
L’événement «classic rock» de l’hiver 2013 est sans aucun doute le retour de David Bowie.
Dix ans après la parution de Reality, album plutôt vintage coréalisé avec Tony Visconti, voilà ressurgir le sexagénaire avec un ouvrage dont la pochette est l’évocation claire de Heroes, également coréalisé (en 1977) avec Visconti et composé aux côtés de Brian Eno. C’était la période berlinoise, badigeonnée de krautrock et d’art rock – albums Low, Heroes et Lodger. Cette période très prolifique avait été précédée par la sortie deStation to Station, une de ses offrandes les plus brillantes où il incarnait le Thin White Duke – enregistrée en 1975 à Los Angeles et sortie en 1976. On trouve beaucoup d’éléments tirés de cette phase dans The Next Day.
N’en déplaise à ses inconditionnels (et ils sont trrrès nombreux!), le début des années 80 ne fut pas aussi remarquable, et il n’y avait pas lieu de s’y replonger en 2012-2013. Aux côtés de Tin Machine entre 1989 et 1991, David Bowie a présenté un rock solide mais sans la vision ni l’excentricité auxquelles il nous avait habitués. En 1997, on a ressenti un renouveau conceptuel avec Earthling, excellent album mâtiné de drum’n'bass – et du jeu impressionnant du batteur Zachary Alford. La récente You Can See Me nous en rappelle l’inspiration.
Par la suite ? Où sont les contributions majeures ? La cour en était pleine, on en convient. Depuis la fin des années 60, et ce jusqu’aux années 80, l’artiste anglais fut un phare puissant de la culture rock. Phare qui, par la suite, nous a éclairés de manière intermittente. Sans jamais s’éteindre définitivement.
Nous voilà en 2013, nous voilà au Next Day. Que devait faire David Bowie à 66 ans ? Du David Bowie. À cet âge, reprendre ses meilleurs acquis est parfaitement justifié… à la condition que les chansons soient parfaitement construites et révèlent des avancées dans le détail et le «musicianship». Autrement, il se serait vautré dans le suranné et la gestion de patrimoine comme on l’observe chez tant d’artistes rock ayant connu la gloire.
The Next Day ne me semble pas tomber dans ce piège. Cet opus réunit d’excellents musiciens autour d’un chanteur inspiré: les guitaristes David Torn et Gerry Leonard, les bassistes Gail Ann Dorsey et Tony Levin, les batteurs Sterling Campbell et Zachary Alford, on en passe. Ni jeuniste ni nostalgique, The Next Day vaut le détour.
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stef27
10 mars 2013
17h08
Oh que oui!! Vraiment un album solide. J’avais quand même bien aimé Heaten et Reality il avait également sortie 2 albums vraiment solide dans les années 90s Outside et Earthling, mais celui ci me semble sont meilleur depuis Scary Monsters !!
gillesmenard
10 mars 2013
22h44
Encore et toujours l’innovation extrême avec celui-là.
Il est increvable!
re_re...
10 mars 2013
23h51
J’aimerais mieux dire que c’est très bien mais la chanson phare qui joue de ces temps ci est mortellement ennuyante!
toleto
11 mars 2013
06h50
il est de ces artistes dont on peut lui pardonner de ne pas réinventer le rock une autre fois , je précise que je n’ai pas encore écouté son nouvel album mais bien sur , j’ai beaucoup de respect pour david Bowie .
bonne critique M. Brunet
melo_carmelo
11 mars 2013
07h50
D’accord avec re-re: la chanson qu’ils ont lancé pour vendre l’album me semble trop lente et peu accrocheuse.
zaro
11 mars 2013
09h00
Lorsque j’ai écouté l’album je me suis dit “oui, c’est David Bowie” ça devrait plaire à son public.
Mais je m’attendais à moins réchauffé, plus surprenant. Mais j’ai pas trouvé ça mauvais.
austerlitz
11 mars 2013
09h26
Je ne l’ai écouté que 2 fois jusqu’ici et ça laisse l’impression d’un album varié avec de bonnes compos et des styles différents. Le lien, c’est évidemment la voix du T W Duke. Point d’innovation cependant et il serait irréaliste d’en attendre, alors qu’à peu près tout a été fait en musique populaire (at large), compte tenu de l’offre instrumentale, des dix doigts humains et de la technologie actuelle. Dans la case “retours”, il est pour l’instant second dans mon Playlist derrière le récent album de reprises de Jeff Lynne (ELO).
Pierre Tremblay
bt627
11 mars 2013
09h29
17 pièces qui ressemblent à une anthologie de son oeuvre, ce qui en fait un album inégal – à moins d’être un fan de toutes les époques de Bowie. Néanmoins, bien des groupes récents de “indie” aimeraient réussir à sortir un album de cette qualité.
hardy_canyon
11 mars 2013
12h07
« bien des groupes récents de “indie” aimeraient réussir à sortir un album de cette qualité. »
Vous dites, BT.
