Alain Brunet

Archive du 23 février 2013

Samedi 23 février 2013 | Mise en ligne à 17h31 | Commenter Commentaires (33)

Pierre Lapointe, Punkt attitude

Pierre Lapointe, Punkt

Aux premières loges de son ascension, j’ai admiré ce Pierre Lapointe qui culmina dans la Forêt des Mal-Aimés.. Après quoi j’ai décroché du personnage. À partir du pompeux et surévalué Mutantès, l’étirement de ses propositions m’a semblé le mener à des redites camouflées, avec à la clef un déclin prononcé de mon intérêt pour ce jeune homme au talent exceptionnel.

Nous voilà quelques cinq années plus tard, et voilà que le pompon donne de nouveaux signes d’excitation. Pierre Lapointe réémerge (le mot est faible) avec éclat, nouvel album hypermédiatisé et guichets fermés (au Théâtre Maisonneuve ce mardi) pour un récital dont l’objet principal sera la matière de ce Punkt au profil élevé, à l’instar de son concepteur. Album que l’on se devait d’écouter très attentivement, ressentir, goûter avant d’émettre quelque impression.

Alors ?

Ombres et lumières de l’intimité humaine au programme. Difficile de s’inscrire en faux contre l’étrangeté de l’amour, thème majeur de Punkt. Pour reprendre les images de son auteur, impossible de ne pas en reconnaître les trajectoires sinueuses, les blessures infligées, les coins de ciel détruits, les cœurs de miel massacrés, les sexes souillés, les souhaits de se retrouver à genou devant l’autre et de trouver cet amour qui durera jusqu’à la fin du dernier jour.

Punkt traite de cet amour du cœur et du cul. Tout est ici fiction, tout porte à interprétation, toutes orientations sexuelles se confondent. Dans un français astiqué et normatif, tous les tons sont adoptés : coquin, romantique, passionné, autoréflexif, soft-pornographique et plus encore. Musicalement, il en va de même pour les multiples références stylistiques, de la fanfare contemporaine à la pop classique, de la tradition française à l’états-unienne, jusqu’à un thème de Sesame Steet ! Pléthore de collaborateurs, ambitieux arrangements, efforts tangibles de rehaussements harmoniques. Arrangements fastes et rigoureux de Guido Del Fabbro, Philippe Brault, Pierre Lapointe, Josianne Hébert.

Pour son meilleur opus depuis La Forêt des Mal-Aimés, Pierre Lapointe a choisi d’explorer une jungle de mœurs (la jungle des bien-aimés !) que d’aucuns trouveront maniérée, surécrite, surcomposée, excentrée… alors que d’autres concluront au foisonnement créatif d’un artiste au-dessus de ces considérations.

Liens utiles

ÉCOUTE INTÉGRALE DE PUNKT SUR LE SITE OFFICIEL DE PIERRE LAPOINTE

Pierre Lapointe, profil Wiki

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Samedi 23 février 2013 | Mise en ligne à 8h37 | Commenter Commentaires (2)

M pour Métropolis

M au Métropolis

Pour une éMième fois, on le constate: M sait faire la fête.

Les signes ne mentent pas: en deux soirs d’affilée, deux Métropolis ont été remplis à craquer de trentenaires et quadragénaires souriants, sans compter quelques douzaines de marmots en liesse, venus avec leurs parents parce que séduits par un mec rock aux accoutrements fantaisistes. Qui plus est, invités sur scène par le chanteur pour une interprétation festive du Baptême, souvenir gravé à jamais. Pur plaisir pour tous !

Pour une éMième fois, soulignons que Matthieu Chedid est un guitariste habité, qui sait dégainer une pléthore de riffs et faire monter la mayonnaise au moment opportun. En plus d’occuper la scène comme en sont capables les meilleurs du métier, il a fort bien saisi les fondements du power trio à fort indice de testostérone – malgré cette voix de contre-alto qui lui confère une identité propre… et une tendresse qui fait craquer à coup sûr la gent féminine.

Pour une éMième, fois, on aura noté que l’éclectisme (un peu agaçant) de ses choix stylistiques s’efface sur scène, l’énergie rock l’emporte largement sur le jazz manouche, la rumba catalane, la techno ou même le funk. Brad Ackley l’accompagne avec un instrument inventé, basse et guitare à la fois, gugusse auquel on a greffé des déclencheurs d’échantillons et sons numérisés. Lawrence Clais en est le batteur attitré. Excellents musiciens dans le contexte. De ces généreux M à tout faire se dégage une énergie thermique considérable, nul doute là-dessus. Chaud au coeur, chaud aux tripes, chaud partout.

Ainsi, c’était mon éMième show de M depuis la fin des années 90. Sans vouloir jouer les rabat-joie, je laisse désormais à ses fans le plaisir de goûter sa variété rock. À moins de changements majeurs dans la facture à venir. Pourquoi donc ? Sauf quelques détails, M surfe sur les mêmes équations et met à profit ses vastes compétences musicales et stylistiques… sans bouleverser quoi que ce soit, sans déstabiliser, sans emprunter de sentiers insolites. Et que dire de la piste de la nostalgie ? Donner du bonheur est un noble dessein, on ne peut certes s’y opposer…

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