
En 2011, plusieurs avaient apprécié l’indice élevé de sauvagerie hardcore/punk de l’album New Brigade, signé Iceage et lancé sous étiquette What’s Your Rupture?. À peine sorti de l’adolescence, le jeune quartette s’était alors fait beaucoup d’amis, bien au-delà du Danemark dont il est issu. Opus attendu, cette fois sous étiquette Matador, You’re Nothing ne pouvait surfer exactement de la même manière sur les vagues de vitriol.
Sans renier quoi que ce soit de leur punkitude originelle, ces post-pubères se devaient de réussir leur transition vers l’âge adulte. Il leur fallait une valeur ajoutée pour faire passer le buzz à une autre dimension. Les attentes sont comblées en ce sens : ça beugle et ça se fâche de plus belle (Elias Bender Rønnenfelt), ça ne chante pas toujours juste (et on s’en contrefiche), les organes vitaux s’étalent et frétillent sur la table. Ça se grille dans la saturation, ça s’étourdit dans un maëlstrom de guitares enragées. Ça saute, sursaute, tressaute sur des rythmes brouillons et généreux.
Rien de neuf sous la pénombre? Au contraire, on constate chez Iceage une amélioration tangible. Arrangements, mélodies, refrains et ponts de ces douze chansons s’y avèrent généralement supérieurs aux propositions de l’album précédent, sans que l’on n’y garde la moindre impression d’un jeu assagi, plus propre qu’au chapitre précédent. Sale à souhait, mieux construit, en pleine face. Et officiellement mis en vente mardi prochain.
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