Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mardi 12 février 2013 | Mise en ligne à 14h22 | Commenter Commentaires (54)

    L’indie est la norme

    fun-grammy

    Fun.: indie… et bien propre

    En août dernier, c’était frappant et patent au festival Osheaga: 120 000 entrées payantes, très majoritairement honorées par des jeunes âgés entre 18 et 22 ans, ont financé les honoraires faramineux de chanteurs ou groupes très majoritairement étiquetés indies. Indés si vous préférez en français.

    Fin des années 90, début 2000, le diminutif signifiait indépendant, c’est-à-dire indépendant des grandes structures industrielles, indépendant de l’establishment culturel, indépendant de la diffusion de masse. Par extension, indépendant des clichés, redites et stéréotypes musicaux. En 2013, indie a perdu sons sens originel, on parle aujourd’hui d’une étiquette galvaudée; indie pop, indie rock ou indie folk représentent désormais la norme. Enfin, une large part de la norme musicale. Oui oui, les genres pop, country et autres classic rock sont toujours là sous le parasol du plus grand commun dénominateur. Et l’indie vient de se joindre à eux.

    C’était déjà tangible en février 2011 lorsque le groupe montréalais Arcade Fire s’était imposé aux Grammys contre toute attente. Ça l’était encore l’année dernière alors que Bon Iver fut sacré révélation. Aux lendemains de ces victoires inattendues, des chroniqueurs et spectateurs grand public s’en étaient formalisés. Who the fuck is…?!… pendant que des millions de fans sautaient de joie. En février 2013 ? Sauf exception, rien de plus évident que l’indie dans un gala de l’industrie.

    Que Fun., groupe new-yorkais très peu prisé hors des frontières américaines, groupe indie qui ne suscite (à peu près) aucun intérêt auprès des mélomanes les plus fervents, soit consacré «meilleur nouvel artiste» aux Grammys, voilà qui illustre un choix… conservateur pour la music business aux USA !

    Que la formation anglaise Mumford & Sons remporte le trophée Grammy pour «l’album de l’année» ? Rien de plus rassurant pour un vaste public anglo-américain (et plus encore) ayant apprivoisé cette culture «indie» – indie folk rock dans le cas qui nous occupe. Culture en marche depuis la fin des années 90 et ayant atteint aujourd’hui son plein potentiel de rayonnement.

    Que Jack White et The Black Keys soient perçus comme les rockeurs américains de l’heure n’a rien d’exceptionnel non plus. Simple changement de garde…

    Une fois encore dans l’histoire de la culture populaire moderne, un mouvement alternatif finit par occuper le haut du pavé sur les plateaux les plus convoités de la production/diffusion de masse. Bien sûr, on apportera moult nuances à ce constat. Bien entendu, on pourra encore débusquer des artistes de grand talent dans cette vaste mouvance mais…

    Force est de constater que l’âge d’or indie est bel et bien derrière nous. Et que les clichés, redites, stéréoypes et autres processus d’homogénéisation s’annoncent nombreux pour les années indies qui viennent.

    the-lumineers-grammys (1)

    The Lumineers ; indie folk sincère, convivial et… peu dérangeant.


    • Ça aurait pris une prestation de Death Grips aux Grammys…

    • Votre texte me fait un peu peur.

      Ça me rappelle la fin du grunge, quand une pléthore de groupes ayant une sonorité et un look ultra-typés a fait son arrivée sur les ondes de Musique Plus, particulièrement. Chaque label semblait vouloir “son” band Grunge. Ça nous a donné les Creed, Silverchair, Bush et compagnie. Misère.

      S’en est suivi une période qui ma semblé plutôt creuse, côté créativité. J’espère que nous éviterons pareille dérive, cette fois. En fait, probablement que la diversité de l’offre actuelle nous en sauvera.

      Souhaitons-le.

    • N’ayez crainte, crimsonviking ;-), de nouvelles tendances musicales aujourd’hui en gestation connaîtront à leur tour leur croissance, leur âge d’or, leur plein potentiel de masse, leur stabilisation… et leur déclin conceptuel. Ce fut le cas pour le rock’n'roll, le rock psychédélique, le hard rock, certaines formes de métal, le grunge, certaines formes de hip hop et ainsi de suite. La vie suit son cours…

    • Il me semble que la simplicité du punk avait été une réponse aux longues tounes compliquées du progressif. Ensuite, les synthés des années 80 avaient pris le dessus sur la musique de guitare jusqu’à l’arrivée du grunge, peut-être. La roue qui tourne.

