
Liz Harris de son vrai nom, Grouper de son nom d’artiste (elle a grandi dans une commune nommée The Group et dont les enfants s’étaient eux-mêmes étiquetés d’un nom: groupers !), préconise une approche horizontale. En témoigne ce nouvel opus, The Man Who Died in His Boat, lancé sous étiquette Kranky et qui fait l’objet de très bonnes critiques dans les médias anglo-américains.
Lentement et sûrement, cette musique californienne révèle ses caractéristiques propres: subtils effets de saturation, drone pop au féminin assorti de structures chansonnières.
Lentement et sûrement, on absorbe ses mélodies aériennes, progressions d’accords, refrains et ponts, rimes à peine perceptibles, éléments de recherche électroacoustique (sons captés sur le terrain ou créés à partir de synthétiseurs ou autres procédés électroacoustiques, filtres divers), effets variés de résonance.
Liz Harris en séduit plus d’un parce que ses expériences enrobent de vraies chansons, et ce malgré le traitement qui leur confère un halo de mystère. Sans ces superpositions de voix aériennes, sans ces grattes de guitare folkie, on sortirait du champ de la pop culture. L’évanescente Grouper, semble vouloir y rester.
The Man Who Died In His Boat, en ce sens, n’est pas très différent de ce qu’on a découvert précédemment de la chanteuse. Notamment lorsqu’elle s’est produite à la Sala Rossa devant un auditoire perturbé par quelques hipsters imbibés – pendant une séquence particulièrement calme du du concert, ces pauvre types s’étaient mis à jaser très fort autour du bar… faut le faire !
C’était en juin 2012, soit après la sortie de l’album Violet Replacement, un album somme toute assez proche de ce nouvel opus tout aussi recommandable si l’on considère qu’il a été engendré dans un même cycle de création – c’est-à-dire quelques années plus tôt; ces enregistrements ont été effectués en 2008, soit à l’époque de Dragging a Dead Deer Up a Hill.
Liens utiles
Metacritic, moyenne de 82% fondée sur 14 critiques
Écoute intégrale de The Man Who Died in His Boat sur Grooveshark

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gillesmenard
17 février 2013
20h42
Mais c’est donc bien bon ça.J’adore et en plus elle est très jolie.
editpaf
17 février 2013
22h08
Drone pop au féminin? De kossé????
gillesmenard
17 février 2013
22h15
Belle pochette ,une photo d’une vraie femme.Pas une catin blondasse trop grimmée.
atchoum
18 février 2013
08h42
Je viens de commencer à lire Vokswagen Blues de Jacques Poulin. Une femme femme y est décrite haute comme une grande sauterelle aux longs cheveux foncés. J’aime bien l’image que projette Liz Harris. Les deux se mélangent… Pas encore écouté, par contre.
alainbrunet
18 février 2013
11h37
@edithpaf
http://en.wikipedia.org/wiki/Drone_music
felixhoude
18 février 2013
12h05
À l’écoute de l’extrait proposé, Cloud in places, j’ai l’impression d’entendre un enregistrement amateur fait dans une église vide… D’un coté une guitare «mické» et de l’autre, une voix perdue bien, bien loin dans le mix… Au final, ça reste agréable à entendre quand on aime les ambiance délétères mais je reste néanmoins surpris que des gens endisquent ce genre de musique et qu’ils se trouvent des gens pour écouter… Il me faut sans doute entendre les autres pièces pour avoir la vue d’ensemble…
alainbrunet
18 février 2013
12h14
Well, cela me semble pas mal plus qu’un «enregistrement amateur fait dans une église vide» mais bon, je peux comprendre cette impression première. Pour le reste, vous avez accès à un lien pour écouter l’album en entier.
felixhoude
18 février 2013
12h49
@alainbrunet
J’ai écouté la majeure partie de l’album et au final, mon impression demeure la même… Mais comprenez bien que je ne déteste pas cela, le «feel» est bon. Mais je demeure étonné que ce genre de propositions existe… Pour avoir assisté à plusieurs tests de son en des lieux divers, la comparaison avec un «mauvais» mix dans un grand auditorium s’impose naturellement. Je comprends bien, que la recherche des ambiances et des textures amènent les artistes a «dépasser» les cadres déjà établis mais je trouve tout de même surprenant d’en arriver à ce résultat. Les dissonances dûes à l’écho dans la guitare ne sont pas sans rappeller les premiers enregistrements du Velvet Undeground – Sunday mornig par exemple – mais dans leur cas, c’était à cause d’un mauvais travail de réalisation. Ici, on sait que c’est voulu… Et la voix, bien que jolie est souvent quasi-inaudible… Mais c’est de l’Art, donc on reste à l’écoute… Du moins, pour quelques tours de piste…
C’est peut-être parce que je fais moi-même de la musique
alainbrunet
18 février 2013
14h07
C’est peut-être pour ça… Les praticiens de la musique conçoivent difficilement les choses qui sont faites volontairement avec de tels «défauts». Si souvent, je vois des musiciens pester contre des productions étranges en soulignant que leurs concepteurs ne savent pas ce qu’ils font. Bien sûr, ce n’est pas votre cas…
felixhoude
18 février 2013
15h05
«Si souvent, je vois des musiciens pester contre des productions étranges en soulignant que leurs concepteurs ne savent pas ce qu’ils font.»
Remarque tout à fait juste que l’on observe aussi chez les bons vocalistes, souvent portés sur les cover, qui ne comprennent pas l’engouement du public ou des critique sur des chanteurs qui chantent «off», qui n’ont de coffre ou de «pitch». Des «anti-chanteurs» finalement…
Mais dans le cas de Liz Harris, c’est pas de cela qu’il s’agit… C’est que l’on entend à peine sa voix à cause du mix. Je pense qu’on peut y aller avec l’image du verre à moitié plein ou à moitié vide : On peut facilement critiquer la production en disant qu’on entend rien ou au contraire l’apprécier en évoquant la capacité à un créer une ambiance ouatée, planante et quasi-liturgique… Je reste «pris» avec cette ambivalence mais tout compte fait, j’aime bien le tout au final…
alainbrunet
18 février 2013
15h52
« Je reste «pris» avec cette ambivalence mais tout compte fait, j’aime bien le tout au final…»
Bien conclu, felixhoude.
jon8
18 février 2013
21h34
J’ai connu Grouper avec la pièce ”Heavy Water” remixée par Trentemoller dans un de ses mix connus dont j’oublie le titre..
Depuis j’ai acheté 2 albums, mais il va me falloir plus qu’une écoute pour le nouveau, j’ai pas encore embarqué.