Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (52)

    Cult of Luna: post-métal… Vertikal

    Cult-Of-Luna-Vertikal_1

    On dit du post-métal qu’il s’agit d’un alliage entre post-rock, shoegaze et métal hurlant. Le post-métal dont il est ici question a été fondu près du cercle arctique, plus précisément à Umeå, Suède septentrionale. Sous étiquette Earache, Vertikal est le sixième et tout récent album de la formation scandinave Cult of Luna. Son précédent, Eternal Kingdom, remonte à 2008.

    Ce nouvel opus fait l’objet de très bonnes cotes sur Metacritic d’où l’intérêt premier de l’avoir écouté attentivement – sans compter cet intérêt renouvelé pour certaines branches du rock dur et du métal, gracieuseté d’une portion congrue de nos blogueurs. Il y est vaguement question de châtiment, rédemption, chevalerie futuriste, oppositions bien-mal, descente aux enfers, libération de l’autorité, et autres manifestations préliminaires de la conscience.

    Pour les profanes de cette hybridation rock, il y a lieu de s’étonner candidement de ces rythmes aux tempos lents ou moyens, qui soutiennent d’épaisses states de guitares saturées, coulées de claviers, échantillons de sons lacérés à souhait. Ces ambiances ne sont pas toujours vitrioliques, il faut dire; leur progression dramatique peut se faire sur des préliminaires, passages et conclusions relativement calmes, même si la lourdeur d’ensemble souscrit aux critères des fans de musiques dures.

    Il va sans dire, le tout est chapeauté comme il se doit par les hurlements hardcore (screaming… growling, cris et grommellements) du chanteur Johannes Persson, sauf exception. On peut se formaliser de la quasi exclusion de la voix non grommelée, alors que certaines lignes mélodiques de ces compositions affichent une étonnante clarté. Pourquoi, au juste, s’arracher systématiquement les cordes du gorgoton ? Pourquoi se mettre à dos une foule de mélomanes en insistant ad nauseam sur ce trait identitaire ? Parce qu’il s’agit d’un fondement esthétique de l’expression métal ? Hum… Après de nombreuses années d’efforts de comprenure, plusieurs d’entre nous n’ont pas encore tout à fait digéré.

    Pour le reste de la proposition, plusieurs d’éléments de ce Vertikal mènent à croire qu’il s’agit là d’un très bon album. Côté crescendo, sédiments de distorsion, minimalisme mélodique, diversité de fréquences, jeux de tensions, ça torche.

    Liens utiles

    Cult of Luna, site officiel

    Cult of Luna, profil wiki

    Metacritic, moyenne de 84% fondée sur 5 critiques


    Vertikal, écoute intégrale sur Grooveshark


    • « Pourquoi, au juste, s’arracher systématiquement les cordes du gorgoton ? Pourquoi se mettre à dos une foule de mélomanes en insistant ad nauseam sur ce trait identitaire ? »
      .
      Dans le temps où j’en écoutais beaucoup, je considérais ces grommellements comme un instrument de musique. Les meilleurs grommeleurs, si on veut, pouvaient varier les intonations, ce qui enrichissait les compos en ajoutant un effet de surprise. À musique complexe, grommeleur casse-cou (si on veut).

      La comparaison pourra paraître boîteuse, mais je retrouve un peu de ça aujourd’hui en écoutant les couacquistes du jazz. Que ce soit à la trompette ou au saxophone. Certains n’hésitent pas à y aller d’un couac criard ou d’un autre plus grave durant une interprétation. Nécessaire? Pas tout le temps, j’imagine. Mais étonnant, oui. Détonnant, tout le temps. En tout cas, jusqu’à date.

    • D’accord avec atchoum, le “screaming, c’est une forme de d’instrument de musique. C’est comme mettre beaucoup de distorsion sur ta guitare ou décider de jouer clean… tu peux jouer les mêmes notes, mais ce que ça donne sera complètement différent.
      Peut-être qu’ils se mettent plusieurs mélomanes à dos, mais en même temps, une fois qu’on apprécie le screaming, c’est le contraire qui arrive, ces bands heavy qui chantent clean sont moins appréciés parce que justement, il manque la rage dans leur chant.

