Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 9h25 | Commenter Commentaires (63)

    Pierre Lapointe, Moran, le français normatif…

    pierre-lapointe théâtre maisonneuve 2013

    Pierre Lapointe au Théâtre Maisonneuve, mardi / crédit photo: Olivier Jean

    Côté chanson, le français normatif demeure suspect en Amérique. La chanson ainsi écrite se présente au bâton avec deux prises. Y a-t-il méprise ?

    De ce côté de l’Atlantique, le déclin du français normatif remonte à la Révolution tranquille, enfin depuis que la langue familière d’ici a pris sa revanche sur le français des classes dominantes. Réservé aux curés, médecins, notaires, petits bourgeois et personnalités des arts classiques, ce français jugé exemplaire était très souvent une pâle imitation du français d’Europe. C’était aussi l’expression d’un colonialisme lointain, suranné, empesé. Lorsque la puberté souverainiste fut venue, «bien perler» devint répréhensible, l’expression d’une acculturation révolue.

    À partir de là, intellectuels et artistes progressistes d’ici se sont appliqués à rehausser leur langue familière, à en débusquer les images les plus belles, à rendre notre joual littéraire et poétique. Inutile d’ajouter que les auteurs de chansons sont allés au front de cette mutation émancipatrice. Certains sont parvenus à leurs fins. Successeurs de Félix Leclerc et Gilles Vigneault, Claude Péloquin, Réjean Ducharme (dans son oeuvre chansonnière et non dans la romanesque), Marcel Sabourin, Jean-Pierre Ferland (deuxième période), Plume Latraverse, Richard Desjardins, Pierre Harel, Michel Rivard, Pierre Flynn, Louise Forestier, Sylvain Lelièvre. On en passe, bien évidemment. Ces paroliers de talent ont réussi à colorer une langue française certes maîtrisée mais en l’émaillant de savoureuses expressions d’ici. D’un rythme d’ici. D’une vision du monde en phase avec le territoire. À n’en point douter, ces auteurs ont participé à la création d’une authentique littérature chansonnière de la société francophone d’Amérique.

    Chacun sait que la chanson fut un véhicule privilégié de ce renouveau linguistique, fondé sur l’assomption de plusieurs siècles d’américanité. Depuis les années 60, donc, le joual signifiant l’a même emporté sur le québécois de bon aloi et cette langue familière magnifiée a carrément éradiqué tout français normatif de son passage. Mara Tremblay, Fred Fortin, Daniel Boucher, Lisa LeBlanc, Dany Placard, Keith Kouna, Mario Peluso, Olivier Langevin et autres Catherine Durand illustrent bien la santé apparente de ce joual signifiant. Bernard Adamus, Stéphane Lafleur, Martin Léon ou Fred Pellerin en transcendent carrément l’approche.

    Pourquoi alors s’escrimer à écrire en français international ? Pourquoi Pierre Lapointe et Jean-François Moran, qui font leur rentrée cette semaine, s’y appliquent-ils donc ? En général, on observe que les régionalismes ne sont pas légion dans leurs rimes. À l’évidence, leur poésie chansonnière exploite un vocabulaire et des aspirations stylistiques plus proches du français international que du français régional.

    Très souvent, les auteurs québécois de ce type sont jugés à tort pour avoir choisi d’écrire ainsi. Côté public, il s’en trouve encore beaucoup pour y conclure au trou du cul de poule, au maniérisme, à l’acculturation. À une écriture ampoulée, tarabiscotée, empruntée. À une langue «qui ne nous ressemble pas».

    Lorsqu’on en vient à critiquer de tels artistes pour des raisons autres que celle dont il est ici question (par exemple, cette première partie mal préparée de Pierre Lapointe au Théâtre Maisonneuve, cette voix aux prises avec microbes et/ou virus, ces pertes de mémoire, ces fausses notes dans plusieurs mélodies, cette mauvaise sonorisation de l’orchestre et sa direction clairement déstabilisée) plusieurs en profitent alors pour taper sur ce «bien perler» qui les agace tant.

    À tort.

    Pierre Lapointe, Moran, sa compagne Catherine Major (qui a fait une brève apparition sur scène lundi soir) et d’autres auteurs de chansons se mesurent à l’entière francophonie. Il ne s’agit surtout pas de dénigrer les autres qui parviennent à écrire de grands textes à partir d’une langue familière qui restera locale sauf exception, mais plutôt de reconnaître ces efforts parfois couronnés de succès.

    Et il y a lieu ici de réprimander ceux-là qui méprisent ces efforts et qui ne maîtrisent pas leur langue, soit ce français de base que tout francophone doit maîtriser sans renier les saveurs locales de sa culture. Il y a lieu de réprimander ceux-là qui se confortent dans une langue approximative dont ils ne connaissent pas vraiment les règles (orthographe, grammaire, syntaxe) et la signification exacte des mots. Ceux-là sont bien malvenus de fesser sur ces auteurs de chansons qui s’expriment autrement.


    • J’ai autant de plaisir à lire un recueil de chansons de ces paroliers de talent comme Plume que d’écouter un de leur disque. Peut-être que Lapointe deviendra le premier pour qui le plaisir de lire son oeuvre sera (et de loin) supérieur à l’écoute.

    • Oui, le déclin du français normatif dans notre société peut remonter à la Révolution tranquille et je ne regarde pas que côté chanson.

