Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 19 avril 2013 | Mise en ligne à 19h24 | Commenter Commentaires (74)

    Disquaire ou pas disquaire ? Disquaire.

    Disquaire day

    En 2013, quel support physique peut résister à son extinction annoncée ? Le vinyle, le coffret, le CD dont l’emballage haut de gamme est offert à tirage limité. Le reste ? Terminé. Kaput.

    Pour les amateurs de ces objets d’exception, les disquaires sont d’une grande utilité. La plupart de ces résistants du commerce au détail sont de fervents amateurs de musique, connaisseurs, excellents guides pour leurs clients. Qui plus est, ils contribuent à améliorer la condition économique des artistes qui peuvent y engranger quelques revenus. La croissance des ventes de vinyles l’indique clairement, le disquaire de niche est là pour rester. Enfin, encore pour un moment, tant et aussi longtemps que ce marché n’aura pas l’intime conviction d’accéder à des enregistrements de grande qualité via l’internet. Ce marché demeurera néanmoins marginal… jusqu’à sa disparition.

    En 2013, il y lieu de célébrer cette résistance… sans vouloir reprendre le débat comparatif sur la valeur du vinyle (revenu principal annoncé des survivants) vs CD ou formats numérisés – on y reviendra peut-être…

    «Le Record Store Day (en français Journée des disquaires) est une journée annuelle de promotion, organisée par les disquaires indépendants afin d’inciter le public à se rendre dans leurs boutiques. Elle se tient le troisième samedi du mois d’avril et est organisée depuis 2008 dans plusieurs centaines de magasins de disques aux États-Unis. Le concept est ensuite repris dans plusieurs pays d’Europe», indique-t-on sur le profil Wiki consacré à l’événement annuel.

    Pour ma part, j’avoue ne plus me procurer sciemment des produits physiques (j’exclus ceux qu’on me fait parvenir) mais… je trouve sympa que certains s’adonnent encore à cette pratique, si ce n’est que pour le romantisme du geste. J’en imagine déjà froncer les sourcils, considérant que l’achat de vinyles relève d’une plus grande lucidité, d’une conception plus élevée de l’audiophilie et autres arguments objectivés de même famille. Grand bien leur fasse…

    Personnellement, je me préoccupe plutôt du repositionnement économique (à long terme) de ces professionnels extrêmement utiles pour la musique que sont les disquaires compétents. Je m’inquiète surtout des sources de revenus des artistes de l’enregistrement. Sur l’internet, aucun modèle d’affaires payant n’arrive à la cheville de la vente des produits physiques, j’inclus les plateformes légales d’écoute en continu qui ne rapportent que des broutilles aux créateurs. Cela constaté, le processus est tout simplement irréversible. Le support physique est condamné. Au mieux, condamné à la marginalité.

    Mais… encore aujourd’hui, il faut l’encourager et célébrer les meilleurs disquaires qui en prolongent l’existence, sans voir dans leur fonction le référencement absolu (sauf la critique patentée) comme ce fut le cas jusqu’à l’arrivée de l’internet. Longtemps, j’ai eu autant de discussions nourrissantes avec des disquaires qu’avec des collègues chroniqueurs / critiques et autres mélomanes de haut niveau. Aujourd’hui ? Plusieurs disquaires ont lancé la serviette (ou ont été carrément éliminés du marché de l’emploi) pendant que d’autres demeurent actifs. Et puisqu’il existe désormais des forums et blogues où des communautés de connaisseurs et fans tous azimuts tendent à remplacer les échanges directs vécus au magasin de disques…

    L’échange direct et spontané y est-il de même qualité que celui vécu dans un lieu physique ? Les disquaires et leurs adeptes ont sûrement une réponse à ce titre…

    Avis aux Montréalais:

    « Pour souligner la Journée internationale des disquaires, labels de musique et artistes se donnent rendez-vous à la boutique Aux 33 tours (1373, avenue du Mont-Royal Es), le 20 avril, à partir de 19 h.
    Des prestations en formules réduite et acoustique seront offertes, notamment par André Papanicolaou, Michel Rivard, Chantal Archambault, Tire le coyote, Alex Nevsky, Groenland et Solids…. Des célébrations sont également prévues à l’Oblique (4333, rue Rivard). Leif Vollebekk, Canailles, Thus: Owls, Mécanik Synthétik et Émilie Clepper y prendront part », peut-on lire dans l’hebdo Le Plateau.

    «… depuis plus de 6 ans, la boutique Aux 33 tours se joint aux quelque 900 disquaires participants en offrant une soirée unique…» indique le site All Events.in

    Ailleurs au Québec, partout ailleurs dans les marchés du monde où le disquaire fait vibrer des cordes sensibles, on imagine de pareilles manifestations.

    Liens utiles

    Record Store Day, site officiel

    Record store Day, profil wiki


    • Débat!

      Je reviens +tard avec ma salière.

      ;-)

    • je me rappelle un disquaire de blues jazz a limoilou,

      ou j’allais prendre un expresso en discutant et ecoutant des musiciens moins connus

      je pense que toutes les informations sur le web ne m’apporterons jamais le feeling d’avoir passer une heure ou deux a ecouter et decouvrir de la musique a ce magasin.
      qui est fermer depuis de nombreuses annees

    • ”je trouve sympa que certains s’y adonnent encore, si ce n’est que pour le romantisme du geste.”

      J’ai résisté longtemps à l’achat en ligne, par un stupide réflexe audiophile, mais maintenant mes visites chez le disquaire sont rares. Pas inexistantes mais rares.

      Le disquaire donne de bons conseils, c’est certain, mais c’est la perspective -fatalement biaisée- d’un seul individu. Or, mon cheminement de mélomane est rendu à un point où il me faut différents points de vue.

    • Très bons souvenirs de “L’Alternatif”, dans un sous-sol de la rue St-Denis.

    • Le bon vieux temps, Dutchy’s, Rock-en-stock…

    • Fabuleux souvenirs de belles découvertes et de bonnes discussions chez l’alternatif, phantasmagoria et Sam.

    • J’ai manqué une étape?
      Comment ne pas se procurer une copie physique et avoir du son de qualité à un prix raisonnable? Je suis un vieux style avec système de son de qualité et j’écoute peu de musique style Ipod.
      Ça me fait ch…, mais je continue à acheter des CD. Au moins ils sont pas cher, souvent moins cher qu’un achat Itunes. Je connais le FLAC, mais ces fichiers ne sont pas très disponibles.

    • Acheter des vinyles de Bauhaus en importation chez Dutchy’s reste un de mes beaux souvenirs d’ado.
      Après je les glissais dans mon packsack, entre deux morceaux de carton, et je repartais pour Québec en faisant du pouce.
      Maintenant, j’écoute mon iPod dans le métro. La musique est là, mais pas le charme.