Bowie n’est plus le faiseur de tendances qu’il a été et, bien qu’il s’auto-composte à tour de bras là-dessus, ça reste un môzusse de bon album. Le Mince Blanc Duc vient de se taper un solide regain d’inspiration et, en plus, il est en voix comme jamais. Beaucoup de pièces fortes au menu, ou même de très fortes comme « The Stars (Are Out Tonight) ».
J’affirmerais humblement que cette réussite tient beaucoup à l’apport de Tony Visconti, un vieux pro de chez vieux pro qui, je pense qu’on peut l’affirmer, sait placer des micros pour obtenir, entre autres, une caisse claire hyper-incisive. Il sait aussi isoler des riffs annihilateurs, comme dans « You Will (Set the World on Fire) » ou dans la frippienne « Plan ». Après tout, Visconti a réalisé deux des meilleurs albums rock des cinq dernières années, à mon sens : « Real Animal » et « Street Songs of Love » d’Alejandro Escovedo.
Faut croire que le son Bowie est assez vaste pour que son géniteur puisse encore barboter dedans comme un canardeau guilleret. Du classic-rock pour les non-amateurs de classic-rock (dans le sens que les jambons de CHOM ne feront jamais jouer ça, sauf peut-être un extrait, deux ou trois fois, vers quatre heures du matin).
alainbrunet
11 mars 2013
13h28
Oui, en effet, hardy. Plusieurs pièces de Bowie sont du domaine classic rock mais celles de The Next Day sont progammées pour 2030… ;-)
hardy_canyon
11 mars 2013
14h05
Vous avez probablement lu « This is Your Brain on Music » de Daniel Levitin (pas moi, je suis un peu décalé dans mes lectures) : est-ce que Levitin parle des lésions cérébrales guettant l’auditeur de CHOM après 15 000 écoutes de Space Oddity? « Can you hear me, Major Tom? »
hardy_canyon
11 mars 2013
14h51
Vous avez écouté le nouveau Low, « The Invisible Way »?
ouan
11 mars 2013
15h03
Bof, 15 000 écoutes de Space Oddity ne causent pas autant de lésions cérébrales que les merdes over-hypées que tentent de nous vendre certains critiques montréalais hipsto-pseudos-connaisseurs en manque de héros.
Ces merdes se retrouvent parfois sur ce blogue, d’ailleurs, où j’ai souvent l’impression que l’on préfère écouter quelque chose de nul, mais nouveau, en tentant très fort de se convaincre que c’est bon.
Je suis d’ailleurs étonné que l’on y parle de Bowie.
Le «classic rock» ne rend pas malade. Pour l’instant, c’est encore ce qu’il y a de mieux, et c’est rassembleur de surcroît.
Je le sais, ça fait mal à entendre (lire)… Le déni c’est fort.
Je suivrai les nouvelles tendances de plus près lorsqu’elles en vaudront la peine. Aucun principe ne m’amènera à me contenter de moins. À chaque fois que je m’y suis essayé, déception.
Cela dit, il est vrai que CHOM fait dans la répétition. Avoir un aussi beau créneau, et si mal l’exploiter!
Tout ça n’est qu’une opinion, hein. J’aime ça brasser la cage.
alainbrunet
11 mars 2013
15h14
@hardy.
Non mais il est dans ma pile.
faschuman
11 mars 2013
16h53
Son premier single “Where Are We Now” était cryptique. Est ce qu’il nous montre littéralement que la bouteille est vide?
Voici mon interprétation: https://sites.google.com/site/videowherearewenowfr/
hardy_canyon
11 mars 2013
19h45
« Après tout, Visconti a réalisé deux des meilleurs albums rock des cinq dernières années, à mon sens : « Real Animal » et « Street Songs of Love » d’Alejandro Escovedo. »
Et quelques autres classiques, bien sûr…
Parlant de classiques, ouan, cette cage que vous aimez brasser, est-ce celle que Genesis mentionnait dans « Les agneaux se couchent sur Broadway »? Enfin, continuez de brasser votre cage de classic-rock, vous allez finir par en sortir. ;-)
angel_eyes
11 mars 2013
20h43
@ouan
À voir le nombre de réactions, force est de constater que vous ne brassez pas grand-chose.
gillesmenard
11 mars 2013
22h56
Aux intéressés !!!! Il paraît que ”Strawbs” viendra quelque part au Québec cet été.
Si vous avez un tuyau laisser le savoir ici.
Nous adorons ”Strawbs” au Témiscouata .Vive le dulcimer et le Irish Beat.
eternite
11 mars 2013
23h11
Je vais continuer d’ecouter du Bach .La derniere fois que j’ai ecoute’ bowie il a chanter pendant un spectacle de pink floyd, il chantait pas il ralait ouf….
_renaud
12 mars 2013
09h52
C’est très solide. Il a réussi à faire ce que Leonard Cohen et Neil Young ont fait avec leurs derniers albums. Un album assez fort qui ne donne pas seulement le gout de réécouter leurs vieux trucs.