      Mais, par contre, dans les émissions de télé de ma petite enfance du début et milieu des années ‘70, il était encore de mise. Et les animateurs de Radio-Canada l’ont poursuivi et de nombreux comédiens aussi dont plusieurs sont décédés mais il en reste encore.

      Les jeunes le font moins, de nos jours ? C’est normal. Puis cela dépend aussi de votre milieu,de votre vie personnelle, votre formation.

      Nan, il y a rien de vraiment suspect là-dedans juste une certaine ”intolérance” à la différence de beaucoup de Québécois. Au premier abord, par contre, les Québécois restent des gens ouverts à bien des choses sauf qu’il y a ce petit côté qui n’aime pas les ”étranges”, un vieux fond conformiste et conservateur mais si on prend le temps d’expliquer et comme il faut, la grande majorité finit par comprendre.

      Mais que voulez-vous de nos jours on mesure les résultats en PPM à la minute alors, c’est bien difficile de bâtir du solide là-dessus.

    • En PPM ou pire en nombre de clics…

    • Est-ce vraiment un débat? En France, les Dominique A et Jean-Louis Murat ne sont pas critiqués pour la qualité de leur langue. Ici, quand on critique le français normatif de Lapointe, il me semble que ça découle davantage de l’image et de l’attitude qu’il projette en public ou en spectacle. De mon côté, j’aime bien le mélange des genres, un Desjardins ou un Kouna capable de manier les mots habilement, les Fortin, Adamus ou les Lapointe, Moran, chacun ayant sa poésie propre!

    • Aucun problème avec le français normatif. Aucun problème avec les régionalismes ou la langue de la rue, ni même celle de la ruelle. Il faut simplement que ce soit conséquent et que ça sonne vrai. Dans le cas de PL, ce qui irrite, c’est ce wanna be français. Sa façon de dire le mot opposé, par exemple, qui sonne comme opposè, sa façon de dire amûr etc…C’est too much.
      Je n’oublie pas l’avoir entendu dire à Monique Giroux, en entrevue, qu’il avait volontairement forcé son accent français qui faisait tant chier le monde parce que justement, ça faisait parler de lui. On peut lui donner ça, il est fort en marketing.
      J’ai autant de mal à entendre chanter Céline Dion en anglais avec cette façon de serrer les dents qui la fait sonner plus américaine qu’une américaine. Maniérisme tellement travaillé qu’elle fait pareil quand elle chante en français. Il avait fallu un Goldman pour lui taper sur els doigts et lui apprendre à déchanter…
      Que PL écrive des textes bien ficelés, on ne peut que s’en réjouir. Je me réjouis aussi des textes bien ficelés de Desjardins, Adamus etc…

    • @pierrebl

      Pour les fans de chansons ouverts à toutes les approches, ce n’est pas un débat. Pour la majorité, j’ai bien peur que oui.

      @norvege

      Nous partageons les mêmes agacements concernant PL. Accent volontairement exagéré et personnage volontairement surdimensionné peuvent produire un effet indirect… négatif. On lit Réjean Ducharme, Jacques Ferron, Gaétan Soucy, Gaston Miron, Jacques Poulin, Félix ou Vigneault, on n’a jamais cette impression de wannabe français.

    • Quelle excellente question qui est ici posée. En tant qu’ACI, je me questionne à ce sujet depuis belle lurette… Comment écrire, comment chanter? Chanter comme je parle ou chanter comme les gens parlent? Et d’abord, ces gens, ces québécois, comment parlent-ils? Et quels sont leurs références langagières, littéraires et chansonnières? Je ne sais si c’est un problème ou une richesse, mais force est de constater qu’il existe au Québec une grande diversité de langage et de codes.

      Au Québec, un certain public est versé dans les deux genres et peux les apprécier avec certaines préférence pour un ou pour l’autre. Un autre public, regarde le joual de haut et considère, souvent à tort, que les chansonniers, s’exprimant en joual ne savent pas – ou ne savent plus – écrire. Enfin, un autre public ne peut apprécier ou supporter le français normatif car il est complètement étranger à eux.

      Comme ACI dont le but premier et d’exprimer des émotions et des idées et de les partager, ce dilemme n’est pas simple. Je fais moi-même partie de la première catégorie. J’apprécie autant le plume normative que le «bon vieux» joual. J’en viens naturellement à choisir un genre ou l’autre pour m’exprimer selon les circonstances. Mais cela me pose un problème majeur dans la recherche de mon «public-cible» comme disent les gens de l’industrie.

      Dans un bar, mes chansons en joual remportent un certain succès. Dès la première écoute, le public peut «embarquer». Chanter en français normatif au Québec demande une grande qualité d’écoute que l’on ne retrouve que dans les salles de spectacle professionnelles (Maison de la culture et autres). Pour rejoindre ce public, ce dernier doit avoir entendu connaître les chansons préalablement, d’où l’importance des radios spécialisées, Radio-Canada en tête.

      Mélanger les deux genre, cela semble mélanger le public, je ne comprends toujours pas pourquoi, puisqu’un peu tout le monde écoute de tout. Desjardins et Plume sont parvenus à proposer des chansons dans les deux genres avec un certains succès. C’est donc possible quoique Plume ne remporte plus qu’un succès d’estime avec ses chansons nouvelles moutures (Depuis Chansons nouvelles, pourtant l’un des albums les mieux écrits que je connaisse, véritable Brassens québécois).