    • Longue vie au vinyle ! Citron, qui se souvient des effluves d’encens en rentrant chez Phantasmagoria. WoW ! Mon fils m’a fait savoir que la chose qui l’intéresse le plus après mon trépas sont mes vinyles .
      Vous connaissez surement, mais je vous recommande d’aller voir cette capsule sur you tube (http://www.youtube.com/watch?v=DaBvOFye09I ), il s’agit de la plus grosse collection privée de vinyle.

    • Selon moi il faut que la version physique demeure, (Vinyle ou CD) J’achète environ 15% de ma musique en ligne et c’est seulement parce que parfois c’est des trucs plus difficile à trouver chez un disquaire, mais pour le reste je privilégie le format physique!!

    • Monsieur Stef27,
      Dans la capsule que je vous suggère fortement d’écouter sur UTUBE :(http://www.youtube.com/watch?v=DaBvOFye09I ) un collectionneur de vinyle prétend que seulement 20% de la musique comprise dans une partie de sa collection entre 1940 et 1966 est numérisée et disponible en CD ou autre format en date de 2008. Il prétend que c’est le chiffre avancé par la LIBRAIRIE du CONGRES, il s’agirait d’une étude que l’institution aurait faite de sa collection pour la période en question. Bref selon cette étude, sans efforts de préservation, 80% de la musique endisquée durant cette période disparaitrait. L’étude de sa collection s’arrêtait a 1966 !
      J’essayais de me rappeler de tous les disquaires : A&A, Sam the Record Man, Discus, Discomanie, Cheap Thrills, Rock en Stock, Phantasmagoria, Dutchy’s Record cave… Est-ce que j’en oublie !!!

    • Je me souviens que j’ai été chez Rock en Stock ( meilleur disquaire de métal ! de l’époque) faire signer mon disque Lick it up de Kiss, maintenant les artistes vous demandent des prix fous (5-6-700$ et même plus de mille dollars) pour un meet and greet ( rencontre de 5 minutes avec photo et autographe. Auparavant ces rencontres étaient tous à fait gratuites et permettaient aux vrai fans de voir et d’avoir une signature gratuite…

      J’achète encore des cds mais pas chez archambault ou on vous demande 25$ +taxe pour un disque simple ( beaucoup trop cher !!). Mais surtout chez HMV ou Amazon. Et j’achète peut être 20% de mes enregistrements chez itune.

    • Les commentaires ici me ramènent à un constat que j’ai posé maintes fois. Pour plusieurs mélomanes, les souvenirs liés au vinyle et à son achat sont très souvent magiques. L’année dernière, en banlieue, j’ai acheté un 45 tours des Frères brosses. Ce seul geste, en apparence banal, à amené la dame à me parler avec passion de ce disque, de son sous sol, de ses souvenirs et de sa vie. Pendant ce temps, d’autres curieux lui achtetaient un tas d’autres trucs sans que ça ne suscite de réaction particulière. Ce truc à 25 cents, dont personne d’autre ne voulait, était sans nul doute le truc le plus chargé émotivement qu’elle a vendu ce jour là.

      Ce que je me demande, c’est pourquoi tous ces gens ont abandonné une activité qui, visiblement, leur tenait à coeur plus que beaucoup d’autres? M’est avis que nous renonçons sans cessse à un tas de trucs que l’on aime sous le simple prétexte que “c’est comme ça/le monde avance/faut être dans le coup/le progrès passe, faudrait pas le manquer”.

      Bien entendu, ce type de richesse émotive ne peut se vendre. On nous a donc bien fait comprendre que ça n’importait pas. Ce qui importe, semble-t-il, c’est tout le reste : la propreté, la définition, l’espace, le luisant, le pratique. Mais maintenant qu’on ne peut plus vendre l’objet, on se demande pourquoi les gens ne paient plus pour la musique. Eh bien c’est que pour l’art, ce sont des qualités qui n’ont absolument aucune valeur… mais ce sont celles qui sont désormais associées à l’idée de payer pour la musique. Pourquoi les gens ne paient plus? Parce qu’un fichier numérique ne ramène aucun souvenir et ne fait pas rêver. On ne développe pas de sentiment particulier face à une meilleure définition sonore ou à une meilleure utilisation de l’espace. Ces “qualités” ont été si bêtement et unanimement ensensées qu’on en est venu à croire que c’est pour elle qu’on payait, et non plus pour la musique. Alors quand est venu le temps où rien ne nous obligeait à payer pour ça avec le MP3, on a juste arrêté de payer car en fait, ce sont des qualités sans valeur.

      Simplement dire aux gens que ça sonne mieux, c’est mépriser une dimension fondamentale de l’expression artistique qui ne se résume pas qu’à l’oeuvre elle-même. Car derrière le “seule l’oeuvre compte” se cache surtout l’incapacité bien actuelle d’attribuer une quelconque valeur à ce qui ne peut se vendre comme n’importe quelle marchandise.

    • On oublie aussi le plaisir d’acheter de la musique “usagée”, de dénicher la belle occasion….je me souvient d’avoir acheter Greed d’Ambitious Lovers après une critique d@Alain Brunet…l’album venait tout juste de sortir et je l’avais déniché pour 4 $… sur la rue Mont-Royal….une belle émotion….je l’ai toujours d’ailleurs! Quand j’étais jeune, on achetait les 45 tours usagés de notre voisin qui opérait les juke box dans la Baie-des-Chaleurs…6/1 $ ou 25 cents chaque……On commandait aussi de 45 tours et des albums qu’on entendait à CKNB Bathurst à la Mercerie voisine….M.Gauthier vendait des playlist mensuel les sur cassette 8 pistes…… maintenant le disquaire ,le plus près de chez-moi , Audition Musik, est à Rimouski, à seulement 300 Km….. Je me souviens aussi avec émotion du premier long-jeu volé, un des seuls d’ailleurs, Poème Rock de Charlélie Couture, que je venais de découvrir et trop content de le trouver au Continental….je n’ai pas pu résister…je l’ai toujours! Vive les disquaires!!!

    • je me souviens….

    • J’adore aller dans les magasins de disques mais je déteste le Record Store Day. Je comprend que c’est une tentative de ramener les gens aux disquaires et ça fonctionne dans une certaine mesure mais l’événement est comme le Boxing Day. Il y a plein de monde et l’expérience de cette journée est très désagréable. Les gens se “garrochent” sur des exclusivités qui coûtent chères et qui n’en valent pas la peine 90% du temps.

    • je déteste aussi le Record Store Day. Cet évènement qui réunit toutes les raisons pour lesquels on ne devrait pas s’intéresser aux vinyles. Tant mieux pour les marchands, ceci dit.

    • Je ne devrais pas utiliser des mots comme ”détester” car ils traduisent rarement ma pensée. Dire que le Record Store Day m’indiffère serait beaucoup plus juste.

    • J’y pensais cette semaine en allant chez un disquaire justement.

      Je compare çà aux journaux et magazines; c’est une mutation technologique auquel il faudra s’adapter. L’industrie et les boutiques se cherchent encore.

      Dans mon segment de marché, les 55 et +, j’aime entrer, discuter et avoir des suggestions des vendeurs et des suggestion sur poste d’écoute.

