Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 5 juillet 2013 | Mise en ligne à 17h50 | Commenter Commentaires (7)

    FIJM: mes critiques du jeudi 4 juillet

    Les nouvelles exigences de production pour notre application La Presse + ont modifié notre couverture. Plus de mini-critiques écrites en direct… et très peu de temps pour le blogue. Néanmoins autant de matière à lire. Pour harmoniser le tout, je regroupe sur cette plateforme toutes mes mini critiques, jour par jour. Je commence par la plus récente, les autres suivront. Je vous suggère donc de vous remémorer ce qui s’est passé ces derniers jours et de commenter s’il y a lieu de le faire.

    vijay-iyer-trio FIJM 2013

    Crédit photo: Denis Alix pour le FIJM

    Vijay Iyer Trio au Gesù : concert d’anthologie au FIJM

    Le pianiste Vijay Iyer, le contrebassiste Stephan Crump et le batteur Justin Brown forment un trio fabuleux. Jeudi soir au Gesù, ce trio a fait mentir quiconque réduit toute proposition de jazz acoustique à une musique statique, figée dans sa forme classique comme le serait un trio de mammouths dans le permafrost.

    La nature de cette approche a certes quelques chose à voir avec le jazz moderne ou contemporain tel qu’on se l’imagine d’emblée, on en convient. Or, il appert que les propositions du compositeur se démarquent clairement de tous clichés, toutes figures récurrentes de la musique de jazz composée et improvisée en trio.

    Ce que Vijay Iyer extirpe des ivoires, ce qu’il extrait de la batterie ou de la contrebasse de ses collègues, bref ce qu’il génère musicalement relève de la pure originalité. Figures rythmiques hors du commun (quel batteur!), motifs pianistiques très souvent inédits, variété de trajectoires mélodiques et chapelets d’harmonies incluant tradition et vision, enfin tout chez Vijay Iyer se distingue. Et frise parfois le génie.

    Au programme, pièces tirées de ses albums Accelerando et Historicity (étiquette Act), pièces récentes dont leur compositeur n’a pas encore trouvé les titres, relectures brillantes de jazzmen visionnaires tels Henry Threadgill (Little Pocked Sized Demons) ou Herbie Nichols (Wildflower), jazzification singulière d’artistes pop tels Rod Temperton (Star of a Story) ou Michael Jackson (Human Nature). Près de deux heures d’un concert d’anthologie du FIJM, le tout coiffé par Duke Ellington (The Village of the Virgin) à la manière Vijay.

    Dans le contexte du FIJM, on peut conclure à un concert d’anthologie.

    La fanfare dans la place… des Festivals

    Place des Festivals, plus on se rapprochait de la grande scène, plus on entendait parler roumain, plus on voyait danser roumain, plus on se sentait au cœur de cette Europe centrale de la Fanfare Ciocarlia. Axé sur les cuivres, instruments à anches et percussions, cet ensemble a mis au point un cocktail explosif qu’ingurgitent à grandes gorgées les foules de tous les festivals du monde. Ce jeudi, celui de Montréal n’y a pas fait exception. Les ingrédients de la mixtion, il faut dire, sont aussi addictifs qu’explosifs : musiques tziganes, serbes, macédoniennes, indiennes, turques, bulgares mais aussi jazzistiques : en témoignaient les versions ciocarliennes de Caravan (Ellington) et Summertime (Gershwin)! Enjouée, communicative, très dynamique sur scène en plus d’être remarquablement rodée, la fanfare a procédé à deux livraisons de bonheur, soit à 21h et à 23h.

    Benoît_Charest_10_ans_des_Triplettes_de_Belleville_JAZZ_2013_©Frédérique_Ménard-Aubin-1119[1] (1)

    Crédit photo: Frédérique Ménard pour le FIJM

    Le Terrible Orchestre de Belleville : bande originale, band original

    Jouer devant public la musique d’une bande originale en parfaite synchronie avec le film auquel elle est associée, ce n’est pas une mince tâche. Vraiment pas évident. Le compositeur a réussi l’exploît avec son Terrible Orchestre de Belleville, constituté de Benoît Charest, guitares et direction, Dan Thouin au piano, Chet Doxas, saxes, Maxime St-Pierre, trompettem, Muhammad Abdul Al Kabyyr, trombone, Morgan Moore au violoncelle, Jim Doxas, Pietro Emaneau, batterie et percussion, sans compter l’incontournable Béatrice Bonifassi venue chanter (notamment)Belleville rendez-vous comme tous l’espéraient. Le Théâtre Jean-Duceppe était plein à ras bord pour vivre l’expérience. Dans le cas qui nous occupe, l’interprétation de la bande originale dépasse la lecture d’une partition; nombreuses y sont les consignes bruitistes, l’exécution dépasse largement le jeu des «vrais» instruments. Opérations très réussie au finish. Si j’étais le producteur de Benoît Charest, je lui suggérerais de faire de ce concept une activité régulière. À n’en point douter, ce band original pourrait voyager aussi bien que la bande originale des Triplettes.


    • ”La Presse + ont modifié notre couverture. Plus de mini-critiques au final… et très peu de temps pour les blogues.”

      Parce qu’en plus LP+ vient rogner dans le temps de glace des blogues??? Diantre, j’espère que ça fonctionne bien ce gugus iPad !

    • Vijay Iyer en trio, c’était magistral. Avec The Bad plus, je trouve que j’ai fait de bons choix cette année. Des spectacles très différents, mais plaisants à différents degrés.

      Plus spécifiquement sur la musique d’Iyer : il a un grand sens de l’organisation dans son spectacle. Les deux premières pièces mettaient en exergue son côté plus cérébral, et puis, boum, tu te mets à embarquer à fond dans les grooves complexes du trio.

      Votre critique est très juste, Alain.

    • Merci krugie.

      @jon8

      Ne désespérez pas, vous pouvez absorber encore plus d’information de ma part dans ce contexte (plus d’infos que lors des cinq derniers festivals de jazz, en tout cas), puisque je ramène tout au blogue.

    • Je me sens privilégié d’avoir assisté à ce spectacle, et Alain résume mieux que je ne pourrais le faire l’expérience musicale (”ce partage d’air” précise Vijay) qui nous fut offerte. Je puis cependant ajouter une anecdote qui dépeint un peu plus ce Vijay, laquelle survint une quinzaine de minutes avant le début du concert, dans le lobby: Vijay s’y pointe, avec cet aura paisible propre à lui, je ne trouve autre épithète pour le décrire en un mot, se baladant humblement avec sa femme et sa fille, comme si lui-même allait assister à un spectacle et non le mener (avec brio par ailleurs). Deux heures plus tard, ma blonde et moi étions comblés par tant de virtuosité, de générosité (musicale et humaine) et par tant de passion de la part du trio.
      Et merci Alain pour m’avoir généreusement accordé quelques minutes de votre temps, vous qui aviez sûrement, comme le disait Vijay, “quatre-vingt autres spectacles ce soir-là” à couvrir… ;)

    • @jon8 Si vous n’êtes pas allé au FIJM, ajoutons qu’il y a au moins deux (peut-être plus) stands de La Presse sur le site avec des ipads à la disposition des festivaliers.

    • Merci de vos commentaires, bt627

    • Vous avez manquez le meilleur spectacle du festival de Jazz jeudi 4 juilet : Lyle Lovett et Chris Isaak à Wilfrid Pelletier !

      Surtout pour Lyle Lovett qui a offert toute une performance ! Je ne savait pas à quoi m’attendre du tout mais il était accompagné de très bon musiciens ! Et même si je n’était pas un fan et le connaissait à peine je suis devenu un fan de Mr Lovett.

      Même si il fait du country il injecte des dose de blues, jazz dans celui-ci !

      Si il repasse par Montréal bientôt j’y serai ; )

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