
En France, la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), sorte de police de l’internet mise en place par le gouvernement français à l’ère Sarkozy, vient de rendre publique une étude sur la consommation des contenus légaux et illégaux circulant sur la Toile. Réalisée par la firme de sondages IFOP (Institut français d’opinion publique), cette étude fut menée l’automne dernier – fin septembre-début octobre.
Les tendances observées ressemblent aux nôtres et à celles d’autres marchés occidentaux, d’où leur pertinence sur ce blogue: baisse tendancielle du piratage et… faible contribution des consommateurs sur les modèles licites, gratuits ou payants.
« Bonne nouvelle pour les ayants-droit, la proportion d’internautes déclarant consommer des contenus culturels dématérialisés de manière exclusivement licite est en hausse, puisqu’elle passe de 50% de l’ensemble des internautes (étude de décembre 2011) à 52%… Si l’on se recentre sur les seuls internautes consommateurs, ce taux monte même à 78% (contre 71% en décembre 2011). Logiquement, le pourcentage de personnes déclarant consommer des biens culturels de manière illicite (soit exclusivement, soit de manière combinée) est à la baisse, avec 15% des internautes (contre 20% en 2011) et 22% des consommateurs (contre 29% en 2011). Un constat globalement positif auquel certains reprochent toutefois de se baser sur le déclaratif, avec tous les biais que cela suppose, notamment lorsqu’il est question d’admettre que l’on a enfreint la loi », explique le chroniqueur spécialisé Philippe Astor du webzine français Électron Libre – un type tout à fait crédible que j’ai croisé à maintes reprises au cours des dernières années.
En d’autres termes, laisse entendre mon collègue, les données sur les actes illicites admis par les personnes sondées sont plus délicates à analyser – étant donné leur interdiction. Malgré cette contrainte dans l’analyse des données, on peut observer le remplacement progressif du téléchargement illégal et gratuit par l’accès légal aux contenus numérisés circulant sur la Toile. Cet accès est gratuit et/ou payant. Or, lorsqu’il est payant, il l’est très peu pour les ayants-droit. Nous sommes encore loin, très loin d’un partage équitable des revenus réalisés sur l’internet par les fournisseurs de services avec les créateurs des contenus pour lesquels existent précisément.
À court terme, les bonnes nouvelles sont les suivantes: primo,baisse tendancielle de la répression contre les utilisateurs licites/illicites, secundo, la croissance d’une offre légale au coût minime. La mauvaise nouvelle: ce coût minime voire cette quasi-gratuité légale se fait au détriment des ayants-droit, et surtout à une majorité absolue de petits fournisseurs de contenus. En fait, nous sommes encore loin, très loin, d’un ordre économique propice à une écologie durable des contenus dans un environnement numérique.
Léger progrès, donc ?
Liens utiles

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 










frankola
23 janvier 2013
09h43
Je vois de plus en plus de bands indie qui offrent leur MP3 gratos sur bandcamp et mettent le .wav à vendre sur iTunes.
Selon mes inputs, dans plusieurs cas, les ventes sur iTunes sont minimes vs le MP3.
On est encore au stade de la sensibilisation des gens au bon format audio… en plus du reste bien évidemment. Je penses toujours que l’économie à changé pour les bands et que des revenus pour les CD… rien n’est assuré.
D’ailleurs, parlant de format, on dirait que le Mastered for ITunes n’a fait écho que dans la communauté de Mastering…. et chez iTunes.
alainbrunet
23 janvier 2013
10h08
«D’ailleurs, parlant de format, on dirait que le Mastered for ITunes n’a fait écho que dans la communauté de Mastering…. et chez iTunes.»
Intéressant, Frankola: pourriez-vous élaborer davantage?
ds_honour
23 janvier 2013
12h57
Ayant étudié en psychologie, il est vrai que les questionnaires analysant des actes illégaux comportent un biais important, il faut donc les analyser avec grande prudence car le répondant peut d’abord craindre que ses résultats soient connus ou encore vouloir présenter une image de lui plus positive ou idéale qu’elle ne l’est en réalité (comme on voit dans les études sur la sexualité ou sur le bénévolat par exemple). Par contre, j’oserais croire qu’il y a effectivement une amélioration dans le partage légal de matériel musical.
alainbrunet
23 janvier 2013
13h19
«…il faut donc les analyser avec grande prudence car le répondant peut d’abord craindre que ses résultats soient connus ou encore vouloir présenter une image de lui plus positive ou idéale qu’elle ne l’est en réalité…»
ds_honour, vous résumez bien cette partie du problème.
Pour le reste, l’accès légal et l’accès illégal commencent à se ressembler sérieusement: pour des sommes minimes, vous avez accès à tout, que vous défrayiez pour une plateforme autorisée ou interdite.
jon8
23 janvier 2013
14h23
@frankola
iTunes n’offre pas de .wav, seulement le format AAC, compétiteur direct du MP3.
Le ”mastered for iTunes” ne peut être autre chose qu’une gimmick marketing parce que je ne vois pas ce qui peut/doit être fait différement. Si tu fais dans la compression audio (dynamique) à 3db d’écart, ça va jouer comme de la schnoutte no matter what.
La seule chose que je peux voir c’est qu’ils feraient leur stock pour pallier les défauts de leur hardware, comme les earphones.
jon8
23 janvier 2013
14h28
”À court terme, les bonnes nouvelles sont les suivante: primo,baisse tendancielle de la répression contre les utilisateurs licites/illicites, secundo, la croissance d’une offre légale au coût minime. La mauvaise nouvelle: ce coût minime voire cette quasi-gratuité légale se fait au détriment des ayants droit, et surtout à une majorité absolue de petits fournisseurs de contenus”
Y a comme un problème de logique ici..
Si on veut plus de fric pour les artistes, faut bien le prendre quelque part. Et si les gens sont encouragés à voler les réalisations d’artistes, y en aura pas de fric. Donc pas de répression une bonne nouvelle ?
alainbrunet
23 janvier 2013
14h55
Je m’étonne toujours, jon8, que votre connaissance pointue des nouvelles technologies numériques ne soit pas assortie d’une vision de la consommation de ces contenus qui va au-delà du simple concept de propriété: depuis une douzaine d’années, le viol de la propriété intellectuelle est devenu un concept très confus dans l’environnement numérique, beaucoup plus qu’il ne l’a jamais été dans le monde physique. En ce qui me concerne, ça n’a plus grand chose à voir avec la propriété; faire de l’argent avec les contenus numérisés, ce n’est plus protéger un contenu comme on protège du vol les produits d’une épicerie ou d’un magasin de chaussures. Ce sera plutôt réclamer son dû par plusieurs moyens – partage des revenus publicitaires, partage des bénéfices des fournisseurs d’accès et fabricants, contributions volontaires des fans, droits de diffusion, licence globale, etc. Si, par exemple, chaque internaute fournissait un minimum de 1$ par mois à l’industrie de la musique, on ne serait pas ici à se morfondre sur le sort des musiciens, compositeurs et interprètes. Pour le reste, que d’énergies perdues à pourchasser les dizaines de millions de «contrevenants». Répression en déclin, d’ailleurs…
boogie
23 janvier 2013
15h21
Je n’avais vraiment rien à faire hier soir, alors je me suis fait un petit test maison.
Ai pris 2 pièces de cd que je connais très bien, les ai ‘rippé’ sur Itunes à 5 niveaux de compressions différents (64, 128, 256, 320, lossless).
Le 64, c’est trop facile. Le 128, c’était identifiable. Mais pour les 3 autres, j’étais vraiment vraiment très perplexe. En fait j’étais certain que le 320 était le lossless.
Et puis même en sachant lequel était lequel après coup et en passant de l’un à l’autre avec l’app remote, je n’y arrivais pas. Et j’écoutais plus longtemps que 10 secondes, vraiment plus longtemps. On peut ajouter 1 observation à l’échantillon de 100.
alainbrunet
23 janvier 2013
15h24
Tiens donc… nous avons donc les mêmes carences ! Incapables d’identifier différents niveaux «d’éviscération» du son numérisé haha !
frankola
23 janvier 2013
15h58
Jon8 a raison voici un article officiel sur l’idée de Mastered for iTunes : http://images.apple.com/ca/fr/itunes/mastered-for-itunes/docs/mastered_for_itunes.pdf.
J’avais oublié le transfert de format de cette merveilleuse bebelle.
Je ne veux pas trop tomber le technique mais la plupart des ingénieurs de son aujourd’hui enregistrent le son en digital 24 bit / 96 khz.
