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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Dimanche 26 mai 2013 | Mise en ligne à 13h21 | Commenter Commentaires (30)

    The National: Trouble Will Find Me

    The-National-Trouble-Will-Find

    Matt Berninger et les deux paires de frangins, les Dessner et Devendorf,ont peaufiné un édifice bien assuis sur ses fondations. Ainsi, The National a pondu un album parfait de… The National: Trouble Will Find Me.

    Le titre est tout indiqué. À lire ces rimes, soucis, ennuis, écorchures de l’intérieur finissent par rattraper leur narrateur… comme c’est généralement le cas depuis que The National fait des albums c’est-à-dire 2001. Les textes de Berninger sont superbement écrits, les musiques certainement maîtrisées, les détails circonspects. Pour en ressentir cete «perfection», cependant, il faut s’y pencher. D,entrée de jeu, les cordes, les programmations électroniquess, les voix supplémentaires à celle du chanteur ne sont pas évidentes à identifier à moins qu’on y porte une attention soutenue. Alors qu’une écoute superficielle peut laisser une impression de redondance formelle, de sur-place. Enfin, c’est ce que j’ai personnellement ressenti jusqu’à ce que j’écrive sur le sujet.

    À l’évidence, on constate une fois de plus que Berninger et ses potes sont des musiciens limités mais qui ne cessent de s’améliorer. Très bons mélodistes, oui. Efficaces, absolument. Concepteurs doués pour la chanson de qualité avec aura rock. Pour le reste, les mecs ne peuvent vraiment varier les propositions. Doivent se rabattre sur les fondements originels de leur facture devenue grand public, c’est-à-dire rythmes et harmonies indie folk rock autour desquels on varie les ornements. Le lot de la majorité absolue des songwriters, il faut le rappeler.

    Chose dertaine, les artistes de The National ont du goût et d’excellents contacts: pour ne nommer que les plus connus, Sufjan Stevens, Annie Clark (St.Vincent), Sharon Van Etten, Owen Pallett, Richard Reed Parry ont été invités à participer à Trouble Will Find Me. Contributions discrètes, qui relèvent d’un effort collectif.

    À la manière de The National.

    Liens utiles

    The National, site officiel


    The National, profil Wiki


    Trouble Will Find Me, profil Wiki

    Metacritic: moyenne de 84% fondée sur 37 critiques

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE TROUBLE WILL FIND ME SUR GROOVESHARK


    • Étrangement je n’ai pas accroché à la 1ère écoute. Est-ce un *grower* ?

    • C’est ce que je tente d’expliquer dans le texte…;-)

    • Ça fait longtemps que je ne m’étais pas fait “avoir” de même par un grower, les premières écoutes ne lui rendent vraiment pas justice.

    • C koi un ”grower”?????????

    • Un album dont l’appréciation croît au fil des écoutes. Il «pousse» en vous alors qu’il n’a l’air de rien au départ.

    • En tout cas, Ici, pas de discussion sur le virage…en ligne continue dans la trajectoire celeste

    • jboulais, je ne connais pas le terme équivalent en français. D’ailleurs je ne connais pas non plus le terme qui décrit le contraire d’un grower, mais ça doit exister ?

    • @norvegequebec

      En ligne continue au bout de la trajectoire céleste il y a forcément un mur!!

    • @stef27

      Le Mur du Son… Et ils l’ont franchis de très belle façon !

    • dans le genre j’aime vraiment mieux Pink Floyd … non mais sérieux-blague-à-part, c’est un brin soporifique … j’ai jamais accroché sur ce band et avec cet album pas de changements …

      il y a scout niblett qui sort du nouveau matériel, juste entendu une chanson par contre alors je ne sais pas trop ce que ça vaut.

    • @jon8
      Je ne connais pas le terme, mais c’est quand les radios font jouer une toune 20 fois par jour.
      J’appellerais ça un “change de poste pis vite”

    • gl000001, je ne crois pas qu’il soit seulement question de surexposition. Il y a dans certaines tounes un effet ”fastfood” qui fait qu’il est facile de saliver au point de mordre à belles dents, pour se rendre compte 3 ou 4 bouchées plus loin que c’est vraiment pas digérable. Ma dernière indigestion: Woodkid.

    • @gl000001

      Un “Grower” ne tourne pas à la radio car il passe en dessous du radar pour son potentiel “commercial” évidemment au détriment de sa grande qualité artistique !

      Mon trio d’albums “Grower” de 2013 qui trôneront assurément au sommet de mon Top de fin d’année: Phosphorescent-Muchacho; Villagers-Awayland et The National-Trouble will find me !

    • …et si ça trouve, le dernier de Daft Punk est un grower.. Who knows!

    • Sans vouloir détourner le sujet, voici mon top 3 de “Grower” :

      - Neutral Milk Hotel – In The Aeroplane Over The Sea
      - My Bloody Valentine – Loveless
      - Built To Spill – Perfect From Now On

      (bref, mon top 3 à vie!)

      Pour en revenir à The National, je pense de plus en plus que la pièce Slipped est leur meilleure depuis leur début.

    • @ stereo

      In the Aeroplane over the Sea est un album qui m’a flabbergasté dès la 1ère écoute. Je me souviens, la 1ère fois que Oh Comely a démarré dans mes oreilles, j’étais assis dans le métro, je me suis mis à brailler comme une madeleine. Gênant.

    • Pour Trouble Will Find Me, effectivement, j’ai l’impression que c’est un grower. À la 1ère écoute, j’étais resté de glace, même presque agacé. La 2e écoute attentive m’a déjà beaucoup plus plu. Je compte faire une 3e écoute très bientôt.