    • « Il y est question de châtiment, rédemption, chevalerie futuriste, oppositions bien-mal, descente aux enfers, libération du totalitarisme abject, et autres manifestations préliminaires de la conscience ».
      .
      Contrairement à celui des É-U, le metal européen sort généralement des boues de la haine, de la mort et de la violence primaire. La Scandinavie en particulier. On dirait que les gars ont (généralement) plus de culture générale et la mettent en avant.

      Que tous les thèmes présentés paraissent prétentieux, soient mal articulés ou relèvent d’un genre d’idéal romantique (qui parle à la sensibilité, invite à la rêverie qui est imaginatif et sensible sans beaucoup de réalisme), c’est possible. Et ceux qui sont allergiques au genre vont trouver ça aussi kitsh que Star Académie.
      .
      De ce que j’ai entendu plus haut, ça me semble très bien. Je préfère quand les guitares sont accordées plus basses, mais elles font le travail. Les compos ont l’air pleines de hachures, de fêlures et de fractures de sons. C’est bon pour l’électrocardiogramme.

    • @atchoum

      Bon, c’est très résumé … Loin de moi l’intention de caricaturer la pensée derrière ces rimes. Quant au screaming, eh bien j’y vois aussi une manière légitime d’exploiter la voix. Une parmi d’autres. Que des metalheads (pas tous) et musiciens hardcore y voient l’unique manière de s’exprimer vocalement, je respecte ça… bien que cela me laisse parfois une impression de plate uniformité.

    • Bon,….,oublions ce qui semble être des cordes vocales.La musique et le son ça va.Mis tant qu’à moi je préfère la voix propre.

    • j’adore le metal

      mais pas trop le hardcore screaming.

      par contre j’aime les voix guturales à la swallow the sun

      https://www.youtube.com/watch?v=nSmWMhrpG74

      ou kalmah

      https://www.youtube.com/watch?v=IfCD8su-BuU

      et un peu de black metal

      pour cult of luna

      j’aime beaucoup le video live du spectacle

      je vais regarder ça attentivement

      merci

    • @pasam
      si vous aimez STS, avec le même chanteur vous connaissez peut etre Kuolemanlaakso et Barren Earth entre autres de la scène finlandaise.

      @dcdoc
      tout a fait d’accord. lorsqu’on apprivoise cette forme de chant “growling” et qu’on decouvre toutes ses subtilités, on ne peut plus s’en passer pour ainsi dire. Ceci ajoute beaucoup de relief et d’atmosphère.

    • Cult of Luna – un bon vieux de la vieille. Qui a toujours été pertinent. Cependant, le post-metal a évolué (post-ISIS), allant dans toutes les directions… parce que le métal se réinvente sans cesse.

      Les voix qui hurlent doivent être prises comme un instrument en effet, un riff qui ajoute de la hargne et de l’émotion. Parce qu’à la base, c’est l’émotion qui amène à crier…

      Pour les oreilles sensibles, vous pouvez toujours vous tourner vers des sons métal plus classiques, comme le chef d’oeuvre doom proposé par Pallbearer en 2012 – Sorrow and Extinction – où la voix est cristalline, poignante tout en proposant des émotions qui prennent dans les tripes … en écoute intégrale ici http://www.youtube.com/watch?v=DBJfHuyGpsI

    • Un peu d’accord avec M. Brunet. Étant moi-même fan du genre, j’aime quand les chanteurs jouent avec le scream. On peut penser à Corey Taylor qui parfois scream à fond et parfois chante plus clean tout en gardant une rage et un fond de scream dans la voix. L’instrumental de Cult of Luna wow j’adore…

    • Quel groupe fantastique. Si vous n’avez qu’une chanson à écouter, c’est “Dark City Dead Man” de l’album Somewhere Along The Highway.

      Pour ce qui est de la voix, je pense que c’est simplement la meilleure manière d’accompagner le son extrêmement brut de la guitare accordée très bas et du son très sale et violent du drum. Pas sûr que ce band serait aussi bon avec une voix “normale”.