Lorsqu’on travaille en Mastering on prend les fichiers audio 24 bits / 96 khz et on les fait sonner beaucoup mieux par de l’égalisation, de la compression (et plein de belles autres techniques). On essai toujours de travailler avec des convertisseurs de haute qualité pour ne pas salir le son. Donc si on passe la musique de l’ordinateur, à nos outils analogues, jusqu’à l’ordinateur à nouveau on essai de rester toujours en très haute résolution. (On peu aussi faire ce travaille de manière totalement digital… mais la guerre va prendre si je me lance sur cela ;).
Ceci dit, lorsqu’on créé le CD on compresse dans un format standard de 16 bit 44.1 Khz. Donc il y a une perte de qualité. (Je sais que vous avez déjà fait plein de test avec Boulga et j’aurais bien aimé être là pour le MP3 320 khz vs le 16 bit 44.1).
Le AAC de Itunes est très prêt du .wav 16 bit 44.1. Ce transfert est fait par la bebelle de iTunes. À l’origine on mettait les wav 16 bit 44.1 dans la bebelle iTunes et elle faisait un AAC.
Maintenant il est offert aux ingénieurs de mastering, d’ajouter directement le produit masterrisé 24 bit 96 khz dans la bebelle iTunes. (Arrêtez moi si je fais fausse route je n’ai pas de tel accès encore pour mon mini studio de mastering)
De là, iTunes s’occupe de changer ce format en AAC sans que nous compression en 16 bit 44.1 et ensuite encore compresser en AAC. Est-ce un immense pas en avant… j’en doute pour être bien franc.
Pour le MP3, j’aime bcp mieux le AAC, mieux sur les hautes et les moyennes fréquences… les basse son plus précises. le MP3 à tendance à distorsionner même à 320 khz.
D’ailleurs lorsqu’on fait un mastering et on sait qu’en bout de ligne cela va être en MP3 on a tendance à réduire l’output donc le son de sorti à -1 db pour être certain qu’il n’y ai pas de distorsion lors de la compression.
frankola
23 janvier 2013
16h02
bref un rapide survole pour dire qu’un CD c’est théoriquement encore mieux que iTunes jusqu’à nouvel ordre.
effet__placebo
23 janvier 2013
16h06
”Le 64, c’est trop facile. Le 128, c’était identifiable. ”
Un type ici m’a pourtant dit que ces deux débits était impossible à distinguer des débits plus élevés.
alainbrunet
23 janvier 2013
16h14
Oui effet, mais sur une chaîne qui coûte le prix d’une Mercedes…
boogie
23 janvier 2013
17h36
Ma chaine ne vaut peut-être pas le prix d’une Mercedes, peut-etre d’une Hyundai usagée. Mais je suis pas mal certain que du 64 est identifiable sur pas mal de kits “normaux”, l’écart est vraiment trop important avec tout le reste.
atchoum
23 janvier 2013
17h59
J’ai reçu un cd par amazon plus tôt aujourd’hui. Super belle pochette. Aucun livret. Les rares renseignements se trouvent au verso de la pochette ou sous le disque. C’est bien beau le support physique, je le tiens en main, mais je n’y vois aucune valeur ajoutée. Je ne sais pas si c’est un choix artistique ou économique, ou un mélange de deux, mais je trouve ça un brin frustrant.
effet__placebo
23 janvier 2013
18h04
Il me semble pourtant que plus la chaine sera bonne, plus les travers du 64 seront amplifiés, non?
jon8
23 janvier 2013
18h47
”Je m’étonne toujours, jon8, que votre connaissance pointue des nouvelles technologies numériques ne soit pas assortie d’une vision de la consommation de ces contenus qui va au-delà du simple concept de propriété”
Je considère avoir une vision assez aiguisé en ce qui concerne l’évaluation d’un marché ou un autre, et celui des ”biens numérisables” (livres, films, musique, etc..) est particulièrement complexe.
1) La solution des revenus provenant de la pub est très limitée; encore une fois, seules les supervedettes pourront en tirer quelque chose. Les autres devront se prostituer pour plaire à la masse (viser le volume) ou être fidèle à leur art et vivre pauvre.
2) La solution sous forme de location au lieu de la propriété renvoie inévitablement à un pattern utilisateur-payeur. On s’en sort pas. Or je suis absolument contre l’idée de faire une ”taxe santé” version musique/film/artiste qui sort du pattern utilisateur-payeur. On oblige pas quelqu’un à payer pour ce qu’il ne consomme pas, point. Surtout si ce n’est pas un produit/service essentiel! Y a toujours bien des limites…
Donc qu’est-ce qu’il reste comme solution, dîtes-moi ?
frankola
23 janvier 2013
18h49
Pour les perceptions des différences de compression je pense que l’enjeux est vraiment au niveau AAC vs MP3 320 khz et 16 44.1 wav.
Avec mes moniteurs Focal dans mon studio traité je peux percevoir très subtilement les différences suivantes :
- Le MP3 boost légèrement le 50-80 hertz.
- le AAC boost légèrement les plus de 5 khz
Si la rythmique est trop intense oubliez cela c’est très difficile… ca prend un Mercedes et des oreilles de demi-dieu.
Si un jour le 24 bit devient un standard d’écoute il y aura une véritable différence. Mais ca prend autre chose que des écouteurs à 5$.
Et le vinyle c’est une toute autre game.
jon8
23 janvier 2013
18h50
”Le 64, c’est trop facile. Le 128, c’était identifiable.”
Boogie, maintenant essai avec un encodage AAC 128… on va voir si c’est identifiable ;-)
jon8
23 janvier 2013
18h54
@tous
Du MP3 à débit 64kbps est identifiable assez facilement en aveugle, et ce, sur à peu près n’importe quelle chaine audio. Ça dépend beaucoup des pièces musicales.
Selon nos tests, c’est vraiment à partir de MP3 à 160kbps que les choses se corsent sérieusement, encore une fois peu importe la chaine audio ou la pièce musicale. En format AAC c’est l’échec total à partir de 128kbps, personne n’a même passé proche d’identifier quoi que ce soit… et iTunes n’offre maintenant que du 256kbps! Aucun ”danger”, donc.
jon8
23 janvier 2013
18h57
”Avec mes moniteurs Focal dans mon studio traité je peux percevoir très subtilement les différences suivantes :
- Le MP3 boost légèrement le 50-80 hertz.
- le AAC boost légèrement les plus de 5 khz”
Désolé Frankola, mais entre les ”perceptions” et un vrai test en aveugle, il y a une différence majeure. Je mise ce que vous voulez que vous ne seriez pas capable de faire la distinction entre du AAC/MP3 320kbps et du format CD ou HD 24/96 lors d’un vrai test en aveugle.
jon8
23 janvier 2013
18h59
”Ayant étudié en psychologie, il est vrai que les questionnaires analysant des actes illégaux comportent un biais important”
Oui!!
boogie
23 janvier 2013
19h01
C’est ce que je pense aussi. Ce que je dis, c’est que même sur une chaîne de base, ces travers du 64 (le mot est faible)seront apparents. J’ai un dac qui a pas mal d’allure etvle reste est du mid fi motivé. Et j’ai eu des problèmes à différencier tout ce qui était en haut de 256. ça vaut ce que ça vautvmais je suis honnête dans ma “démarche” et je n’ai rien à prouver dans ce dossier (ni à vendre!)
effet__placebo
23 janvier 2013
19h05
Pour revenir au piratege… Depuis 60 ans, l’industrie du disque fait la promotion d’individus au comportement “hors la loi” et “rock and roll” qui chantent des chansons qui font la promotion du “fait ce qui te plait/fuck les convention” et après, ces gens voudraient que l’on ne pirate pas?
Hey les boys, la culture qui permet le téléchargement, celle du “je veux tout, tout de suite pis fuck le reste”, c’est vous qui l’avez inventée. Pendant un temps, celle-ci vous a permis de vendre des disques, maintenant, elle engendre votre perte.
La question de la qualité d’écoute, c’est un détail. Le fond de cette question est culturel. Notre monde est enlisé dans une faillite morale profonde. La seul chose qui empêche le vol, ce n’est pas la bonté des gens, mais la possibilité de se faire prendre. Le téléchargement a presque réduit à néant cette possibilité et on voit ce qui se passe. Les gens téléchargent illégalement des discothèques de milliers de dollars pour ensuite aller traiter de crosseurs ceux qui défilent à la commission Charbonneau.
unholy_ghost
23 janvier 2013
19h17
“Ça dépend beaucoup des pièces musicales.”
Ah, tiens, tiens…
unholy_ghost
23 janvier 2013
19h17
“Hey les boys, la culture qui permet le téléchargement, celle du “je veux tout, tout de suite pis fuck le reste”, c’est vous qui l’avez inventée.”
