Je n’avais pas vu jouer Alvaro Pierri depuis très longtemps – fin 80 début 90, pour être franc. Enthouiaste, je me suis préparé en interviewant ce virtuose chaleureux et courtois, en écoutant plusieurs de ses albums, et en me réjouissant de l’entendre dans cette salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts dont on m’avait dit tant de bien.
Tant de bien ? À revérifier en ce qui me concerne. Cette salle est fort possiblement formidable… mais sûrement pas pour la guitare classique seule et sans amplification. Au terme de cette soirée tout de même réussie (ovations et tout et tout), l’acoustique de cette salle ne permet pas que l’on y puisse écouter convenablement le meilleur interprète du genre au pays. Samedi soir, les nuances de son jeu exceptionnel étaient souvent inaudibles, plusieurs passages auraient pu être mis en évidence, notamment pour les interprétations de Gismonti et Agustin Barrios, on perdait malheureusement beaucoup de la richesse des oeuvres. Il en fut de même pour plusieurs séquences des pièces de Leo Brouwer et d’Alberto Ginastera, compositeurs fabuleux comme vous le souligneront les férus de musique contemporaine imaginée en Amérique latine.
Plusieurs l’avaient déjà remarqué à l’entracte. Il est à se demander si les organisateurs de la soirée avaient prévu le coup. Dans plusieurs amphithéâtres de cette taille, une guitare seule peut s’exprimer sans amplification. La salle Bourgie ne le permet pas. Et, puisque l’interprète n’a rien contre une amplification de qualité (nous en avons discuté amplement, d’ailleurs), pourquoi ne pas la lui accorder ?
La guitare classique est un instrument peu puissant… qui devient frêle et anémique lorsqu’on en perd les nuances. Le faible volume émis par sa cage de résonance exige très souvent une amplification subtile, notamment lorsque l’instrument est associé à des orchestres de chambre, combos avec instrumentation électrique (jazz, musica popular brasileira, etc.) ou même des orchestres symphoniques. La guitare classique est pourtant un instrument fabuleux lorsqu’elle jouit d’un traitement acoustique adéquat.
On a quand même réussi à apprécier la grande maîtrise d’Alvaro Pierri samedi soir, et applaudir le choix et la grande qualité des oeuvres au programme mais… cet irritant devait être souligné. Et ce, malgré toute la bonne volonté et l’initiative louable des promoteurs de l’événement – Société de Guitare de Montréal, Grands Événements de Guitare, Fondation Arte Musica. Vivement le retour de notre guitariste sur une scène montréalaise !

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geguitare
4 février 2013
09h23
Bien que les avis dépendent de l’endroit où vous étiez dans la salle samedi, une légère amplification aurait effectivement clarifié un peu plus les nuances d’Alvaro Pierri.
Ce n’était pas évident à prévoir puisque les deux concerts de guitare classique que nous avions produit précédemment à la salle Bourgie avaient attiré 150 personnes à chaque fois. L’acoustique y fut alors rien de moins que formidable.
Il y avait 450 personnes samedi et bien que nous sachions qu’une salle comble changerait la portée sonore de la guitare, nous étions confiant qu’une amplification ne serait pas nécessaire. Bien que plusieurs spectateurs assis un peu partout dans la salle nous ont affirmé que l’acoustique était suffisante samedi, nous convenons qu’une légère amplification aurait uniformisé l’écoute de tous.
Mais tout de même, quel concert !
alainbrunet
4 février 2013
09h37
Effectivement, 150 personnes massées au pied de la scène, c’est fort différent. Votre succès vous oblige désormais à envisager les choses autrement. En tout cas dans cette salle… On vous souhaite autant d’affluence pour vos productions à venir, il va sans dire.