
Les cotes sont assez éloquentes merci : au Royaume-Uni, on encense {Awayland} du groupe irlandais Villagers, alors que Pitchfork le plante d’aplomb – seul média crédible à émettre une note discordante. En 2010, Villagers ont déjà été sélectionnés au Mercury Prize pour leur premier album, Becoming A Jackal. Bon album, effectivement, mais celui-ci me semble particulièrement solide et sera fort probablement retenu par plusieurs dans les listes de 2013.
Sorte de de folk-rock-pop-indie de facture classique voire intemporelle, l’approche de Conor O’Brien, sans qui ces Villagers n’existeraient pas, dépeint magnifiquement ses propres états d’âme. Les exprime avec grande imagination, humour, finesse, autodérision et autres caractéristiques décrivant les esprits fins et lettrés. Une interview du Telegraph nous indique d’ailleurs que ce doué a étudié la littérature à l’University College Dublin et « peut causer éloquemment de poésie post-moderne américaine, du travail de Frank O’Hara ou de John Ashbery ». Et qu’il a aimé Björk, Aphex Twin et Radiohead avant de se mettre lui-même à la chanson.
Nous sommes en territoire connu, on en convient, mais lorsque les chansons sont aussi bien construites, leur classicisme apparent n’a rien d’un irritant. Les mots exprimés par ce chanteur très convaincant témoignent d’une poésie chansonnière florissante et de très bon niveau, ses mélodies sont poignantes pour la plupart, les arrangements d’{Awayland} s’avèrent soignés, très beaux – vents, cordes, vibraphone, électronique, etc.
Après plusieurs écoutes, il n’y a pas lieu de s’étonner que ces Villagers aient tourné avec Elbow et Tindersticks. À n’en point douter, voilà un candidat de choix au prochain Mercury Prize.
Metacritic: moyenne de 83% fondée sur 14 critiques
Interview Conor O’Brien du Telegraph
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