Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 22 avril 2013 | Mise en ligne à 10h26 | Commenter Commentaires (11)

    Junos: quelques observations…

    Junos

    Question de bien commencer la semaine (enfin…), voici quelques observations en vrac au lendemain des Junos, télévisés dimanche en direct de Régina. Remarques néanmoins partielles au sujet de ces statuettes remportées en ondes et hors d’ondes.

    Carly Rae Jepsen, la reine des Junos ? Ben coudon. Grand bien lui fasse, que ses fans soient heureux ! On ne l’appellera pas peut-être (Call Me Maybe) pour autant…

    Babel, de Mumford & Sons, album international de l’année ? Eh ben dis donc, l’industrie musicale canadienne (sous la férule de CARAS) s’inspire des USA en choisissant la formation indie folk du Royaume-Uni. Pour ma part, ce groupe me laisse totalement indifférent quoique j’en reconnaisse la qualité prévisible – surtout dans l’exécution.

    Que notre Leonard Cohen soit sacré «artiste de l’année» aux Junos était un must, aussi paradoxale fut la sélection dans laquelle il se trouvait – Carly Rae Jepsen, Deadmau5, Johnny Reid et Justin Bieber !
    La catégorie «auteur-compositeur de l’année», qu’il a aussi dominée, offrait une compétition un peu moins surréaliste: Afie Jurnaven, Arkells, Hannah Georgas, Kathleen Edwards. Tout de même dommage que Leonard ait dépêché fiston Adam (assez rigolo dans le contexte) pour y cueillir ses trophées…

    Il faudra se pencher sur Marianas Trench, «groupe de l’année» sur lequel ce blogue ne s’est jamais penché.

    Que The Weeknd y fut élu révélation de l’année contre l’ex-Montréalaise Grimes (néanmoins récipiendaire d’une statuette pour l’«album électronique de l’année») est défendable. Le contraire l’aurait été aussi. Rappelons que l’artiste torontois s’est aussi imposé dans la catégorie «album R&B de l’année», ce qui est tout à fait justifié.

    Quant au Juno consacré au groupe émergent de l’année, Monster Truck !, ça en dit long sur la canadianité ressentie dans l’autre solitude… Idem pour le reste de la sélection: Hey Ocean !, Walk Off The Earth, Yukon Blonde, The Pack a.d….

    Au chapitre des incongruités inhérentes à ce genre de célébration, la victoire de Serena Ryder pour son très quelconque Harmony, album gagnant dans la catégorie «adulte alternatif». Devant les Barr Brothers ? Kathleen Edwards ? Bahamas ? N’importe quoi.

    Que Synthetica, dernier album de Metrics, l’emporte sur ceux de Japandroids, Said the Whale, Stars et Hannah Georgas dans la catégorie «album alternatif de l’année» est moins critiquable quoique… j’aurais voté sans ambages pour le Celebration Rock des Japandroids.

    Que Rush (récemment admis au Temple de la Renommée du Rock) gagne le Junos de «l’album rock de l’année» face à ceux de Big Wreck, Billy Talent, The Sheepdogs et The Tragically Hip est symptomatique du vieillissement des votants canadians…

    Pour « l’album jazz vocal de l’année», Seule ce soir d’Emilie Claire Barlow ne fait pas le poids face à celui d’Elizabeth Shepherd, encore moins celui de Sienna Dahlen qui n’a même pas été mis en nomination dans cette catégorie.

    Applaudissons la victoire de notre Joel Miller. Swim, sont avant-dernier album, a remporté le Juno de la catégorie «album de jazz contemporain».

    En ce qui a trait à l’angle franco des Junos, l’effet Polaris se fait peut-être encore sentir: Le treizième étage, opus solo de Louis-Jean Cormier, l’a emporté sur Astronomie d’Avec pas d’casque, dont le texte l’emporte sur la musique (…). Les autres nommés étaient Lisa LeBlanc Marie-Pierre Arthur et Amylie.