      Ce qui manque cruellement ce sont des stations de téléchargement MP3. Si j’entends un disque intéressant, j’aimerais avoir une station toute prête pour le téléchargement; si c’est mon intention.

      Malgré leur bonne volonté les fournisseurs MP3 vont nous proposer ce qui est à la mode, ce qui tourne beaucoup. Si je veux des suggestions jazz, blues, classiques et autres, un peu plus “songées” et innovateurs, je devrai chercher sur différent sites. C’est là que le disquaire peut jouer un rôle à condition qu’il ne me propose pas la même chose que ITunes..

      Mais, reste la problématique d’une cote ou d’un profit sur les téléchargements. Pas évident.

    • Le commentaire de “effet_placebo” du 20 avril à 14h47 pose d’excellentes questions et résume parfaitement bien la situation.

      Je suis “coupable” d’être allé chez mon disquaire local hier pour voir quelles sorties exclusives il aurait en magasin. J’ai habité pendant de nombreuses années à Montréal, sans me déplacer pour le Record Store Day. Par contre, je visitais régulièrement les Aux 33 Tours et autres boutiques de vinyles tout au long de l’année.

      J’habite une petite ville de l’Ontario maintenant et j’étais curieux, hier, de voir comment se déroulerait cette journée ici. Mon disquaire local était listé sur le site du RSD. Je le visite régulièrement, mais je voulais voir comment se passerait le Record Store Day. Et bien que je n’ai trouvé aucune des sorties exclusives du RSD 2013, il y avait une bel achalandage (pas trop, juste assez), et quelques bands locaux qui jouaient live dans le magasin.

      L’atmosphère était des plus agréables et amicale. Suite à leur écoute, j’ai acheté le single 7″ de l’un des bands.

      Le band est The Express & Co., et je suis reparti très heureux d’avoir encouragé le talent local, et je crois que de ressortir de la boutique avec un 45 tours d’un band local est tout à fait dans l’esprit de base du RSD, mais ça s’est probablement perdu un peu depuis l’instauration de cette journée.

      Enfin… vive les vinyles!

    • Dégoulinants de nostalgie, les commentaires…

      Je trouve dommage que le débat ne s’oriente pas plus vers l’achat sur place avec conseiller physique v.s. outils pour guider l’achat trouvés sur le web.

      Je me souviens encore du ”choc” vécu il n’y a pas si longtemps, chez Archambault, lorsqu’on m’a cavalièrement refusé le déballage de plus de 3 CDs pour écoute au comptoir d’écoute, sous je ne sais quel prétexte de l’employé répétant machinalement une nouvelle directive des big boss. Bref, ce jour là, j’ai compris que la convivialité de l’achat physique ”casual”, comme une visite au bar du coin, tirait à sa fin.

    • Tant et aussi longtemps que les formats acceptables (flac, wav, etc) ne seront pas connus de la majorité des mélomanes, les valeurs refuges survivront. Cela dit, je ne crois pas que l’attachement au support physique ne soit qu’une résistance au progrès dans l’environnement numérique – ou une contestation de la validité technologique des fichiers numérisés. En consommant vinyles et CD au magasin de disques, on résiste aussi à la dépersonnalisation de la consommation musicale, à la disparition de l’échange direct, au déclin des lieux physiques de rassemblement des mélomanes, etc. Cette dimension du rapport humain me semble encore plus importante lorsqu’il s’agit de soutenir les disquaires indépendants. Paradoxalement, je ne m’inscris pas vraiment dans cette tendance (que je respecte néanmoins), car je n’ai jamais autant discuté musique avec une communauté d’êtres humains que depuis la naissance de ce blogue.

    • J’ai plus de 1000 (mille) 33 tours, certains encore leur enveloppe de plastic, et je ne sais pas qu’en faire !
      Quelqu’un veut me faire une suggestion ?

      Jean B

    • La supposé méconnaissance des format .flac et .wav n’explique absolument rien sur l’intérêt du vinyle. Dire que Les gens qui achètent des vinyles sont très très au courant de ce type de choses. C’est des questions qui les intéressent.

      Pour ce qui est du rapport avec le disquaire comme facteur explicatif, il suffit d’aller dans un magasin de vinyle pour se rendre compte que ceux qui vont y chercher des conseils constituent une très très très faible minorité des acheteurs.

    • ”Dégoulinants de nostalgie”

      La nostalgie fait partie de l’expérience humaine et du rapport à l’art. Deal with it. Je ne comprends pas pourquoi il s’agirait d’une émotion méprisable.

    • @alainb…Paradoxalement, je ne m’inscris pas vraiment dans cette tendance (que je respecte néanmoins), car je n’ai jamais autant discuté musique avec une communauté d’êtres humains que depuis la naissance de ce blogue.

      Moi aussi je respecte les gens qui achètent leurs musiques par internet, malgré que je ne comprenne pas encore le plaisir ou le pourquoi de cette pratique. J’ai jamais acheté de disque ou de chanson sur le web, car pour moi, au-delà du plaisir d’avoir le support entre les mains et de pouvoir le manipuler, aller à L’Oblique un jeudi soir , prendre une p’tite bière avec Michel et les autres clients de la places, est pas mal intéressant et instructif.
      Ton blogue aussi est intéressant et les discussions le sont tout aussi. Mais pour le contact humain, on repassera. Et aller dans les boutiques nous rapproche des gens. Tout le contraire de l’internet…………..
      Hier j’ai passé la journée à l’Oblique, il y a eu beaucoup de monde, des bonnes prestations;
      , Leif Vollebekk, Émilie Clepper, Jim Corcoran, Mécanik Synthétik,Tire le coyote,René Lussier
      , Thus: Owls et Canailles. Tout ça gratisssssss

    • Étrangement, jboulais, on retrouve les mêmes caractéristiques des relations humaines dans ce monde virtuel, même si l’on ne connaît pas l’identité réelle des pseudos. Que l’interaction soit peu satisfaisante pour certains est aussi observée dans maints lieux physiques… Bien sûr, les rapports sont plus personnalisés dans une boutique que dans un blogue, j’en conviens. On y cherche moins à débattre qu’à partager l’information.

    • Quelles boutiques aimez vous fréquenter, Alain?

    • Franchement, j’en fréquente peu. Longtemps, j’ai fait la tournée des usagés sur Mont-Royal (Fox Troc, etc.), je passais de temps à autre à L’Oblique, Cheap Thrills, sans compter Archambault et HMV au centre-ville mais… AUjourd’hui, je trouve tout ce dont j’ai besoin en ligne et par le biais de la promo physique. Depuis quelques années, donc, je me présente rarement à un magasin de disques. Plus jeune, je fus un assidu de Dutchy’s, L’Alternatif, Phantasmagoria et Sam. C’est loin tout ça…

    • ”La nostalgie fait partie de l’expérience humaine et du rapport à l’art. Deal with it. Je ne comprends pas pourquoi il s’agirait d’une émotion méprisable.”

      *Nostalgie, nom féminin
      Sens Mélancolie. Tristesse liée à des choses passées ou que l’on n’a pas connu. Synonyme cafard

      Deal with it yourself, pilule de sucre!

    • ”J’ai plus de 1000 (mille) 33 tours, certains encore leur enveloppe de plastic, et je ne sais pas qu’en faire !
      Quelqu’un veut me faire une suggestion ?

      Jean B”

      Bien sûr, Jean :-)

      http://laurathykeson.hubpages.com/hub/recyclable-vinyl-art-how-to

    • @AB
      ”Tant et aussi longtemps que les formats acceptables (flac, wav, etc) ne seront pas connus de la majorité des mélomanes, les valeurs refuges survivront.”

      ”La majorité des mélomanes” ??
      Diantre, comment la voyez-vous, cette majorité, au juste ?

      Un mélomane est simplement un ”Amateur de Musique”. Et je pense ne pas avoir à faire la démonstration que l’écrasante majorité des Amateurs de musique se contrefichent éperduement des vinyles, voire même des CD, en 2013.

      Je pense que l’on confond (encore) les Amateurs de musique, les Audiophiles et les Amateurs de vinyles. Trois groupes/sous-groupes qui ne vont pas nécessairement dans les mêmes party de famille.

    • @jon8

      «Mélomane» renvoit à une notion plus raffinée de l’amateur de musique. Or, le simple amateur de musique, le fan de musique pop ou de variétés, lui a fait le saut à pieds joints dans le numérique comme vous le dites justement. Le mélomane ? Je n’ai pas de statistiques très précises à l’appui mais je constate que plusieurs amateurs de musique plus fervents et plus connaisseurs résistent aux formats numérisés de très bon niveau. Demeure une méfiance chez plusieurs, pour ne pas dire une certitude qu’un fichier téléchargé a quelque chose de merdique, quel que soit son taux de transfert et la nature de sa compression. On le constate une fois de plus au-dessous de ce billet.

      ETK, j’ai la ferme conviction que la croissance du vinyle est surtout attribuable aux mélomanes et non aux simples fans de musique. Ajoutons à cette perception le sentiment d’encourager un système injuste pour les créateurs lorsqu’on n’achète plus de produits physiques et nous commençons à nous expliquer cet attachement de plusieurs mélomanes au vinyle.

      Et…pour l’énième fois, je répète comme vous que les excellents fichiers numérisés dans une excellente (ou très bonne) chaîne hi-fi ne causent plus problème, à moins d’être un défenseur indéfectible des anciennes notions d’enregistrement et la soi disant «nature analogique» du bon son. Toutefois, je respecte cette pratique du rassemblement humain chez les disquaires éclairés et connaisseurs. Comme effet_placebo le souligne par ailleurs, je trouve que le sentiment de nostalgie doit être aussi compris et respecté… même si je suis le dernier à alimenter ce sentiment.

    • «Mélomane» renvoit à une notion plus raffinée de l’amateur de musique. Or, le simple amateur de musique, le fan de musique pop ou de variétés (…) – AB

      Je pense que l’on flirte dangereusement avec l’élitisme, ici.

      Bien sûr, comme dans n’importe quel hobby, il y a des degrés différents. Mais je n’inclus pas les matantes qui écoutent accidentellement de la musique d’ascenseur dans le club des mélomanes… Faisons la part des choses, tout de même…

      Des milliers d’heures à fréquenter les forums de discussions, blogues et autres réseaux sociaux web m’ont appris qu’il se développe des petites bulles avec une réalité parallèle plus souvent qu’autrement déconnectée de ce qui se passe vraiment ”dehors”. Et ce blogue n’y échappe très certainement pas!

      ”Je n’ai pas de statistiques très précises à l’appui mais je constate que plusieurs amateurs de musique plus fervents et plus connaisseurs résistent aux formats numérisés de très bon niveau.” -AB

      Effectivement, vous n’avez pas de statistiques à présenter et c’est bien dommage parce que même une visite au SSI 2013, en comparaison avec les autres années, vous aurait donné une perspective fort différente de la chose. Et là on parle d’Audiophiles ”classiques”, les plus allergiques aux changements.

    • Je reviens là dessus:

      «Mélomane» renvoit à une notion plus raffinée de l’amateur de musique. *

      J’aimerais, sincèrement, que l’on m’explique comment un individu appréciant la musique peut se mériter l’appellation, le sceau de conformité ”Mélomane”. Ça m’intrigue vachement.

      Pour avoir son certificat, est-ce qu’il doit passer un examen ? Doit-il écouter un nombre d’heure minimum ou par semaine ? Est-ce lié à ses connaissances académiques de la musique ?

      Bref, comment ça marche ?

    • ”Et…pour l’énième fois, je répète comme vous que les excellents fichiers numérisés dans une excellente (ou très bonne) chaîne hi-fi ne causent plus problème”

      Ce n’est pourtant pas du tout ma position.

      Je pense plutôt que, de nos jours, nul besoin ”d’excellent fichiers numérisés” puisque le standard de l’industrie, c-a-d 320kbps MP3 et 256kpbs AAC, est parfaitement optimum et est en aucun cas le goulot d’étranglement d’une chaîne audio. À 70 piasses ou à 1 millions$.

      Non seulement l’idée qu’un fichier numérique compressé aux standards d’aujourd’hui soit un obstacle à l’appréciation optimale d’une séance d’écoute sérieuse, MAIS EN PLUS je crois qu’une séance d’écoute sérieuse dans des conditions optimales n’est pas nécessaire à l’appréciation musicale!

      Tiens, demandez aux femmes mélomanes. Demandez à Norvegequebec si elle s’empêche d’écouter de la musique parce que ce n’est pas sur une table tournante de 10,000 piasses. Je suis curieux de connaitre sa réponse. C’est une lubie de geeks et de nostalgiques, tout ça. C’est une lubie de gars.

    • Correction:

      Non seulement l’idée qu’un fichier numérique compressé aux standards d’aujourd’hui soit un obstacle à l’appréciation optimale d’une séance d’écoute sérieuse est erronée, MAIS EN PLUS je crois qu’une séance d’écoute sérieuse dans des conditions optimales n’est pas nécessaire à l’appréciation musicale!

    • jon8,

      L’expression mélomane définit un groupe restreint d’amateurs de musique, plus connaisseurs que la moyenne et s’intéressant aux musiques plus complexes. Longtemps, mélomane faisait référence aux amateurs de musique classique et d’opéra, groupe auquel se sont ajoutés les jazzophiles lorsque le jazz a cessé d’être une musique populaire. Aujourd’hui, le terme s’étend aux fans de musiques populaires de facture plus singulière que la moyenne du top 40 – tous genres confondus: électro, rock, métal, hip hop, americana, trad, sono mondiale, etc. Or l’expression est galvaudée depuis quelques années, tout fan (québécois ou francophone d’Amérique) tend à se qualifier de mélomane. Démocratisation du terme ? Peut-être… Personnellement, j’y vois un usage erroné. Il existe une nette différence entre un fan du top 40, amateur sporadique et perméable au star system, et un autre qui cherche plus loin, plus longtemps, de manière plus assidue ( bien au-delà de l’adolescence et du début de l’âge adulte).

