Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 5 août 2013 | Mise en ligne à 11h19 | Commenter Commentaires (10)

    Osheaga: mes critiques de vendredi

    Le cycle des festivals de l’été n’est pas terminé, mais s’achève pour moi. Depuis le mois de mai, la couverture intense des festivals montréalais m’a obligé à modifier le traitement de ce blogue. Il n’y a que 24 heures dans une journée, des dizaines d’interviews à réaliser, des douzaines de critiques à rédiger au terme des très nombreux concerts auxquels j’assiste pendant cette période un peu débile, vu de l’extérieur – parlez-en à mes proches!

    Voici, en vrac, mon dernier tour de piste avant de me reposer et de revenir sporadiquement sur ce blogue d’ici septembre. Avis aux plus fidèles: une opération à l’épaule m’empêchera d’écrire entre le 30 août et une date indéterminée – aussitôt que je le pourrai, c’est-à-dire lorsque le membre réparé sera en mesure de fonctionner sur le clavier de l’ordi.

    The Cure Robert Smith Osheaga 2013

    Cure de rajeunissement… Cure de nostalgie

    Cure de nostalgie? Cure de rajeunissement?  Robert Smith n’a cure de ces considérations.
    Le rouge lui dégouline encore dans les commissures des babines, le noir orne encore ses paupières, sa fontaine capillaire jaillit désormais sur un facies arrondi par les lipides. On pourrait conclure à une caricature. À un personnage devenu pathétique.

    Qui plus est, à une plate gestion de patrimoine puisque The Cure n’a pas pondu d’album majeur depuis une mèche et que ses membres les plus anciens ont dû faire appel à des renforts au cours des dernières années- surtout Reeves Gabrels, qui a déjà fait la guerre avec Bowie.

    On pourrait  aussi se formaliser du choix d’une telle tête d’affiche pour un festival indie s’adressant surtout à la tranche des 18-24 ans. Ce serait faire preuve de naïveté crasse, l’indie s’est assagie depuis un moment déjà et se dirige allègrement vers le conformisme rock. Ce qui justifie amplement l’invitation de The Cure, référence incontournable du rock;  tant de jeunes formations s’abreuvent aujourd’hui de cette mixtion unique de punk, new wave et rock vaguement gothique. Et puisque la majorité absolue de la faune au parc Jean-Drapeau n’était pas née à la grande époque, raison de plus pour venir s’instruire au musée d’art vivant.

    Le Britannique est toujours là, devant nous. Et affiche une forme artistique exemplaire, digne des meilleurs rockeurs devenus classiques. Contrairement à sa taille, la voix de Robert Smith est restée intacte. Idem pour ses riffs et solos de guitare, simples et pertinents pour la plupart.Et il chantera certainement Friday I’m In Love, en ce vendredi finalement épargné par la pluie!

    Étonnamment, cette carence prolongée en nouvelle substance chez The Cure n’empêche en rien son front man de donner une solide performance. On pourrait même affirmer que la facture d’ensemble est plus tonique qu’à la grande époque. Plus précise, plus musclée, plus synchro, moins indolente et, pourtant… moins magique que les célébrations du groupe vécues à Montréal dans les années 80.

    Plusieurs jeunes l’ont d’ailleurs saisi vendredi; une partie de la foule avait migré vers d’autres scènes avant de rentrer. Quant à la majorité des spectacteurs venus à la Scène de la Rivière, dont un contingent plus âgé, ils sont restés jusqu’au dessert : The Lovecats, The Caterpillar, Close to Me, Hot Hot Hot!!!, Let’s Go to Bed, Why Can’t I Be You, Boys Don’t Cry. Juste avant d’aller dormir, pourquoi pas une petite cure de nostalgie, tout compte fait?

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    Photo fournie par Osheaga

    Xavier Caféine entre les branches

    Les années 80, notre Caféine connaît. Son album New Love, dont le répertoire constituait essentiellement le programme de ce spectacle de 45 minutes présenté vendredi à Osheaga, en est l’éloquente démonstration.