      Je ne sais pas ce qui est en gestation aujourd’hui. Il est peut-être encore trop tôt pour que le terme indie tombe en déséuétude comme il est arrivé au copyright musique alternative. Peut-ête que la musique qui s’invente actuellement se fera lentement connaître sous une nouvelle appellation. Dans la marge, Bande à part, c’est un peu trop long, j’imagine, mais ça voudra dire ça.

      Avec ce qui s’est fait depuis 50 ans en musique populaire, j’imagine qu’il devient de plus en plus difficile d’être original ou de vouloir ré-inventer la roue. Pour ma part, j’aimerais bien pouvoir entendre des groupes jeunes qui ne tentent pas de recréer les sonorités des années 60, 70 ou 80. Mais ça, c’est peut-être l’air du temps. Je ne sais pas.

    • Iceage s’en viennent encore sauver la patente dans 6 jours. Nouvel album encore meilleur que le premier.

    • Oui effet, je l’ai écouté trois fois. Gardez vos munitions !

    • Yeah!

    • La tendance que vous observez est inévitable et même théorisée. Tous les bands, tous les styles d’avant-garde finissent par se retrouver en position de norme puis d’arrière-garde tôt ou tard. C’est un mouvement de la gauche vers la droite si on veut: on propose quelque chose de neuf en réaction à la norme, notre produit est accepté et devient de plus en plus légitime jusqu’à devenir à son tour la norme et qu’un autre band, plus jeune, plus branché sur son époque propose un nouveau produit d’avant-garde. Ceux qui réussissent à se maintenir dans une position mitoyenne entre le succès d’estime et le succès commercial sont rares. On peut penser à Radiohead, par exemple. C’est que le band a su trouver une niche dans le champ musical auprès de fans qui recherchent la nouveauté tout en reconnaissant le son de leur artiste. Enfin, bref, le son indie était si peu “dérangeant” que c’était pour arriver.

    • Oui effectivement, Radiohead est une de ces perles rares ayant su résister à la stabilisation conceptuelle et maintenir des standards de haute créativité. L’exception qui confirme la règle…

    • Cela a toujours fonctionné comme cela en musique du moins depuis qu’il ya une industrie et en mode aussi.

      Évidemment que l’industrie au départ profite de l’innovation et ensuite bien elle presse le citron pour aller chercher tous le jus commercial possible.

      Le système, la machine finit toujours par récupérer les courants mais les rend ainsi bien moins intéressants sauf dans les premiers temps et encore…

      Toute machine cherche à formater à normaliser et à reproduire la recette gagnante et commercialement dans des cas cela se perpétue assez longtemps sauf qu’ils ont eux aussi besoin d’innovation qu’ils rendront formatés ou encore ils vont simplement la disneylandisée…

      Le Indie a été disneylandisé … LOL

    • Ce n’est pas ce qui était champ gauche ou d”’avant garde”qui est maintenant accepté par la masse. Le indie massivement populaire d’aujourd’hui n’a pas grand chose à voir avec le Pavement noisy des débuts, le Dinosaur Jr période SST, Bongwater et autres trucs sur Shimmy Disc ni même avec les bands sur Sup Pop qui faisaient la pluie et le beau temps au début des années ‘90. Ce qui est acceptable maintenant aux yeux du mainstream c’est autre chose. Les enregistrements indie de cette époque sont toujours hors normes et ne seraient pas plus acceptés s’ils sortaient maintenant. Rien de ce que l’on voit au Grammys est en ligne directe avec cette glorieuse époque fondatrice.

    • Ces exemples ne me semblent pas vraiment indies. Dinosaur Jr , plutôt post-grunge, non ? Pavement, lo-fi des années 90… indie ? Cela étant, je suis d’accord avec vous lorsque vous affirmez que certaines propositions indies ne sont jamais devenues mainstream… et ne le deviendront jamais. Voilà une nuance à apporter, en effet.

    • Et Radiohead vous semblent indie?

      Dinosaur Jr sur SST = pré-grunge peut-être.

