Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Samedi 27 avril 2013 | Mise en ligne à 13h34 | Commenter Commentaires (2)

    D’Arcy James Argue: Brooklyn Babylon, nouvelle ère du big band

    Darcy James Argue's Secret Society, Brooklyn Babylon

    Depuis l’âge d’or des big bands, ces grands orchestres populaires créés à l’origine pour faire danser les gens et suppléer à la faible sonorisation des salles au début du siècle précédent, peu de concepteurs ont su faire écoluer la forme dont le raffinement absolu avait été atteint par Duke Ellington. Depuis les années 50, le big band progressivement devenu un véhicule de nostalgie… ou encore un laboratoire: Gil Evans, George Russell, Bob Brookmeyer, Oliver Nelson, George Gruntz, Maria Schneider, Butch Morris et autres chercheurs en ont fait évoluer les formes. Le langage du jazz moderne ou contemporain en fut enrichi.

    Aujourd’hui ?

    Les big bands les plus intéressants de l’heure jouent rarement dans une galaxie près de chez nous, car l’économie de la musique ne peut faire vivre des orchestres aussi considérables à moins d’un soutien supplémentaire à celui de la vente de billets. Pendant qu’une visite de deux heures au musée des Rolling Stones coûte le prix d’un chalet pour une semaine, les big bands ne génèrent que très peu revenus vu leur pouvoir attractif et les coûts élevés d’opération. Conséquemment, ils ne se produisent que quelques fois par an. Qu’à cela ne tienne, pour certains compositeurs issus de la mouvance jazzistique, le big band demeure un important véhicule d’expression de la musique contemporaine qu’il faut réanimer et relancer.

    Voilà le meilleur exemple à se mettre dans les oreilles: le 30 avril, le Darcy James Argue’s Secret Society lance Broolklyn Babylon, deuxième album de l’orchestre de 18 musiciens (dont la trompettiste canadienne Ingrid Jensen) sous étiquette New Amsterdam- l’autre opus étant Infernal Machines, dont la matière fut jouée au Gesù en juillet 2011.

    Les sources d’inspiration de cette fresque jazzistique sont balkaniques, gitanes, minimalistes américaines, tonales, atonales, modales, dodécaphoniques, impressionnistes, sérielles, métal, funk, foraines et plus encore. Comme le dirait Panoramix, plus d’un siècle de musique contemporaine ou moderne nous contemple! D’origine canadienne (Vancouver), éduqué à l’université McGill et au New England Conservatgory, le New-Yorkais Darcy James Argue offre ici une entreprise des plus ambitieuses pour big band de jazz, témoignant des multiples langages musicaux que reflète son environnement immédiat.

    Brooklyn Babylon n’a rien de cacophonique pour autant; ce furieux mélange des genres peut sembler échevelé de prime abord, les écoutes successives mènent à infirmer cette perception.Bien que subsistent quelques impressions de disparités, on ne peut que s’incliner devant ces avancées formelles proposées par le compositeur, arrangeur et leader.

    Assurément pionnier d’une nouvelle ère du big band, assorti d’un environnement multi-média dans le cas qui nous occupe. L’artiste visuel Danijel Zezelj a créé cet environnement (peintures, film d’animation, trame narrative) dans le cadre d’un projet produit par Beth Morrison et présenté au BAM Next Wave Festival en 2011. Deux ans ont suivi avant que l’album puisse être lancé. Misère des arts de pointe…

    Liens utiles

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE L’ALBUM BROOKLYN BABYLON SUR LE SITE DE CBC

    Darcy James Argue’s Secret Society, site officiel

    Darcy James Argue, profil Wiki

    Danijel Zezelj, site officiel


    • Les Bigbands étaient possiblement passé date quand notre trop rare commentateur Bigband a commencé à suivre la musique. Le be bop avait rallié une nouvelle génération de musiciens et le rythm n blues avait autant séduit les ados qu’il était rejeté par leurs parents.

      Dire que dans les années 20 et 30, une bonne partie de cette musique était composée pour vendre de l’alcool et faire danser les Girls sur scène. Merci à la mafia pour ne pas avoir été raciste envers Ellington et ses rivaux.
      .
      Jamais assisté à ce type de show. La puissance de feu doit être redoutable. Peut-être que ça pourrait se faire pour un show gratuit au FIJM? Est-ce qu’un big band leur coûterait aussi cher que Stevie Wonder? Ça m’étonnerait…
      .
      Quant à la musique de Darcy James Argue, pour les deux extraits présentés plus haut, ça me semble très accessible. Mais pas très dansant, par contre.

    • J’aime ça. L’idée de la fable rétro-futuriste qui sous-tend la musique me plaît. Ça s’écoute très bien tout seul, mais j’imagine que ça gagne à être entendu en visionnant la projection. Par grands bouts, ça me rappelle davantage la Fanfare Pourpour que les big bands pétaradants de jadis.

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