    Surtout en langue anglaise, un tantinet en français, le Xavier de noir vêtu s’adressait hier à une forêt clairsemée de fans, rassemblés devant la Scène des Arbres. Cela nous donnait-t-il une indication sur l’intérêt que porte la foule de ce gros festival indie sur la scène francophone montréalaise ? Probablement. Très souvent, seuls les québécois francos s’intéressent aux projets des leurs qui tentent leur chance en anglais… Et on passe à un autre sujet.

    Un peu dommage, car Xavier Caféïne maîtrise ses références rock, post punk et new wave. Tout autant que la majorité absolue des groupes anglo-américains invités à ce festival. Quatre musiciens à ses côtés, valeureuse section rythmique, bonnes guitares, bons claviers, chœurs balancés comme il se doit, soliste à l’aise, à la hauteur de sa proposition. Convenons que le chanteur a déjà mené des groupes plus abrasifs mais il fallait respecter l’esprit de ce projet plus mélodique, plus claviers et un peu moins guitares.

    Ainsi, Caféïne s’était préparé comme il se doit, avec la rigueur de ses pairs qui sillonnent la planète rock. Ne manquait que l’ambiance dans la clairière…

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    Photo fournie par Osheaga

    Palma Violets : habité, déjanté… redondant

    Sur la Scène des Arbres entre 17h45 et 18h40 (on a pété le deadline!), rock londonien, rock dégingandé de grands efflanqués, mélange sympa de corrosion, d’arrogance, de candeur, d’alcool, de cigarettes, de drogues récréatives, de chorus bien sentis, accélérations-décélérations, rythmes binaires et… redondance.


    • Reposez-vous bien M. Brunet. Et que votre épaule guérisse vite!

    • D’habitude, je suis réticent lorsqu’un vieux groupe joue au Juke-Box (on nous en sert plein à Québec pendant les festivals d’été), mais disons que c’était l’exception de la journée et comme je n’avais jamais vu le groupe, pourquoi pas ? Dommage, j’ai raté Beach House pour une 2e fois à Osheaga. J’espère qu’on les réinvitera !

      Caféïne ? Je me reprendrai peut-être cet automne en salle. En double plateau avec Gros Mené, ça risque d’être intéressant. Mais ça donne quoi de chanter en anglais pour n’attirer que des francophones ? L’espoir de franchir les frontières ? On peut le souhaiter, mais il ne manque pas de groupes du genre de l’autre côté…

      Bon congé et bon rétablissement (pour votre épaule… et tout ce marathon de festivals !).

    • J’ai vu Beach House au Club Soda l’an dernier. Sympa mais meilleur sur disque. Alors je ne vois vraiment pas l’intérêt d’entendre ce groupe sur une scène extérieure pendant 50 minutes.

    • ”Sympa mais meilleur sur disque. Alors je ne vois vraiment pas l’intérêt d’entendre ce groupe sur une scène extérieure pendant 50 minutes.”

      Merci, c’est exactement ce que je pensais. Y a de ces artistes/genres musicaux qu’il vaut mieux écouter en album seulement.

    • Parlant de maison sur la plage, avant de rejoindre la vôtre, j’ai une petite demande spéciale: pourriez-vous nous laisser un petit billet ”discussion ouverte” ? Je suggère le titre suivant: ”Devrait-on échanger Carey Price ?”
      ;-)))

    • Pour Price, je ne sais pas, mais j’échange le Prime Minister of Canada contre l’avenue de la Baltique n’importe quand!

    • Puisque je ne pars pas très loin, je vais préparer une discussion ouverte au cours des jours qui viennent, d’ici la semaine prochaine.

    • ”mais j’échange le Prime Minister of Canada contre l’avenue de la Baltique n’importe quand!”

      Haha :-)
      Bonus à la signature; on ajoute Pauline dans le deal.

    • J’ai sûrement bien fait de rester avec Phoenix, qui livrait une très belle prestation, même si je les aime moins que Beach House, en album studio du moins.

    • Ben ouais, bonne vacance. Si vous restez à Mtl, prenez garde aux crevasses. Au centre-ville, elles sont si vite arrivées!

      Et puis, bon rafistolage de l’épaule. Au pire, il y a des spécialistes du tricothon dans le coin si jamais vous avez besoin d’une seconde opinion! Cela dit, avez-vous déjà arrêté ce que vous comptez écouter pendant votre période Jamais sans mon épaule?

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