      Et bien si on ne peut parler d’indie rock pour ces groupes, faudra vraiment m’expliquer ce que c’est un groupe indie rock. All Music met You’re living All Over Me dans les disques indie importants, avec les Sonic Youth de la même époque (d’ailleurs, à part les moyens, qu’est-ce qui distingue vraiment Pavement des débuts de Sonic Youth?). Pour RYM, les premiers Pavement sont indie rock. Le grunge, le lo-fi et l’indie ne sont pas exclusifs, loin de là.

      Selon RYM, Ok Computer n’est d’ailleurs pas un disque indie rock.

    • Il est très juste de souligner que Radiohead n’est pas indie non plus; le groupe existait avant l’arrivée de ce mouvement. Tout comme Pavement, d’ailleurs. J’imagine qu’on a étiqueté indie ce dernier groupe par la suite, comme on l’a fait pour tout plein de groupes échoués quelque part entre les périodes grunge et indie. Qu’importe, ce que vous dites sur certains groupes jamais devenus grand public est justifié.

    • J’ai juste envie de vous lancer cette citation :

      In his acceptance speech, Bono sarcastically mocked the “alternative” characterisation the album received and used a profanity on live television: “I think I’d like to give a message to the young people of America. And that is: We shall continue to abuse our position and fuck up the mainstream

      source : Wikipedia

    • @ueven

      Bono aime croire que U2 est un un groupe encore créatif malgré sa position dominante… dans les stades. Qu’y peut-on ?

    • Pour aujourd’hui, vous avez complètement raison. En 1994, c’était autre chose. u2 était dans une mouvance créative assez importante. Mais là n’est pas le débat.

      La citation de Bono est, elle, toujours d’actualité. En disant ce qu’il a dit, je crois, il est venu jeter un pavé dans la mare en semant un gros doute sur la catégorisation à outrance des genres musicaux, notamment lors des ces galas.

    • Ah OK, une citation de 1994 ? Je comprends mieux. À cette époque, Bono pouvait se permettre un tel commentaire. Bien sûr,comme vous le soulignez, la catégorisation à outrance ne mène nulle part. Ici, l’idée de parler d’une norme indie est de résumer un phénomène général, ce qui suppose bien sûr une foule de nuances. Loin de moi l’idée de vouloir décrire un ensemble fermé et homogène.

    • « Avec ce qui s’est fait depuis 50 ans en musique populaire, j’imagine qu’il devient de plus en plus difficile d’être original ou de vouloir ré-inventer la roue. Pour ma part, j’aimerais bien pouvoir entendre des groupes jeunes qui ne tentent pas de recréer les sonorités des années 60, 70 ou 80. Mais ça, c’est peut-être l’air du temps. Je ne sais pas. »

      Moi aussi j’aimerais bien. À défaut d’en trouver, des jeunes originaux, je me rabats parfois sur de vieux originaux, parmi les milliers de trucs déjà créés qui me sont inconnus. Exemple : j’ai assisté à un concert de l’Orchestre métropolitain jeudi dernier. Programme américain : Gershwin, Bernstein, Copland… et la symphonie Metropolis (une sorte d’hommage à Superman) de Michael Daugherty, que je ne connaissais pas. Ça dure une vingtaine de minutes, j’en ai eu pour trois jours à digérer tout ça… et j’en suis encore musicalement ravi.

    • C’est bon mais c’est dommage qu’ils portent des foutus complets cravates.

    • @Alain,

      Ouep, ne nous enfargeons pas des les fleurs du tapis de la classification. Je pense qu’on se comprends sur l’essentiel de ce que je cherche à dire. Enfin, pour moi l’indie est vraiment un terme qui a succédé à celui de “college rock” dont les plus vieux se souviennent. À défaut de partager une esthétique très typée et définie, ces groupes se regroupaient autour des mêmes labels, résaux de distribution et de tournée. Ils partageait, en outre, beaucoup des même fans. Au début des années ‘90, on en est venu à classifier ces groupes en sous-genres souvent inter-reliés (noise rock, lo fi, grunge, emo, etc.) Enfin, c’est comme ça que je vois les choses.

    • Pour moi il y a du classique,du blues,du jazz,du rock,du progressif,du folklore et du pop commercial.Ah!oui j’oubliais du disco.
      À part ça je ne vois aucunes différences,ce ne sont que des subtilités dans les nuances et ça c’est assez subjectif.

    • Alors James Brown, c’est du disco, du rock ou de la pop commerciale?