      Pour ma part, je pense faire des spectacles distincts selon le genre adoptés avec formules musicales et publics différents. J’ai l’impression que le mariage dans un même spectacle ou sur un même album ne réussit pas. À suivre…

    • « par exemple, cette première partie mal préparée de Pierre Lapointe au Théâtre Maisonneuve, cette voix aux prises avec microbes ou virus, ces pertes de mémoire, ces fausses notes dans plusieurs mélodies, cette mauvaise sonorisation de l’orchestre et sa direction clairement déstabilisée »

      J’espère pour lui que c’est un accident de parcours parce que c’est carrément inacceptable. Offrir une ou des prestations semblables, c’est s’enligner pour être rapidement la tête d’affiche du Café-Bar de trois places Chez Mathilde, à St-Meu-Meu-du-Camembert, dans le pays d’Auge.

    • « Et il y a lieu ici de réprimander ceux-là qui méprisent ces efforts et qui ne maîtrisent pas leur langue, soit ce français de base que tout francophone doit maîtriser sans renier les saveurs locales de sa culture. Il y a lieu de réprimander ceux-là qui se confortent dans une langue approximative dont ils ne connaissent pas vraiment les règles (orthographe, grammaire, syntaxe) et la signification exacte des mots. Ceux-là sont bien malvenus de fesser sur ces auteurs de chansons qui s’expriment autrement. »
      .
      J’ai ben peurs que s’est ceusses-la ne lise pas ton blog, Al.

    • L’élocution étudiée de Lapointe ne m’a jamais irrité, mais il reste que sa chanson la plus émouvante est, pour moi, celle qui se cache après « Hyacinthe la jolie », à 26 minutes 24 secondes, et où il largue sa parlure (la)pointue :

      Maman dis-moé pourquoi,
      Les ouéseaux au fond d’mon cœur,
      À toutes les minutes pleurent,
      Même si t’es là pour les consoler?

      Maman dis-moi pourquoi,
      Tout ce qui bouge autour de moi,
      Me donne juste envie de pleurer,
      Comme le jour où j’suis sorti de toi?

      Si c’est ça avoir vingt ans,
      J’aime mieux être un enfant,
      Si c’est ça avoir vingt ans,
      J’aime mieux mourir maintenant.

      Maman dis-moi pourquoi,
      J’me sens vieux de l’intérieur,
      Même si les minutes, les heures,
      Sont encore trop jeunes pour m’assommer?

      Maman dis-moi pourquoi,
      Le bonheur entre mes mains,
      Comme la porcelaine se casse?
      C’est-tu parce que je suis trop maladroit?
      Ou si c’est la vie qui m’aime pus?

      Si c’est ça avoir vingt ans,
      J’aime mieux être un enfant,
      Si c’est ça avoir vingt ans,
      J’aime mieux mourir maintenant.

      J’le sais que j’le verrai jamais,
      Le jour où comme toué j’serai vieux,
      Pis qu’les rides sur mon visage,
      S’ront arrivées pour y rester.

      Mais faudrait pas trop t’en vouloir,
      Si t’arrives pus à me consoler,
      C’est qu’les ouéseaux au fond d’mon cœur,
      Sont trop pressés de s’envoler.

    • té ben sûr de t’ça atch ?

    • Effectivement hardy, la parlure s’exprime ici. Pourquoi la plus émouvante ? Force est d’observer aussi qu’il parle à son public avec un accent qui n’a rien de normatif. On est loin de Mathieu Bock-Côté…

    • Je suis né à Montréal, j’connais l’joual! Ç’est mon ami! Sauf quand il nous tyrannise! Tant qu’il reste un simple niveau de langage, c’est mon «chum», autrement, je l’emmerde! Dans les pub je trouve ça ridicule, voire gênant, qu’il prenne maintenant autant de place. Lui et ses nombreux(on ne les compte plus) barbarismes et ses calques anglais désolants, sans parler du détournement d’acception, qui porte parfois à confusion. C’est l’argent encore qui impose ça, il faut toucher le plus de gens possible! $$$

      Par contre, dans ta chanson, tu fais ce que tu veux. Joual, français littéraire, langue inventée comme Desjardins le temps d’une chanson. Se limiter, dans sa langue maternelle, à un seul niveau de langue est triste. C’est un peu comme n’écouter que du country à trois accords et prendre celui qui fait un accord treizième pour suspect, pour maniéré. Pourtant le jazz, la bossa nova, quel régal!

      J’ai un cousin, un vrai «joualvert» à qui j’ai fait connaître Brassens, et qui a acheté le coffret. Même s’il ne doit pas comprendre la moitié des références dans ses chansons. L’ouverture d’esprit, heureusement, peut-être partout, mais pas toujours.

      Rejeter un chanteur pour son vocabulaire est une chose désolante, pour l’accent je peux comprendre, s’il s’agit d’un gars ou une fille d’ici, mais pour le reste…

      Quant aux deux exemples cités, je ne connais pas Moran, mais bizarrement même si je trouve que Lapointe à un grand talent pour la musique, pour ce qui est de ses textes, en «bon français», je trouve que ça s’apparente, pour ceux que je connais du moins, plus à des collages qu’à des textes bien construits. Parfois tout rime en «é», et tout semble détaché ô gué! ô gué!. C’est drôle parce que Lapointe était facile à démasquer à ses début avec son faux accent dans ses interventions, entre les chansons, puis qu’il faisait des erreurs de français, comme tout bon Québécois. Je n’aime ni ne déteste sa voix ou son accent. D’ailleurs, probablement le meilleur talent musical de sa génération.

      Tout ça pour dire qu’au Québec, qu’importe le niveau de langage, mes chanteurs préférés restent Plume et Desjardins, c’est pour dire…

    • Pourquoi la plus émouvante?

      Pas parce que Lapointe la chante en vernaculaire, il aurait pu la chanter en normatif qu’elle aurait été tout aussi émouvante. Non, l’émotion provient du fait que le jeune adulte inconnu dont parle Pierre trouve ça dur en calvâsse, avoir vingt ans; à côté de ça, la Marie-Hélène de Lelièvre a l’air de s’amuser allègrement. Et celle de Moustaki-Reggiani, on n’en parle même pas. Et puis, j’imagine que je me retrouve un peu là-dedans. Enfin, un ti-peu. Un ti-ti peu ou un mini-peu, comme dirait ma fille.

    • Il frappe quand je m’y attends le moins, ce bougre de bogue!

    • Ben oui hardy… depuis quelques mois, vous êtes le seul (ou presque) à en être victime. Je n’ai aucune idée de ce qui se produit dans la caboche de ce bougre de bogue. Désolé. Peut-être est-ce le tiret de votre pseudo (_ ) je ne sais…

    • @f.chopin

      Vous aimez Desjardins et Plume? Je vous recommande Emmanuel Raulet. Sa prose marie simplicité volontaire, humanité et ironie baveuse et ses chansons sont drôlement efficaces. Il lancera un album sous peu. Pour aller dans l’esprit de ce blog, je dirais qu’il écrit dans un «joual normatif»!

      Vous pouvez entendre sur Myspace, ça donne un aperçu mais c’est incomplet. Son album «À poil ou en habit» devrait se retrouver dans toutes les collections d’amants de chansons québécoises.

    • Ce bogue a ses réseaux que le réseau ne connaît pas.

    • « vous êtes le seul (ou presque) à en être victime »

      Mmmh, de là à devenir parano, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. ;-)

    • Non non ! ;-)

      Il doit bien y avoir une explication informatique…

    • Hardy…je viens d’écouter la toune ci-haut mentionnée. Je trouvais le texte très beau. Pour dire la vérité, la mienne, son verniculaire sonne faux aussi. (faut le faire)Je ne sais pas quoi dire, franchement, j’ai l’air d’insister. Ça ne passe pas. Et dire que je m’étais presque réconciliée.

    • verniculaire comme dans faux-vernis, c’est bon ça.

    • Je n’arrive pas à trouver par quel bout commencer. Comme d’autres l’ont dit avant, je ne fais plus la différence dans le niveau de langage quand j’écoute une chanson. Il y a eu appropriation du joual dans la langue écrite, chantée et jouée. Après le choc est venu la normalité. Puis les meilleurs en ont fait éclater l’originalité. Desjardins est enseigné.

      Je n’ai pas fait d’études dans le domaine de la langue. Je ne sais pas si ce joual deviendra langue de création courante et le français normatif s’en trouvera marginalisé. Je ne sais pas s’il existe un genre de balancier des langues qui passe du joual au normatif suivant les générations . Et sur une longue période, tout s’égalise.

      Est-ce que les paroliers en herbe se sentiront à l’étroit dans le français normatif? Trouveront-ils un espace de liberté plus grand pour dire leur dû dans le joual? Est-il nécessaire d’écrire comme l’on dit les mots?

      En fait, les trippeux de texte boutonneux, ils écoutent qui en français, ils s’inspirent ou veulent se démarquer de qui, actuellement?

    • C’est comme un labyrinthe dont on ne pourra jamais s’échapper, ce débat là. Pertinent, mais lourd et lassant à la longue. Toujours la même insécurité identitaire qui persiste. Étrange quête d’authenticité dans la manière de prononcer les mots… Comme si chanter “moé” sonnait plus vrai que “moi”.

    • Il se trouve peut-être aussi des Haïtiens pour se plaindre que Dany Laferrière n’écrit pas en créole? Ce serait le même phénomène. La qualité du français est encore associée à l’élite. Et il est regrettable qu’on s’en prenne à ceux qui s’expriment bien en français normatif. C’est un peu comme si on reprochait à un grand hockeyeur de déployer tout son talent. Tant pis. Bien faire et laisser braire.

    • Il reste qu’une fois parti à l’étranger, entendre une chanson d’ici ramène à la maison dès le premier mot. Ça faisait un bout de temps qu’on était au Canada. Et ça faisait quelques jours qu’on roulait quand quelqu’un a fait jouer Claude Dubois. Moment de silence. On était quatre et aucun de nous quatre n’a dû avoir les mêmes images pendant la pièce. Mais on a tous été de retour à la maison pendant ces quelque trois minutes. Je ne me rappelle même plus le titre de la chanson.

    • Daniel Boucher est probablement le seul dont j’ai apprécié la langue « parlée ». Dans son cas, on l’imagine mal chanter autrement. Et il est habile pour jouer avec la langue.
      Sinon, la plupart du temps, ça m’agace. Martin Léon par exemple. Sa musique est superbe, mais ses mots, ça gâche parfois une partie de mon plaisir.

      Mais le problème du français normatif semble généralisé au Québec. Sérieusement…avant de vouloir forcer tous les anglophones à parler français, le gouvernement devrait commencer par s’assurer que les francophones le parlent et l’écrivent bien. Quand tu vois des enfants d’immigrants qui parlent un français impeccable et que tu fais la comparaison avec les petits Québécois de souche, c’est un peut gênant, non?

    • À tous ces propos, j’en ajoute un autre…

      Puisqu’il existe beaucoup moins de mots en joual, le matériau s’épuise rapidement lorsqu’on compose des chansons dans le genre… Trouver la rime devient très difficile sans utiliser toujours les mêmes mots. Par contre, lorsqu’on a tout le Petit Robert comme terrain de jeu, les possibilités sont augmentées. Toutefois, comme j’écrivais précédemment, le vocabulaire de certains Québécois est tellement restreint, que le fait d’utiliser certains mots, ou certaines tournures, c’est comme si on s’adressait à eux dans une langue étrangère. Néanmoins, je défends le joual dans la chanson – emploi de certains anglicismes, régionalismes, accents, expressions – lorsque que la structure grammaticale derrière est maîtrisée. Mononc’ Serge a écrit des bijoux dans cette langue et a même écrit une chanson jouissive sur le sujet sur son dernier album.

    • On ne devrait que se réjouir du large éventail de niveaux de langage employé au Québec. Avec toutes ces critiques envers le français normatif (quoique le français joual passe au bat à son tour assez souvent aussi) on doit se demander si les amateurs de musique du Québec ne sont pas eux-même responsable de la frilosité des artistes à se diversifier et nous offrir des produits de qualité. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de produit de qualité ici, au contraire, mais nous avons très peur de les faire connaître, nous contentant d’encenser les vieux de la vieille ou le radio-normatif.

    • Le français point. Le français normatif c’est une excuse idem pour le français international ou de france. Il y a le français et le franglais.

      Si les journalistes ne passaient pas leur temps à détruire la langue et à dénigrer le français (frais-chié) sous prétexte qu’ils confondent accent avec structure et syntaxe…

      On ne peut pas placarder un français de “Paris” lui coller des préjugés vieux de 50 ans et se plaindre ensuite du niveau minable de la langue parlée dans la rue.

      Le québec se prend en otage et s’exclut de la francophonie. On peut le voir dans les émissions de jeux comme Pyramide:
      les suisses, les belges, les bretons, les corses ne miment pas les mots.

      Pourtant je reste optimiste.

    • Je préfère cela à ce que nous font toutes ces nouvelles chanteuses au filet de voix restreint dont on ne comprends pas les mots telle Coeur de pirate et d’autres.

    • Le feu groupe Beau Dommage c’était bien Québécois et la langue y était belle et agréable à entendre.

    • « En fait, les trippeux de texte boutonneux, ils écoutent qui en français, ils s’inspirent ou veulent se démarquer de qui, actuellement? »

      Benjamin Biolay, « Novembre toute l’acné »

    • « Pour dire la vérité, la mienne, son verniculaire sonne faux aussi. (faut le faire)Je ne sais pas quoi dire, franchement, j’ai l’air d’insister. Ça ne passe pas. Et dire que je m’étais presque réconciliée. »

      Ça vâ mal à’ shop, Norvège! Qu’allez-vous me dire ensuite? Que même ses pièces instrumentales sont maniérées? ;-) Ne vous en faites pas. Je comprends votre incompréhension. Je comprends sans comprendre, je crois. En fait, je ne sais plus. J’pensera ben que j’vâ éller m’coucher. Ou, comme le chanterait Pierre, « Hop, au plumard ».

    • Ce qui risque de déranger chez Pierre lapointe,ce n’est pas le texte mais plutôt la prononciation,l’accent.Car à ce qu’il semble,plusieurs chanteurs québécois n’utiliseront pas une langue tout particulièrement typé-le joual des artistes-,utilisant donc un français normatif j’imagine,et ce sans pour autant se faire critiquer sur le fond de l’affaire.

      Au Québec,vous ne vous ferez pas critiquer parce que vous faites de belles phrases,mais plutôt si vous y mettez un accent qui n’est pas d’ici!Puis également,il ne s’agit pas de parler comme un livre non plus…

      La première fois que j’ai entendu le tout premier tube de Pierre Lapointe-il me semble que c’était son premier-,la chanson dont j’ai oublié le titre mais qui est basé sur un pattern de guitare jazz manouche,j’ai probablement cru sur le moment qu’il s’agissait d’un nouvel artiste,parisien…

      Donc à moins d’être dans le champs,le français normatif sera accepté au Québec,pour autant que vous ne vous preniez pas pour un parisien!Puis sans être un expert de la France,si vous parlez le parisien mais dans le nord du pays,ou en Bretagne par exemple,est-ce que l’on risque de vous regarder de travers?

    • Et Marie-Hélène Thibert,elle chante en quoi,en français normatif?En tout cas c’est pas en joual,et pourtant la majorité québécoise qui écoute Tva-les matantes,pis les mononcles qui sont obligés d’écouter les émissions de la matante-,elle tripe sur Marie-Hélène et ses belles chansons avec ses beaux textes à verser des larmes!Un paquet de tubes québécois utilisent cet expèce de français plutôt neutre,qui n’est pas du joual,et j’ai jamais entendu dire que ça indispose des gens.

    • @disto-bob

      Prononciation, accent, bof… Entre Gérard Poirier et Pierre Lapointe, où est la différence ? Question de personnalité, je crois plutôt. Vous avez parfaitement raison de souligner que les chanteurs de variété usent souvent du français normatif, de Mario Pelchat à Marie-Élaine Thibert. Chez les auteurs-compositeurs-interprètes, cependant, cela devient plus délicat. Enfin c’est ce que j’observe…

    • D’accord avec Norvège. Le problème n’est pas le français normatif, mais le maniérisme et le too much un peu caricatural de sa posture langagière.

      Pour le reste, je crois que les musiques ou les chansons amènent d’elles même le type de français qui doit être utilisé. Et ce choix doit rendre l’interprète confortable.

    • Le plus surprenant avec Lapointe, c’est qu’il ait grandi à Gatineau, une des villes où le français est le plus massacré au Québec.

      Ici, faire certain de prendre l’élévateur est considéré comme normatif.

    • Comme Alain Lefèvre, donc, qui vient d’Hochelag…

    • “Ça vâ mal à’ shop, Norvège! Qu’allez-vous me dire ensuite? Que même ses pièces instrumentales sont maniérées? ;-)”
      C’était mon point numéro 2. haha
      Rendons à Césaar ce qui appartient à César. Il y a de belles chansons sur cet album. Celles qui me touchent le plus sont en fait les plus dépouillées, entre autres Nu devant moi, Monsieur. Là, il mise beaucoup sur les atmosphères et c’est très réussi.

    • Je vois mal le parrallèle avec Gérard Poirier, car si on parle du même individu,il doit être né dans les années 30 ou 40!C’est un type d’une autre génération,sinon de deux,qui a probablement fait son cours classique…J’ai des grandes-tantes qui parlent de même,mais ça se limite à ça de mon bord!

      Coeur de pirate, la Pierre Lapointe féminine, chante dans un français normatif : gros succès,pas mal plus que bien des barbus qui affectionnent le joual. Ariane Moffatt, une autre ACI qui chante en français normatif. Jean Leloup a toujours chanté dans un français normatif de qualité et, à moins que je ne me trompe, Boucher s’exprime assez sobrement lui avec. Etc.

      Nous connaissons tous la haine de plusieurs Québécois envers les Français, et tout particulièrement les Parisiens(l’accent,toujours l’accent), alors c’est clair que si vous vous mettez à chanter tel en parisien sur la dérape,bingo!

      Autrement, Éric Salvail, un autre que plusieurs aiment pas. Xavier Dolan également,ne fait pas l’unanimité. Est-ce que je brûle? J’espère que non!

    • Ça y est, on vient de franchir le portail donnant sur la Zone du crépuscule : Éric Salvail a été mentionné dans ce blogue.

    • Aucun bogue pour le bloquer haha !

    • Existe-t-il un espagnol normatif? Les hispanophones d’Amérique (j’y vais large là, je sais) ont-ils le même genre de questionnements? Je pose la question sans malice, je suis assez ignorant de ce coté là. Je sais quand même qu’on ne parle pas exactement le même espagnol à Cuba, au Pérou ou en Espagne. Ça pose problème dans l’exportation de la culture?

      Un exemple qui me vient en tête dans ce débat sont les écossais. D’un coté, on écoute Belle & Sebastian, et si on a l’oreille, on remarque l’accent, certaines expressions, mais c’est somme toute assez subtil quand on les compare à leurs compatriotes d’Arab Strap (accent gros comme le bras, textes plus près de “langue parlée”, etc). Est-ce que ça créé le même genre d’émoi de leur coté de la flaque? J’ai l’impression que non, mais je pourrais me tromper.

    • Disto-bob :

      C’est vrai que la langue chantée de Leloup est normalement normative. Une exception qui m’a toujours agacé : « Pour une fille d’Ottawa – Grandie à Sainte-Foy ». « Grandie à » dans le sens de « raised in »? Il aurait pu dire « Qui a grandi à Sainte-Foy » ou « Qui grandit à Sainte-Foy » sans nuire à la prosodie. Boulga qualifierait de calque syntaxique odieux cet escamotage du pronom relatif. Et il aurait raison.

    • « Et Marie-Hélène Thibert,elle chante en quoi,en français normatif »

      Ce billet porte sur la forme, ça en prendrait un autre qui porte sur le fond.

    • Là je sais plus trop.Justement sur la forme,il n’y a pas de différence entre Thibert(désolé les amis pour l’exemple) et Lapointe.C’est pas plutôt sur le fond,ou le contenu du texte,la démarche artistique,que réside la grosse différence?Et là Lapointe est très français internationale,dans ses sujets,dans sa manière d’écrire,mais tant qu’à moi ce débat à plus à voir avec la démarche artistique de l’artiste en général:on parle bien musique ici,pas de littérature au sens strict.Mais pour moi,désolé,c’est du tournage en rond-on en vient même à citer Salvail au passage…toutes mes excuses(je dis ça surtout pour éviter les mauvaises tentations)-car il ne me semble même pas que le français normatif soit en déclin,peu importe.On ne chante plus au Québec comme on le faisait dans les années 50,si c’est ça le débat,et si c’est en référence à cela que le chroniqueur y est allé de sa citation de Poirier…franchement!Quel débat…!Je ne suis pas assez intello pour ça,ou pas assez interessé par la chose,ou encore j’y vois pas l’intérêt ou je n’y comprends plus rien.De toute façon l’essentiel a été dit:si certains ont un problème avec Lapointe,c’est pas avec son français que ça ne colle pas,pas davantage qu’avec ses chansons non plus.

    • Le Rapide blanc d’Oscar Thiffault avait été repris à toutes les sauces à son époque. On pouvait même entendre des versions jazzy ou très classe interprétée par des chanteuses bien mises à la diction impeccable (mais je ne les trouve pas sur youtube). Imaginez une Diana Krall en train de chanter awingna han…

      Y va frapper à la porte, awingna han
      La bonne femme lui a demandé
      Ce qu´il voulait ce qu´il souhaitait
      - Ah, je voudrais ben madame
      J´voudrais ben rentrer

      Ah ben dis : Rentrez donc ben hardiment, awingna han
      Mon mari est au rapide blanc
      Y a des hommes de rien qui rentrent pis qui rentrent
      Y a des hommes de rien qui rentrent pis ça m´fait rien
      Y a des hommes de rien qui rentrent pis qui rentrent
      Y a des hommes de rien qui rentrent pis ça m´fait rien

      Après qu´il fut rentré, awingna han
      La bonne femme lui a demandé
      Ce qu´il voulait ce qu´il souhaitait
      - Ah je voudrais ben madame
      J´voudrais ben me chauffer

      Ah ben dis : Chauffez-vous donc ben hardiment, awingna han
      Mon mari est au rapide blanc
      Y a des hommes de rien qui s´chauffent pis qui s´chauffent
      Y a des hommes de rien qui s´chauffent pis ça m´fait rien
      Y a des hommes de rien qui s´chauffent pis qui s´chauffent
      Y a des hommes de rien qui s´chauffent pis ça m´fait rien

      Après qu´il fut chauffé, awingna han
      La bonne femme lui a demandé
      Ce qu´il voulait ce qu´il souhaitait
      - Ah je voudrais ben madame
      J´voudrais ben manger

      Ah ben dis : Mangez donc ben hardiment, awingna han
      Mon mari est au rapide blanc

      Etc. etc…

    • Grandie à Ste-Foy me semble au contraire beaucoup plus intéressant. Y a une ambiguïté. Elle est grande? Elle a été grandie? Je n’ai vraiment aucun problème avec les calques. Pour moi les règles peuvent être laissées au garde-robe en chanson. Je dis ceci en n’écoutant pas beaucoup de chanson ni beaucoup les textes en général.

      Par ailleurs je ne crois par qu’écrire en français normatif ait un quelconque impact sur la portée internationale de l’œuvre des auteurs compositeurs Québécois. Oui le niveau de leurs textes pourra être mesuré à ceux des talents internationaux, par les critiques locaux. Mais aux dernières nouvelles, les Cowboy Fringant ont eu un succès beaucoup plus considérable en France que Moran, Catherine Major et Pierre Lapointe. Garou, qu’il soit normatif ou pas, ça ne change rien.

      Il me semble qu’au Québec, le cinéma a pris la place de la chanson comme carte de visite culturelle. Continental un film sans fusil, c’est pas mal plus riche qu’avec pas de casque à mon humble avis.

    • Moi je suis un grand fan de Éric Salvail. Il remplace mon autre idole René Simard, qui se fait trop rare. Des gars qui sont aussi de bonne humeur, c’est fascinant.

    • Ce qui me fascine d’autant plus, c’est sa capacité incroyable à consommer TOUS les produits St-Hubert.

    • Ha Ha! Cette pub est un chef d’oeuvre. Éric je t’aime!

    • Oui, elle a été grandie à Sainte-Foy (il y a une excellente clinique de grandissement au CHUL) puis graduée à l’Université Laval. Filiforme et longiligne, elle joue désormais le rôle d’une pipette sérologique dans des pubs de matériel de laboratoire.

    • Ou celui d’un thermomètre dans des pubs de Tempra.

    • Cette foy-là, JL avait erré un tantinet…

    • Vous devriez arrêter de parler de Salvail…vous vous calez les musicos!

      Moi qui croyais que ce blogue était des plus sérieux,un des meilleurs dans le genre au Québec.

      Farce à part,question de faire deux pour un,j’en suis à ma sixième ou septième écoutes d’Atom,et j’ai toujours pas déniché le truc qui ferait du jeu de Flea un apport remarquable à l’effort de groupe…

    • HS

      Aussi bien le mettre sur une entrée de blogue passée date deux fois. Le lien ramène vers l’importance de la musique. Pourquoi ce qui est écouté à 14 ans pourrait l’être jusqu’au centre d’accueil…. Intéressant…

      http://www.ledevoir.com/culture/musique/371540/jamais-sans-vanessa

    • Pour ce qui est de Pierre Lapointe, j’ai pas de problème avec son personnage de départ, prétentieux, mégalomane, maniéré, accent français de France, bien au contraire…

      Justement, la première fois que je l’ai entendu à la radio c’était pour sa chanson le Colombarium et figurez-vous qu’il y avait une défunte dans ma grande famille, une femme que j’aimais mais qui dans la vie accordait trop d’importance aux apparences, au luxe et au matériel. Alors dans ma tête je lui ai dédié la chanson.

      Et je trouve aussi que pour se moquer des gens snobs c’est un peu comme la chanson de Boris Vian, ”J’suis snob”, à une différence près le personnage il me semble de ”Patrick” dans la chanson de Vian, j’aimerais presque être dans sa peau pour une journée ou deux alors que celui de Pierre Lapointe c’est juste une moquerie.

      Voilà, pour le personnage et ensuite ? Deux, trois ou quatre chansons de l’artistes peuvent m’intéresser ?

      Mais à part cela ? Je ressens plutôt son oeuvre comme kitsch, banale et ordinaire plutôt que singulière et son personnage ridicule le sert moins quand on a plus les mêmes goûts du tout ou si cela ne sert pas à se moquer des défauts de gens dans notre société que l’on aime bien par ailleurs.

      Donc ? C’est peut-être son premier album qui est le meilleur mais s’il reste plus traditionnel, le deuxième il s’éclate plus je suppose et des chansons m’intéresse mais ses goûts et je dirais ses attirances sont très différentes des miennes.

      Alors quoi ? C,est ps mon truc, je ne vais pas le voir c’est tout et la fille sur CIBL vient de faire une critique de son show et elle c’est le personnage qui l’agace, mais je m’en fous moi de ça. Mon problème, c’est de faire cela en grande pompe avec tant de moyens pour présenter une oeuvre banale. Ils ont fait jouer une chanson par la suite… Je l’ai trouvée comment ? PLATE.

      Tu peux être arrogant tant que tu veux, crâner au max, moi je m’en fous si tu livres la marchandise, je vais au contraire t’adorer comme des boxeurs qui l’on fait dans le passé et rendu sur le ring, ils donnent une leçon de boxe.

    • De plus moi j’adore les accents, les graves, les aigus comme les circonflexes.

      Je veux pas quelqu’un de banal côté voix et personnage non plus alors bien des gens qui accusent quelqu’un d’être maniéré ne sont que des jaloux n’ayant pas réussir à se forger eux un ou des personnages ou dans le cas de ceux que l’on dit très authentiques et naturels ? Cette authenticité peut venir à sonner fausse ou bien la personnalité devenir une caricature d’elle même, prisonnière de son personnage.

      Si c,est un artiste il te faut un personnage et qui peut être très différent de ce que tu es dans la vie au départ quoiqu’avec le temps, les deux viennent souvent à se confondre.

      Lapointe ? On a eu raison de l’aduler, cela mon impression mais par la suite bien comme toujours l’industrie croyant avoir trouver un nouveau génie, plutôt que d’être critique et de lui faire réviser ses projets lui ouvre tout grand les portes trop rapidement. Et c,est le cas, pour bien des groupes ou artistes, on croit avoir trouver la recette qui pogne et là, la qualité de l’oeuvre ne peut devenir que de plus en plus banale.

      Par contre, je n’ai pas fait mes devoirs et tout écouté, notre tout de même ami Pierre Lapointe, c’est aux critiques de faire cela, moi je ne suis pas MASOCHISTE. J’irai pas me farcir quelque chose que je trouve de prime abord peu intéressant. Et si je me trompais ? pas important et tant mieux pour Lapointe alors dans ce cas , moi je peux suivre d’autres artistes et même aussi encore que je me tromperais en aimant temporairement ou plus longtemps des artistes qui resteront mineurs on s’en contrefiche. Dans la vie tu prends ce qui passe et si c’est cela qui est ton occasion pour toi, c’est cela que tu prends, c’est TOUTTT !

    • Gérard Poirier ? J’ai toujours adoré la grande classe de cet homme. On pourrait assui penser à Camille Ducharme et tant d’autres ou même à des Français qui étaient ici ? Que devient VERBO dans ”’les 100 tours de Centour” ? Julien Genay…

      Si des gens sont dérangés par Catherine Major, ils ont jamais mis les pieds à Outremont ou même Candiac et Saint-Lambert… Énormément de gens ont les mêmes manies…

      Tout le monde a les siennes. Endurez-vous bande de ”BASWELLS” !

    • Quelqu’un parle de Jean Leloup ? Grandi en Algérie lui. Ceci expliquant cela.

      Pour les accents et les belles manières beaucoup de prêtres, des jésuites en avaient aussi à l’époque alors que d’autres c’étaient une grosse bonhommie proverbiale. Pis après ?

      Tu vis tout la gang dans la même province, le même bateau, pis chacun ses goûts dans la vie c’est dans quelle série que le père dit à son fils que tu n’as pas besoin de manger de la langue de porc pour être un homme ? La série sur Michel Chartrand qui disait cela à son fils ? Tu deviens un homme à ta manière.

      Si tes manières ne plaisent pas à certains, il faut que tu sois rendu assez mature pour comprendre que dans la vie on ne peut pas plaire à tous.

    • @effet__placebo

      Alain Lefèvre est né en France.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    février 2013
    L Ma Me J V S D
    « jan   mar »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728  
  • Archives

  • publicité