Alain Brunet

Archive du 4 février 2013

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En 2005, indique l’Observatoire (québécois) de la Culture et des Communications, les ventes de musique au Québec totalisaient 12,79 millions d’albums. En 2012, 9 millions d’albums ont été vendus soit 7,15 millions en produits physiques et 1,8 millions en téléchargement. Malgré les ventes de singles en hausse, la croissance des ventes de musique enregistrée au Québec demeurait négative en 2012 par rapport à 2005 mais légèrement positive par rapport à 2008.

Voilà ce que soulignait lundi la consultante Danielle Desjardins, dans un panel consacré au numérique. Ce panel était présenté lundi au forum La chanson en mutation qui se tient également ce mardi au Centre Phi dans le Vieux-Montréal. Initiative du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), avec la participation du ministère de la Culture et des Communications et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), cet événement réunit jusqu’à mardi le milieu de la chanson québécoise pour y discuter de ses enjeux les plus criants.

Qu’en sera-t-il en 2013 ? Peu probable que la tendance ne s’inverse côté ventes légales. Rien n’indique la venue de pistes de solutions économiques, du moins pour les prochaines années. La propriété intellectuelle est mise à mal, le modèle d’affaires de l’utilisateur-payeur est en mauvaise posture, le traitement équitable des créateurs de contenu n’est pas à l’agenda politique des gouvernements des pays les plus avancés. Visiblement, ces derniers ont d’autres chats à fouetter.

Que faire en attendant que le vent tourne ? Danielle Desjardins, elle, insiste pour que les créateurs équipent leurs contenus de métadonnées, c’est-à-dire des données connexes aux fichiers de musique qui permettent d’en évaluer la circulation… et de peut-être en déterminer un jour la valeur commerciale . Un jour ? Lorsque tous les acteurs de la nouvelle économie seront disposés à partager la cagnotte et à ainsi assurer la bonne santé de l’écosystème numérique. Par ailleurs, suggère la consultante, il faudra aussi tendre à harmoniser les protocoles de ces métadonnées… qui ne fonctionnent pas tous de la même manière et qui rendent plus difficile leur recensement.

À court terme, au-delà des métadonnées, que fait-on ? En bref, voici mon point de vue exprimé en tant que participant de ce même panel intitulé «La chanson québécoise à l’ère numérique»: maximiser l’offre légale et gratuite en matière d’écoute en continu (streaming) fait partie de la solution.

Cette offre est-elle à la hauteur ?

Côté écoute gratuite en continu, on ne peut dire que les créateurs québécois francophones sont au top de l’offre. La mise en ligne des contenus y est rarement en phase avec les pratiques de 2013, c’est-à-dire très souvent l’écoute intégrale et gratuite d’un contenu aussi mis en vente. Prenons Dommage que tu sois pris, le récent maxi d’Avec pas d’casque; on n’offrait ce week-end qu’un seul extrait en écoute en continu sur le site bandcamp de la formation… sauf la diffusion exclusive de ses contenus chez Voir.ca pendant quelques heures à peine. Et voici un contre-exemple: une semaine plus tôt, le label américain Century Media Records m’accordait deux jours d’écoute intégrale pour le nouvel album de Voivod. Et je n’ai jamais demandé l’exclusivité, concept de plus en plus obsolète au domaine des contenus numérisés. J’ajouterais que les contenus ici traités sur ce blogue sont majoritairement offerts en écoute intégrale et gratuite.

Or, l’accès gratuit et légal à l’écoute intégrale de la musique est encore laborieux sur les plateformes locales. Décalage… Les artistes d’ici ont tendance à accorder un accès très limité de leurs contenus, de peur de perdre des revenus… alors que des milliers d’artistes du monde entier laissent leur nouvelles parutions en écoute intégrale et gratuite (ou quasi gratuite) sur plusieurs plateformes légales – Spotify, Deezer, Grooveshark, etc. Décalage…

Pourquoi les créateurs de contenu québécois n’en font-ils pas autant ?

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Le public n’est pas convié au Forum sur la chanson québécoise mais les allocutions d’ouverture, les rapports d’ateliers et la synthèse du Forum sont mis en ligne en temps réel sur WEBTV.COOP : http://bit.ly/14rflLj. On peut aussi suivre le Forum sur Twitter @LeCALQ #ChansonQc.

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Lundi 4 février 2013 | Mise en ligne à 9h08 | Commenter Commentaires (48)

Beyoncé au Superbowl

Beyoncé Knowles a-t-elle ce sens de l’innovation qui pourrait faire d’elle une «game changer» de la pop culture ? Le spectacle de la mi-temps au Superbowl aurait été un bon test en ce sens, pourtant…

Ce à quoi nous avons assisté n’avait rien de très spécial… et il n’y a pas lieu de s’en formaliser. Après tout, nous étions au Superbowl, un événement qui doit fédérer toutes les couches de la population américaine et plus encore.

Ainsi, on était dans la continuité de ce divertissement afro-pop qu’on connaît depuis Michael, Janet et leur successeurs. Spectacle sexy avec cuir, bien chorégraphié, girl power voire omniprésence de la gent féminine (la principale avancée dimanche ?), écrans led qui créaient cet effet de multiplication des images en direct, tubes à profusion (Crazy In Love, Love on Top, etc.) et la réunion de Destiny’s Child en prime. Et pas de «wardrobe malfunction» au programme, bien évidemment.

Certains croient que les danses auraient été ralenties au centre du terrain, afin de permettre à la superbe chanteuse de mieux… chanter pour de vrai. Après le lipsync avoué et assumé de Beyoncé lors de la cérémonie d’investiture de Barack Obama, il fallait démontrer la véracité et la puissance de cette voix, n’est-ce pas ? Or, showbiz oblige, ces numéros hautement aérobiques exigent souvent des renforts audio à la performance réelle de la voix. Qu’en était-il hier ? Chose certaine, Beyoncé était sous haute surveillance. Il semble bien qu’elle ait chanté, quoiqu’on puisse imaginer quelques suppléments discrets au cours de ces 13 minutes très intenses.

Bon divertissement, en somme. Compétent, dynamique, convenu. Qui plus est, on a évité le pire: imaginez si la panne de courant s’était produite pendant ce spectacle énergivore !

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