    • « Cependant, le post-metal a évolué (post-ISIS), allant dans toutes les directions… parce que le métal se réinvente sans cesse. »

      En plein dedans, philviel. Bien d’accord sur votre évaluation du dernier Pallbearer également.

      D’accord avec poutch aussi quant à son explication du choix du « death growl » comme proposition vocale.

      Pour ceux qui s’interrogent sur les origines du death growl :

      http://www.youtube.com/watch?v=dhUFxaauNTE

      Plus sérieusement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Grunt et http://en.wikipedia.org/wiki/Death_growl

    • C’est vrai, hardy une de vos têtes est visiblement metal! J’ai échappé d’ailleurs votre suggestion de Neurosis l’automne dernier. Désolé…
      Que les metalheads se le disent, s’il y a un nouvel album important, je ferai l’effort de m’y pencher.

    • Je ne suis pas du tout une fan du genre, mais je dois dire que musicalement c’est bon. La voix gutturale n’agresse pas trop ici, mais je comprends mal son utilisation constante. Elle pourrait être présente à certains endroits pour accentuer certains moments, mais de juste chanter comme ça tout le temps. Dans le genre je pense à Linkin Park où l’utilisation gutturale se fait toujours au moment opportun, sans jamais n’exagérer dans le processus. Je trouve que le résultat final serait meilleur sans cette constante.

      Là-dessus je suis bien d’accord avec vous M.Brunet.

    • À l’évidence, les «vrais» fans de métal conçoivent parfaitement l’utilisation constante du screaming/growling, voire une composante essentielle de l’expression… alors que les outsiders y perçoivent parfois… uniformité et manque de relief. Personnellement, je préfère l’alternance de plusieurs approches vocales dans le rock dur, ce qui inclut le growling.

    • Contrairement à Hardy, ça fait une mêche que je ne suis plus à date dans le domaine. Les exemples qui suivent datent forcément….
      .
      Une « vraie » chanteuse en duo avec un grommeleur. Album classique. Il faut écouter la pièce The Painless. http://www.youtube.com/watch?v=oq9wQFVO-00

      Un groupe québécois. Chanteuse classique avec un chanteur qui mélange les genres. Paroles en latin. Album classique là aussi. http://www.youtube.com/watch?v=vevsxVyC2Uo
      Même groupe, autre exemple : http://www.youtube.com/watch?v=VJqnX0td7l0

      En voici un dont les grommellements ont laissé perplexe à la sortie de l’album.
      http://www.youtube.com/watch?v=gP4WjdkYMyA

    • Pour les amateurs de Pallbearer, voici deux groupes dont les voix sont claires et harmonieuses. Le rythme est lent, lourd, metal. En plus ne de pas être très joyeux… Les ancêtres des Pallbearer, peut-être. Solitude Aeturnus et Candlemass.

      http://www.youtube.com/watch?v=in1TBIekq00

      http://www.youtube.com/watch?v=hWNS_cBNpeY

    • quand on parle de classique voici les maîtres absolus et uniques…

      http://www.youtube.com/watch?v=7NbN_UKf6gA

      mariage parfait…faut voir….moyen age/ metal…

    • “Post métal”, c’est ce qu’il faut dire pour éviter de dire “hipster métal”?

    • Haha ! Alors là effet, je m’étonne que vous posiez la question ! Vous êtes fan de métal, non ?

    • http://en.wikipedia.org/wiki/Death_growl

      Au sujet du death growl, cet article évite soigneusement de parler des premiers groupe crust et d-beat et qui ont poussé la voix très très près du death, avant le death et le grind, et même avant le thrash. Amebix, Crude S.S., Shitlickers, Chaos UK, Varukers, G.I.S.M., Ratos de Porão existaient avant le thrash et avaient des voix plus près du death que Slayer ou Metallica.

      L’évolution du métal qui aura fini par le rendre acceptable aux yeux des lecteurs de Pitchfork doit énormément au crust et au hardcore.

    • Ok, Varukers, pas le meilleurs exemple, mais bon…

    • Merci de l’info, effet.