Meilleur call depuis le début de l’année.
unholy_ghost
23 janvier 2013
19h21
“Les gens téléchargent illégalement des discothèques de milliers de dollars pour ensuite aller traiter de crosseurs ceux qui défilent à la commission Charbonneau.”
Bien mal acquis ne profite jamais. J’y crois personnellement: l’expérience musicale sera d’autant plus gratifiante si vous acheter le disque, davantage si vous vous déplacez pour l’acheter, encore plus si vous avez attendu plusieurs mois pour avoir tel disque rare, etc. Sans désir, il n’y a pas de fonne.
unholy_ghost
23 janvier 2013
19h26
Dans les années 50, les cinéphiles devaient descendre à New York en voiture pour voir des Fellini ou des Bergman. Impossible que télécharger leurs films aujourd’hui soit plus enrichissant que l’expérience d’alors. Question d’aura, de la même façon que voir une pièce de théâtre sera toujours mieux que regarder sa capatation live. De la même façon, je sais que je pourrais écouter sur Internet American Spring, un disque rare produit par Brian Wilson, mais je préfère infiniment attendre de le trouver en usagé un jour en vinyle, peu importe dans le fond la résolution de la patente.
alainbrunet
23 janvier 2013
19h34
« La solution sous forme de location au lieu de la propriété renvoie inévitablement à un pattern utilisateur-payeur. On s’en sort pas. Or je suis absolument contre l’idée de faire une ”taxe santé” version musique/film/artiste qui sort du pattern utilisateur-payeur. On oblige pas quelqu’un à payer pour ce qu’il ne consomme pas, point. Surtout si ce n’est pas un produit/service essentiel! Y a toujours bien des limites…»
Eh bien oui, on en sort. On peut fort bien obliger quelqu’un à payer ce qu’il ne consomme pas. Vous payez des frais d’hôpitaux, des routes, des écoles, brefs des biens et services auxquels vous n’aurez jamais accès. Idem pour la culture et ses contenus, il faut un minimum contraignant pour assurer la survie de la culture.
La location ? Bien sûr, le prix de l’accès à un contenu illimité existe sur Rdio, Spotify, Netfix net autres Deezer, mais cette somme est tellement minime per capita qu’elle ne rapporte rien ou si peu sauf aux fournisseurs de ces services.
Vu l’impossibilité technologique de contraindre la circulation/diffusion/échange des contenus sur l’internet, le principe de l’utilisateur-payeur décline et déclinera, qu’on le veuille ou non. Le paiement direct d’un contenu existera encore longtemps mais ne sera qu’une partie de plus en plus petite de la solution, alors que le paiement contraignant du consommateur est l’essentiel de la solution dans le monde physique. Ce paiement direct des contenus sur l’internet, d’ailleurs, est d’ores et déjà comparable à la petite monnaie qu’on donne à un musicien de rue ou aux sommes volontairement accordées par les utilisateurs américains du réseau PBS. Quand vous achetez sciemment un contenu sur iTunes, vous financez un contenu qui est largement consommé… gratuitement.
effet__placebo
23 janvier 2013
19h35
La saturation, l’hyper disponibilité, l’immédiacité, l’ubiquité, tout ça, ce sont des armes dont le point commun est d’être en guerre contre la qualité et le plaisir profond. Il n’y pas 30 ans, quand tu achetais un disque, tu l’écoutais des dizaines de fois. De nos jours, l’écoute de 30 secondes d’un MP3 implique une lutte contre nos instincts qui exigent de cesser cette écoute sous prétexte que le fun est d’essayer de trouver mieux, ailleurs sur le web. Le choix incessant est une dictature. Le problème est tellement plus profond que la faillite de ces idiots.
boogie
23 janvier 2013
19h38
“maintenant essai avec un encodage AAC 128″
C’était ça Jon8, je suis sur itunes. Et puis c’était surtout identifiable une fois que je savais qu’un tel était un tel…. Je fais un deuxième test plus tard ce soir, pendant Trauma.
boogie
23 janvier 2013
19h43
“Le choix incessant est une dictature. ”
J’ai lu un best seller un peu pop-psycho mais quand même bien fait qui traînait dans le chalet que j’ai loué l’été passé: The paradox of choice, Why more is less.
Ça rejoint quand même cela. Insatisfaction perpétuelle, impression d’écouter quelque chose de bon… tout en se disant, je perds mon temps parce qu’il existe quelque chose de meilleur ailleurs.
boogie
23 janvier 2013
19h49
” On oblige pas quelqu’un à payer pour ce qu’il ne consomme pas, point. Surtout si ce n’est pas un produit/service essentiel! ”
Wow! Vidéotron et leurs forfaits de merde serait dans le trouble pas à peu près si cette règle était vraiment appliquée. Pire que l’État, à moins qu’on me démontre en quoi Le canal vie est un service essentiel.
boogie
23 janvier 2013
19h52
“l’expérience musicale sera d’autant plus gratifiante si vous acheter le disque”
C’est vrai quand on a 13 ans et qu’on a travaillé beaucoup (en livrant la presse à vélo plutôt qu’en char comme aujourd’hui) pour se le payer ce disque. Quand on devient riche et célèbre, un 15 $ par ci ça ne veut plus rien dire tout ça.
unholy_ghost
23 janvier 2013
19h56
“De nos jours, l’écoute de 30 secondes d’un MP3 implique une lutte contre nos instincts qui exigent de cesser cette écoute sous prétexte que le fun est d’essayer de trouver mieux, ailleurs sur le web.”
Absolument! Quand je mets un vinyle, je suis obligé de l’écouter au complet, au moins un bord, sauf exception. Pour le CD, oui à condition de ne pas avoir de manette pour skipper les tounes. Dans cette configuration album, même une chanson moyenne a un rôle, d’une part parce qu’elle fait encore mieux apprécier les meilleurs (même Macca joue des tounes poches en show pour remonter les meilleures), d’autre part parce qu’elle participe du mood de l’album mieux que les hits. Quand j’écoute des chansons sur Youtube ou ailleurs, j’écoute rarement la chanson au complet. Couplet, refrain, ok, i get it! Si la chanson est bonne, j’attends jusqu’au pont, guère plus.
unholy_ghost
23 janvier 2013
20h03
“Quand on devient riche et célèbre, un 15 $ par ci ça ne veut plus rien dire tout ça.”
Même inconsciemment, je suis convaincu du contraire. C’est même pas une question d’argent. Si on risquait vraiment quelque chose en volant une toune, comme lorsqu’on vole un CD chez Archambault, l’expérience serait plus gratifiante. Inconsciemment, l’argent c’est du désir.
effet__placebo
23 janvier 2013
20h06
Je crois que ce n’est pas tant le montant à débourser que l’effort à fournir. Effort pour se procurer le disque (déjà, faire de la route pour acheter un disque est différent de cliquer sur un lien), mais effort surtout que tu dois faire pour apprécier un album. C’est à dire que de savoir que ce disque sera le seul nouveau disque que tu pourras écouter dans les prochaines semaines te pousse… à l’écouter.
Le MP3, c’est comme passer à côté d’une femme géniale sous prétexte qu’elle n’est pas la plus belle du monde. L’ancien monde te forçait à t’assoir avec la fille et de voir que non seulement elle a un présence et un discours qui compense, mais qu’au fond, elle est très très cute mais que tu ne l’avais pas vu au départ. Et au pire, t’assoir avec te permettra non pas d’en être amoureux, mais de la connaitre. Connaitre les choses ou les personnes autrement qu’à travers ce qu’ils dégagent aux premiers abords demeurent la dimension la plus enrichissante de l’expérience humaine.
unholy_ghost
23 janvier 2013
20h13
Surtout si la fille porte un déshabillé en vinyle…
unholy_ghost
23 janvier 2013
20h23
C’est quand même une question d’argent au niveau inconscient. Un enfant en bas âge ne comprend pas du tout pourquoi il ne peut avoir tout le chocolat et les friandises qu’il désire avoir au supermarché et fait une crise. En vieillissant, il finit par intégrer inconsciemment que son désir = argent. Certains vont vouloir avoir le plus d’argent possible en pensant qu’ainsi leur désir seront éternellement comblés, mais bien sûr c’est encore pire: on devient de plus en plus insatisfait puisque c’est le manque qui crée le désir, pas vraiment le besoin ou la jouissance. Si ce n’est pas le manque qui comble le désir, ce sera le besoin social: on va avoir une piscine pour impressionner le voisin, acheter une mini-jupe pour impressionner les collaborateurs de son mari ou sa secrétaire, etc. D’ailleurs, maintenant que le manque ne crée plus le désir avec la saturation de l’offre musical, les gens écoutent des disques simplement pour se créer un statut social (si tu es hipster, tu dois écouter tel disque, etc.).
unholy_ghost
23 janvier 2013
20h24
Si ce n’est pas le manque qui crée* le désir,
effet__placebo
23 janvier 2013
20h33
amen, le fantôme.
unholy_ghost
23 janvier 2013
20h36
Ce sera 125$ pour la consultation…
effet__placebo
23 janvier 2013
20h59
J’ai des assurances pour ça.
unholy_ghost
23 janvier 2013
21h10
Hahaha!
jon8
23 janvier 2013
21h24
”Eh bien oui, on en sort. On peut fort bien obliger quelqu’un à payer ce qu’il ne consomme pas. Vous payez des frais d’hôpitaux, des routes, des écoles, brefs des biens et services auxquels vous n’aurez jamais accès. Idem pour la culture et ses contenus, il faut un minimum contraignant pour assurer la survie de la culture.”
