert Johnson…

    • C’est vrai, il a appris ses nouvelles leçons après cet album. En souhaitant qu’il ne les duplique pas au prochain … Si c’est ainsi, son premier album original sera enregistré en 2040 ! Bien sûr je charrie mais bon…

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