    • J’ai 55 ans.
      Quand j’ai entendu le terme pour la première fois, cela faisait référence a des groupes qui enregistrait sur des étiquettes indépendantes des grands “majors”.
      Ce genre musical quel qu’il soit se retrouvait majoritairement dans le magazine CMJ.
      College Music Journal qui était en quelque sorte le Billboard des postes de radio universitaires américains.

    • Moi, la première fois que j’ai entendu ce terme je croyais que c’était de la musique de l’Inde ,du rock avec de la sitar ou peut-être une trame sonore d’un film de Bolly Wood.

    • @effet__placebo
      James Brown pour moi c’est du Rythm &Blues(RandB) ceux qui aiment sont les même qui aiment le Rock et le Blues.

    • Voyez comme j’apprend: je suis en train de me mordre les doigts pour ne pas lui répondre. La prochaine fois j’essai avec du wasabi et de la sauce soya.

    • Le post-indie est à nos portes.

    • Bof …Fun, les Grammys et même Osheaga peuvent bien utiliser le terme ”indie” si ils veulent, ceux qui écoute autres choses que les palmarès Itunes savent bien qu’on est loin de n’importe quelle définition que quiquonc veut bien donner à” indie”.

      Hier au Corona, il y avait un vrai groupe indie, Yo La Tengo, d’ailleurs le chanteur voulait savoir ce que le groupe devait faire pour gagner un Grammy ou un Junos.

      Je crois bien que personnes ne peut s’entendre sur la définition d’indie, ce terme aussi vague que nébuleux, autant sinon plus que ”alternatif”. Allmusic classe Mellon Collie and the infinite sadness dans la catégorie indie. Le groupe enregistrait sur Virgin, l’album s’est vendu à quasiment 10 millions d’exemplaires et Corgan rêvait d’être plus populaire que les Stones, les Beatles et Led Zep réunis! On est loin de groupes comme Guided By Voices, Sebadoh ou Built To Spill qui ont toujours eu la côte des critiques, mais jamais eu une reconnaissance proportionnelle de la part du public.

    • En ce qui me concerne l’Indie existe depuis un bon bout de temps déjà. Prennez le temps d’écouter les 2 premiers albums solo de Macca (le premier et surtout Ram). C’est de l’indie 35 ans avant le temp. Des albums maison, thèmes pastauraux avec une facture volontairement alégée. Je l’ai ai réecouté derniérement après plus de 25 ans de silence. Franchement ca été un choc pour moi de voir que bien des groupes aujourd’hui suivent exactement le même crénaux tracé au début des années 70.

    • Normal que l’indie soit la norme,ce terme ne voulant plus rien dire de claire,et pouvant donc signifier à peu près n’importe quoi…

      Pour ma part je n’ai jamais rien compris à ce terme.Puis quand j’ai entendu des artistes indies dire qu’ils ignoraient eux-mêmes ce que cela voulait vraiment dire au fond…ben c’est ça.

    • N’y a-t-il pas quelques variantes tel le indie fusion,le indie blues,le heavy indie,le jazz indie ?

    • Moi, j’aimais bien le «post-rock».

      Assez prétentieux comme catégorisation, surtout que ces être si créatifs auraient pu juste trouver un nouveau mot…

    • L’indie par-ci, l’indie par-là, faut-il que ça soit la norme pour nous l’expliquer. Pour moi, oui. Indie pour indépendant, OK je comprends, enfin! Pour le commun des mortels, comme pour moi, indie ça sonne indien.

      C’est-tu pas merveilleux de se comprendre finalement? Ça c’est moins sûr! Les révolutionnaires on les aime quand ils font la révolution.

      C’est un coup que c’est fait que ça se gâte! Bof ils deviennent “la norme” c’est la roue qui tourne et on passe à autre chose.

      Mais quand même indie pour indépendant je vais m’en souvenir.

    • Disons que depuis début des années 90 la courbe marginale de la création musicale, l’innovation dans le songwriting, s’est effondrée. Reste l’exécution.

      D’autres soutiennent même que le déclin s’est accéléré dans les mid-seventees et tout n’est que revival depuis. C’est normal, car le nombre d’accords, de succession de notes, dans leur combinaison est limité. La technologie permet quelques sursauts mais, derrière le son, reste la musique. Ça signifie que la quasi-somme totale des riffs ou des hooks disponibles dans l’échelle des combinaisons a été utilisée.

