Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 31 mai 2013 | Mise en ligne à 14h26 | Commenter Commentaires (10)

    Mutek: Jon Hopkins ce vendredi… retour sur jeudi

    Jon Hopkins Immunity

    Créer un album de musique électronique et le faire briller dans une galaxie de propositions prétendument originales, pas évident en 2013. L’Anglais Jon Hopkins y parvient. Sa maîtrise relativement élevée du jeu pianistique (qu’il applique à d’autres claviers) et son éducation musicale lui permettent d’étoffer sa composition. Nous en avons une preuve supplémentaire avec cet Immunity, peaufiné dans le studio londonien de Jon Hopkins – East London pour être précis.

    Excellent pour la quête des sons, leur intégration, leur traitement textural. Pour l’usage de ces sons dans la construction des rythmes, mélodies et harmonies. Pour les fragments de voix injectés çà et là. Pour les repères mélodiques permettant de pénétrer sans crainte dans cette forêt. Voilà autant de variables qui maintiennent Jon Hopkins dans le peloton de tête de la mouvance technoïde. Must à MUTEK, ce vendredi, 00:20, Métropolis.

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM IMMUNITY SUR EXCLAIM!

    Retour sur la soirée de jeudi ?

    Au Monument-National, l’Allemand Nils Frahm a soulevé les festivaliers. Pianiste, improvisateur, compositeur, bidouilleur électro, il peut compter sur une bonne technique de pianiste classique. En tout cas, bien assez solide pour épater cette galerie mutékienne, normalement peu encline à la musique de piano. Les harmonies et mélodies proposées s’inspirent essentiellement des débuts de la modernité (surtout l’impressionnisme français) ainsi que du minimalisme américain. L’emballage peut être parfois électro. L’arsenal: un piano droit, un piano de concert, des claviers électrifiés et piano préparé. Ce musicien ne manque pas d’émotion. Sait de quoi procède une montée dramatique. Sait ménager ses effets. Assez virtuose pour éblouir quiconque n’a pas une solide culture pianistique. Fournit assez de repères mélodiques et harmoniques pour que les technoheads embarquent. Et ça embarque pas à peu près ! Assez pour que des rappels soient réclamés et que Train Fragments soit retardé.

    L’oeuvre de l’artiste multi-disciplinaire Herman Kolgen s’inspire de Different Trains, un classique de Steve Reich évoquant ses voyages d’enfants entre New York et Los Angeles, navette entre parents divorcés… Une des dimensions importantes de l’oeuvre consiste à transformer la voix parlée en musique. Dans le cas qui nous occupe, cette dimension n’est pas exploitée par Herman Kolgen, qui a préféré mettre en chantier une diffraction percussive en travaillant avec l’ensemble montréalais Sixtrum – dont on connaît l’expertise côté Steve Reich. Cette fois, les évocations sont plus industrielles, les images de trains (réelles ou virtuelles) concourent à de puissantes varitations d’intensité audiovisuelle. Les improvisations bruitistes sortent Sixtrum du cadre reichien et catalysent les surimpressions électroacoustiques. Rigoureux.

    Surprise côté Jamie Lidell. On connaît sa voix soul, on connaît moins sa personnalité technoïde… qu’il a mise de l’avant jeudi soir. Carrément déchaîné, il s’est défoncé l’organe vocal pour le parterre du Métropolis avec pour accompagnement un DJ et ses propres interventions aux machines. Vraiment cool, certes plus original que ce qu’on a pu goûter de son cycle précédent – soul pop aux prétentions indies. Plus tard, on l’a vu réapparaître aux côtés de Brandt Brauer Frick, qui font aussi partie de cette mouvance électro dont l’objet est d’étoffer la musique de vrais instruments. Un meilleur batteur aurait toutefois été souhaité…

    En dernier lieu, j’ai beaucoup aimé le set d’Andy Stott. Je donne un A- à cause de la sono trop timorée pour ce genre de set. Performance extrêmement variée, d’ailleurs – parti de l’horreur industrielle (hurlements d’ogres, martèlements d’enclumes, grincements de mécaniques), il a traversé plusieurs territoires dont des clairières très calmes (dont une brève évocation de Luxury Problems) pour culminer en drum’n’bass. Franchement difficile de demander mieux… sauf de meilleures conditions d’écoute.

    Évident, par ailleurs, qu’il y aurait un argement danse, un jeudi soir à minuit. Il y a toujours cette confusion pour les DJ de cette trempe: sont-ils là pour faire bouger les nuitards ou encore pour leur servir leurs trucs plus éthérés ? La veille, The Field n’a choisi que la seconde option et… très peu de gens ont vraiment porté attention. Voilà tout le paradoxe des présentations nocturnes. À partir de 23h, il est très difficile voire impossible de présenter des musiques excluant la danse. Les pointures électro peuvent-elles être exemptées de cette dictature de la nuit ?

    <!–<!–
    _MUTEK 2013 – Images by Miguel Legault


    • Nils Frahm, un de mes favoris, était tout simplement sublime…

      J’adore le label Erased Tapes, qui parvient à exprimer et déployer ce genre de musique plutôt minimal comtemporaine avec à la base l’apport de jeunes compositeurs mais aussi avec certains de plus longue date.
      Leur expérience créatrice à travers du label semble assez unique, surtout pour ce type de mouvement…

    • Ce qui est frappant chez Jon Hopkins c’est l’évolution d’album en album de Opalescent son premier jusqu’à Immunity en passant par Contact Note et Inside on sent vraiment le désire d’avancement aux niveau des arrangements et de la recherche sonore. Selon moi, jusqu’à maintenant il a une discographie parfaite!!

    • Jon Hopkins + la salle Metropolis…

      Uhm.

    • Jon8, les conditions idéales n’existent pas… Les excellents systèmes de son sont rarissimes et pas toujours aux bons lieux de diffusion. Doit-on s’arrêter de sortir pour autant ? En tout cas, vous devrez venir l’automne prochain aux soirées Akousma, qui ont toujours un excellent système de son.

    • Le disque “Immunity” d’Hopkins est majeur. Frissons.

    • C’est noté pour Akousma.

      En fait, c’est vous qui déplorez le système de son de la SAT. Perso, je trouve qu’il est plus acceptable que celui du Métropolis 90% du temps…

      Anyway, la SAT est, généralement parlant, une meilleure salle que le Métropolis.

      Honnêtement, ça fait un bail que j’ai arrêté de m’en faire avec de la sono de club. Mon trip audiophile, pour le peu qui en reste, je le vis chez moi seulement. Quoique… à la Maison Symphonique!

    • @jon8
      Justement, spectacle de “clôture” ce dimanche à la Maison Symphonique, avec Pantha du Prince et le Bell Laboratory et aussi Wesseltoft & Schwarz, ça promet..!

    • oui, j’ai mes billets!

    • Grosse soirée au Métropolis hier soir.

      Kurokawa a bien commencé la soirée avec une présentation A/V dans la même lignée que ISAM de Amon Tobin (JE SAIS C’EST PAS PAREIL); certains ont même un peu comparé à Murcof (dans l’autre direction).

      Emptyset, grosses basses roulantes, techno dure, parfois industrielle.
      Jon Hopkins, brillant, parfois “trance” parfois breakbeat-ish, toujours dansant; ça me faisait un peu pensé à du Jesse Somfay.
      Robert Hood, masteful!!!! de la vraie techno!!

      A/Vision3 : Beaucoup aimé Antoine Schmitt & Franck Vigroux, le reste un peu moins.

      M.

    • Je pense bien me laisser tenter par MINIMAL ≠ MINIMAL au centre PHI dans le vieux et ensuite l’expérience dans la Satosphère… Après on verra, si la canicule ne m’a pas tué.

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