Sortez vos casseroles, Alain!
:-)
effet__placebo
23 janvier 2013
21h36
On croit souvent, à tort selon moi, que les choses se jouent entre la gauche et la droite. Pourtant, tel que nous le montre cette discussion, la gauche et la droite sont dans le même carré de sable, en constante discussion. La réelle césure est entre le romantisme/herméneutique et le réalisme/matérialisme.
unholy_ghost
23 janvier 2013
21h41
Explique, je ne suis pas sûr de comprendre.
boogie
23 janvier 2013
21h52
une fois, un potentiel directeur de thèse m’a dit qu’il était essentiellement et profondément matérialiste, que la vraie question était le comment et non le pourquoi. J’ai compris qu’il était marxiste (juste au look c’était clair) et j’ai plutôt opté pour un positiviste post moderne. Les collègues qui parlaient d’herméneutique, je pense qu’ils ne se comprennaient pas eux-mêmes.
unholy_ghost
23 janvier 2013
21h57
Tu es vraiment mon ami, Boogie…
boogie
23 janvier 2013
21h59
je vais bien dormir, bonne nuit mon ami.
unholy_ghost
23 janvier 2013
22h04
Fais de beaux rêves, mon ami boogie.
effet__placebo
23 janvier 2013
22h21
Je n’ai aucun problème à dire que je ne me comprends pas toujours moi-même. Ça me donne une longueur d’avance au chapitre de l’honnêteté.
Et ouep, je voulais dire “phénoménologie” et non “herméneutique” terme auquel moi non plus je ne comprends rien. Blame it on Paul Ricoeur. Sorry. Je veux dire que la séparation est entre ceux qui voient et interprètent les choses à partir de l’influence des sentiments et de l’expérience et ceux qui décortiquent ces choses à partir de la réalité “positive”, “objective” ou “matérielle”. On laisse toute la place aux seconds depuis quelques décennies, mais rien de ce qui se passe ne me permet de croire que c’est une bonne chose.
effet__placebo
23 janvier 2013
22h24
Ha ouin, je suis pas mal saoul aussi, faque soyez tolérants. Merci.
jon8
23 janvier 2013
22h25
M’en va t’rejoindre à coup de Pinot noir. Ça peut être long..
effet__placebo
23 janvier 2013
22h42
Boogie,
Je ne vois pas d’opposition entre le marxisme et le positivisme, bien au contraire.
Jon8,
Bon Pinot!
jon8
23 janvier 2013
22h45
@Alain
J’espère pouvoir éviter un vulgaire débat Gauche v.s. Droite, premièrement parce que rien n’est complètement blanc ou noir, et aussi parce que je suis convaincu que nous sommes plus en accord qu’il n’y parait.
Ce qui nous sépare tient principalement à une question de timing. Quelques centaines d’années tout au plus.
Eh oui, dans l’absolu je suis d’accord avec l’idée que la culture -at large- devrait être aussi essentiel que l’eau que l’on boit. Ne serait-ce que pour donner un sens à l’humanité et aux souffrances de Single malt. Mais voilà; we’re not ready for that yet. Dans 100, 200 ou 700 ans, sûrement. Là, en 2013 ? Non. Y a trop de conneries moyen-âgeuses qui sont encore tolérées sur notre grosse roche ronde pour vraiment se permettre de marteler à notre droit absolu à la culture. First thing first. L’évolution de l’homme se fera peut-être sur 200,000 ou 200 millions d’années, who knows? Mais chose certaine: inutile de penser à l’élévation suprême de l’esprit lorsque le corps peine à survivre.
Nous sommes impatients de voir tout de notre vivant malgré le fait indéniable que 50 vies ne suffiraient même pas à avoir un snapshot de tout ce qui se passe sur la planète en une minute.
La culture je suis pour. L’art je suis pour. L’évolution de l’esprit de l’homme je suis pour. Mais lorsque 99,9% du temps/homme est consacré à autre chose en ce moment, force est d’admettre qu’il faut considérer les choses avec perspectives.
Je crois qu’à l’instar de vos collègues Lussier et Lortie, vous êtes victime d’un biais professionnel. Dans le sens que vous avez une vision décalée de la réalité, où l’axe se situerait plutôt vers vos centres d’intérêts, eux-mêmes fortement amplifiés par vos activités professionnelles. Ce qui n’a rien de mal en soi, il faut juste en être conscient et assumer. Ça fait de vous un ambassadeur pour votre cause, mais en aucun cas un juge impartial sur ce qui est juste ou non.
unholy_ghost
23 janvier 2013
22h55
Parce que, toi, Jon8, tu es un juge impartial de tout cela? Avec ton darwinisme 19e siècle?
jon8
23 janvier 2013
22h56
Du bon pinot noir CHILIEN, qui l’eut crû ?? boah, ça n’arrive tout de même pas à la cheville de ce démentiel Aloxe-Corton dont j’oublie le nom, mais ”ça fâ la job” après une ptite sortie dehors à -123 degrés +tx.
jon8
23 janvier 2013
22h59
j’me la fait russkov style, le fantôme: je boude pis ch’t'ignore. D’ailleurs t’existe pas, i don’t see dead people anymore, y a qu’un rectangle blanc sur ce blogue aussi blanc qu’un drap. Font color=white
unholy_ghost
23 janvier 2013
23h10
Jon8, quand on est dans le déni, les fantômes reviennent nous hanter. ‘tention.
bt627
23 janvier 2013
23h21
“J’ai reçu un cd par amazon plus tôt aujourd’hui. Super belle pochette. Aucun livret. Les rares renseignements se trouvent au verso de la pochette ou sous le disque. C’est bien beau le support physique, je le tiens en main, mais je n’y vois aucune valeur ajoutée. Je ne sais pas si c’est un choix artistique ou économique, ou un mélange de deux, mais je trouve ça un brin frustrant.”
Atchoum, vous aussi vous vous êtes fait avoir avec le cd de Dawn Richard?
Blague à part, au moins, en achetant le CD, l’artiste reçoit un iota de plus que si vous l’aviez chippé, légalement ou non, sur le web. Si ça vous réconforte.
jon8
23 janvier 2013
23h55
”Eh bien oui, on en sort. On peut fort bien obliger quelqu’un à payer ce qu’il ne consomme pas. Vous payez des frais d’hôpitaux, des routes, des écoles, brefs des biens et services auxquels vous n’aurez jamais accès. Idem pour la culture et ses contenus, il faut un minimum contraignant pour assurer la survie de la culture.”
Je reviens sur cette boite de pandore. D’une part parce que le sujet est aussi stimulant que vaste, et également parce que ce pinot est vraiment bon pour 23 piasses.
Ok, en vrac:
1) Je suis POUR le principe qu’une société doive, de temps à autres, forcer sa communauté à participer de manière solidaire pour le bien commun.
2) Je suis CONTRE l’idée de forcer la *survie artificielle* de quoi que ce soit n’ayant pas la force par lui-même de survivre via un cheminement dit *naturel*
3) La culture, au sens noble, ne devrait jamais être plongée dans un pattern de prostitution: c-a-d plaire à tout prix pour survivre. Therefore, la culture *à protéger* ne devrait en aucun cas avoir une fesse dans le commerce et une autre dans sa mission culturelle. Sous peine de se faire enc**er.
4) Les gens qui ne désirent pas faire parti d’un ”group buy social” devrait pouvoir exercer leur droit de quitter le group en question. Sans être forcés à se faire chier avec le New Hampshire et sa green card, par exemple.
5) Il devrait y avoir une limite dans le temps et/ou objectif quelconque, où un mouvement culturel, quel qu’il soit, doit avoir l’approbation social un moment donné. Nick Drake a eu 20 ans, on ne devrait pas accorder 200 ans à Machin chose.
6) Le temps d’antenne que l’on donne à un artiste en enlève à d’autres. C’est mathématique. Je ne peux PAS investir plus que 2 heures par jour pour la culture si je travaille dans la construction et que j’aime mon 8 heures de sommeil par nuit. Therefore, je dois choisir. Idem pour les inévitables frais de pub & promotion. Le temps d’attention potentiel est limité ET coûte des sous.
7) Le pinot noir est un cépage qui score plutôt bas en test à l’aveugle, ce qui est triste, surtout face à des fruit bomb oaky qui n’en mérite pas tant. Je pense que l’on devrait tous payer 1$ par année pour promouvoir le pinot noir, cet incompris des raisins.
unholy_ghost
24 janvier 2013
00h23
Un superbe exemple du grand niveau philosophique auquel l’époque peut aspirer atteindre et auquel l’humanité aura accès dans 200 ou 300 ans si l’évolution n’est pas entraver.
frankola
24 janvier 2013
08h07
@Jon8 je vais m,en donner un peu ;) je travail dans ce domaine depuis plus de 10 ans. Le 24 /96 est différent tout de même. Y’a pas mal plus dynamique range et de headroom.
Entre le AAC, le MP3 320 et le .WAV dans un test à l’aveugle on joue de chance la pluspart du temps effectivement.
jon8
24 janvier 2013
10h22
Scotch, c’est vraiment désarmant comme message. Ce n’est plus le moment de faire dans l’humour, il faut agir: 1-866-277-3553
La job viendra. Can’t rain all the time!
jon8
24 janvier 2013
10h25
oups, message disparu. Laissez y au moins le # de téléphone!
hardy_canyon
24 janvier 2013
11h49
L’un des commentaires les plus éloquents que j’ai lus sur la question provient du musicien David Lowery (Camper Van Beethoven, Low) et se trouve là (avertissement : en anglais et passablement long) :
http://thetrichordist.com/2012/06/18/letter-to-emily-white-at-npr-all-songs-considered/
infernalcomedy
24 janvier 2013
12h24
Jon8
Des pinots noirs très intéressants dans ces prix:
MOMO 2009 (21.45$) doit rester encore quelques bouteilles (SAQ en face Marché Atwater).
Mon préféré dans ces prix Waimea Nelson (24.85$), beaucoup plus facile à trouver.
Tous deux sont du nouveau monde et sont de surprenants bons “petits” Pinot.
boogie
24 janvier 2013
12h30
L’expression Alcooliques Anonymes est en train de prendre tout son sens ici même.
boogie
24 janvier 2013
12h34
“Je ne vois pas d’opposition entre le marxisme et le positivisme, bien au contraire.”
Effectivement, ainsi il est vrai ques positivistes de gauche et de droite sont dans le même carré de sable. Ils peuvent par exemple très bien parler baseball ou du Super bowl.
Les romantiques et adeptes de phénoménologie ne savent même pas que le sport professionnel existe.
En bref, je suis d’accord avec ton analyse arosée.
unholy_ghost
24 janvier 2013
12h38
Excellent!
boogie
24 janvier 2013
12h43
Effectivement un bon texte hardy.
Ai bien aimé ce commentaire à la suite du texte:
“Why are we willing to pay for computers, iPods, smartphones, data plans, and high speed internet access but not the music itself?”
It’s because it’s far more difficult to steal the aforementioned items. The people who steal music would also steal iPods and data plans if the chance of being caught was remote.
J’ajouterais parce qu’on apprend aux jeunes que le travail qui vaut vraiment quelque chose dans la vie, c’est celui qui demande de faire appel aux ‘vraies disciplines’ (les maths, la science, la technologie et éventuellement ‘l’entrepreneuriat’). Bref, produire un Ipod est un travail, ça prend tout ça. Les arts, c’est un passe-temps.
alainbrunet
24 janvier 2013
12h47
La meilleure de la soirée pendant mon absence:
«…vous êtes victime d’un biais professionnel. Dans le sens que vous avez une vision décalée de la réalité, où l’axe se situerait plutôt vers vos centres d’intérêts, eux-mêmes fortement amplifiés par vos activités professionnelles. »
Drette-là, je téléphone à Biais Professionnel Secours. Après tout le darwinisme entrepreneurial est en position de grande neutralité ! Posture éminemment «naturelle» pour poser un tel diagnostic…
alainbrunet
24 janvier 2013
12h54
Quant au texte de David Lowery, je suis pas mal d’accord avec l’ensemble des constats/analyses. L’exemple de feu Vic Chestnutt est on ne peut plus pertinent en ce sens. Or, Lowery exprime ce que plusieurs expriment depuis déjà un bon moment.
Pour les solutions, on ne s’en sortira pas si l’on n’adopte pas ces mesures à moyen et long termes, bien au-delà des revenus de la scène :
* obligation de partage des revenus des fournisseurs d’accès, founisseurs de services et fabricants de bebelles, à la manière du financement actuel de notre télé et notre cinéma – fonds des Câblos, ce qui n’a rien d’une taxe mais bien d’une contrainte de partage, résultant d’un choix de société.
* contribution citoyenne pour un revenu «plancher», taxe minime, la fameuse licence globale.
* contributions volontaires des fans d’un artiste – produits premium
* paiement contraignant (et minime) des consommateurs à des plateformes de streaming/téléchargement
* droits de licence de diffusion accordés aux artistes dans différents secteurs, privés ou publics
* revenus divers à l’initiative des artistes: produits dérivés, jingles publicitaires, etc.
PS. jon8, je suis loin de croire que l’ensemble des oeuvres circulant sur l’internet constitue un bien commun essentiel. Or, pour que les meilleures oeuvres émergent un jour ou l’autre, le nombre de clics et l’achat/location ne suffisent pas… Ça prend un revenu minimum, aussi famélique soit ce revenu.
atchoum
24 janvier 2013
13h28
Est-ce que c’est le CRTC qui est responsable de chapeauter internet comme la radio et la télé?
Si le CRTC est un organisme indépendant, d’où viendraient les pressions, plutôt qu’est-ce qui l’empêcherait d’actualiser les règles du marché et de redéfinir le partage des revenus?
Est-ce qu’il y a un blocage idéologique? Genre de vision qu’un gratteux de guitare comme Daniel Bélanger n’a qu’à travailler comme tout le monde?
Dans le monde du livre, il me semble qu’un auteur reçoit 10% du prix de vente de son livre. Ce qui n’est pas beaucoup, surtout pour ceux qui font dans le livre d’enfants à 7.95$. Mais c’est encore plus que le musicien dont l’oeuvre est disponible sur grooveshark ou youtube.
alainbrunet
24 janvier 2013
13h34
Oui, atchoum, on peut dire qu’il y a un «blocage idéologique».
Prenons cet exemple: pour le gouvernement conservateur, une redevance perçue sur les ventes de iPods représente une taxe alors qu’il s’agit en réalité d’un partage obligatoire d’une portion (minime) des bénéfices avec les créateurs de contenu – mesure progressiste, donc, mais en rien une taxe perçue directement chez les citoyens. Il faudra attendre encore plusieurs années avant que des mesures comparables soient proposées au Canada.
Quant à l’indépendance du CRTC elle est bien relative…
atchoum
24 janvier 2013
13h52
Ok, merci.
Sans commentaires.
hardy_canyon
24 janvier 2013
14h28
Autorectification : « provient du musicien David Lowery (Camper Van Beethoven, Low) ». J’aurais dû écrire « Cracker » au lieu de « Low », bien sûr. Je pensais à Low, le seul « grand succès » de Cracker. C’est le genre d’erreur que je fais quand j’écris à jeun.
Pour les nostalgiques du début des années 90, grande toune, excellent clip (le susmentionné Lowery qui se fait crisser la volée par Sandra Bernhard).
http://www.youtube.com/watch?v=gYdlqjiQPAc
unholy_ghost
24 janvier 2013
14h53
“La réelle césure est entre le romantisme/herméneutique et le réalisme/matérialisme.”
