
« Notre camarade Siankowski est rentré de Montréal des étoiles plein les yeux, et certaines d’entre elles, nous a-t-il avoué, étaient l’œuvre d’Hôtel Morphée. On se précipite donc sur les quelques morceaux disponibles, avant un album à paraître, du moins de leur côté de l’Atlantique, en septembre. Et on comprend l’amour, très vite : Garde à vous, premier extrait dudit disque, est effectivement une merveille de folk alambiqué et de pop à venins fantastiques, arrangé avec grâce et complexité, portant en ses textes une grande poésie, capable d’admirables envolées soniques. Les précédents morceaux du groupes étaient au niveau, et ce qui vient plane également très haut, comme chez Monogrenade : on va en reparler, beaucoup et leur album, Des histoire de fantômes, pourrait nous hanter longtemps. »
Voilà ce qu’on pouvait lire dans la boule de cristal des Inrocks, l’été dernier. On y positionnait le groupe québécois Hôtel Morphée dans une liste sélecte de «Cinq groupes à suivre». Sans vouloir avaler bêtement ni rejeter la prescription de nos bien connus «taste makers» hexagonaux, il y a lieu de se pencher sur ce buzz québécois: sous étiquette Audiogram, l’album Des histoires de fantômes sera lancé le 12 février au National.
Que se trame-t-il donc à l’Hôtel Morphée?
Textes succincts pour ne pas dire minimalistes, aucun surplus de mots à signaler, bien qu’on ne soit pas aux domaines de la grande clarté poétique et de la simplicité lumineuse. Histoires de fantômes? Peut-être bien, mais ces mots semblent d’abord au service des sons. Au service de cette mixtion relevée d’électro, rock indie, psych folk et musiques plus sérieuses. La lutherie: claviers, violons, machines, guitares, percussions – Blaise Borboën-Léonard, André Pelletier, Stéphane Lemieux. Les arrangements: soignés et imaginatifs, ingénieuses surimpressions instrumentales, belles variations d’intensité, subtils jeux de voix féminine – Laurence Nerbonne joue également violon et guitare.Les compositions: richesse harmonique, richesse mélodique, dans un contexte de chansons.
On aura tôt fait de conclure que la réalisation et les arrangements font ici une énorme différence entre le pas mal, le pas mal bon et le très bon. Encore une fois, on se dit que les meilleures chansons rock reposent sur leur emballage et la voix qui les porte, bien au-delà de leur charpente harmonique et leurs lignes mélodiques. Et que cet Hôtel Morphée est, somme toute, habité par de bons esprits de la musique. Semble-t-il qu’on y affiche… complet.
Buzz justifié, somme toute.
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La discussion sur l’écoute légale en continu des contenus musicaux québécois est loin d’être terminée mais… déjà, on observe quelques changements poindre à l’horizon. Après discussion auprès des responsables d’Audiogram, la mise en ligne d’une écoute intégrale de cet album d’Hôtel Morphée a été rendue possible !
Pour écouter intégralement Des histoires de fantômes, on clique ICI. Un lecteur virtuel vous permettra d’écouter toutes les chansons de cet album. Pour avancer ou reculer d’une chanson, vous cliquez sur les flèches doubles.
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