    • Et en fait, selon moi, tout ce qui est aujourd’hui associé au post métal/intelligent métal ou je ne sais trop a plus à voir avec le crust/hardcore qu’avec le métal plus traditionnel. Neurosis, c’est à la base un groupe hardcore. Dans les années ‘90, beaucoup de bands crust ont commencé à ralentir le tempo, a jouer plus sur les atmosphères. Ceux qui ont vraiment commencé tout ça, c’est Amebix au début des années ‘80 en fusionnant le proto black métal à la Venom, le côté plus “industriel” de Killing Joke et la simplicité de l’anarcho punk. Une atmosphère très apocalyptique se dégage de leur musique. Disons que Neurosis puis Isis ont pris quelques notes.

      Le post métal/sludge métal s’attarde beaucoup moins à la technique que d’autre sous-genres et mise beaucoup plus sur les atmosphères. Or, c’est quelque chose que les bands hardcore les plus radicaux ont mis de l’avant dès le début des années ‘80. Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing de Discharge paru en 1982 est un chef d’oeuvre d’ambiances angoissantes et de répétitions labyrinthiques, où les chansons se renvoient les unes aux autres dans un jeu de miroir brutal et oppressant.

    • @effet

      Vous avez parfaitement raison en ce qui a trait au post-métal, enfin pour Cult of Luna. Sauf certains accords témoignant d’une harmonie plus recherchée et certains effets de saturation, il n’y a pas grand-chose de complexe dans cette musique misant sur l’ambiance générale – ce qui n’enlève rien à sa valeur. Rien à voir avec le niveau de difficulté du dernier Converge, par exemple.

    • Oui, ben je parlais en général. Je connais mal Cult of Luna, en fait. Et y a certainement une recherche plus technique et harmonique chez d’autres groupes du genre, mais elle est moins mise en évidence que dans le métal traditionnel, le thrash ou le death (bien qu’il y ait aussi des exemples de groupes plus limités à ce chapitre dans ces sous genres).

      Je me permets d’intervenir là-dessus car souvent la presse plus généraliste ou spécialisée indie reconnait l’importance du hardcore américain (Black Flag, Minor Threat, Dead Kennedys), mais beaucoup plus rarement du hardcore européen et des sous-genres crust et d-beat. Or Discharge est probablement le groupe hardcore le plus influent de tous les temps, seulement, la reconnaissance n’est jamais venue de l’extérieur de la scène, mise à part par le biais des reprises de Metallica et d’Anthrax. C’est une parfaite illustration de la vision hipster du hardcore et du métal. Si t’es un fan d’indie rock, c’est toujours cool de namedropper Minor Threat, mais pas Discharge. Ce biais repose sur rien d’autre qu’un espèce de ”coolness factor” très éloigné d’une réelle appréciation musicale ou de la reconnaissance d’une influence tangible.

      Ceci vaut pour le hardcore, mais c’est vrai aussi pour le métal. Un lecteur de Pitchfork va se trouver 3 ou 4 groupes métal cool à namedropper, mais ça ne sera jamais Accept, Saxon ou même Judas Priest. Ça, c’est sensé être ringard. Or, en dehors d’une imagerie parfois questionnable, ces bands avaient une qualité que beaucoup beaucoup de groupe métal ont perdu au fil du temps : la capacité à écrire une bonne chanson, le songwriting.

    • « Au sujet du death growl, cet article évite soigneusement de parler des premiers groupe crust et d-beat et qui ont poussé la voix très très près du death, avant le death et le grind, et même avant le thrash. Amebix, Crude S.S., Shitlickers, Chaos UK, Varukers, G.I.S.M., Ratos de Porão existaient avant le thrash et avaient des voix plus près du death que Slayer ou Metallica. »
      .
      Pour ma part, j’ignorais complètement ces infos. Ce qui est relayé par la page wiki correspond pas mal à ce que je connaissais du genre. Venom et Death ont tracé la voie principale puis ça a défriché à gauche et à droite par la suite.
      .
      En ce qui concerne le songwriting, le mal me semble assez répandu.

    • Le métal est, semble-t-il, partagé entre la perspective de créer des chansons qui restent et… de prendre plus d’expansion compositionnelle côté musique instrumentale. La forme chanson peut très difficilement faire dans la grande complexité, d’où le paradoxe. Ce paradoxe est aussi tangible dans le prog et le jazz lorsqu’il y est question de chanson.

