Alain Brunet

Archive, avril 2013

Mardi 30 avril 2013 | Mise en ligne à 19h52 | Commenter Commentaires (53)

FIJM en salle: suggestions à chaud pour jazzophiles

fijmaffiche_fr

Il est loin derrière nous, le temps où passions une semaine à scruter la programmation en salle du Festival international de jazz de Montréal, afin d’échapper aux conflits d’horaire.

Pour les fans montréalais (et autres) de musique, mai, juin, juillet et août constituent désormais un méga-maxi festival de plusieurs mois. N’assister qu’à ceux où l’on a pris naguère ses habitudes, en fait, revient à se déconnecter progressivement d’un univers de plus en plus vaste, de plus en plus complexe, toujours plus fascinant.

Le FIJM n’est plus le happening qu’il fut mais… nous réserve cette année de très bonnes prises. En tout cas, nous avons affaire à une sélection jazzistique assurément supérieure à celle de l’an dernier – pas difficile à battre, on en convient… Qu’à cela ne tienne, on peut d’ores et déjà préparer son horaire en fonction de son budget.

Voici donc mes suggestions à chaud, après avoir épluché la grille-horaire des concerts en salle.

Et voici le lien du billet concernant les meilleurs albums jazz en 2012, selon moi et les blogueurs jazzophiles – on peut comparer les résultats, voir ce qui se trouve dans cette programmation et ce qui ne s’y trouve pas.

Les Grands concerts, salle Wilfrid-Pelletier

29 juin: Wayne Shorter célèbre ses 80 balais avec quartette et invités. Un must absolu.
1er juillet: Dr.John & The Nite Trippers partagent un même programme avec Leon Russell. Dan Auerbach sera-til dans le décor ? Il est sera au Québec durant cette période, en tout cas…

Invitation, Théâtre Jean-Duceppe

28, 29, 30 juin: le grand Charles Lloyd se produira tour à tour en quartette (Jason Moran, Reuben Rogers, Eric Harland), en trio (Zakir Hussain, Eric Harland), en duos-trios (Jason Moran, Bill Frisell).

Invitation, Gesù

4, 5 et 6 juillet: le génial Vijay Iyer en trio (Stephan Crump et Justin Brown), en duo pianistique (avec Craig Taborn!!), en solo.

Jazz Beat, Théâtre Jean-Duceppe

28 juin: Spirit Fiction, récent opus de Ravi Coltrane, a été porté aux nues. Le concert à venir ?
29 juin: Jason Moran, certes l’un des pianistes les plus intéressants depuis l’aube du millénaire, se penche sur l’oeuvre de Fats Waller.

Soirées à l’Upstairs

28, 29 juin: Barry Harris Trio. Légende du piano, toujours en vie !
30 juin: hommage à Dexter Gordon avec Nir Felder, Greg Osby, Terri Lynne Carrington, Orlando Lefleming.
1er juin: le super guitariste Nir Felder en quartette, avec entre autres Aaron Parks.
3,4 juillet: la très grande chanteuse Helen Merrill vient enfin nous rendre visite.

Jazz dans la nuit, Gesù

29 juin: Larry Goldings, Peter Bernstein, Bill Stewart, trois habitués de Smalls, mythique sous-sol de Greenwich Village. Le vrai groove de NYC.
2 juillet: Steve Kuhn, Steve Swallow, Joey Baron. Pendant que Steve Kuhn a encore tous ses moyens, ses concerts doivent être entendus par tout jazzophile qui se respecte.
5 juillet: Tim Berne a présenté la matière de l’excellent album Snakeoil, l’an dernier à la Casa del Popolo. J’y étais et je recommande chaudement ce concert aux férus de jazz contemporain.

Pianissimo, Cinquième salle de la PdA

28 juin: le pianiste français Thierry Maillard est à découvrir, en solo comme en trio.
30 juin: le pianiste britannique Gwylym Simcock est aussi une découverte à faire au FIJM.

Le Festival à la Maison symphonique

Le 29 juin: Joshua Redman Quartet, projet Walkin Shadows avec orchestre à cordes de 18 musiciens.

Les Rythmes, Métropolis

30 juin: Rhye, duo que forment Robin Hannibal (Danemark) et Mike Milosh (Canada), sera-t-il à la hauteur de l’excellent album Woman ?
1er juillet: le cinéaste français Yoann Lemoine alias Woodkid, est aussi fin connaisseur de pop. À découvrir.
4 juillet: chanteuses d’expérience, Bettye Lavettte et Wanda Jackson ont survécu aux époques. Deux résurrections pour le prix d’une!

Le Club, L’Astral

30 juin: Youn Sun Nah, chanteuse coréenne et nouvelle sensation du jazz européen…Nouveau crossover ?
1er juillet: Phronesis, que certains qualifient de trio européen le plus excitant depuis EST. À suivre…

Jazz d’ici, L’Astral

28 juin: Révélation Radio-Canada 2012, le trompettiste Jacques Kuba Séguin présente Odd Lot.
30 juin: Muse Hill regroupe les frères Barr, le saxophoniste Chet Doxas, Joe Grass et Morgan More, et propose un jazzamericana qui doit avoir fait du chemin depuis une solide prestation vue au FME en septembre 2011.
1er juillet: Christine Jensen accueille sa frangine Ingrid et le claviériste Gary Versace.
3 juillet: Joel Miller s’amène avec un trophée Juno dans les bras pour Swim, son avant-dernier opus (excellent), mais viendra présenter le contenu de son nouvel Honeycomb, album à saveur latine qui s’inspire fort probablement de ses collaborations auprès du guitariste colombien Roberto Lopez.
4 juillet: Marianne Trudel présente son Trifolia

Concerts intimes, Savoy du Métropolis

28, 29 juin: Sienna Dahlen propose sa musique, mâtinée de jazz, country, folk.
30 juin, 1er juillet: devenue Montréalaise, Elizabeth Shepherd vit ses derniers moments de confidentialité. Profitez-en !

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Kurt-Vile-Wakin-On-A-Pretty-Daze-608x608

Sous étiquette Matador, Waking on a Pretty Daze, cinquième album de l’Américain Kurt Vile, comporte moins d’abrasifs et plus de réverbération que Smoke Ring for My Halo, dont on a applaudi les vertus sur ce blogue il y a deux ans.

Accords moins saturés qu’on ne les aurait imaginés, grooves étendus sur le long, tempos moyens et brinquebalants, judicieux compléments électroniques, esprit laid back, voix traînassante et d’autant plus magnétique.

L’esprit «stoner folk rock», que l’on connaissait de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Philadelphie, est bellement maintenu par ces Violators – Jesse Trbovich, guitares, Rob Laakso, guitares, basse, machines et près d’une dizaine d’invités aux percussions, guitares, lapsteel, orgue, claviers, saxo, etc.

De prime abord, un album plus mollo… qui révèle ses meilleurs arômes au cours d’écoutes subséquentes. Pour la plupart très bien construites, ces chansons comportent une réelle signature. Il y est question de proximité physique, de considérations sur l’effort, du temps à consentir pour que l’individu s’élève, de ces flocons de neige qui dansent gaiement dans la caboche, d’apparences faussement narcotiques, d’une fille nommée Alex, d’amitiés flottantes, de pure douleur amoureuse.

La somme de tous ces éléments s’avère supérieure à ce qu’on aurait cru de prime abord. Dans cette «jolie stupéfaction» se cachent quelques petits trésors qu’on s’apprête à contempler le reste de l’année.

Jusqu’au temps des listes ?

Liens utiles


Metacritic, moyenne de 82 % fondée sur 35 critiques

Kurt Vile, site officiel

Kurt Vile, profil wiki

ÉCOUTE INTÉGRALE DE WAKING ON A PRETTY DAY, SUR GROOVESHARK

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Dimanche 28 avril 2013 | Mise en ligne à 14h09 | Commenter Commentaires (13)

Colin Stetson: au-delà du public hipster, point de salut ?

Colin Stetson New History Warfare Vol.3

Originaire du Michigan, il réside à Montréal d’où il rayonne internationalement. Colin Stetson est le saxophoniste (baryton, basse, ténor) le plus adulé des hipsters et de musiciens haut cotés. Il épate Bon Iver (dont il a fait la dernière tournée), Laurie Anderson, Arcade Fire, Feist, David Byrne, Tom Waits et plus encore. Pourquoi donc? Pour ce son unique : respiration circulaire, micro-contacts collés sur le corps et sur les touches de ses instruments, voix humaine et jeu simultanés, émanation de sonorités uniques.

Samedi prochain à la Sala Rossa, Stetson jouera le troisième volet de son projet New History Warfare -avec pour sous-titre To See More Light, lancé ce mardi sous étiquette Constellation. Bon Iver à l’appui (Justin Vernon, célébrissime collègue et employeur, s’implique dans quatre pièces de cet opus), les prouesses de Colin Stetson s’étalent sur ce nouveau chapitre.

La démarche a déjà été portées aux nues, je compte parmi les thuriféraires. Lorsque toutefois j’assistai au concert-lancement du New History Warfare Vol.2 il y a une paire d’années, je ne fus pas le seul à me questionner: au bout d’un moment, finit-on par se lasser de cette approche à tout le moins spectaculaire ? S’agirait-il d’une collection d’effets au bout du compte ?

Non. Il y a bel et bien une démarche d’artiste derrière tout ça. Cela étant infirmé, l’art de Colin Stetson s’avère d’abord textural; les phrases mélodiques et les concepts harmoniques sont obligatoirement limités lorsqu’une seule personne (deux à l’occasion) superpose plusieurs voix en temps réel. Sur le plan de la structure compositionnelle, en fait, pas grand chose à se mettre sous la dent; à travers des charpentes souvent apparentées à la forme chanson, on se fait balancer des effets sidérants… Jusqu’à quand les trouvera-t-on sidérants ?

Si ces surimpressions pouvaient puiser dans d’infinies source sonores comme c’est le cas de plusieurs musiques électroniques, leur dimension texturale pourrait se suffire à elle-même. Or, ce n’est pas le cas: le saxophoniste ne peut compter sur d’autres prises de son que celles de son corps, de sa voix, et des effets percussifs émanant des touches de ses grands tuyaux. Pour aller plus loin, il lui faudra se connecter à d’autres sources sonores… ou passer à autre chose.

Quant à l’auditoire… au-delà des hipsters, point de salut ?

Pour l’instant, en tout cas, Colin Stetson épate le public de la mouvance indie, peu enclin aux musiques instrumentales contemporaines, écrites ou improvisées. Il trouve beaucoup moins de fans chez les jazzophiles ou férus de musique contemporaine instrumentale qui aimeraient le voir s’exprimer sur d’autres répertoires afin d’en évaluer les capacités d’interprète.

Cela n’est certes pas une obligation. Si la recherche du saxophoniste le mène à d’autres territoires inédits, il n’y aura rien à redire.

Prochain défi ?

Liens utiles

Colin Stetson, site officiel

Colin Stetson, profil wiki

Colin Stetson, profil Constellation

ÉCOUTE INTÉGRALE DE NEW HISTORY WARFARE VOL.3: TO SEE MORE LIGHT, SUR LE SITE NPR

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