Pour répondre à cette question, je dirais que ceux qui croient voir le social comme quelque chose d’objectif se rende rarement compte que leur opinion soi-disant objective sont en en fait des mythes culturels, de part en part teinté idéologiquement, et que les faits sociaux ne peuvent jamais se séparer d’arbitraire, d’habitus, de valeurs et d’une tradition qui est connu ou pas par le sujet qui pensent regarder la société à plat du haut de sa raison technicienne, entrepreneuriale ou soi-disant scientifique. Ce que nous apprend l’herméneutique, entre autres.
effet__placebo
24 janvier 2013
15h19
intéressant le texte, Hardy. Je dirais toutefois que si les gens paient pour un iPod ou un service internet, ce n’est pas parce qu’ils attribuent une valeur à ces choses, mais parce qu’ils sont impossible, ou presque, à pirater/voler sans se faire prendre. Mais c’est vrai qu’on ne voit pas ces choses de la même façon. Si demain on m’arrête pour avoir téléchargé illégalement des mp3, tout le monde va me défendre et dire que c’est démesuré. Si je me fait prendre à voler un iPod, tout le monde dira que c’est bien fait pour moi…
Mais je le rejoins sur l’idée que c’est avant tout une question de morale et d’éthique individuelle… Et si seulement cet appauvrissement éthique ne se limitait qu’aux mp3, ça sera déjà pas mal, mais la même inconséquence et la même incapacité à se soucier de l’aboutissement de nos gestes sont encore plus dévastatrices lorsqu’elle concernent l’environnement…
alainbrunet
24 janvier 2013
15h23
@hardy
Début des années 90, Cracker s’était d’ailleurs produit à l’ancien Club Soda (Cabaret du Mile-End). Excellente soirée, d’ailleurs. En interview, Lowery s’était avéré un chic type.
hardy_canyon
24 janvier 2013
15h42
J’étais là! Je craquais pour Cracker (et Camper Van) à l’époque. Lowery était – je l’ai un peu perdu de vue – l’un de mes paroliers préférés. Je me souviens de votre texte, vous craquiez pas mal vous aussi!
alainbrunet
24 janvier 2013
15h49
Indeed.
effet__placebo
24 janvier 2013
16h33
J’ai vu Camper Van aux Foufs probablement un peu avant ça j’imagine. Bons souvenirs.
jon8
24 janvier 2013
17h09
”Drette-là, je téléphone à Biais Professionnel Secours. Après tout le darwinisme entrepreneurial est en position de grande neutralité ! Posture éminemment «naturelle» pour poser un tel diagnostic…”
Haha! J’ignorais que vous aviez un sens de l’humour aussi tranchant, Alain :-)
Je reviens plus tard avec une réponse ”évoluée” qui n’aura rien à envier aux tortues des Galapagos!
alainbrunet
24 janvier 2013
19h02
En fait, jon8, les pistes de solution que tant d’experts de l’économie des contenus soupèsent depuis une douzaine d’années n’ont pour objet que de favoriser un environnement économique favorable à l’éclosion et la bonne santé de contenus de qualité. Pour l’instant, ces derniers sont en très mauvaise posture et les solutions du marché physique ne sont malheureusement pas appropriées pour en revivifier la santé économique – 12 ans de déclin vertigineux d’une industrie, ça ne suffit pas ?
jon8
24 janvier 2013
19h14
suffire à quoi ? (!?)
jon8
24 janvier 2013
21h40
@infernalcomedy
merci pour les recommandations :-)
Mon ”petit” pinot chilien:
Wild Ferment Errazuriz valle de Casablanca 2010
J’ai goût à de très bons américains (Russian River valley, Oregon, etc..) mais malheureusement ça passe du meilleur au pire d’une année à l’autre, c’est très frustrant.
jon8
24 janvier 2013
21h42
hey, pourquoi y a pas de blogue de vin sur Lapresse ??? Animé par un Alain Brunet version oenophile, qui visite les bar à vin à tous les soirs! hehehe ;-)
infernalcomedy
25 janvier 2013
08h21
@jon8
C’est le problème avec ce cépage. Délicat, capricieux, inconstant, il peut être excellent une année et franchir une fine barrière le rendant insignifiant l’année suivante.
Le Waimea proposé (légèrement poivré) me semble très constant depuis que je le connais (4-5 ans). En tout cas à ces prix, ils sont généralement bien supérieurs aux bourgognes du même prix auxquels il faut prévoir beaucoup plus $$$ afin de toucher au sublime, mais quel sublime !!
Surveille bien ce pinot californien Kenwood (19.00$) que je vois apparaître généralement vers la fin de l’été. Rapport qualité/prix imbattable !!
Bon musicalement…heu!!..j’aime Nick Cave… ;-)
infernalcomedy
25 janvier 2013
08h32
Oups !! Ce Kenwood, c’est le Russian River Valley que tu mentionnais !!
hardy_canyon
25 janvier 2013
09h43
La consommation légale augmente légèrement, à un taux indiquant qu’elle plafonnera sans doute bientôt, le pouvoir législatif ne s’adapte pas, l’exécutif et le judiciaire sont largués, on doit donc s’en remettre à la bonne volonté – ou volonté morale – des gens, ce qui revient à dire qu’on est crissement mal barrés, et tous les David Lowery du monde n’y changeront malheureusement pas grand-chose. Le corollaire, à long terme : une croissance marquée de la dilettantisation des praticiens, un repli massif vers le modèle Didier Wampas où on occupe un boulot à temps plein pour ne faire de la zizique que durant ses temps libres. Jon8, réécoute et chouchoute bien tes albums de Radiohead, l’avenir ne t’offrira rien d’approchant : que du post-indie désespéré de chaufferie de quat-plex d’HoMa, ou alors des chefs-d’œuvre prédigérés de Chilly Gonzales pour mélomanes aux gencives bien lisses.
Je grossis le trait, c’est un vieux réflexe de défense devant des lendemains qui risquent de déchanter; en passant au tamis tout ce qu’il y a de galets au fond du ruisseau, on trouvera toujours des pépites.
unholy_ghost
25 janvier 2013
10h29
Allah est grand et Hardy Canyon est son prophète. Salem alikoum mon frère.
atchoum
25 janvier 2013
11h10
« Le corollaire, à long terme : une croissance marquée de la dilettantisation des praticiens, un repli massif vers le modèle Didier Wampas où on occupe un boulot à temps plein pour ne faire de la zizique que durant ses temps libres »
.
Ce qui me fait penser que ça fait diablement longtemps que je n’ai pas entendu parler d’un groupe qui s’éternise en studio, qui cherche, qui se perd, qui tâtonne, qui s’oppose un tant peu à son gérant, bref qui coûte une fortune à sa compagnie de disques.
Studio, albums doubles, albums concept synonymes de : Dans mon temps…
effet__placebo
25 janvier 2013
11h28
Si c’est pour empêcher l’arrivée de nouveaux Radiohead, je ne peux que vivement encourager le piratage.
hardy_canyon
25 janvier 2013
11h40
Esprit impie : Alikoum Salam, Esprit.
Atchoum : Radiohead?
Effet : Hi-hi-ho-ho-ho! Creep était quand même une pas pire toune.
boogie
25 janvier 2013
12h14
“un groupe qui s’éternise en studio, qui cherche, qui se perd, qui tâtonne, qui s’oppose un tant peu à son gérant, bref qui coûte une fortune à sa compagnie de disques.”
Paraît que ça brasse beaucoup du côté de Kaïn.
hardy_canyon
25 janvier 2013
12h15
Atchoum : « Le trésor de la langue » de René Lussier?
effet__placebo
25 janvier 2013
12h33
”Effet : Hi-hi-ho-ho-ho! Creep était quand même une pas pire toune.”
J’étais pas au courant de cette information.
blackened
25 janvier 2013
12h43
Sérieusement, pensez-vous qu’avec la quantité de musique qui se produit de nos jours, il y a assez d’utilisateurs-payeurs pour assurer sa diffusion? Si on ne se limite qu’à écouter ce que l’on paye, il y a un bon lot d’artistes qui vont sombrer dans l’anonymat.
Je suis d’accord avec effet à 15h19 (et non pour Radiohead ;-) ) : C’est avant tout une question de morale et d’éthique individuelle. J’ai effectivement un disque dur bien rempli de découvertes musicales glanées ici et là sur le web, mais nombre d’entre elles ont ultimement mené à l’achat d’albums dont je n’aurais jamais entendu parler autrement. Suis-je un cas d’exception? Je ne saurais dire. Ce que je sais, c’est que je saurais bien m’accommoder des quelques dizaines d’albums que j’achète par année, mais je me demande de quoi aurait l’air le portrait si tout le monde s’en tenait à ça. Chose certaine, l’offre va éventuellement se voir réduite, et comme disait hardy, il y a lieu de se demander si on pourra voir autant de projets ambitieux qu’avant.
atchoum
25 janvier 2013
13h03
hardy
« Le trésor de la langue » de René Lussier?
Connais pas, mais j’ai vu que je pouvais tendre l’oreille sur le net….
.
Coup de foudre plus tôt cette semaine :
http://www.youtube.com/watch?v=MNczOJVBhnQ
jon8
25 janvier 2013
13h54
”Oups !! Ce Kenwood, c’est le Russian River Valley que tu mentionnais !!”
Non, c’était le La Crema.
