Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 14 mars 2013 | Mise en ligne à 16h32 | Commenter Commentaires (14)

    Low / The Invisible Way

    Low The Invisible Way

    Pour vivre décemment de son art, un groupe doit compter sur combien de fans exactement ? Quelques dizaines de milliers ? Meilleure est la gestion de la propriété intellectuelle, meilleure est la gestion des concerts et produits dérivés, moins le volume des ventes est important. Chose certaine, un contrat à 360 degrés chez Live Nation n’est vraiment pas une obligation pour traverser les décennies.

    Prenons l’exemple de Low, dont l’album The Invisible Way est le dixième en vingt ans d’existence. Cette formation de Duluth, Minnesota, est encore inconnue ou peu connue de plusieurs d’entre nous. Pour ma part, Low est un nom qui m’est passé sous le nez (et dans les pavillons auditifs) lorque le groupe fut mis sous contrat chez Sub Pop en 2005. C’était l’année de l’album The Great Destroyer, réalisé par David Fridmann dont le studio de l’État de New York accueille régulièrement The Flaming Lips, Wintersleep, etc. Or l’ensemble existait depuis 1993 ! Et encore un trou dans mon gruyère.

    The Invisible Way a été créé sous la direction bienveillante de l’éminent Jeff Tweedy, de Wilco.

    Voilà une des excellentes formations issues de ces poches de civilisation mid-western. Ce ce trio, les harmonies vocales, guitaristiques et pianistiques s’inscrivent dans la plus pure tradition americana, mais sont servies avec un coulis slowcore qui accentue la lourdeur des pulsations et confère un hâlo de distorsion sur quelques ponts et refrains. Cette inclinaison pour la saturation est de plus en plus inscrite dans la démarche de ces folkies lentement convertis au rock, et dont le son ne pouvait s’en tenir sempiternellement aux acquis des années 55-75.

    Low est l’un des illustrations probantes de ce renouveau lent et sûr. Partis d’une approche intimiste et consonante, le groupe a migré vers ce slowcore en pimentant ses superbes mélodies et chants harmonisés (Alan Sparhawk et Mimi Parker). Épicé, certes, mais avec une certaine modération.

    Liens utiles

    Low, site Sub Pop

    Low, site officiel

    Low, profil wiki

    ÉCOUTE INTÉGRALE DE THE INVISIBLE WAY SUR GROOVESHARK


    • Ne les aviez-vous pas vu ouvrir pour godspeed you! black emperor à l’Olympia en 1999? Avec Labradford, ça avait fait tout un trio.
      Ce fut aussi un plaisir de les redécouvrir en première partie de Death Cab For Cutie le printemps dernier… Si le concert était basé sur les nouvelles pièces, hé bien cet album promet pas mal!

    • Ahhhh… LOW … du slowcore tellement puissant…
      Le concert qui a changé ma vie 1999 – époque Secret Name – où Low avait performé après Labradford (RIP – un autre incontournable du label Kranky) et avant GYBE! au Théâtre Olympia – passer de Radiohead-Pavement à l’intensité musicale de cet événement et de ces bands reste gravé sur mon coeur, dans mes tripes.

    • Tweedy a prôné l’approche de non-ingérence – non-indifférence, comme il l’avait fait avec Mavis Staple. Loin d’un Lanois ou d’un Jack White qui jouent, chantent, écrivent, coécrivent, bref, imprègnent leurs réalisations de leur son.

      Pas d’hymnes hallucinés comme « Monkey » ici, que deux ou trois pièces au rythme légèrement plus enlevé et une échappée distordante dans « On My Own ». Après quelques écoutes, je trouve « Invisible Way » un peu moins fort que « C’mon », l’album précédent. Ma perception pourrait fluctuer à la hausse. Donc, des psaumes hyperlucides, parfois hyperacides, provenant d’ACI constants, mûrs et sensibles, comme le prouve cet extrait :

      « And now they make you piss into a plastic cup – And give it up
      The cup will probably be here long after we’re gone – What’s wrong
      They’ll probably dig it up a thousand years from now – And how
      They’ll probably wonder what the hell we used it for– And more
      This must be the cup the king held every night – As he cried
      Well maybe you should go out and write your own damn song – And move on »

    • En effet hardy, il n’y a pas grand-chose de Wilco là-dessous. Et c’est très bien ainsi.

    • Hardy

      J’aime bien quand vous nous sortez des extraits comme ça.

    • Artistiquement, la patte du réalisateur est intéressante. Elle doit éviter de s’enliser dans la redontance ou, pire encore, de devenir un effet de pub visant à faire mousser les ventes d’albums et la diffusion FM. Jack White et Lanois ont revampé nombre des carrières flétries en y apportant une touche parfaitement identifiable. D’autres préfèrent amener les artistes à se surpasser sans que leur empreinte soit perceptible, et c’est ce que fait ici Jeff Tweedy. Au bout du compte, seul le résultat compte.

    • atchoum :

      Quel texte bien ramassé, quelle image, quand même, les petits gobelets à pipi qui seront sans doute encore là longtemps après notre trépas, pour les archéologues du futur.

    • Il y a au moins une exception dans le cas de Lanois : Brian Blade. J’ai longtemps cherché la patte de Daniel sur le Fellowship sorti en 1998. Il aurait dû y avoir un avertissement sur l’emballage : « Cet album ne contient aucune trace de Lanois. »

    • Les allergiques seront rassurés !

    • Un nouvel album de Low, yay! Commentaires à venir plus tard..

      Low, non mais quel groupe magnifique! L’album Secret Name et le show au Théâtre Olympia m’ont à l’époque fortement marqué. Mes amis et moi y allions pour Godspeed (excellent show d’ailleurs), mais il s’est passé quelque chose de spécial pendant la performance de Low, un moment précieux, difficile à décrire. La foule était des plus silencieuse, et surtout très respectueuse – on pouvait littéralement entendre une mouche voler – setup idéal pour savourer toutes les nuances de la guitare du grand manitou Alan Sparhawk.

    • Je n’avais pas vu ce show à l’Olympia – j’avais vu Godspeed quelques fois déjà, il semble que Low n’y soit pas passé inaperçu !

    • C’est ce que j’allais dire! Coudonc, cette prestation de mes mormons préférés a été une véritable épiphanie, comme quand l’ange Moroni est apparu à Joseph Smith.

    • Pas de là à en faire une religion, bien sûr.

    • Je ne connaissais pas Low. J’écoute en boucle depuis quelques jours. Si à l’écoute de cet album, on n’a pas quelques chairs de poule, c’est qu’on est mort :-). Merci pour la découverte M. Brunet.

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