
Le nouveau maxi révèle deux murales sonores: Truant dure 11 minutes et 45 secondes, Rough Sleeper s’étend sur 13 minutes et 47 secondes. La patte ambient / post-dubstep / post-garage est celle que l’on connaît du Britannique William Bevan alias Burial. Celle qui, en 2007, fut extirpée de l’underground.
Les basses fréquences de ce Truant / Rough Sleeper demeurent malléables, hypnotiques, sensuelles. Les tempos sont lents ou moyens, rarement rapides. Les rythmes descendent invariablement des Antilles anglaises; trois générations de résidence au Royaume-Uni plus tard, la source n’est pas dénaturée pour qui sait l’identifier. Les harmonies émanant des claviers s’avèrent très simples mais les mutations que leur imposent les filtres informatiques leur confèrent une personnalité. D’inspiration soul et pop, les voix émergent du mix sans s’imposer, restent chaudes malgré la distance. Le traitement des prises offre une variété intéressante de diffractions -évocation de cette friture typique des vieilles radios, évocation d’averses de pluie et autres liquides qui s’épandent sur le sol, on en passe.
Outre deux albums en 2006 (sans titre) et en 2007 (Untrue), Burial préconise généralement le format maxi : South London Boroughs (2005), Distant Lights (2006), Ghost Hardware (2007) sans compter les collaborations avec Four Tet (2009), Four Tet & Thom Yorke (2011) et Massive Attack (2011). Dans ce format court, il s’exprime sur des pièces… longues. Fresques à l’intérieur desquelles il construit une histoire relativement simple sur le plan structurel, néanmoins constituée d’épisodes de haute créativité texturale qui s’enchaînent en toute fluidité.
Musique moins linéaire qu’il n’y paraît d’entrée de jeu…
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