    • Le métal est un sujet fascinant – il touche les cordes sensibles des “trvs” metalleux, comme ceux qui commencent à découvrir cet univers, et de ceux qui osent aller vers l’avant comme l’arrière (passé, présent et futur)…

      quoiqu’il en soit. oui y’a du namedropping. oui y’a des tendances plus “en vogue” que d’autres. mais l’univers métal est tellement riche, tellement large, bref y’a tellement de bands qui produisent des trucs de qualité (classiques ou d’avant-garde) comme des trucs merdiques… autant suivre ce qui se fait de meilleur (technique, ambiance, énergie, ou un doux mélange des 3).

      je n’aime pas trop critiquer les gens qui suivent des tendances, car la musique de qualité reste de qualité. pour un kid de 18ans qui va découvrir le métal par Converge, plus mainstream, j’suis ben d’accord avec ça.

    • Je n’ai rien contre les portes d’entrées plus mainstream. En fait, ça n,a rien à voir avec ça. Judas Priest ont rempli des arénas pendant 30 ans et ont vendu 1000 fois plus de disques que Converge. Ce que je déplore est de suivre la piste de la tendance plutôt que celle de l’ouverture d’esprit et/ou de la qualité. Ce problème n’est pas que pour le métal, en passant. Et je ne dis pas non plus que les groupes dont Pitchfork font mention sont mauvais, mais bien qu’ils ont biais qui leur fait parler de certaine chose et non d’autres et que ce biais ne repose pas sur la qualité des artistes, mais sur le positionnement potentiel de ces artistes dans l’axe de la coolitude. Perso, ça m’énarve un peu et je ne trouve pas que ça sert le métal autant que les gens qui s’y intéressent assez peu mais qui veulent montrer qu’ils ont quand même une edge.

    • «les gens qui s’y intéressent assez peu mais qui veulent montrer qu’ils ont quand même une edge.»

      Le snobisme existe partout, qu’y peut-on ? On peut néanmoins s’intéresser au genre en «touriste» sans faire le finfinaud, enfin j’ose croire…

    • Tout à fait! On est tous le touriste de quelqu’un d’autre, mais ce n’est pas une excuse pour passer sa semaine à Paris uniquement aux pieds de la tour Eiffel…

    • …et prétendre qu’on a tout vu de la France!

    • ha ha ha. C’est ça.

      En fait, je tiens à dire que je connais bien des trucs métalloides, mais il y a un tas d’experts plus calés que moi. Je trouve juste triste cette vision un peu obtue et prévisible (mais très influente) qui met en lumière certains segments du genre et en ignore d’autres selon des motifs qui m’apparaissent assez superficielles.

      Je n’ai rien contre l’idée que Pitchfork aborde le métal de façon ponctuelle (et donc forcément parfois superficielle), mais j’aimerais qu’ils le fassent avec plus d’ouverture envers le métal qui n’est pas hipster friendly ou supposément plus ”intelligent”.

    • Un peu de Manowar?

    • Si les gars de Mastodon, Opeth, High on Fire, Converge, Pig Destroyer ou Neurosis voient leurs albums critiqués dans Pitchfork, qu’ils obtiennent de très bonnes notes par-dessus le marché et que cela incite quelques centaines ou milliers de hipsters à se procurer des albums ou des billets de spectacle, j’aurais tendance à me réjouir pour eux. Est-ce que tout cela se fait au détriment de groupes qui ne cadrent pas dans l’esthétique métal de Pitchfork? Ou, au contraire, est-ce que ces groupes profitent d’un effet d’entrainement? J’sais pas. Est-ce que Pitchfork pourrait offrir plus d’espace aux groupes qui débordent de son cadre esthétique métal? Peut-être que les trois ou quatre critiques Pitchfork affectés au métal aimeraient parler de toutes sortes d’autres trucs plus pointus, mais qu’on ne leur accorde qu’un espace-critique par trimestre. On pourrait aussi dire que pour un média généraliste comme Pitchfork, prôner un spectre qui couvre tous les groupes susmentionnés, c’est déjà pas mal.