    Difficile de se prononcer sur la victoire de la Montréalaise Lorraine Klaasen pour son hommage à Myriam Makeba. Un album bien fait, parfaitement admissible à la catégorie «musique du monde» aux Junos. De là à considérer cet opus comme le meilleur du genre au Canada, cependant…

    Mention spéciale à la grande kd lang, honoré dimanche à Regina pour l’ensemble de son œuvre. Qui oserait s’opposer à un tel choix ? Dommage pour la sonorisation quelconque de Sing it Loud, interprétée en direct aux Junos, mais… quelle chanteuse !

    Liens utiles

    Junos, site officiel


    • Il faudrait faire une exérience sociologique et demander au jury de l’ADISQ de sélectionner les artistes pour les Juno et demander au Jury des Juno de faire la même chose pour l’ADISQ…

      Juste pour voir si on retrouve une vraie différence musicale entre le ROC et le QC.

      :-)
      Maximilien Lincourt.

    • Bien d’accord avec vous pour la catégorie « Adulte alternatif ».

      Dans la catégorie « Album alternatif de l’année », j’aurais fait passer et les Japandroids et Said the Whale avant Metric.

      Pour ce qui est de l’album rock, Rush méritait amplement le Juneau. Les Sheepdogs sont solides mais ne se démarquent pas assez (bravo pour le clip de « Feeling Good », par contre, avec les gars du groupe en GI Joes). Et les Hip ont fait un album honorable.

      « kd lang, honoré » : simple coquille ou lapsus? ;-)

    • Ce n’est pas comme si j’accordais une quelconque importance aux Junos, mais j’aurais aimé que BAHAMAS recolte quelque chose. J’ai l’impression qu’il est affreusement peu connu. Son album BARCHORDS est pourtant un pur délice!

    • Aucune idée de qui est Carly Rae Jepsen. Ça manque à ma culture?

    • C`est un autre monde. Quand on parle des deux solitudes c`est ca ! Une autre mentalité. Ainsi on dit de la défunte Rita McNeil qu`elle est une icone canadienne ! De kessé ? Stompin Tom Connor lui était un landmark ! Quoi ?

      C`est bon pour le dépaysement mettons…

    • O.K. Je viens d’écouter Carly R.J. Je vois…
      En passant si les Junos avaient été norvégiens, Justin Bieber aurait probablement emporté la palme dans la catégorie artiste de l’année, Il vient de remplir une salle de 22000 places, 3 soirs de suite. 66000 places en 3 jours. Des écoles ont changé leurs dates d’examens nationaux, des autobus de partout ont été organisés pour rassembler les disciples à la messe Bieber. La folie.

    • Bieber, 66 000 billets à 10$ clair et net dans les poches, on parle d’un revenu de 660 000$ pour trois jours de lipsync(?), de gigotage contrôlé et de Baby I love you more than a feeling. Eh bé…

    • Gala de dinosaures auquel, semble-t-il, les plus grandes vedettes canadiennes attachent peu d’importance. Où étaient Justin Bieber, Drake, Leonard Cohen? Bieber n’a même pas daigné enregistré un message de remerciement.

    • Noirod :

      Rita McNeil, une icône canadienne? Ce sera pas drôle quand Anne Murray va trépasser. Très aimée et respectée, Rita, surtout dans les provinces de l’Atlantique, mais la qualifier d’icône me semble quelque peu exagéré. Mettons ça sur le compte de la proximité du décès. Stompin’ Tom, par contre, mérite amplement son qualificatif de « landmark ».

    • Pour ma part j’ai bien apprécié Juno, l’interprétation de Ellen Page était excellente.

    • Qui oserait être absent des Grammy’s ?

      Au Canada, les Juno c’est décevant d’une année à l’autre. Il n’y a pas d’ambiance, pas de créativité, un show qui tombe la plupart du temps à plat.

      Pourquoi utiliser un aréna ? Pourquoi ne pas provoquer des duos inattendus ? Pourquoi ne pas faire jouer un peu de musique en français, qu’on soit à Régina ou pas, il y a des francophones. La musique est universelle.

      Bref, à chaque année on en ressort avec un feeling de show manqué. Pourtant il y a quantité de bons artistes canadiens.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mai 2013
    L Ma Me J V S D
    « avr   juin »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité