Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mardi 16 avril 2013 | Mise en ligne à 11h38 | Commenter Commentaires (53)

    The Knife / Shaking the Habitual, le moins qu’on puisse dire !

    the-knife-shaking-the-habitual

    Fans d’électronique light s’abstenir. Le titre de cet album s’inspire du théoricien Michel Foucault, qui n’avait pas pris l’habitude de ronfler dans ses pantoufles. Shaking the Habitual, le moins qu’on puisse dire !

    Les 94 minutes scandinaves ici proposées par frangin-frangine œuvrant depuis 1999 sous la bannière The Knife (Olof Dreijer et Karin Dreijer-Andersson, cette dernière aussi connue sous le pseudo Fever Ray) constituent un parcours parsemé d’épines vénéneuses et de scories incandescentes. Chemin hantés par des personnages étranges et des esprits malveillants. Descente aux enfers peuplés de punaises électroniques ? Nenni. Hormis les zones arides ou même dangereuses ici observées, on traverse aussi des terres fertiles, très agréables éclaircies, jardins luxuriants voire paradisiaques. Univers complet, en somme: négatif, positif, neutre.

    Des formes chansonnières y surgissent çà et là, des voix prononcent des mots et chantent des mélodies, des émotions sont exprimés, des concepts manipulés, des grooves technoïdes et afro-électroniques s’y déploient mais… nous circulons dans un pays jouxtant la nation électroacoustique, soit le prolongement hi-tech de ladite musique contemporaine – prolongement initié depuis les années 50 et resté relativement étanche jusqu’aux années 90. Depuis lors, les meilleurs créateurs associés à l’électro non institutionnelle s’en inspirent de plus en plus, en voici une démonstration probante.

    Dans le monde anglo-américain, 38 critiques ont évalué cet album à la hausse sauf exception (particulièrement Nicolas Petridis, célébrissime critique «with attidude» du Guardian, dont je n’ai pas encore lu le texte – au risque de me répéter, je préfère ne rien lire avant de me prononcer… sauf bien sûr les moyennes générales et l’écho de la rumeur.

    Pour faire l’expérience éclairée de ce parcours en 13 étapes (dont quatre fresques de 9:17, 19:02, 9:58, 10:42 !), il faut s’aménager espace immersif: salon, chaîne hi-fi de qualité, attention. Le bruit de fond est exclu d’emblée: Shaking the Habitual rebutera vos convives invités à un repas ou un cocktail, ne peut s’apprécier en préparant sa déclaration de revenus.

    Ainsi, nous avons entre les oreilles l’exemple peu courant d’artistes ayant conquis un public important (albums The Knife, Deep Cuts, Silent Shout, parus entre 2011 et 2006) et ayant ensuite choisi la voie difficile de la recherche au risque de s’aliéner une portion importante de leurs fans. Dans la plupart des cas, plusieurs quittent le navire pendant que les critiques populistes accusent les protagonistes d’élitisme et de «déconnexion», pelletage de nuage et autres enculages de mouches. Côté élite ? Rarement, les critiques de musique contemporaine s’intéressent à ces artistes, quoiqu’une partie de la mouvance électroacoustique soit assez au courant de la qualité électro non institutionnelle.

    Qu’en sera-t-il de cet album ambitieux, très chargé et exigeant de The Knife ?

    Liens utiles

    The Knife, site officiel

    The Knife, profil Wiki

    Metacritic: moyenne de 85 % fondée sur 38 critiques

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE SHAKING THE HABITUAL SUR MUSICME


    • parus entre 2001 et 2006…

      Pour ma part, j’aime beaucoup. Tout de même, vive les playlists! Si on enlève les pièces trop longues de musique répétitive, il demeure des morceaux qui s’inscrivent bien dans la continuité de Silent Shout ou des ambiances de Fever Ray. Je pense à Without you my life would be boring, Wrap your arms around me et Raging lung. Même A cherry on top si on enlevait les premières minutes. Aussi, j’étais étonné de lire dans Pitchfork qu’ils ont pensé sortir l’album sous une autre identité que The Knife.

    • ”Aussi, j’étais étonné de lire dans Pitchfork qu’ils ont pensé sortir l’album sous une autre identité que The Knife.”

      Pas moi, c’est exactement le contraire!!

      Quel risque commercial que de sortir ça sous The Knife!

    • ”Si on enlève les pièces trop longues de musique répétitive”

      There is no such thing, c’est précisément le côté extraordinaire de l’album.

      Shaker l’habitude ;-)

      P.S. je me tape en ce moment deux albums ”fuckés”: The Seer et celui là. Vive les montagnes russes et les Gravol!

    • Speaking of attitude… Vous ne donnez pas votre place!

    • @jon8 et titi

      Sans les séquences longues qui ne s’apparentent pas à la forme chanson (répétitives ?), cet album ne soulèverait vraiment pas le même intérêt. Vous êtes mûr pour Akousma et Élektra, jon8 ! Vous êtes aussi cordialement invité, titi !

      @themanwho

      ;-)

    • @jon8: si l’idée était de bousculer leur public, sortir l’album sous un autre nom n’aurait pas permis l’atteinte de l’objectif poursuivi.

    • Effectivement un gros risque commercial. Ils ont perdu des joueurs, certains ont dit avoir revendu leurs billets de concert. Ici, les avis des critiques sont très partagés, prequ’aux antipodes les uns des autres..
      On peut dire que c’est album est un “projet artistique”, fait pour déstabiliser et provoquer. Loin de la zone de confort, le plus loin possible. Au point où on a parfois envie de demander grâce… De se mettre à genoux pour un petit répit!! Le rythme tribal est très présent tout au long de l’album, ça aide à mobiliser l’énergie vitale!

    • et oui…l’atmosphère fever ray est 100% dans Raging lung

    • Pour moi c’est un jeu de patience apprécier cela… Par ailleurs, je suis un peu plus porter vers l’institutionnel dans mes goûts comme la semaine dernière à la radio avec un programme Xenakis qui ressemblait un peu à ce qui suit :

      http://www.youtube.com/watch?v=czorokQ0JWg

      Madame Lacroix était invitée sur Espace musique…

      http://www.ecm.qc.ca/

    • Sempiternel débat sur ce qui n’est pas mélodique, ce qui ne comporte pas de pulsation constante, qui n’est pas construit avec des harmonies intégrées par la vaste majorité… La musique contemporaine a beaucoup plus de mal à imposer sa recherche sonore que l’art visuel contemporain a du mal à se débarrasser de la représentation fidèle des formes observées. Après plus d’un demi-siècle, c’est encore laborieux, force est d’admettre…

    • Cet album sera assurément dans mon top de fin d’année! Je l’adore!

    • J’ai entendu une pièce à CIBL l’autre jour. Avant que l’animatrice ne révèle le nom de l’artiste, je me suis dit : « Tiens, la sœur cadette hyperactive de Björk a mis la main sur les albums de Laurie Anderson que son aînée avait jadis remisés dans la cave à patates. » Mon verdict : The Knife rend la conduite automobile encore plus agréable… pour de courtes distances. Pour un trajet Montréal-Québec, je déconseille fortement : le côté répétitif-hypnotique pourrait jouer de vilains tours au conducteur-auditeur. Niaiseries mises à part, c’est très bon.

    • Correction : c’était à CISM.

    • norvège-keb : Vous irez les voir à Oslo en août, au festival Øya? Méchant programme : Slayer, Godspeed, Kraftwerk, Phosphorescent, Blur, Supersilent avec John Paul Jones, etc.

    • Tiré de la chronique de Cassivi :

      « La première fois que notre cerveau, s’il est habitué à une musique pop, entre en contact avec du jazz expérimental, par exemple, ou une musique d’une autre culture, il peut avoir de la difficulté à bien comprendre ce qu’il perçoit. Or ce sont les habitudes d’écoute, et en particulier l’anticipation d’une structure musicale qui nous est familière alliée à des éléments novateurs, qui stimulent le plaisir.

      En ce sens, les recherches du professeur Zatorre militent certainement en faveur d’une plus grande éducation musicale. «Il y a plus de plaisir lorsqu’il y a plus d’outils d’écoute», dit-il. Un plaisir qui, comme celui du sexe ou du chocolat, croît avec l’usage, en encourageant à sa manière la survie de l’espèce »

    • @hardy J’aurais préféré les voir en mai @sentrum scene, une belle salle d’environ 1500 places. Moi, les festivals…..:-( je ne rafolle pas…mais je ne serai pas en Norvège en mai.
      On verra ben. Je me rabattrai peut-être sur le festival because comme vous le soulignez…s’agit de grosses pointures.
      Coudonc….je me demande quelle pièce vous avez entendu à la radio. Pas grand chose de radio friendly. Quelques pièces de 4 à 5 minutes mais sinon…on fait dans el marathon

    • Quelqu’un ici a déjà écouté leur projet Tomorrow, in a year ?

      Ce Shaking the habitual est à mon sens plus accessible que Tomorrow… donc il faut comprendre que le duo n’est pas à un ”risque expérimental” près!

      Pour ce qui est du brand name, je cesse d’utiliser The Knife ou Fever ray tellement ça ne veut plus rien dire avec eux. C’est Olof Dreijer et Karin Dreijer, that’s it.

      En tout cas je suis bien heureux de leur présence dans l’univers musical, ça comble un certain vide qu’a laissé Bjork dans la pop-expérimentale de qualité.

    • Quoique y a pas que du vieux Bjork qui irait dans une playlist du même genre, j’y ajouterais aussi Third de Portishead, quelques pièces de Cocorosie et Felt mountain de Goldfrapp. Le tout servi avec une Sangria melon d’eau et porto blanc, bien sûr.

    • raffole…quelqu’un peut me donner des cours de français???je commence à tout mélanger…

    • Oh, parlant de Cocorosie:

      http://rateyourmusic.com/release/album/cocorosie/tales_of_a_grass_widow/

      Nouvel album ce printemps. À surveiller aussi.

    • @Alain
      ”Vous êtes mûr pour Akousma et Élektra, jon8 !”

      C’est quand, c’est quoi la différence ?

    • @norvege

      ”Effectivement un gros risque commercial. Ils ont perdu des joueurs, certains ont dit avoir revendu leurs billets de concert. Ici, les avis des critiques sont très partagés, prequ’aux antipodes les uns des autres..
      On peut dire que c’est album est un “projet artistique”, fait pour déstabiliser et provoquer. Loin de la zone de confort, le plus loin possible. Au point où on a parfois envie de demander grâce… De se mettre à genoux pour un petit répit!!”

      Je me demande jusqu’à quel point tu peux bâtir ton image de marque en misant sur le fait que tu vas dans toutes les directions. Est-ce que ça s’est déjà fait dans le passé ? Me semble que le résultat (commercialement parlant) n’a jamais été très bon. Radiohead ”paie” encore pour son virage Kid A/Amnesiac et le switch de Barret/Waters de Pink Floyd laisse deux groupes de fans assez distincts. Y a sûrement d’autres exemples et contre-exemples ?

      Pour ce qui est de la difficulté d’écoute de Shaking the Habitual, je dois avouer que certaines pièces (vers la fin) me tombe un tantinet sur le nerf. Mais l’ensemble devient meilleur d’une écoute à l’autre.

    • @jon8

      Élektra (en mai prochain) prétend être plus pointu que Mutek et se spécialise dans l’art multimédia (musique-vidéo, expériences immersives, etc.), tandis qu’Akousma (l’automne prochain) présente une programmation électroacoustique plus conteptuelle que Mutek, quoique ces mondes tendent de plus en plus à se rapprocher – Louis Dufort, compositeur émérite et directeur artistique d’Akousma, est très ouvert à la techno «de garage». Je crois sincèrement que les amateurs d’électro qui kiffent Autechre (présenté à Élektra il y a quelques années), Aphex Twin, The Knife, Flying Lotus et autres leaders conceptuels prisés par les médias cool et leurs auditoires devraient se présenter à ces festivals plus modestes.

    • merci pour l’info, Alain.

      Je dois avouer que j’ignorais totalement que Mutek était en ”déficit” de matériel pointu (!)

      ‘pas trop sûr de savoir de quoi on parle ici comme ”pointu”, mais j’ai entendu du stock dans les Mutek qui faisait dans l’expérimental masturbatoire, à mon avis, downright mauvais. C’est pas parce que c’est différent et osé que c’est bon, je pense qu’il est inutile de le souligner.

    • Je remarque depuis quelque temps (et ce duo Suédois ne fait que confirmer encore plus) que autant le Rock -en général- stagne honteusement, autant la Pop, et ses nombreux sous-genres, est en pleine santé. Créativement parlant, c’est la locomotive de notre époque.

    • Mutek n’est pas en déficit de matériel pointu, mais deux autres festivals (plus modestes) se trouvent à sa gauche. En fait, plusieurs recoupements entre Mutek, Élektra et même Akousma. Mais Mutek ne présente pas tout. Et il y a d’autres moments de l’année où on peut entendre de la musique électro de pointe. Bien sûr, comme le souligne jon8, il ne s’agit en rien d’un gage absolu de qualité.

    • Je vois ici:

      http://2013.elektramontreal.ca/fr/calendrier

      … je ne connais pas assez les noms.

      alors que…

      http://www.mutek.org/en/festival/montreal/2013/artists

      Andy Stott, Emika, Pantha Du Prince, Deadbeat, Efdemin, John Talabot, John Tejada, Matthew Herbert et j’en passe!

      Andy Stott à la SAT. Miam, miam!

    • Des pièces comme “Stay out here”, ça me fait penser à du Lemon Kittens:
      http://www.youtube.com/watch?v=zo1f3wYwDcQ

    • «La musique contemporaine a beaucoup plus de mal à imposer sa recherche sonore…»

      Vous dites? Peut-être parce que ça sonne un peu trop comme du n’importe quoi.

      Dès lors, il faut se forcer pour aimer, au nom de quel principe, je ne sais pas…

      Heille, de la recherche sonore. On peut arriver avec un produit fini écoutable, à la place?

    • Curieux, un paragraphe de votre “post” semble être disparu: celui où vous compariez l’acceptation de l’abstraction de l’art visuel avec celle de la musique contemporaine en somme, cette dernière étant moins bien acceptée par le public…Ouan en faisant foi juste ci-haut…

    • http://www.youtube.com/watch?v=a1rq6NoddX0

      Une initiation à un type de musique contemporaine par la télé…

      http://www.youtube.com/watch?v=YB-VevOGzog

    • @ouan
      la musique contemporaine n’a pas à être belle ou ‘écoutable’, tout comme la recherche fondamentale n’a pas à être utile.

      Cette musique des Knife n’est vraiment pas très difficile ni hermétique. Ça pourrait entrer dans la catégorie recherche fondamentale soft avec retombées commerciales possibles.

      Foucault par contre, ça c’est lourd et pesant. Pour accompagner ce genre de lecture, je suggère d’équilibre l’expérience avec des trucs plus légers, Shake your bon bon ou Shake your booty par exemple.

    • Je me souviens encore du paternel qui avait perdu tout espoir envers le fiston lorsque je me suis mis à écouter Dummy de Portishead. ”Musique de drogué” and such… (!)

      J’imagine que l’histoire se répète encore et toujours.

    • Les adolescents ayant toujours comme objectif de faire le contraire de ce que font leurs parents, les miens écouteront probablement de la musique de “pas drogué” Je perderai ainsi tout espoir en eux le jour où ils reviendront à la maison avec le dernier Marc Dupré.

    • Tout ça me donne subitement envie de réessayer ça:
      http://en.wikipedia.org/wiki/Tomorrow,_In_a_Year
      en espérant y capter quelque chose de plus que lors des premières écoutes.

    • Tout simplement excellent et bravo pour l’audace. J’adore ce genre d’artiste qui sont prèt à prendre des risques sans se soucier de leur popularité.

    • ”Dès lors, il faut se forcer pour aimer, au nom de quel principe, je ne sais pas…”

      ”On ne force pas l’amour!” disait l’autre ;-)

    • @jon8
      “Je me demande jusqu’à quel point tu peux bâtir ton image de marque en misant sur le fait que tu vas dans toutes les directions.”
      L’entrevue est intéressante à ce sujet. L’exploration sonore reflète leur désir de chercher d’autres façons de vivre. Bouleverser les modèles connus au plan musical et réagir contre l’ordre établi. C’est peut-être la nouvelle façon de faire ce qu’on appelle des chansons engagées, où il n’y a pas que les mots qui proposent la révolte mais la façon de construire et faire évoluer sa musique.

    • Enfin…c’est pas nouveau comme idée mais dans le cas qui nous occupe, c’est l’idée de la démarche. la musique pop étant perçue comme ayant un intérêt limité( et même inintéressant) si elle ne comporte pas de notion d’évolution et de recherche.

    • John Zorn ne donne pas sa place dans l’art de tirer dans toutes les directions… Ceci dit, je donne quelques points en plus aux artistes qui le font suite à un certain succès populaire!

    • Norvège :

      Je crois que c’était « Without You My Life Would Be Boring ». J’ai entendu ça à CISM, la radio étudiante de l’U. de M. Rien d’étonnant, donc. Vrai que ça s’écoute facilement, comme le dit Boogie, mais si j’avais entendu ça à Cité Rock Détente, CKOI, CHOM ou Radio X Montréal, mon noyau accumbens aurait sans doute implosé.

    • « Bouleverser les modèles connus au plan musical et réagir contre l’ordre établi. C’est peut-être la nouvelle façon de faire ce qu’on appelle des chansons engagées, où il n’y a pas que les mots qui proposent la révolte mais la façon de construire et faire évoluer sa musique »
      .
      J’imagine que chaque génération aura son groupe qui aura bousculé le monde convenu et bouleversé l’univers connu… Il y a 50 ans, il suffisait de ploguer de l’électricité dans une guitare pour mettre le feu aux poudres… Bob Dylan :

      Question : Chanterez-vous quelques-uns des morceaux qualifiés de folk-rock dans vos concerts ici ?

      Réponse : Non, ce n’est pas du folk-rock, il s’agit seulement d’instruments…Ce n’est pas du folk-rock. J’appelle ça un son mathématique, une sorte de musique indienne. Je ne saurai pas vraiment la décrire.

      Question : Avez vous rejoint le monde de la folk parce que vous pensiez avoir là une chance de faire votre place ?

      Réponse : Non, ça a été accidentel. Je ne suis pas venu à la musique folk pour faire de l’argent, mais parce que c’était plus facile. On pouvait être par soi même, sans l’aide de personne. Tout ce qu’il fallait, c’était une guitare. Vous n’aviez besoin de personne d’autre. Je ne sais pas expliquer tout ce qui se passe maintenant. Mais je pense que c’est moins bon que ça ne l’a été. La plupart des chanteurs de folk sont partis maintenant, ils font d’autres choses même s’il reste de bons chanteurs.

      Question : Pourquoi avoir abandonné le son folk ?

      Réponse : J’ai déjà parcouru bien trop de chemin pour m’en tenir à celui-là. Je ne pourrais pas revenir en arrière et faire seulement ça. Les vrais gens (real folk) n’ont jamais vu la 42ième rue, ils n’ont jamais pris un avion. Ils ont leur petit monde et tout va bien comme ça.

      Question : Pourquoi avoir commencé à utiliser la guitare électrique ?

      Réponse : Je ne l’utilise pas beaucoup, vraiment.

      Question : Certains sont blessés parce que vous l’avez utilisé une fois.

      Réponse : C’est leur problème, ce serait idiot de ma part de prétendre que je suis désolé parce que je n’ai vraiment rien fait. Tout ça n’est pas très sérieux. J’ai le sentiment que ceux qui m’accusent de trahison sont ceux qui ont profité de moi il y a quelques années mais pas ceux qui sont présents depuis le début. Parce que vous voyez, je les vois encore parfois ceux qui étaient là dès le début et ils comprennent ce que je fais.

      Question : Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez été sifflé lors de votre entrée en scène au Festival Folk de Newport l’été passé avec une guitare électrique pour interpréter vos nouvelles chansons ?

      Réponse : Je ne sais pas qui sont tous ces gens et peu importe, je pense que chacun de nous peut être sifflé. Je n’ai pas été affecté par tout ça. Je n’en ai pas pleuré. Je ne comprends même pas tout ça. Je veux dire, qui pensaient ils atteindre, mon ego ? Mais il n’existe même pas, leurs sifflets ne peuvent pas m’atteindre.

      Question : Que ferez-vous lorsque cessera l’engouement pour le type de musique que vous jouez ?

      Réponse : Je vais vous dire que ça m’est un peu égal que ça s’arrête. Je n’ai jamais suivi aucune tendance. Je n’avais pas le temps de suivre une tendance. Essayer est sans intérêt.
      ……..
      http://www.bobdylan-fr.com/articles/1965_nov26.html

    • C’est bon ça atchoum..
      Je sais bien que rien n’est nouveau sous le soleil mais tout est nouveau pour celui qui le fait pour la première fois.
      Je suis d’ailleurs surprise que placebo ne soit pas venu me crucifier. “Nouveau???? Franchement norvège…et le punk??? ça te dit quelq

    • quelque chose????
      oups..

    • “tout est nouveau pour celui qui le fait pour la première fois”

      Très vrai. Ce à quoi on pourrait ajouter: The future ain’t what it used to be.

    • Je ne sais pas si c’est volontaire mais c’est quand même une excellente réplique dans le contexte.

      Blackened Zorn tire tellement dans toutes les directions qu’il a même accepté de sortir un album de Pat Lamitaine sur son label (avec Nonesuch en simultané, le mois prochain je pense). On peut s’attendre à un cd de 35,99$.

    • Pat Lamitaine, j’adore ce pseudo. Une invention de Serge Truffaut, je crois.

    • Je pensais que c’était du Brunet!

    • Non, pas cette fois haha !

    • @Norvege

      ”L’entrevue est intéressante à ce sujet. L’exploration sonore reflète leur désir de chercher d’autres façons de vivre. Bouleverser les modèles connus au plan musical et réagir contre l’ordre établi. C’est peut-être la nouvelle façon de faire ce qu’on appelle des chansons engagées, où il n’y a pas que les mots qui proposent la révolte mais la façon de construire et faire évoluer sa musique.”

      Tout à fait.

      Ce n’est pas tant les pièces qui m’enchantent mais l’ensemble de l’album, voire même le concept. Commentaire sur Meta:

      ”how many other ‘pop’ acts can you name that would have the brass cojones to drop a near 20-minute track right in the middle of their record? Astonishing.” -The Fly UK

      Cette pièce me fait particulièrement sourire puisque dans ma biblio musicale ce genre de truc Deep-ambient est commun, j’en ai des milliers d’heures et des beaucoup plus longues, weird et atmosphériques… MAIS de balancer ça en plein milieu d’un album ”pop” de The Knife ? Wow, ça surprend.

    • ” la musique pop étant perçue comme ayant un intérêt limité( et même inintéressant) si elle ne comporte pas de notion d’évolution et de recherche. ”

      Comme je disais plus haut, la Pop (et ses sous-genres surtout) a le vent dans les voiles depuis quelques années. Mais ça va vraiment dans toutes les directions: Dream pop, Synth pop, Baroque pop, Indie pop, Art pop, etc… Sans parler bien sûr des inévitables ”crossovers” des genres typiques de notre époque, qui rendent parfois futile l’étiquettage.

      Mais vite fait comme ça, je pense à des artistes comme: The Knife, Fever Ray, Planningtorock, Grimes, Patrick Watson, Austra, Beach House, M.I.A., Cocorosie, Fiona Apple, Atoms for peace, Sufjan Stevens, St. Vincent, Alt-J, iamamiwhoami, James Blake, Crystal Castles, Julia Holter, tUnE-yArDs, Metronomy, Matthew Dear, et j’en passe… Tout ça dans les dernières années, ça en fait du monde!

      Je pense que la philosophie créative ”indie” est bien implantée dans la Pop, c’est sur une grosse vague en ce moment et c’est vraiment plaisant.

    • Pat Lamitaine et blues-klezmer-trash-électroacoustique, c’est un naturel pour Zorn et Tzadik. Avec Tatsuya Yoshida au drum et Wadada Leo Smith à la trompette, ça va déchirer, c’est sûr.

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