    • À long terme, ce type de couverture ne fait qui nuire à une scène car elle crée un hype auprès d’un public qui ne lui sera pas fidèle, tandis que le public de base, celui des débuts, se sent délaissé et va voir ailleurs. Ce n’est pas vrai pour tous les groupes, mais il faut parler à des membres de groupes plus underground qui ont soudain bénéficié d’un éclairage auprès d’un autre public pour comprendre que ce n’est pas nécessairement des situations qui ont favorisé leur carrière.

      Faut voir que quelques centaines d’albums de plus, ça fait, genre 100$ dans la poche de chacun des musiciens. Ce n’est pas là dessus que se construit une carrière. Dans une minuscule proportion ce type d’exposure est bénéfique, dans la majorité des cas, ça ne change pas grand chose. Certains, moins chanceux ou plus sucker finissent par tout perdre dans ce type de pari.

    • Aussi, je pense que si t’es un lecteur de Pitchfork et que tu es ouvert au métal, tu finiras, anyway,, par tomber sur ces bands d’une façon ou d’une autre. Ce type de couverture est de loin plus importante pour la crédibilité de Pitchfork que pour le succès d’un groupe.

    • Donc, plutôt que de noircir le cœur et l’âme des tenants du black metal, le Diable affûterait sa fourche chez Pitchfork?

    • Je dirais pas ça. Je ne diabolise pas, mais je ne suis pas certain que ça rende un très grand service au métal. Ce n’est pas tant l’exposure que le type d’exposure qui m’énarve. Le métal a toujours été méprisé par la critique et par les snobs du rock. Jusqu’à un certain point, cela a permit à ce genre d’être épargné par la volonté de suivre les tendances (dans le sens le plus superficiel, je veux dire). On souligne la capacité qu’a le métal à se renouveler et à expérimenter. Or, il y a un lien entre ça et le fait que ce soit un genre qui évolue un peu en vase clos. Les fans sont fidèles, présents et nombreux, ce qui fait que les groupes ont probablement été moins tentés par les compromis qu’imposent le désir d’être à la page et trendy.

      Enfin, tout n’est pas noir ou blanc. Je dis ça de même.

    • des liens plus utiles que “pitchfork”, pourtant une appellation prédestinée!!

      http://www.metalstorm.net/home/

      http://www.angrymetalguy.com/

      http://www.nocleansinging.com/

      http://www.musikuniverse.net/accueil.php
      site quebecois

      bonnes découvertes…

    • Je comprends bien ce que tu amènes. Je préciserais cependant que les albums métal dont parle Pitchfork sont généralement plébiscités – ceux que j’ai mentionnés plus haut, Converge et compagnie, qui obtiennent une moyenne de 80 % ou plus dans Metacritic – par des publications pas nécessairement spécialisées. On parle d’albums qui suscitent un buzz qui déborde du réseau métal. Pitchfork surfe là-dessus, c’est clair. Enfin, pour avoir vu Isis il y a quelques années au El Salon, au plus fort du buzz Panopticon, je peux confirmer que la salle était plutôt remplie de geeks métalleux!

    • « Le métal a toujours été méprisé par la critique et par les snobs du rock. »

      Bien d’accord, Iron Maiden est l’un des exemples les plus probants de groupes qui ont prospéré sans tellement bénéficier du soutien de la presse rock généraliste, au cours des 35 dernières années. Leur approche est simple : tout pour les fans, tout le temps. Aucun compromis, qualité et classe totales (au risque de me répéter, je ne cesse d’être émerveillé d’entendre Bruce Dickinson s’adresser à la foule dans un français supérieur à celui du maire de Montréal, chaque fois que le groupe passe ici).

    • Que dire du groupe métal français Gojira? Pour moi c’est un bon exemple de band qui cherche à explorer des avenues moins traditionnelles du genre. Malgré la lourdeur et la “technicalité” de leur musique, on y retrouve toujours une sentimentalité surprenante. Pour ceux qui ne connaissent pas :

      Leur coté plus expérimental :
      http://www.youtube.com/watch?v=A3p6YTCTJ5o
      http://www.youtube.com/watch?v=nKwyTQkaQ8A

      Des pièces phares :
      http://www.youtube.com/watch?v=xfnZr5ZMrQA
      http://www.youtube.com/watch?v=3ZVCD6y-LNM (videoclip magnifique!)
      http://www.youtube.com/watch?v=b0Fus-vBVZE

      Extrait live :
      http://www.youtube.com/watch?v=LL-WMczrt1w

      En passant M. Brunet, vous y tenez le blogue le plus intéressant sur ce site et celui que je fréquente le plus souvent. J’y ai fait de nombreuses découvertes, peu importe le genre musical.