      Voyez dans cette observation de l’élitisme tant que vous voudrez , il existe néanmoins une minorité croissante de fans de musique qui n’ont rien à voir avec l’arena rock, le top 40 (sauf ses exceptions) et autre formes prédigérées de la musique ou de la chanson populaire. Comme c’est le cas dans le sport, la cuisine, les vins ou tout autre sphère d’activités, il n’y a vraiment pas de mal à être connaisseur… et n’avoir rien à cirer du mainstream dans ce qu’il a de plus prévisible.

      Pour votre nuance quant aux fichiers MP3 (à partir de 320 kbps), je suis d’accord avec vous. Il faut une chaîne stéréo très très chère pour identifier les différences entre ces fichiers jugés merdiques par les adeptes du vinyle et les meilleurs fichiers numérisés. Encore là, rien n’est moins sûr, notre petite expérience d’il y a deux ans nous en a donné une très bonne idée, quoi qu’on pense des carences méthodologiques de l’exercice. Gageons que la majorité des adeptes du vinyle ne disposent pas de ces équipements et, conséquemment, font un acte de foi en croyant aux vertus supérieures du vieux support. Répétons néanmoins que leur résistance au bordel de la mise en ligne sans rétribution équitable aux créateurs est légitime, tout comme leur insatisfaction face aux lieux de discussion virtuelle.

    • Rien pour appuyer ce flash, mais je me demande si la dématérialisation de la musique n’est pas une cause du manque d’écoute observé en salle. Je me demande si le fait de tenir un objet en main ne force pas l’auditeur à écouter ce qui joue….
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      Je fais partie de ceux qui font vivre les disquaires. Quand j’arrêterai à Montréal cet été, les disquaires usagés seront un passage obligé. Pas vraiment parce que je chercherai quelque chose en particulier, mais pour le trip d’aller fouiller, tripoter les cd, tomber sur de l’inattendu… Pas mal certain que je n’aurais jamais découvert Esther Lamandier dans le monde virtuel, au hasard…
      .
      Archambault, HMV, je passerai mon tour. Je trouve sur amazon les mêmes trucs à une fraction du prix. Un coffret de 4 cd de Ben Webster à peu de sous près 20$ de moins, par exemple. Défaut, par contre, amazon a un marketing pas mal lassant!
      .
      Pour ce qui est du vinyle, je ne suis pas fana des nouveautés ou des rééditions. Produit de niche est souvent associé à hors de prix. Je regrette par contre d’être passé à côté de ventes importantes comme chez CIBL, par exemple. Quelqu’un plus haut rapportait qu’il y a peu de rééditions pour les vieux trucs. C’est peut-être encore plus vrai pour le jazz et le blues. Des vinyles originaux, qui sont marqués en plus par le passage du temps, ça rajoute au charme de l’écoute. Mais bon…

    • On pourrait gloser longtemps sur l’évolution sémantique du signifiant « mélomane », sur le ou les signifié(s) qu’on devrait y accoler, sur ses connotations surannées ou élitistes et sur les termes de rechange possibles (musicophile?). Quand je lis ou que j’entends « mélomane », je pense tout de suite à Edgar Fruitier, c’est plus fort que moi : immense culture, noblesse du verbe, hédonisme feutré, parfums de l’Ancien Monde… Enfin, mettons qu’on s’entend sur la définition d’Alain et que les ceuses qui fréquentent ce blogue sont généralement des mélomanes, à divers degrés.

      Une chose est sûre, toutefois : ce n’est pas le support qui fait le mélomane.

    • Galvaudé et… compliqué, en effet! Wiki en dit ceci.

    • *Musicomane, masculin
      (Personne) atteinte de musicomanie, qui a une passion exagérée pour la musique.

      Ça me va, ”musicomane”…
      sinon, ”musicophile” peut aussi aller.

      Je vais de ce pas mettre aux poubelles mon chapeau ”mélomane”, puisqu’il le faut.

    • ”Il faut une chaîne stéréo très très chère pour identifier les différences entre ces fichiers jugés merdiques par les adeptes du vinyle et les meilleurs fichiers numérisés.”

      Sérieux, ici les adeptes du numérique font une réelle obsession de ce que les amateurs de vinyles peuvent penser. Les acheteurs de vinyles ne jugent pas les MP3 merdiques autant qu’ils préfèrent surtout écouter la musique dans un autre format.

      Je sens chez vous, Alain et Jon8, un réel malaise au simple fait qu’une petite majorité de gens n’écoutent pas la musique de la même façon que vous. J’ai de la difficulté à comprendre ce qui se cache derrière l’effort que vous mettez à dire qu’il s’agit d’une pratique marginale, qu’un bon MP3 est de qualité égale, voire supérieure à un vinyle, que c’est une pratique qui disparait, que l’achat en ligne est aussi intéressant.

      Il faudra un jour que vous compreniez que même si Dieu en personne venait annoncer que le MP3 est supérieur, les amateurs de vinyles ne renonceront pas à leur pratique car cette pratique leur fait du bien, il l’aime, il lui sont fidèles. Se poser comme figure d’autorité pour insinuer que c’est une pratique sans intérêt et incompréhensible n’y changera rien.

      C’est comme si ma mère venait me présenter une fille et me demandait de laisser ma blonde sous prétexte que cette fille est mieux. Quoi répondre d’autre que ”peut-être, mais moi c’est ma blonde que j’aime”? C’est pas parce que tu me dis que son son spaghetti est meilleur que je vais changer.

    • Fais pas de peine à ta maman, Placebo.

    • «Il faudra un jour que vous compreniez que même si Dieu en personne venait annoncer que le MP3 est supérieur, les amateurs de vinyles ne renonceront pas à leur pratique car cette pratique leur fait du bien, ils l’aiment, ils lui sont fidèles. »

      Eh bien, effet, c’est à peu près ce que je dis dans mon billet. Respect aux amateurs de vinyles, et tant mieux si ça leur fait du bien de persister et de signer. Par ailleurs, il existe sûrement de nombreux fans de vinyles qui ne ne jugent pas merdiques les fichiers numérisés, mais les plus bruyants tendent à dénigrer cette avancée… Enfin, il serait malhonnête de ma part de ne pas rappeler poliment ma position sur la question lorsqu’une telle occasion se présente. Inutile d’ajouter que je ne crois pas tout à fait au relativisme des perceptions dans le cas qui nous occupe…

    • “Je fais partie de ceux qui font vivre les disquaires. Quand j’arrêterai à Montréal cet été, les disquaires usagés seront un passage obligé”

      Les “disquaires” oui mais les artistes pas vraiment (on s’entend que les magasins de revente ont beaucoup en commun avec les pawnshops). Entre ça et downloader gratos des fichiers sur le net, y a pas grande différence.