    • Après 2 semaines d’écoute, oui, Trouble Will Find Me est un “grower”. Un album plus cohésif que High Violet, maitrisé, mais juste pas Boxer (qui est quand même un chef d’oeuvre). L’album pourrais sembler répétitif, mais sous cette impression on y retrouve une piste distincte pour chacune des pièces de l’album, même si le tout est un peu plus calme et soutenu que les derniers albums. Aucune piece hyper-percutante, mais des Don’t Swallow The Cap et I Need My Girl restent en tête après les voir écoutés.

      Mes “growers” les plus célèbres?

      Wilco – A Ghost is Born
      Radiohead – Kid A (come on, trouvez quelqu’un qui a tout de suite trippé dessus après Ok Computer?)
      Neutral Milk Hotel -In The Aeroplane over the Sea (ostie que la voix de Mangum me tapait sur les nerfs!)
      XTC – Skylarking

    • Même expérience pour moi que pour pezz. On reste dans les tons de Violet et il faut quelques écoutes avant que les nuances du pigment ressortent.

    • @ pezzz

      Haha, je peux m’imaginer la scène. Moi, ça m’avait pris plusieurs écoutes pour vraiment absorber tout l’album (musique, paroles, pochette, etc.), je trouvais Mangum un peu trop crackpot au début. Mais j’ai compris assez vite que cet album là allait me suivre toute ma vie. 1998, la belle époque du discman d’ailleurs :)

    • Pas de coup de foudre chez moi. Je vous prie de ne point douter de ma bonne foi, Boxer et High Violet m’avaient bien plu. La voix testiculaire de Matt Berninger domine le mix, comme il se doit, mais le fond est fadasse et le contingent de brillantissimes invités est inaudible. Tout ce que cet album réussit à produire chez moi, pour l’instant, c’est une certaine nostalgie des Tindersticks. Je laisse tout ça décanter pendant 24 heures, deuxième écoute demain matin à la même heure. En attendant, je vais réécouter Daft Punk moi aussi. « My name is Giovanni Giorgio, but everybody calls me… Giorgio. »

    • Ok, la 3e écoute était la bonne. Très bon album. À la hauteur de Boxer ou High Violet? Je ne pense pas, mais qui sait, on verra plus tard.

      Il y a peut-être 1 ou 2 chansons de trop par contre. 55 minutes pour un album de The National, c’est beaucoup. Faut vraiment être en forme pour garder un niveau d’attention élevé tout du long.

    • De mon côté, je trouve cet album sublime! Il n’est peut-être pas aussi surprenant que High Violet ou Boxer, mais la qualité des arrangements et n’ont rient à envier aux deux opus précédents. Il s’agit à mon avis d’un des meilleurs albums de 2013 jusqu’à présent.

      Pour ceux qui n’aiment pas la voix de baryton de Berninger, il n’y a probablement rien à faire pour vous faire apprécier cet album plus que les précédents. Par contre, les fans de The National finiront assurément par être séduits par Trouble Will Find Me au fil des écoutes. Impossible de rester de marbre en écoutant Sea of Love, Don’t Swallow the Cap et I Need my Girl.

      Mon iTunes indique 47 écoutes de l’album depuis de que je l’ai acheté et mon appréciation augmente à chaque fois. Un «grower» comme quelqu’un l’a mentionné plus haut!

      J’ai bien hâte de les voir le 12 juin au Canal Lachine!

    • “Radiohead – Kid A (come on, trouvez quelqu’un qui a tout de suite trippé dessus après Ok Computer?)”

      OK, moi. J’ai vraiment découvert le groupe avec ce disque, accro dès les premières notes de “Everything in it’s right place”. Je n’avais jamais vraiment apprécié Radiohead avant, me suis repris en achetant OK et The Bends dans la foulée.
      C’est ben pour dire.

    • Je commence de plus en plus à douter que ça va me faire autant d’effet que High Violet…

    • Ouais, Kid A/ Amnesiac c’est du grower de gros calibre, un vrai baobab, dans quelques années le petit prince sera obligé de déménager!

    • Intéressante, la discussion sur la notion de “grower”, et très pertinente p/r à ce CD . Pas de mot qui pourrait traduire littéralement l’idée en français, mais l’idée de goût acquis est forcément dans le paysage.
      Sinon, après plusieurs écoutes, me semble qu’il y a des liens à faire avec les ambiances de “L’Imprudence”, de Bashung, ne serait-ce que pour les spleens somptueux…

    • Les anglos disent d’un album « it grows on you », puis substantivent le verbe pour en faire un « grower », comme un truc « worth keeping » devient un « keeper ». On ne peut évidemment pas transposer ça directo et dire que tel album est un « croisseur » ou que tel truc est un « gardeur ». Pas tellement d’autre choix que d’étoffer, ce qui permet par ailleurs de nuancer : un album qu’on apprend à aimer, qu’on aime à la longue, qu’on aime à l’usure, qui se révèle progressivement, qui mérite plusieurs écoutes, un album de garde, un coup de foudre à retardement, un coup de cœur différé, bla-bla-bla. Mais comme tout ça est beaucoup trop long, on va se contenter de notre « grower » : Our grower is a keeper.

      Après une deuxième écoute de « Trouble Will Find Me », les chansons ne m’atteignent un tout petit peu plus, mais infinitésimalement. D’accord pour les spleens somptueux, mais je ne peux m’empêcher de comparer ça, désavantageusement, au dernier Nick Cave. À ce rythme-là, je devrais accrocher vers mai 2025.

    • *m’atteignent

    • ”Mais comme tout ça est beaucoup trop long, on va se contenter de notre « grower » : Our grower is a keeper.”

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