Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 6 septembre 2013 | Mise en ligne à 13h11 | Commenter Commentaires (55)

    Nine Inch Nails: Hesitation Marks

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    Le huitième album studio de NIN est construit avec rigueur et efficacité, et ce avec un souci de l’accroche dans la plupart des chansons au programme. On y mord à tous les hameçons, on y pagaie dans les mêmes eaux…quoique ces eaux soient moins tourmentées que par le passé. Moins de violence, moins de hargne, beaucoup de peaufinage et… peu de vraie nouveauté formelle.

    De prime abord, on ne découvre pas grand-chose d’apparent au fil des écoutes de cet Hesitation Marks, domine l’impression de polissage – moins de guitares et plus de machines… Y repérer quelques judicieux procédés de création/traitement/collage des sons ne mène pas nécessairement à conclure que l’album est hautement inspiré. Côté composition, donc, on trace dans les même sentiers de NIN sauf exception. Ces sentiers sont mieux balisés, mieux entretenus, forcément moins aventureux.

    Je relis ce que j’avais écrit en novembre 2008 : « Reznor est de ces (très) rares artistes capables de remplir les arénas tout en créant sans complaisance à l’endroit de son public de masse… qui finit immanquablement par le suivre. » En 2013, j’ai plutôt l’impression que le courant semble en voie de s’inverser…

    Je me permets néanmoins de souhaiter un feu d’artifices audiovisuel lors de sa venue prochaine – le 3 octobre prochain à Montréal. N’oublions pas que Reznor fut un des premiers à faire appel à Moment Factory, il avait fait preuve de vision. Cinq ans plus tard, l’entreprise montréalaise est passée de la marginalité relative au succès grand public – Madonna au Superbowl, pour ne citer que cet exemple.

    À 48 ans, Trent Reznor nous réserve peut-être d’autre virages conceptuels plus abrupts, mais rien n’indique que ça se passera durant le cycle de sa nouvelle tournée et de son nouvel album. Pour ceux que cet album laisse mi-figue mi-raisin, il y a lieu de croire que le visionnaire a peut-être trop diversifié ses opérations (le mec brasse pas mal d’affaires, notamment cette plateforme d’écoute qu’il préconise avec Dr Dre), destine davantage ses capacités intellectuelles et artistiques (supérieures comme on le sait) à de nouveaux modèles d’affaires dans l’environnement numérique.

    Encore là, cela tend à rentrer dans l’ordre: sur le site officiel de NIN l’album est mis en vente à 12 US$ pour le téléchargement de base avec le CD si désiré, à 20 US$ pour la version « de luxe » du CD et du fichier numérique, à 28 US$ pour une combinaison vinyle + téléchargement. L’écoute en continu est offerte sur iTunes et on a droit à des extraits de 90 sec. Rien à voir, donc, avec l’opération précédente – le téléchargement de l’album Ghosts I–IV (2008) était gratuit, l’écoute intégrale l’était par voie de conséquence et les fans finis pouvaient débourser une somme importante pour le vinyle et un livret à tirage limité.

    Pour toutes ces raisons, Hesitation Marks me semble une opération bien ficelée, mais… Lorsqu’on a construit son art sur le chaos, le maelström, la tourmente intérieure et les contorsions de l’existence (quoique certains passages des nouveaux textes peuvent donner le vertige), la réduction de cette charge doit être forcément remplacée par de puissantes avancées formelles afin que l’on puisse conclure à l’aboutissement d’un projet important. Si les nouvelles valeurs (plus esthétiques, plus complexes) ne sont pas aussi puissantes pour compenser la perte de rugosité, l’impression de plafonnement s’en voit renforcée.

    Liens utiles

    Écoute intégrale de Hesitation Marks sur Grooveshark


    NIN, site officiel

    NIN, profil Wiki


    NIN chez Moment Factory


    NIN / blogue Moment Factory

    Reznor en affaires avec Dr. Dre – Rolling Stone

    Nine Inch Nails: “Came Back Haunted” (2013) from Nine Inch Nails on Vimeo.


    • ”Je relis ce que j’avais écrit en novembre 2008 : « Reznor est de ces (très) rares artistes capables de remplir les arénas”

      Vraiment ?
      J’ai encore le souvenir d’un show de NIN au centre Bell (Molson, d’avant la config théâtre?) où la majorité des sièges était vide… Et l’ambiance général en a souffert, de même que mon souvenir.

    • correction: les extraits sur iTunes pour toute musique sont à 90 secondes au lieu de 30, depuis déjà un bon moment.

    • C’est un bon disque. Plus calme, distingué, avec des petites touches plus ‘IDM’. ‘Came back Haunted’ est une bonne chanson où il nous incorpore des synthés plus techno qu’industriels. La pièce ‘Copy of A’ est dans la même lignée. Il débute avec cette pièce d’ailleurs dans sa plus récente tournée. La très rock ‘Everything” aussi est excellente. Sans jamais avoie été un super amateur de NIN, force est d’admettre que c’est son meilleur effort depuis… les années 90.

      Antoine
      CIBL 101,5 FM
      Vendredi 21h00

    • Pas le temps d’écouter maintenant, mais je suis surpris d’apprendre qu’il est toujours actif. Huit albums en 24 ans, on ne peut pas dire qu’il s’est trop exposé… À une autre époque, NIN, Ministry et Young Gods (quoique ce groupe était moins populaire auprès des potes) se disputaient le temps d’écoute.
      .
      « Moins de violence, moins de hargne, beaucoup de peaufinage des sons »

      Je me demande si je vais le reconnaître?

    • Oui oui, vous allez le reconnaître. Même s’il porte parfois le complet-cravate et amène ses kids à Disney World.

    • « Oui oui, vous allez le reconnaître. Même s’il porte parfois le complet-cravate et amène ses kids à Disney World. »
      .
      Eh ben, les miettes d’ado qui restent sont comme genre déçues, là… Pas rapport. Cou donc, se rêvait-il en train de porter des cravates Mickey Mouse lorsqu’il a écrit Happiness In Slavery?

      « I have found
      You can find
      Happiness in slavery
      Slave screams he spends his life learning conformity
      Slave screams he claims he has his own identity
      Slave screams he’s going to cause the system to fall
      Slave screams but he’s glad to be chained to that wall
      Don’t open your eyes you won’t like what you see
      The blind have been blessed with security »
      .
      http://www.azlyrics.com/lyrics/nineinchnails/happinessinslavery.html

    • Bonjour!

      Je nuancerais un élément et j’apporterais un commentaire sur ce qui m’a le plus frappé. Mais juste avant, je suis bien d’accord avec l’analyse de M. Brunet.

      En fait, la version numérique « de luxe » est aussi à 12$. C’est la version deluxe du CD qui est à 20$; à moins que je me trompe, car j’ai acheté mon album en prévente sur le site officiel.

      La version numérique deluxe a été “masterisé” différemment, pour audiophile. La version standard offre un “mastering” de l’album au complet, alors que la version deluxe a été “masterisé” une pièce à la fois, d’ans l’objectif de conserver le plus de basse fréquence possible et de complexité du son. La qualité désirée était pour rapprocher l’expérience de l’audiophile de ce qu’entend le réalisateur lors de l’enregistrement; selon leurs dires. Le texte expliquant la version deluxe est d’ailleurs très intéressant. On se rapproche du projet (s’il existe toujours) de Neil Young.

      Étant un fan fini du vinyle et un musicien, j’ai ENFIN trouvé un enregistrement numérique qui me satisfait vraiment. Bien que mon équipement soit modeste, j’aime le son riche et complexe. Ha oui! Je parlais bel et bien du dernier NIN! Bon. Je passe donc plus de temps à observer la qualité de son que de me laisser happer par les pièces musicales…

      Signé:
      Un lecteur fidèle et assidu depuis plus le début de ce blogue, qui vous présente son premier commentaire!

    • Merci mcitron.

      Pour être plus précis: http://store.nin.com/

      Et continuez de nous écrire en plus de nous lire !

    • @jon8

      Ça fait longtemps que NIN remplit les arénas… On a aussi vu U2 dans un Club Montréal (qui devint ensuite le Spectrum) à moitié vide…

    • @Alain

      « Le huitième album solo de NIN est construit… »

      album “studio”, j’imagine ?

      NDR: Oui, studio.

    • J’ai été un très grand fan(atique) de NIN. Je suis encore un grand fanatique de musique. Cependant, force est d’admettre que m. Reznor ne se réinvente plus tellement comme vous dites. Tant mieux pour lui s’il n’est plus aussi torturé qu’à une époque, mais ça musique en a pris un coup. Jusqu’à fragile, les albums étaient bien différents les uns des autres. Depuis une décennie (hormis pour ghost, qui admettons le, était loin d’un chef d’oeuvre), le son d’un album à l’autre demeure plutôt constant. S’il n’y avait pas NIN d’écrit sur l’album, je ne suis pas certain que j’en serais à ma 10ème écoute… et à tenter de me convaincre de l’embarquer dans ma rotation musicale pour les mois à venir.

    • Pour ma part, je remarque que M. Reznor a mis de coté les grosse guitares hyper-texturées pour la majeure partie de cet album. Après quelques écoutes, j’y perçois un certain minimalisme assez électro.

      Selon moi, je persiste à croire que les prestations scéniques de NIN sont ce qui se fait de mieux de nos jours. Pour un avant-gout de la tournée des arénas qui se met présentement en branle et de toutes les prouesses technologiques qui se déroulent en coulisse (Moment Factory compris), allez jeter un coup d’oeil sur cet aperçu exclusif chez Vevo :

      http://www.vevo.com/watch/nine-inch-nails/nine-inch-nails-2013-pt-1-vevo-tour-exposed/GBUV71301294

    • copié-collé de l’autre billet:

      J’ai un peu désespéré après le génial Downward Spiral (et, non, ce n’est pas juste pour la pièce Closer…) même si j’ai tout de même apprécié l’album double Fragile et ce qu’il a fait avec le soundtrack du Lost Highway de Lynch…

    • En plus de cet album, qui est pour ma part excellent, il a également sortie l’album An Omen avec son autre “band” How To Destroy Angels, un autre excellent album soit dit en passant. Donc 2 albums dans la même année !!

    • L’album est également très bien reçu par la critique et les fans en général 76 % selon Metacritic

    • Lors de mes deux premières écoutes, je n’étais vraiment pas certain, mais plus je l’écoute et plus je l’aime. L’absence de guitares lourdes m’a un peu déstabilisé au départ, mais j’aime bien ce qu’il a fait. J’adore particulièrement Various Methods of Escape. Très hâte de les voir le 3 octobre.

      Le seul album de NIN que je n’avais pas aimé est With Teeth. Par la suite, j’avais adoré Year Zero, et The Slip avait été une belle surprise, lancé gratuitement et sans avertissement.

      Je suis dans la même catégorie que mcitron. Lecteur assidu qui ne commente jamais.

    • Merci oliverr,

      Continuez aussi de nous écrire !

    • @stef27

      Merci de nous rappeler les moyennes lorsque vous me trouvez trop sévère ;-) C’est vrai, d’importants journaux sont très positifs. The Guardian, Rolling Stone, Spin… Cette fois je me rapproche de Pitchfork qui accorde 7/10 haha !

    • moi je vais m’occuper de rappeler à stef27 quand il n’est pas assez sévère! lol

    • http://vimeo.com/3554852

    • @ alain

      Ce n’était pas mon intention, mais bon…comme je lui donne un 8/10 je trouvais que la critique d’ensemble lui rendaient justice, mais je respecte votre position.

      @ jon8 Et oui mon ami, ça c’est comme pour le nouveau Daft Punk, je sais que tu peux avoir envie de me ramener à l’ordre, mais je pense que la plupart du temps on est sur la même longueur d’onde. Un gros 8/10 pour cet album !! Et le spectacle du 3 oct s’annonce mémorable.

    • @stef, que pense-tu du nouvel opus de James Holden ?

      11 ou 12 sur 10 ?

      :-)

    • ”Et le spectacle du 3 oct s’annonce mémorable.”

      quel spectacle ?

    • *je pensais que tu parlais de la (fausse) rumeur du spectacle de Daft Punk/Justice/Chemical en octobre

    • NIN 3 oct Centre Bell !! James Holden, je dois me donner le temps de l’écouter, je vais le faire bientôt et on s’en reparle. Je suis un peu en retard là!! Est-ce qu’Alain en à parlé ?

    • @ jon8

      Le 8/10 c’est également pour Hesitation Marks !!

    • j’ai donné mes commentaires sur The Inheritors de Holden ici:

      http://blogues.lapresse.ca/brunet/2013/08/05/osheaga-mes-critiques-de-dimanche/

      peut-être que Alain en avait parlé déjà, je sais pas, c’est un album sorti en juin (passé sous mon radar!)

    • @stef27

      La chanson que j’ai le plus entendue dans les magasins de fringues et autres commerces que voulait absolument fréquenter ma petite dernière à Manhattan (en juillet): Get Lucky.
      Pour Metacritic, je vous tirais la pipe amicalement. By the way , je respecte aussi votre position , d’autant plus que votre enthousiasme est contagieux ! :)

    • @jon8

      Je songe à le faire, ce James Holden. Lorsque les festivals se mettent dans l’agenda, les critiques d’albums hors festivals deviennent plus laborieuses…

    • D’un point de vue *ambition artistique*, jusqu’à maintenant cette année, il y a:
      The Knife, Kanye West et James Holden.

      L’album de Holden est le seul qui traverse chez moi la vingtaine d’écoutes. Signe des albums de gros calibre.

    • Reznor est l’artiste le plus overraté des 20 dernières années

    • Parlons s’en alors, D’un point de vue “ambition artistique” jusqu’à maintenant il y a pour ma part : Jon Hopkins, Boards of Canada et David Bowie….Kanye West est pas loin et j’ai beaucoup écouté An Omen de How To Destroy Angels!!

    • @ ericspe

      Ah ah !! Reznor a inventé un genre à lui seul qui à été mainte et mainte fois copié mais jamais égalé. Il a gagné un Oscar pour sa trame sonore The Social Network. Il est un artiste majeur de ces 20 dernières années!! Thats it !!!

    • ”Reznor est l’artiste le plus overraté des 20 dernières années”

      Y a quand même beaucoup de compétition à ce chapitre, non ?

    • stef, BoC fait de la musique dans un genre ambitieux artistiquement mais de là à dire que l’album Tommorow’s harvest est ambitieux ?

      Ambitieux = prise de risque, non ?

    • Hé ben!
      Un amateur de Young Gods sur le forum! (atchoum)

      Pour Reznor, sa trame sonore du jeu Doom3 est pour moi dans les rares pièces qui m’accroche vraiment même si je sais reconnaitre son talent artistique mais le courant passe pas pour une raison que j’ignore! Pour ses choix visuels par contre, ça de la classe pas juste un ptit peu!

    • La prise de risque la plus spectaculaire cette année (à plusieurs niveaux) c’est The Knife, mais c’est pas facile d’écoute…

      J’aime bien Reznor en mode ambient. Étrangement, j’ai pas trop accroché avec son soundtrack Social Network, par contre je me souviens m’être fait cajoler les oreilles par son projet Ghost I-IV

    • Downward spiral est classé #206 sur RYM, chart albums de tous les temps, tous genres confondus. C’est pas rien quand même, sachant qu’il faut se battre avec tout le stuff des années 60-70 qui obtient automatiquement une grosse prime nostalgie! Bref, c’est dans le top 100 ;-)

    • oh! je viens de me rendre compte que les Beatles et King Krimson se sont fait tasser vers le bas dans ce chart Best of all time! Damn, y a de l’espoir dans l’humanité! haha

    • Rajotte lui a donné 9/10.

    • Serai-je hérétique? Je vais copier-coller (de mémoire) ce que j’avais écrit sur le dernier Bowie: c’est n’est pas un album essentiel de l’artiste, mais nombre d’artistes auraient bien voulu en pondre un de ce calibre et n’ont jamais réussi.

    • J’ai toujours beaucoup de misère avec les analyses qui ne jugent qu’un album par rapport aux précédents. C’est un passage obligatoire puisque le nouvel opus s’inscrit dans la discographie de l’artiste et donc qu’on juge sur les “précédents”, mais c’est très dangereux, surtout pour un artiste comme Reznor. Aucun artiste n’a véritablement enchaîné des chef d’oeuvres, il y a toujours des faux pas. Le pire dans tout ça c’est qu’on critique autant l’innovation que la stagnation. Je prends en exemple un groupe que j’affectionne beaucoup, Bloc Party. Leur premier album, “Silent Alarm” a fait d’eux la figure phare du post-punk revival et pour ainsi dire de l’indie rock. Puis ils ont voulu éviter la guigne du deuxième album en produisant un album plus mature, plus texturé et la réception a été très tiède pour “Weekend in the City”. Même son de cloche pour “Intimacy”, qui versait dans un son plus brut, mais plus électronique et synthétique. Avec “Four”, l’an passé ils ont réussi à produire un album très potable, qui englobe en tant que tel les trois phases, mais il est passé sous les radars pour diverses raisons (notamment le fait qu’à la première écoute ça sonne comme un foutoir pas possible!) On oublie peut-être aussi un troisième stade, entre innovation et stagnation, qui correspond au perfectionnement. À titre de fan fini de The National j’adore “Trouble Will Find Me” parce qu’il est la continuité logique de leurs autres opus, qu’il est l’accomplissement du groupe de sa destinée manifeste et s’il est parfois génial de retrouver un band dans un créneau tout à fait différent, il est aussi très satisfaisant de les voir s’accomplir pleinement.

      Tout ça pour dire qu’un artiste comme Reznor m’a toujours semblé bon pour jongler sur la mince ligne entre innovation et stagnation, entre profiter du son qui le caractérise et pousser ses ambitions un peu plus loin. Pas encore écouté l’album, ça viendra, mais j’ai hâte!

      Pour la discussion sur l’ambition artistique, qui semble faire l’apologie de l’innovation (j’ai rien contre malgré ma mise en garde), je suis d’accord pour le Bowie qui m’a franchement surpris (très vivant et presque funky, mais dans le bon sens) et pour le Kanye (mais ça fait trois albums de suite qu’il sort qui sont carrément novateurs, je persiste à dire que “808’s & Heartbreak” a changé le r&b et la façon d’utiliser l’autotune). L’album est un peu inégal, mais c’est surtout parce que certains morceaux sont surpuissants, je pense à “I am God”, “Blood On The Leaves” ou “Black Skinhead”. Je trouve que le Jon Hopkins est ordinaire cependant et le Boards of Canada n’a franchement rien d’exceptionnel pour ne pas dire que ça tombe un peu à plat. The Knife a sorti un album bien ambitieux mais je suis incapable de le digérer malheureusement.

      Je suggère aussi à cet égard les artistes suivants:

      - Laura Marling. Son “Once I Was an Eagle” m’a franchement surpris dans sa construction qui est bien ambitieuse. La façon dont déboulent les cinq premières pistes est sublime et ennivrante avec un jeu de guitare qui rappelle beaucoup James Blackshaw.

      - Nick Cave, son “Push the Sky Away” a quelque chose d’encore plus décharné que les autres. Ses chansons sont parfois décousues et partent dans toutes les directions, mais ça fonctionne au final.

      - Dirty Beaches aussi c’est ambitieux, même si j’y comprends pas tout!

      - Deafheaven a fait le meilleur album de black metal de l’année, un peu comme Pallbearer l’avait fait en 2012.

      - Colin Stetson aussi a monté d’un cran avec son “To See More Light” sauf que ça passe beaucoup moins que “Judges” qui était à la fois bouleversant et sublime. Là c’est foutraque et Justin Vernon est de trop.

      Mais bon, je n’ai évidemment pas tout écouté et l’ambition m’importe peu dans l’évaluation d’un album, je préfère sans doute le perfectionnement. Cela étant dit, j’ai sans doute beaucoup trop apprécié le “Charli XCX” pour que mon opinion ait une grande valeur!

      Un plaisir de vous lire M. Brunet et compagnie, bien que je ne commente pas souvent.

    • Et je réalise à l’instant que mon premier paragraphe se termine en totale contradiction avec ma prémisse, soit qu’il ne faut pas juger un album uniquement par ses prédécesseurs. Eh misère! Disons simplement que, pour réconcilier ces deux points, un album s’évalue nécessairement par rapport à ses prédécesseurs mais qu’un album de continuité ne doit pas automatiquement être considéré comme paresseux ou facile parce que souvent on retrouve bel et bien une progression, mais elle se trouve davantage dans les détails que dans la sonorité ou le style.

      J’en profite pour m’excuser de dévier presque entièrement du sujet…

    • Une des plus bizarre évolution artistique, pardon, dévolution artistique de la musique contemporaine.

      Commencer avec son meilleur, Pretty hate machine, et être de moins en moins pertinent au fil des albums suivant, comme une longue glissade…

      Et malgré les apparences, un artiste conservateur au possible…

    • Merci pour la critique…. de mon côté, j’ai plus ou moins accroché tout comme les 2 derniers albums. Faut croire que Reznor a donné ce qu’il avait à donner. Je vous invite à la page «parlons musique» sur Fb pour échanger sur la musique. Merci !

    • @ Alain

      Hesitation Marks, disque de la semaine selon votre collègue Alexandre Vigneault !! Beau débat entre collègues !! Loll !!

    • @tabarly
      c’est vrai que c’était pas mal aussi Pretty hate machine.

    • @jon8

      Je veux pas te relancer mais la prise de risque la plus spectaculaire est selon moi du côté de Kanye “yeezus” West !!

    • @oliverr

      D’accord avec toi, Year Zero et The Slip 2 albums de très haut vol !!

    • @stef27: Si je dis que Reznor est overraté, c’est à cause des commentaires comme tu as fais: “Reznor a inventé un genre à lui seul ”

      Lui même le reconnait aujourd’hui qu’il a copié Skinny Puppy, Chris & Cosey, Neubauten, etc..

      je dis pas que le gars est dénué de talent, Broken et TDS sont trés réussis, mais c’est loin d’être le génie créatif que la critique dit.

    • @ericspe

      Hormis Skinny Puppy, Chris & Cosey, Eïnsturzende Neubauten, il faut mentionner deux autres groupes proches de NIN première mouture, qui l’ont précédé et dont Reznor s’est clairement inspiré: Young Gods et Foetus. Reznor y avait ajouté une touche plus accessible, plus catchy, en en conservant la corrosion originelle. Ce qui n’est plus tout à fait le cas… En 2013, je ne vois vraiment pas de génie à insérer de l’IDM là-dedans. Ce sont plus ou moins les mêmes chansons qu’avant, avec un dosage différent – moins guitare, plus machine, plus technoïde… et pas de grande aventure conceptuelle au programme.

    • anyway, tous les artistes empruntent ou sont inspirés de, d’une façon ou d’une autre. Remontant jusqu’à la source originelle bien sûr: les Beatles.

    • Pfff… Kanye West…

      C’est le genre d’album que tu te dis si seulement ca avait ete un autre artiste… L’album est plein de potentiel mais mais je ne suis pas capable d’aimer… Par exemple… Hold my liquor est excellente au niveau musicale mais aussitot qu’il chante il gache la chanson… En fait musicalement et artistiquement l’album est impressionnant mais soit les paroles sont d’une idiotie sans limite, soit l’effet de sa voix distortionne detruit l’ambiance.

      Si c’est dans le top 3 de vos artistes de l’annee on est mal foutu !

    • Paroles et voix de KW c’est assez discutable, effectivement.

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