      J’ai toujours eu de la difficulté à demander conseil à un gars qui vient de m’offrir 2 $ pour un album qu’il va remettre sur sa tablette et revendre 12$ 10 minutes plus tard.

      “immense culture, noblesse du verbe, hédonisme feutré, parfums de l’Ancien Monde”

      Hédonisme feutré, ça c’est en plein vous Hardy.

    • Par ailleurs j’ai enfin compris ce qui est arrivé avec l’évolution du vinyle en écoutant l’analyse de G.Borne sur LaPresse +. Superbe.

    • Ma chaine est très bonne et j’avoue que je ne peux faire la différence entre un fichier losseless, un fichier de HDtrack ou un autre compressé en AAC 320. Je sais cependant qu’un album que je suis allé chercher en magasin sera toujours plus réel à mes yeux qu’un paquet de fichiers que j’ai trouvé sur emusic pour 4$.

      En fait quand j’achète un album en version électronique et qu’il vaut vraiment la peine à mes oreilles, je paye une deuxième fois pour la ‘vraie’ version physique.

      Évidemment 2 ou 3 mille albums, c’est plus facile à gérer dans son salon que 15 000 ou 20 000. On peut comprendre que certains qui sont innondés de copies physiques soient forts heureux de l’arrivée du numérique.

    • Je suis d’accord avec A. Brunet, je veux un fichier ou un support de qualité, numérique ou analogique. Je ne veux pas de mp3 mais des FLAC ou équivalent. Mais où trouver un Itunes qui vend de tels fichiers maintenant? Je trouve idiot et inutile de continuer à acheter des CD que je copie de toutes façons sur un disque dur, mais je le fais quand même faute de mieux.

    • Côté physique, je m’en tiens à ceci: objets à tirage limité, objets raréfiés parce qu’en voie de disparition. C’est beau et ça complète bien ce qui se trouve dans les disques durs externes. Bon argument pour le pawn shop des cd/vinyles usagés, boogie; si ce n’est pas neuf, ça ne profite qu’aux revendeurs et non aux créateurs. Pour ce qui est du manque de place, bof. Franchement, j’aurais dix fois moins de CD/vinyles et j’aurais la même position. Au début, accumuler plein de produits virtuels m’a semblé déroutant et bordélique. Quelques années plus tard ? La perception a changé radicalement…

    • « Ça me va, ”musicomane”…
      sinon, ”musicophile” peut aussi aller. »

      Pourquoi pas « mélophile »?

    • « un gars qui vient de m’offrir 2 $ pour un album qu’il va remettre sur sa tablette et revendre 12$ 10 minutes plus tard. »

      Le genre de gars qui, durant les années 90, à l’époque où beaucoup de gens étaient victimes de cambriolages orientés CD, ne posait pas de questions lorsqu’un coco se pointait pour lui proposer 50 CD à la fois.

    • ”Pourquoi pas « mélophile »?”

      Mouais.. Je sais pas trop, Hardy… Ça sonne un peu trop mélodrame, mélodie, fiphile. Tsé tant qu’à se partir un club tout neuf, autant avoir une carte de membre qui sonne cool, non ?

      Un coat de cuir avec des patchs ”Musicomane” en font helvétique et une tête de mort brodée, ça devrait faire peur aux hipsters de banlieue..

    • « Évidemment 2 ou 3 mille albums, c’est plus facile à gérer dans son salon….»
      .
      Même moins que ça, ça fait des boîtes en tab! Mettons qu’entre le rez-de-chaussée et le 3e, un m’ment donné, je me suis pris à envier le gars qui en avait autant ou sinon plus et que ça tenait dans une boîte d’allumette ou c’est tout comme…

    • ”Évidemment 2 ou 3 mille albums, c’est plus facile à gérer dans son salon que 15 000 ou 20 000. On peut comprendre que certains qui sont innondés de copies physiques soient forts heureux de l’arrivée du numérique.”

      J’ai encore mes boites de cartons remplies de ”back-up” des versions originales en CD… Ça prend de la place et ce n’est que des jewel cases. J’ai des amis DJ qui doivent gérer avec des vinyles et c’est pas drôle. Heureusement, ils ne trimbalent plus ça sur la route! Le numérique a marqué son territoire même dans le DJisme, faut le faire quand même.

    • ”Je sens chez vous, Alain et Jon8, un réel malaise au simple fait qu’une petite majorité de gens n’écoutent pas la musique de la même façon que vous.” – effet_placebo

      Un malaise ?

      Je vais laisser Alain s’expliquer lui-même, mais pour ma part la seule chose qui m’irrite c’est la désinformation. J’ai répété plusieurs fois sur ce blogue et ailleurs que je respectais à 100% les amateurs de vinyles, de cassettes ou de rouleau de cire s’ils y trouvent du plaisir.
      Là où ça coince c’est quand ils font la propagande de choses fausses, comme par exemple que l’expérience Hi-Fi doit obligatoirement passer par le vinyle ou l’analogique.

      Le rituel, voire même le fétichisme du vinyle, est une chose qui peut sans contredit améliorer une séance d’écoute chez certains. Aucune personne sensée ne réfute ça. Par contre faut pas non rehausser l’image du vinyle en réduisant celle du numérique. Il y a des trucs que le numérique fait mieux que ne le fera jamais l’analogique et il semble clair que la tendance est irréversible quant au choix du marché.

    • Le topic concerne les DISQUAIRES, incluant les disques compacts (CD) and yet, c’est juste de vinyle dont il est question ici.

      Figé dans les années 70-80 ?

      Mes (rares) visites chez les disquaires concernent l’achat de CD. Et c’est quand même un rituel ”d’achat physique”, avec interactions humaines (clients, disquaire).

      Ça m’étonne vraiment que ce débat soit stické sur le vinyle, me semble qu’il y a tant à dire sur les conversations dans un music shop ? J’ai souvent découvert des trucs en discutants avec des clients aussi. Toute la richesse de l’expérience chez un disquaire me semble être dans ces interactions.

    • @effet

      J’avais oublié le «réel malaise». Quel malaise ? Si je ressentais un malaise, je n’offrirais pas mes voeux (sincères, pas forcés) aux disquaires indépendants et leurs clients. Rien ne m’y oblige, n’est-ce pas ? Rassurez-vous par ailleurs, je fais régulièrement jouer mes vinyles même si je n’en achète que très rarement. À savoir si les consommateurs de vinyles (majoritairement de vrais amateurs de musique, je l’ai déjà souligné) constituent une majorité chez les mélomanes (musicomanes ou mélophiles), je n’en sais franchement rien. On pourrait être surpris des résultats ! Et, comme le dit canyon, le support ne fait pas le mélomane.

    • ”Pour votre nuance quant aux fichiers MP3 (à partir de 320 kbps), je suis d’accord avec vous. Il faut une chaîne stéréo très très chère pour identifier les différences entre ces fichiers jugés merdiques par les adeptes du vinyle et les meilleurs fichiers numérisés.”

      Hein ?
      Très très chère comment ? Comme dans ”tellement chère que personne ne l’a mise sur le marché encore” ?

    • Bonjour, je m’appelle H. C., je ne suis pas vinylomane. J’aime réécouter de vieux trucs à l’occasion, j’en ai tout un tas. Mon dernier achat de vinyle remonte à l’été dernier, j’étais tombé sur un exemplaire neuf de Sabotage, de Black S., pendant les vacances. Ma fille aînée s’amuse avec la machine et les disques (souvent les deux ou trois mêmes vieilles compils disco K-Tel). Je respecte les vinylomanes.

      Un truc que je ne risque pas d’adopter avant de ne pas avoir le choix, cependant, ce sont les Kindle et autres liseuses. Peux pas piffer ça. Je respecte les liseusomanes, toutefois.

    • Pour lire les nouvelles le matin, je m’installe devant mon ordinateur.
      Pour trouver des suggestions musicales, je consulte ce blogue et autres sites musicaux bien assis devant mon ordinateur.
      Au bureau, je passe la majeure partie de mon temps à lire et envoyer des courriels.

      Ne m’enlevez pas ma bibliothèque de CD et Vinyles physiques. Quel bonheur de pouvoir prendre un break d’ordinateur… de me lever de ma chaise et faire face à mes plus ou moins 2,000 tranches de CD classés par genre, en ordre alphabétique et ensuite par date de parution.

      Je sais, on ne peut ralentir le progrès… Dire que les jeunes dans 10-15 ans n’auront pas le bonheur de se compliquer la vie en essayant de trouver un livre dans une bibliothèque par sa classification Dewey !

    • “Ne m’enlevez pas ma bibliothèque de CD et Vinyles physiques. Quel bonheur de pouvoir prendre un break d’ordinateur… de me lever de ma chaise et faire face à mes plus ou moins 2,000 tranches de CD classés par genre, en ordre alphabétique et ensuite par date de parution”

      Amen. Bon je ne suis pas archiviste, mon classement fait défaut et parfois je sacre en cherchant quelque chose.

      Mais se retrouver devant un mur de cd pour choisir lequel/lesquels fera l’affaire ce soir est un des grands bonheurs de ma vie.

    • @boogie

      Choisir de la musique, il faut que ce soit une expérience différente…

      J’ai jamais compris que les gens aient pu accepter de banaliser la sélection de musique. On choisit aujourd’hui sa musique comme on sélectionne un rouge ou un blanc sur une carte des vins au restaurant, à partir d’une liste écrite, tous avec la même police d’écriture et noir sur blanc. C’est tellement ordinaire et impersonnel.

      Mes tranches ont de la couleur, des logos de bands mais aussi des logos de labels que j’adore…

      Mais bon, on semble être seulement quelques uns à penser ainsi. C’pas grave…

    • ”Mais se retrouver devant un mur de cd pour choisir lequel/lesquels fera l’affaire ce soir est un des grands bonheurs de ma vie.”

      Le plaisir de fouiller dans sa biblio musicale avec l’app Remote sur un iPad est assez intense aussi. Je vais vous montrer des photos/vidéos…
      Je me souviens encore de la première fois que j’ai joué avec ça. La révélation totale.

    • N’y a-t-il pas de choses plus intéressantes à dire sur la pratique actuelle de ce mode de consommation musicale? Comment ce marché s’est-il transformé? Comment a-t-il subsisté? Seulement par une valorisation du côté anachronique où il y a autre chose? Comme la technologie et surtout Internet ont radicalement transformés ce marché?

      Tout ça ne se résume pas du tout à une résistance marginale sympa et à la volonté d’un contact avec le disquaire. Ebay et les ventes en lignes sont dans le portrait depuis 15 ans. Tout ce marché s’est transformé, de la façon dont l’on consomme jusqu’aux aspects les plus techniques du pressing. Il s’agit d’un phénomène bien actuel. Son lien avec le passé est un aspect parmi d’autres.

    • Bien sûr, il y a plein de choses à dire là-dessus. Les statistiques sur la croissance du vinyle existent, je ne connais pas les études récentes sur les habitudes de consommation des clients résistants, faudrait voir. Enfin, c’était juste un petit blogue pour souligner la journée de samedi… On y reviendra.

      Vous pouvez toujours commencer par ceci. Oui, effectivement, il s’agit d’un phénomène bien actuel… de résistance aux bouleversements technologiques et aux nouvelles pratiques engendrées par ces derniers. On peut aussi parler de cohabitation d’anciennes et de nouvelles pratiques. Et on peut prédire que les anciennes deviendront encore plus marginales à long terme ! ;-)

    • Dans mon cas, j’ai opté pour la musique dématérialisée il y a deux ans et je ne reviendrais pas en-arrière, mais j’ai tout de même recommencé à acheter des vinyles neufs lorsque mon beau-père nous a donné sa table tournante et ses centaines de vinyles de musique classique en super bon état.

      C’est paradoxal, mais j’y trouve un certain équilibre qui est essentiellement affectif (souvenirs d’enfance). Par exemple, se faire donner un vieux pressing de Freewheelin’ Bob Dylan des années 1960 en bon état qui appartenait à un oncle décédé, ça fait chaud au cœur et la musique dématérialisée ne m’offre pas le même feeling.

      Je préfère en acheter moins, mais bien choisir les pressings. En ce sens, je rejoins Placebo sur le marché qui s’est transformé. Mais ce n’est pas tant par trip d’audiohpile que je le fais, car, si je préfère un vinyle à un fichier – ou l’inverse -, j’ai davantage l’impression que ça relève du mastering d’un album que du support lui-même.

    • La consommation exclusive de produits physiques et la cohabitation des deux pratiques me semblent tout à fait compréhensibles. J’y vois une transition normale et harmonieuse de l’ancien monde au nouveau monde. Je comprends parfaitement les arguments du toucher et de la contemplation de l’objet, du choix jouissif d’un CD dans sa bibliothèque et autres pratiques relatives au support physique. Encore une fois, tant mieux si ça fait plaisir à une frange importante de mélomanes. Je comprends aussi que la prédiction du déclin progressif de cette pratique (malgré sa recrudescence actuelle) peut sembler déplacée, rabat-joie pour certains.

    • Disquaire ou pas disquaire… ou… Artiste ou pas artiste?

      Commander un CD directement de l’artiste est une expérience assez nouvelle, avec le déclin de la disponibilité des produits physiques chez les disquaires. Peut dire que quelques fois, nous avons la surprise d’avoir un petit “chat” avec l’artiste ou son équipe. Beaucoup plus sympathique que l’achat anonyme en ligne ou dans une boutique. Je soupçonne toutefois cette pratique d’être plutôt marginale, autant pour l’acheteur que l’artiste.

    • Certains artistes offrent même de très bons formats et taux de transfert pour leurs fichiers. Parfois meilleurs que sur iTunes.

    • Je me souviens que l’album des Cowboy Junkies qui avait suivi leur rupture d’avec Geffen n’était disponible que par l’entremise de leur site Web. En 2000 ou 2001. Je sais qu’ils n’ont pas été les premiers à faire ça, mais je m’étais dit « OK, y se passe kèkchose ». C’est vrai que c’est une bonne idée d’acheter directement de l’artiste. Je ne l’ai jamais vraiment fait en ligne, je n’y songe pas ou je bloque un peu devant l’intangible et les opérations transactionnelles, mais je devrais le faire plus souvent. Acheter des CD à la « merch table » à un concert, par contre, je fais ça souvent.

    • Information amusante, hardy: le mari de Margo Timmins est le grand patron de la CRIA, lobby canadien des multinationales de la musique…

    • C’est le risque qu’elle courait en mariant un avocat, brave Margo.

    • Les supports physiques musicaux sont de moins en moins populaires, les ventes de cd décroissent à chaque année et la musique numérique fait partie du quotidien. Il y a cependant un support tangible qui remonte une (longue) pente, il s’agit du disque vinyle, peut être le dernier rempart du support physique de la musique. Pour survivre, le disque noir doit réussir à coexister avec la musique numérique.
      Le succès que le vinyle obtient depuis quelques années peut-il seulement être attribué à un phénomène de mode, de résistance de la part de quelques marginaux amateurs de musique ? On constate depuis 2008 une véritable explosion des ventes de vinyles aux Etats-Unis qui passe de 1 millions d’unités vendues à une estimation de 5.8 millions pour l’année 2013. Ces statistiques ne prennent pas en considérations tous les échanges et ventes faites avec les disques vinyles de seconde main. On peut penser par exemple au site discogs.com, véritable base de données musicales et site d’échange, qui compte prêt de 11 millions de disques noirs en vente et plus de 160 000 membres, démontrant une implication de la part de ces consommateurs de galettes vinyles.
      Le disque à microsillons existe depuis plus de 60 ans et n’a jamais complètement disparu. Le disque vinyle a bien sûr perdu beaucoup de terrain lors de l’âge d’or du disque compact, mais il revient en force. D’où vient l’intérêt de ce format peu commode et exigeant un entretien et un engagement de la part de ses usagers ? Justement, la force de ce support réside dans l’attachement et le soin que les utilisateurs y portent. J’appris lors d’un récent entretient avec un audiophile et expert travaillant dans la vente et la réparation de tables tournantes, que l’implication et le processus derrière l’écoute d’un vinyle découle d’une réelle volonté de la part de l’usager de vouloir apprécier et de se concentrer sur l’écoute de son document. L’appréciation y serait donc plus grande. Le rituel rattaché à l’écoute favorise la création d’un «moment spécial». De plus, la pochette qui accompagne le disque fait parti de l’expérience en offrant un support visuel parfois proche de l’œuvre d’art, permettant à l’usager de s’introduire dans l’univers de l’artiste.
      La musique numérique s’est imposée avec le développement du MP3 au début des années 1990 et l’arrivée dans les foyers d’internet et des sites de partage comme Napster. Nos habitudes de consommation de la musique ont été grandement modifiées. Cette dématérialisation et démocratisation ont rendu l’écoute musicale transportable tout en multipliant nos choix au détriment de la qualité, la quantité avant la qualité. D’ailleurs, un phénomène semblable s’est produit avec l’arrivée des l’appareils photo numériques. La possibilité de pouvoir prendre des centaines de photos lors d’un voyage diminue l’appréciation et la signification de chacune d’elle. À l’inverse, si l’on dispose d’un appareil argentique avec seulement 24 poses lors d’un séjour chacune des prises de vue sera méticuleusement choisies et auront une charge émotive beaucoup plus importante.
      La possibilité de pouvoir trimballer dans ses poches «vos 40 000 chansons préférées» comme le stipule le site de Apple témoigne de la démesure d’une telle offre. L’expérience devient encore plus dématérialisée avec la musique offerte en ligne, puisque nous n’avons plus à se soucier du «poids» des fichiers. La bibliothèque musicale devient sans limite.

      Le ré-intérêt pour un document tangible réside peut-être donc dans la volonté de certains de vouloir expérimenter un moment plus authentique, comme l’exprime Jonathan Sterne, professeur à l’Université McGill à l’occasion d’une interview pour le site Pitchfork : «With an mp3, you’re not going to have the same enjoyment that vinyl collectors talk about in terms of physicality, though, for a lot of people, that pleasure has been transferred to computer electronics.»
      Le vinyle ne s’adresse pas à tout le monde et plusieurs n’y voient pas d’intérêt, mais entre l’audiophile possédant un équipement à plusieurs milliers de dollars et un individu lambda qui n’écoute que la radio, il y a une zone grise. C’est dans cette zone que vinyle a su piquer la curiosité de certains, une niche grandissante de gens soucieux de vouloir vivre une expérience musicale et sonore différente. Des produits qui réussissent à cibler une clientèle précise peuvent réussir à tirer leur épingle du jeu sur le marché. Par exemple, les bicyclettes de la marque québecoise Guru, qui en ayant une clientèle bien définie, réussissent à se démarquer et à demeurer sur le marché.
      Si l’on regarde une étude réalisée par ICM research en Angleterre en 2013, on constate que la strate d’âge qui consomme le plus de vinyles est celle des 18-24 ans et que les destinations de choix pour ces nouveaux amateurs sont les disquaires indépendants. Intéressant de constater que cette génération ayant grandi avec la musique numérique et les lecteurs MP3 s’intéresse à ce format qui semble appartenir à une autre génération. Qui plus est on préfère se rende physiquement dans de petites boutiques plutôt que d’acheter en ligne.
      Le disque vinyle peut aussi aider à relancer le support physique et devient une source de revenu intéressante pour les disquaires indépendants et artistes, la musique vendue sous forme de document physique rapportant toujours plus à l’artiste. Plusieurs ont saisi l’opportunité derrière le renouveau du disque à microsillons et certains distribuent même leur création uniquement sous format vinyle, créant ainsi une rareté et une «sacralisation» de leur musique.

      L’augmentation fulgurante des ventes de galettes noires depuis les dernières années doit nécessairement être en partie liée à un phénomène de mode, le retro est au goût du jour, mais a contribué à démarginaliser et diffuser ce format, qui ne s’adresse plus seulement à une élite audiophile. Certains ont redécouvert le plaisir d’écouter la musique et conserveront leur intérêt pour le vinyle en se bâtissant une bibliothèque musicale ce qui demande du temps. Ils pourront ainsi léguer leur collection, chose un peu plus difficile avec des fichiers numériques et qui ont beaucoup moins de valeur. Bref, le format vinyle ne s’essouffle pas même après plus de 60 ans d’existences, a survécu à plusieurs supports d’enregistrement et sera encore dans les environs pour un bon moment encore.
      N’oublions pas que le transfert de la musique d’un vinyle à l’ordinateur est chose courante. Assisteront nous à une consommation musicale à deux «vitesses» : la commodité d’une musique dématérialisé et le support physique du vinyle offrant un plus valu à son utilisateur ?

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