      Nick Lowe va plus loin en affirmant que la période du singer/songwriter est un accident de parcours dans l’histoire musicale et qu’on va revenir au modèle pré-sixties du compositeur ET de l’interprète. Ça explique selon lui que les musiciens d’aujourd’hui, tous bons qu’ils soient, soient incapables d’écrire plus de 2 bonnes chansons par album, i.e. le songwriting est un don.
      C’est pourquoi un groupe comme Black Keys, vénéré par ces temps-ci, aurait été noyé jadis dans une mer de groupes d’un calibre supérieur. Bref, il était plus facile d’écrire Satisfaction en 65 pour la simple raison que personne ne l’avait fait avant.

      L’étiquette indie était une réaction aux majors de l’époque du numérique naissant et, en ce qui me concerne, une pure création destinée au college charts US. Depuis, le terme est un fourre tout de groupes/artistes plus ou moins mainstream.

      Pierre Tremblay

    • Indie = indépendant

      J’aime bien Metric, Divine Fits, Grizzly Bear et Chromatic.

    • Indie = indépendant

      En fait, c’est la base, mais je crois que ce n’est pas aussi simple parce que dans ce cas, Paul Piché est indie et à peu près tout le métal, le jazz, le country et les musiciens de karaoke qui vendent leur CD gravés. Et que faire avec les groupes qui commencent sur des indés, passent sur les majors et reviennent sur des indés (Dinosaur Jr., Sonic Youth).

      Et un label comme Sub Pop, détenu à 49% par Warner est il vraiment un label indie? L’indépendance réelle d’un label est parfois difficile à établir et de toute façon, c’est un peu trivial.

    • La grande concentration d’intérêts financiers (trois entreprises de la musique enregistrée contrôlent 80% des revenus) génère cette dynamique depuis plusieurs décennies: un label indépendant finit très souvent par être racheté par une des majors lorsqu’il est devenu important. Sauf dans les petits marchés comme le nôtre. Or, cet ordre économique pourrait fort bien être bousculé avec le numérique. Les répertoires seront acquis par d’autres acteurs de plus en plus puissants,mais les répertoires émergents pourraient rester chez une foule de labels indépendants – chez Merge Records, le cas Arcade Fire est intéressant en ce sens.

    • @ tous: Je vais être vraiment hors-sujet ici, mais il fallait absolument que je vous le dise: si vous saviez comme ça fait du bien de lire tous ces commentaires (tous très intéressants, en passant) et ne pas voir de fautes! Je ne savais pas que vous vous cachiez ici! Mais merci, et bonne journée!

    • Effet de mode, et ça ne s’applique pas qu’à la musique.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_mode

    • @ alainbrunet

      Oui le cas Merge est intéressant, business wise, mais en termes de poulains on ne peut pas dire que c’est une usine à génies. J’aime beaucoup chez eux The Clientele, très largement au-dessus de l’écurie, mais point de révolution là, juste une utilisation remarquable des mélodies et des Rickenbacker sur fond de mélancolie.

      PT

    • Je ne sais pas si Nick Cave est indi, mais son dernier disque est en écoute sur NPR

      http://www.npr.org/2013/02/08/170853729/first-listen-nick-cave-the-bad-seeds-push-the-sky-away?ps=mh_fl

    • ”Moi, j’aimais bien le «post-rock».
      Assez prétentieux comme catégorisation, surtout que ces être si créatifs auraient pu juste trouver un nouveau mot…”

      Moi au contraire justement j’aime beaucoup ce terme. Ça officialise le statut ”has-been” du Rock dans sa forme classique. C’est génial.

    • Parlant de Post-rock, il me semble que si un terme doit symboliser un ”renouveau”, de l’avant-garde ou quoi que ce soit lié à l’évolution musicale Rock, c’est bien ce genre là et non pas ”Indie” tel que présenté en ce moment.

      Tiens, un exemple récent:

      http://en.wikipedia.org/wiki/The_Seer_(Swans_album)

    • Les grands connaisseurs du Rock sur ce blogue en parleront mieux que moi, mais à mon sens les grandes avancées du genre se résument à ça:

      - Beatles (surtout pour avoir intégré la Pop dans l’équation)

      - Pink Floyd de Roger Waters (l’expérimental intégré et popularisé)

      - Radiohead (l’électro et même jazz, intégré et popularisé)

      et du même souffle, je pense que le next step pourrait être lié au post-rock, mais auquel il faudrait ajouter une touche Pop pour atteindre une masse critique comme l’ont fait ces 3 géants.