Superbe en 2005, très triste toutes les autres années goûtées.
hardy_canyon
25 janvier 2013
14h06
Coup de cœur? Batinse… Virtuosité, classe, beauté, culture, accents craquants. C’est Coluche qui disait que certains humains sont nés plus égaux que d’autres? Et puis, des fois je me trouve mononc-épais, mais ça m’a rassuré de lire le premier commentaire sous l’écran Youtube :
« Jeez I wonder if they made out after this…they’re so awkwardly into each other haha »
Mon coup de cœur de la semaine :
http://www.npr.org/2013/01/20/169450465/first-listen-buke-and-gase-general-dome?ps=mh_fl
hardy_canyon
25 janvier 2013
14h23
« J’étais pas au courant de cette information. »
En fait, je recommanderais à ceux qui connaissent peu Radiohead d’escamoter le matériel original – y compris Creep – et de s’attarder plutôt aux covers : N. Order (Ceremony), N. Young (Down by the River, On the Beach, Tell Me Why, Cinnamon Girl), Magazine (Shot by Both Sides), Blondie (Union City Blue). On constate alors qu’on a affaire à un band affable et appliqué, qui peut interpréter des classiques sans épanchements.
boogie
25 janvier 2013
14h28
Je ne saurais dire si Elizabeth Dolin et Francine Kay sont aussi ‘cute’ et ‘craquantes’ mais elles ont enregistré les mêmes sonates de Debussy il y a 10 ans chez Analekta. Excellent disque que j’écoute assez régulièrement d’ailleurs.
Elles n’ont malheureusement pas fait de clip youtube pour exciter les jeunes hommes cultivés.
jon8
25 janvier 2013
14h30
Ok guys, business 101 ici. Les chiffres mentent rarement, surtout aussi basiques.
Je doute qu’un album de musique, réalisé de façon professionnel, puisse coûter en bas de 10,000$ à produire (location studio, ingénieur de son, techniciens, etc..). Et à cela je crois qu’un minimum de 2x ce coût devra être investi pour la promotion du dit album. Les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés, mais jouons le jeu.
Donc, 30,000$ de dépenses. Et l’artiste ne se verse pas encore de salaire. Et personne ne le vampirise non plus, juste d’honnêtes travailleurs l’aidant dans son projet.
Distribution maintenant. Il semble être assez raisonnable de s’accorder sur le fait qu’un concensus de 1$ de la toune existe de nos jours. Une toune, ça vaut 1$, dans l’optique d’en être ”proprio”, c-a-d d’avoir la possibilité de l’écouter quand et où on veut.
Un album de 10 tounes = 10$ de revenus brut.
Disons qu’on passe par iTunes pour distribuer l’album en question. Apple se garde 30%. Donc il reste 0.70$ de la toune achetée, dans les poches de l’artiste. Il doit en vendre environ 43,000 (ou 4,300 albums complets) pour arriver au seuil de rentabilité, c’est à dire être break even.
Là, il ne se tire pas encore une paie. Comme c’est ça que l’on veut, non? On ajuste l’objectif à 73,000 tounes pour qu’il puisse se verser un salaire de 21,000$, en espérant qu’il puisse tirer d’autres revenus des prestations publiques pour arriver à ce que je considère être un minimum pour vivre sans regretter ‘’sa vie d’artiste”.
Comprenez vous bien les enjeux ici ? Saisissez-vous bien le problème qui saute au yeux ?
Le problème en est un de VOLUME.
On ne peut *pas* augmenter le prix de ce produit/service, parce qu’une pièce de musique -peu importe sa qualité et même sa durée- à une valeur fixée par le marché.
Donc, le seul moyen d’atteindre le seuil de rentabilité, et peut-être un jour aspirer à verser dans le vert comme il faut, c’est de viser le volume de vente plus élevé. C’est mathématique, c’est inévitable. Le cinéma, le marché du livre aussi, ont le même problème. Dépenses, revenus potentiels, volume de vente.
C’est peut-être plate, c’est peut-être froid, c’est peut-être emmerdant, mais c’est la réalité.
ET, couper les coins ronds dans la production et la promotion n’arrangera en rien la cause, au contraire.
Donc, questions:
COMMENT décider quels artistes faut-il sauver ?
Et selon quels critères, si le volume de vente ne fait pas naturellement une sélection ?
hardy_canyon
25 janvier 2013
14h48
Futur coup de cœur :
http://www.youtube.com/watch?v=5Q5ktKj4dVw
Sortie le 19 mars.
Désolé Jon8, mais t’es hors sujet, le présent billet est consacré au pinot, à Radiohead, aux coups de cœur et aux duos féminins alliant beauté et talent.
boogie
25 janvier 2013
14h53
Haha! Moi je dis que c’est hardy_canyon et mon bon ami ghost qui devraient décider quel artiste on supporte ou pas. Une élite éclairée, quoi.
unholy_ghost
25 janvier 2013
17h02
Hardy, watch the throne… ;-)
atchoum
25 janvier 2013
17h26
René Lussier, c’est pas quelque chose que j’écouterais chez moi. Pas dans l’auto non plus. Mais je serais curieux de vivre son projet en direct. C’est le genre de show que je serais curieux de voir et entendre. Dans une salle intime comme certaines maisons de la culture de Montréal, par exemple. Tout voir, tout entendre, quasi à côté du créateur. Genre de partage.
.
Burke and Gase, j’aime. En écoutant ça, j’ai des images de NY qui me viennent à l’esprit sans trop savoir pourquoi. Je n’y ai pas entendu de sirène de char de police, pourtant.
.
Sol Gabetta / Hélène Grimaud, je trouve qu’elles ont une relation qui rappelle celle des jazzmen. Interaction, le leadership change parfois de main pendant une pièce, mais celle qui laisse la place s’assure toujours une présence, si plus discrète néanmoins toujours marquante. C’est de la musique avec tout plein de vitamines bonnes pour l’oreille.
atchoum
25 janvier 2013
17h40
Supporter un artiste, ça a déjà été le job d’une compagnie de disque. Quand cette élite est particulière éclairée, elle peut se permettre de dire aux Beatles qu’ils font de la musique du passé, que les groupes de guitare n’ont pas d’avenir.
.
Les élites éclairées, ce sera sans moi, merci. Je passe mon chemin.
Pour les autres :
Tu es mon berger, ô élite éclairée !
Rien ne saurait manquer où tu me conduis.
1)
Dans tes verts pâturages tu m’as fait reposer,
Et dans tes eaux limpides tu m’as désaltéré.
2)
Dans la vallée de l’ombre je ne crains pas la mort ,
Ta force et ta présence seront mon réconfort.
3)
Tu m’as dressé la table d’un merveilleux festin;
Ta coupe débordante m’enivre de ton vin .
4) Ton huile vivifiante rayonne sur mon front;
Je trouve l’abondance au sein de ta maison .
5) Vers ta justice sainte, tu traces un sentier,
pour faire mieux connaître ta gloire et ta bonté .
6) Ta grâce et ta lumière sans fin me poursuivront
Et jusqu’en ta demeure, un jour , m’introduiront
http://prionsenchanson.blogspot.ca/2010/08/tu-es-mon-berger-o-seigneur.html
effet__placebo
25 janvier 2013
18h03
Mon coup de coeur récent. Ghost va adorer.
http://m.youtube.com/#/watch?v=ermWjIId2ZU&desktop_uri=%2Fwatch%3Fv%3DermWjIId2ZU&gl=FR
unholy_ghost
25 janvier 2013
18h36
?
boogie
25 janvier 2013
18h42
Superbe
unholy_ghost
25 janvier 2013
19h45
Ah, je me demandais ce que tu trouvais à cette reprise sans intérêt. J’ai cliqué et j’ai su. J’ai presque pisser dans mes culottes.
Pas assez jazzmétal pour mon ami Boogie, par contre.
unholy_ghost
25 janvier 2013
19h58
Atchoum, le trésor de la langue existe en film: Le trésor archange de Fernand Bélanger.
Hardy, ça va t’intéresser: http://vimeo.com/35280671
boogie
25 janvier 2013
20h32
Le trésor de la langue, c’est un des plus grands disques québécois toutes catégories toutes époques. Ça s’écoute à la maison, en auto, dans son bain, dans un party, le matin, peu importe.
Que j’ai entendu justement dans une maison de la culture, Frontenac si je me souviens bien, je ne sais plus en quelle année.
Des gros ‘tapes’ full-analogues qui roulent en direct pour la partie voix, des images du Québec qui se perd en projection et René Lussier avec sa guit drette comme un piquet qui suit les intonations et les mélodies de ces enregistrements capotés. Du genre: ça s’tun char pas d’pollution, l’exhaust est par en’dans.
unholy_ghost
25 janvier 2013
21h00
Avec une toune de Richard Desjardins avant Richard Desjardins.
effet__placebo
25 janvier 2013
21h43
La vente de ce disque de Lussier est une de mes grosses erreurs de mélomane. Je l’écouterais drette là..,
boogie
25 janvier 2013
22h09
Considérant l’estime que je porte à ce disque que j’ai acheté à l’Échange ou d’un autre pusher de musique avant les mp3, j’ai le goût drette là d’envoyer un chèque à Lussier.
hardy_canyon
25 janvier 2013
22h17
Merci pour le mini-docu, Ghost, ça me rappelle une virée constellée de mémorables rencontres à la Nouvelle-Orléans et en Pays Cadien, à Breaux Bridge et Lafayette entre autres, il y a quelques années.
Atchoum, j’avais mentionné « Le trésor de la langue » parce c’est sans doute l’album-concept québécois le plus monumental : tour de force musical, survol anthropolinguistique et historique, brèfle, du gros stock. J’ai un coffret-réédition lancé en 2007 sur La Tribu, comprenant l’album original et deux CD supplémentaires remplis d’inédits.
Effet : c’est ce que je suis en train de faire. Je suis dans « Inédits 2 », où Lussier et sa gang se promènent dans le coin de Sorel pour trouver un cimetière marin où se trouveraient les restes du Saint-Élias de Ferron.
boogie
25 janvier 2013
22h21
la gouvernance souverainiste se porterait mieux si Marois écoutait ça au lieu des cowboys zoinzoins.
moi j’ai le vinyle et il est usé.
hardy_canyon
25 janvier 2013
22h47
Par ailleurs, je ne peux pas faire partie du jury pro-darwinien : je laisse ça à Marie-Mai, Jean-Pierre, Yves Desgagnés, René Simard et Sharon Osbourne. Ce serait extrêmement stimulant, nul doute, mais je n’ai pas le temps, viarge, Unité 9 a recommencé, pis 30 vies avec la petite Vanasse, pis Trauma, pis 19-2 la semaine prochaine.
unholy_ghost
25 janvier 2013
23h22
Hardy, prenez le temps d’écouter ça, ça va vous calmer: http://www.youtube.com/watch?v=8tlT_X0MhYc
unholy_ghost
25 janvier 2013
23h27
Et ceci: http://www.youtube.com/watch?v=n3LpIeOPHzs
unholy_ghost
25 janvier 2013
23h54
Bon mon coup de coeur récent, écoutez ça au complet, ça va vous mettre dans un drôle d’état proche de l’Arizona:
http://www.youtube.com/watch?v=9CCw6ZgWk-U
http://www.youtube.com/watch?v=6ivAE9UA2mg
unholy_ghost
26 janvier 2013
00h01
http://www.youtube.com/watch?v=xAQujI-pu38
unholy_ghost
26 janvier 2013
00h46
http://www.youtube.com/watch?v=TrFNmJlD7KU
hardy_canyon
26 janvier 2013
11h24
Du bon stock, Ghost, merci pour les liens. Ça m’a fait du bien. ;-) Je verrai mademoiselle Van Etten en mars alors qu’elle fera patienter les fans de Nick Cave au Métropolis. Quant à Jamey Johnson, hé bien tout outlaw talentueux qui se réclame de Merle Haggard ne peut que susciter mon admiration.
alainbrunet
26 janvier 2013
12h38
J’ai eu la chance d’aller au coeur du Trésor de la langue, assurément l’oeuvre maîtresse de René Lussier. Avais alors interviewé Lussier sur ce projet, avais écrit sur le Prix Paul-Gilson de la CRPLF qu’il avait gagné. Avais vu les deux cycles de concerts subséquents – narration de Richard Desjardins, puis de Patrice Desbiens… WOW. Fait à souligner: cette transcription musicale de la langue parlée avait été pensée par Lussier quelques années avant que Steve Reich ne fasse de même, c’est-à-dire pour le projet Different Trains. Et deux décennies avant le Happiness Project de Charles Spearin (paru sur Arts & Craft).
unholy_ghost
26 janvier 2013
13h32
Il faut vraiment voir Le trésor archange.
Bourgault avait dit à Lussier qu’il ne manquait qu’une voix à son oeuvre, la sienne. Ce dernier remarquait que Bourgault parlait dans la gamme tempérée…
unholy_ghost
26 janvier 2013
13h32
L’oeuvre-maîtresse, certes. Mais ne cache-t-elle pas la forêt?
alainbrunet
26 janvier 2013
13h41
De kessé ?
unholy_ghost
26 janvier 2013
14h03
Le Trésor est l’oeuvre-maîtresse de Lussier, mais en dehors des cercles de la musique actuelle, on ne parle que d’elle par rapport à Lussier, mais aussi par rapport à la musique actuelle dans son ensemble. Or, elle cache d’autres grands disques de Lussier. Enfin, je pose la question.
alainbrunet
26 janvier 2013
14h05
Il y en a plusieurs. Les Granules, notamment. J’y reviendrai.
boogie
26 janvier 2013
15h23
La musique de Lussier a été entendue par probablement plus d’américains que celle de Marie-Maie et bien d’autres.De kessé? La musique du moulin à images, c’était de lui.
La forêt, c’est un peu Robert Lepage, il me semble que Lussier a reçu bien peu de crédit pour sa contribution alors que cette musique était à mon avis central à la patente.
unholy_ghost
26 janvier 2013
16h14
Tu seras pas d’accord avec Boulga qui trouvait que c’est de la merde en canne.
unholy_ghost
26 janvier 2013
16h24
Il y a ses collabos avec Fred Frith, Jean Derome et Robert M. Lepage (pas le même…).
J’aime beaucoup les albums de Conventum.
boogie
26 janvier 2013
17h21
Effectivement pas d’accord du tout. En ce qui me concerne la merde en canne, elle nous a été servie l’autre jour sur un plateau d’argent: For king and country.
unholy_ghost
26 janvier 2013
17h54
Hahahaha!
unholy_ghost
26 janvier 2013
23h51
Je viens d’écouter Sophtware Slump de Grandaddy avec Boulga et nos douces. Quel grand disque!
norvegequebec
27 janvier 2013
04h29
@boogie…Nennon, pas sur un plateau d’argent mais sur un plateau de tivi.
Et moi qui croyais que j’étais vraiment plouc d’écouter de la musique en streaming, en auto ou sur un vulgaire CD. Je me rends compte qu’à la tivi, ça peut aussi donner des frissons??Ben coudonc! Un autre tabou qui vient de sauter.
hardy_canyon
27 janvier 2013
11h43
Hi-hi-ho! Bien envoyé Norvège!
« The Sophtware Slump »? Boulga en a mis du temps pour trouver le vinyle. Taquinerie à part, dans le genre dream-prog à tendance introspective, c’est de loin supérieur au « Software Bulletin » des F. Lips (son concurrent de l’époque, à mes yeux) parce que pendant que Wayne Coyne déconnait avec l’univers, Jason Lytle ne badinait pas et pondait une œuvre émouvante, pour les compos et pour les textes (même si cet album n’avait compté que « Broken Household Appliance National Forest » comme pièce, il aurait été exceptionnel). Exploit que Lytle n’a pas encore réussi à égaler ou à surpasser, mais bon, sa production est quand même demeurée très bonne.
Ce billet est en passe de devenir le foyer de toutes les digressions.
unholy_ghost
27 janvier 2013
13h29
C’est moi qui ait amené le disque, disque assez méconnu au demeurant alors qu’il devrait être un classique. J’aime beaucoup le reste de sa production, plus inégale mais dans chaque disque il y a des compos pour nous vriller le coeur. J’ai découvert SSlump au casque chez un disquaire du Boul’ Mich’ en 98 et ce fut un Satori à Paris.
atchoum
27 janvier 2013
13h56
M’oui, le français de la Louisiane. Dire que le jazz a été inventé au pays des Cajuns. Je pense que c’est Zachary Richard qui a déjà dit que si le français avait réussi à se répandre à la grandeur du continent américain, Mick Jagger aurait chanté en français…
.
Ça me fait penser à Fats Domino, de son vrai nom Antoine Dominique Domino. Son père, Antoine « Calice » Domino. Si près et si loin…
http://www.youtube.com/watch?v=4xDceKm-IeU
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fats_Domino#Identit.C3.A9_sur_sc.C3.A8ne
unholy_ghost
27 janvier 2013
15h16
Norvege, c’est pas pour défendre Boulga, mais il écoute régulièrement des CDs au casque chez les disquaires pour savoir quel vinyle acheter. Mais la vraie affaire c’est sur un bon système de son que cela se passe.
norvegequebec
27 janvier 2013
15h28
mais non, mais non…tu n’as rien à défendre puisque je n’attaque pas. Au contraire, je me sens soulagée et moins éloignée de l’élite audiophile que je ne le croyais. Il y a donc des points de rencontres possibles.