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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Samedi 16 février 2013 | Mise en ligne à 12h03 | Commenter Commentaires (9)

    Chris Potter chez ECM: The Sirens

    Chris Potter The Sirens

    Révélé au début des années 90 comme le supravirtuose émergent du saxo ténor (sans compter le soprano, la clarinette basse et plus encore), Chris Potter ne s’est jamais imposé autrement que par son sa technique et son jeu hallucinants. La plupart de ses albums à titre de leader et compositeur révèlent de l’imagination… côté impro et jeu supérieur. Les concepts, eux, laissent sur leur appétit les férus de composition.

    Rarement peut-on conclure à une écriture excitante, c’est-à-dire au-delà de la stricte et non moins rigoureuse synthèse des avancées jazzistiques connues des meilleurs praticiens du genre – dans un contexte d’instrumentation acoustique.

    The Sirens, son 17e album à titre de leader (et son premier chez ECM sous sa propre bannière), n’y fait pas exception. Encore cette fois, on n’arrive pas à identifier les éléments d’une personnalité forte de Chris Potter le compositeur.

    On a tôt fait de se rabattre sur les performances individuelles, la qualité exceptionnelle de l’interaction et de la cohésion d’un tel ensemble. Or donc, cela ne nous empêche en rien d’apprécier ce jeu phénoménal, individuel ou collectif. Et, d’ailleurs, c’est exactement là que le jazz se démarque de la musique strictement composée; l’occasion de créer de la nouvelle musique est toujours possible malgré la redondance des structures qui accueillent l’improvisation et l’interaction.

    À ce titre, le leader dont il est ici question sait s’entourer d’un personnel d’exception: Craig Taborn (piano), David Virelles (piano préparé, célesta, harmonium), Larry Grenadier (contrebasse), Eric Harland (batterie) ont été recrutés pour les sessions de The Sirens, lancé récemment sous étiquette ECM. Voilà exactement pourquoi il faudra se rendre au Gesù jeudi prochain. Chris Potter sera alors entouré de David Virelles (excellent pianiste cubain installé à New York après avoir résidé quelques années à Toronto), Larry Grenadier et Eric Harland.

    Pour la suite des choses ? Il est permis d’espérer que l’arrivée dans le décor du grand producteur Manfred Eicher mène Chris Potter à se surpasser, c’est-à-dire faire mieux côté concept.

    Liens utiles

    Chris Potter, site officiel

    Chris Potter, profil wiki


    Écoute intégrale sur Grooveshark


    • M. Brunet, parlant de ECM, avez-vous déjà parlé de ce documentaire sur Manfred Eicher? Je viens d’en apprendre l’existence: http://www.youtube.com/watch?v=KzTgOL9y6vo

    • Non je ne l’ai pas vu. Faudrait bien… J’ai acheté mon premier album ECM en 1977.

    • En 1977? Et c’était quel album ? :)

    • Ça ferait un bon duo avec Robert Fripp.

    • Comment vous expliquez ces faiblesses de composition? On reproche la même chose à James Carter. Depuis que le jazz est enseigné dans les écoles, ces créateurs devraient quand même avoir une base certaine.

      Est-ce que c’est plus facile pour un jazzman de déconstruire, d’aérer, d’allonger, d’étirer ou peu importe une chanson existante plutôt que de composer des tounes dans lesquelles il s’exprimera librement (j’imagine)?

    • James Carter, c’est bien pire ! Un amas de clichés et une montagne de technique tape-à-l’oeil. Chez Chris Potter, c’est beaucoup plus subtil, mais assez convenu en ce sens qu’il s’agit d’une synthèse de bon goût (et de complexité) plutôt que d’un langage qui lui est propre.

    • Parlant de tape à l’oeil, j’ai écouté plusieurs fois Darius Jones, l’un des artistes mentionnés dans votre rétrospective jazz. J’attends le troisième disque, mais c’est la même recette pour les deux premiers. La section rythmique est complexe et surprenante. L’oreille a besoin de temps pour s’y faire. Mais une fois que c’est chose faite, le saxo est d’une simplicité étonnante à écouter. Jones se qualifie lui-même de saxo Soul. C’est beau et c’est bon, ce qu’il joue. C’est presque du blues. Mais c’est pas ce que ça a l’air à la première écoute. C’est du faussement foqué. En fait, je ne sais pas trop comment qualifier ses compos.

    • @atchoum

      Le concert de Jones au dernier Suoni fut très soul et lyrique, incarné et à la limite émouvant. Ses albums sont presque concepts et biographiques. Il se met en scène sous un pseudonyme, Man’ish Boy.

      Je suggère aussi l’album Grass Roots (AUM Fidelity, 2012) sur lequel il joue. Cosmic Lieder aussi avec Matthew Shipp.

      Chris Potter en concert, au Gesù en plus, c’est du luxe !

    • Duromax

      Merci. Je ne connaissais pas Grass Roots. L’album est disponible à prix décent sur amazon. Ce que je ne savais pas non plus, c’est que Grass Roots est aussi le titre d’un album d’Andrew Hill.

      J’aurais aimé voir et entendre son show. Sur disque, en tout cas, Jones ne compose pas de musique qui permet à ses musiciens de jouer sur le pilote autonomatique. Ça devait être bon. J’ai parfois l’impression qu’il essaie de faire chanter son sax.

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