    • Le mot indie ne veut plus dire grand chose, musicalement et contractuellement parlant. Même si Fun était un groupe auto-produit (peut-être l’est-il?), il y a quelque chose de trop pop dans leur musique pour qu’on puisse leur apposé l’étiquette indie. En même temps, comme la musique s’éclate de plus en plus dans une multitude de sous-genre, il devient difficile de caractériser spécifiquement ce qu’est l’indie, même si dans les années ‘90, ça prenait des guitares saturées pour être qualifié d’indie.
      Assez d’accord avec l’origine du terme proposé par Austerlitz, mais pas du tout en ce qui concerne le songwritting. J’écoute plein de disque où les chansons sont aussi bonne les unes que les autres. Ces temps-ci, c’est the Do et Cat Power. J’ignore pourquoi mais à mes oreilles, Cat Power c’est de l’indie, même si c’est assez conservateur musicalement parlant…

    • Frank Zappa … *Indie* avant tout le monde!

    • «@ alainbrunet Oui le cas Merge est intéressant, business wise, mais en termes de poulains on ne peut pas dire que c’est une usine à génies. J’aime beaucoup chez eux The Clientele, très largement au-dessus de l’écurie, mais point de révolution là, juste une utilisation remarquable des mélodies et des Rickenbacker sur fond de mélancolie.»

      Bien avant Arcade Fire, Merge était un indie incontournable avec un son très distinct. Superchunk, Archer of Loaf, Polvo, Neutral Milk Hotel sont assez essentiels dans la construction du indie US.

    • http://en.wikipedia.org/wiki/Independent_music

    • De ce que j’observe sur Wiki et ailleurs, le terme est tout simplement galvaudé.

      On a transformé un terme ”Independant” (qui dit simplement que c’est produit en DIY) en genre musical, alors que ce n’est pas du tout un genre musical.

    • C’est drôle, j’avais la même réflexion par rapport au Grammys, à quel point ce que les gens considèrent comme indie et underground est tellement lisse et plate. Que ce soit avec les synthés 80’s ou avec le banjo et le violon, la grande majorité des groupes indie d’aujourd’hui sont tellement d’un ennui total, de la musique de matante qui est prisé par les jeunes et les moins jeunes en grande partie à cause de l’esthétique de leur artwork, de leur posters et des photos du band. Je pense qu’on est dans la pire vague de musique douce et insipide depuis le soft rock des années 70…

    • Tout se ressemble tellement de plus en plus avec notre obsession de vouloir tout changer tout le temps,au bout d’un an c’est déjà quétaine,que l’on croit qu’en changeant le nom ou le qualificatif nous nous croyons face à quelque chose de nouveau.La maladie du changement comme la maladie de l’adverbiose dans notre langage.

    • Pour moi, l’ultime groupe indie aura été Guided By Voices. Les kings du lo-fi mettons. Même si les albums parus dans les 90’s sonnaient la merde (l’intention même du band), ils sont allés de classique en classique (Bee Thousand, Alien Lanes, Under The bushes, Under The Stars et autres). Tobin Sprout a aussi sorti des albums incroyables sur Matador, en plus lo-fi mais avec des mélodies inoubliables.

    • H.S. en partie

      J’ai lu la critique de l’autre Alain sur le show de Bon Jovi et il conclut en disant que c’était un bon show, je ne le sais pas je n’y étais pas.

      Mais, le point que je veux aborder et revenir c’est qu’on peut écouter de la musique en non-mélomane. On recherche tout simplement autre chose que disons l’innovation ou un talent musical exceptionnel.

      Cela peut être se retrouver entre amis, revivre une période aussi bien qu’il faut rester au présent… Toutes les raisons peuvent être bonnes.

      Moi, en visite ailleurs, il peut y avoir une musique qui me conviendrait pas chez moi mais qui va bien à l’hôte et la même chose pour un restaurant. Je ne suis pas impressionné du tout par la musique mais cela peut bien fitter et vos amis peuvent avoir d’autres qualités… La personne pourrait écouter de la musique latino mais n’allant pas assez en profondeur ou en création à mon goût sauf que son sourire, sa joie de vivre cela est plus important que la musique.

      Vous achetez pas l’album pour vous, c’est tout.

      Et on essaye pas de changer les autres bien que… On aimerait que les plus talentueux, à notre avis, aient une meilleure diffusion ce qui est loin d’être toujours le cas.

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