      Bravo!

    • Hardy,

      Je suis tout à fait d’accord, mousaillon… et je comprends aussi pourquoi ce type de groupes plait plus aux amateurs de post-rock/indie, etc. que d’autres bands métal. Mais bon, je suis pas mal en faveur du décloisonnement entre les sous-genres et surtout, en faveur non ironique et sincère sur le métal de la période classique et thrash. Tsé, c’est facile de rire du look des gars de Destruction en 1985, mais perso, je trouve ça extraordinaire que des gens se soient fringués comme ça. Si on accepte Bowie période Ziggy et Peter Gabriel dans Genesis, il me semble qu’on peut accepter des gens avec des studs et des clous partout.

    • Ici même, Alain chronique un album métal de temps en temps pour des raisons que je me permets de présumer : 1) faire connaître la musique; 2) faire plaisir aux habitués qui aiment le genre; 3) rapailler d’autres amateurs; 4) assouvir son inassouvissable curiosité supra-genres (les derniers albums chroniqués ont été Converge, qu’effet et charkie avaient mentionné, Voivod, les légendes locales, puis Cult of Luna, qui jouit d’un mini-buzz tout à fait justifié). Or, chaque fois, quelques amateurs se manifestent, comme dcdoc, pasam, tyrqc, frankdna, philviel, poutch et ds_honour cette fois-ci. Et, en prime, atchoum qui nous ouvre son coffre à souvenirs.

    • Tant qu’à moi, Alain fait exactement ce qui doit être fait dans une publication qui n’est pas métalloide (ou spécialisée, peu importe le genre).

      Et Atchoum qui mentionne Candlemass est le fait saillant de la discussion!

    • Absolument.

      « Le métal est, semble-t-il, partagé entre la perspective de créer des chansons qui restent et… de prendre plus d’expansion compositionnelle côté musique instrumentale. La forme chanson peut très difficilement faire dans la grande complexité, d’où le paradoxe. Ce paradoxe est aussi tangible dans le prog et le jazz lorsqu’il y est question de chanson. »

      Je parlais de musique avec un autre papa à l’école, il y a une couple de mois. Il me vantait les mérites de l’album mythique « Focus », du groupe Cynic. J’étais passé à côté de ça, à l’époque. J’étais méfiant, au départ, puisque le papa mentionnait « jazz » et « death-metal » dans la même phrase, mais il a suffisamment piqué ma curiosité pour je m’achète la version remastérisée avec 4 ou 5 tounes/remix en prime. Or, je trouve que ces musiciens-là avaient réussi une bonne adéquation « expansion compositionnelle » et « chansons qui durent ». Ou, à défaut de chansons qui durent, des chansons dures.

      Frankdna : « L’enfant sauvage » est un des mes albums préférés de 2012.

    • Merci les amis, je suis rassuré de ne pas faire dans l’imposture ! ;-)

    • En tout cas, ce n’est pas ce que je voulais dire : )

      Les doutes que j’ai au sujet de Pitchfork sont sensiblement les mêmes que vous avez déjà émis dans d’autres envois. En fait, c’est assez sain qu’il y ait des regards extérieurs mais respectueux et avisés sur les différents genres et sous-genre de métal ou autre style.

    • On est d’accord sur la branchouille, qu’elle soit de Pitchfork ou d’ailleurs.

    • Complément sonore, Cynic, Celestial Voyage (on n’oublie pas que ça date de 1993) :

      http://www.youtube.com/watch?v=xflrev6d_ig

    • Et si vous allez le satellite dans l’auto, on synthonise 38 (Ozzy’s Boneyard) ou 40 (Liquid Metal).

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juillet 2013
    L Ma Me J V S D
    « juin   août »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité