Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 27 décembre 2012 | Mise en ligne à 15h18 | Commenter Commentaires (30)

    Le temps des LISTES: anglos de Montréal, anglos du ROC

    Noel anime 6

    Montréal demeure-t-elle LA ville pour la création musicale des anglos canadiens (ou autres) ? On ne s’avancera pas là-dessus mais… force est d’observer que la tendance n’a pas vraiment fléchi en 2012: nouveaux succès internationaux récoltés par Grimes et Godspeed You! Black Emperor, sans compter la montée de Half Moon Run, le succès immense de Leonard Cohen et la très belle fin de cycle côté Patrick Watson. D’autres formations anglo-montréalaises ou canadiennes se sont aussi imposées cette année. L’intérêt que suscite le Prix Polaris se rend désormais chez nous, une modeste sélection ROC devient appropriée.

    Lisez ces sélections et transmettez-nous les vôtres !

    MONTRÉAL

    Leonard Cohen Old Ideas

    Leonard Cohen
    Old Ideas
    Columbia / Sony

    Old Ideas s’avère à mon sens le meilleur album de Leonard Cohen depuis The Future, ce qui n’est pas peu dire. À 77 ans, ce relent d’inspiration n’est pas insoupçonné. Cohen fut magistral sur scène lors de sa tournée renaissance en 2008,, l’un des plus beaux récitals de chanson qu’il m’ait été donné de chroniquer. Cohen a fédéré beaucoup plus d’admirateurs en 2012. Deux Centre Bell.

    Album très chargé poétiquement (ce qui n’exclut pas l’ironie et l’autodérision), très varié, très fin musicalement. Tous les traits de l’artiste y poursuivent leur voie, avec un soutien plus incarné musicalement. Ce mélange parfait d’Amérique du Nord, Méditerranée et Europe de l’Est illustre les identités multiples du Montréalais, débarrassé de ses propensions au kitsch de bar salon. Franchement, le miracle se poursuit avec Old Ideas et la tournée qui en fait vivre la matière sur scène.

    Godspeed

    Godspeed You! Black Emperor
    Allelujah ! Don’t Bend ! Ascend!
    Constellation

    De ce vaisseau ayant acquis une réputation à l’échelle planétaire, pourtant, on avait observé le déclin lent de la proposition : redondance de la courbe sinusoïdale (calme, ascension vers un paroxysme de violence sonore, retour progressif au calme), redondance du mélange stylistique à dominante post-rock (punk, ambient, minimalisme américain, musiques contemporaines d’Europe, de type Górecki et autres Pärt), redite dans les textures et les saturations.

    Plusieurs années de de pause et d’évolution musicale à travers d’autres formations (notamment Thee Silver Mt.Zion) et, fort possiblement, l’urgence qu’inspire la conjoncture récente ont conduit Godspeed à un regain majeur de créativité. Sans modifier les fondements esthétiques du fameux groupe montréalais, ces symphonies de distorsion incluent discrètement de nouveaux éléments stylistiques et structurels: ornements celtiques et orientaux, enregistrements terrain réalisés au cours du désormais historique Printemps érable (manifs de casseroles, forces de l’ordre et du désordre en pleine dialectique), nouvelles textures, nouvelles saturations, nouveaux sédiments de bruits, chaque histoire comportant plus d’épisodes.

    Patrick Watson Adventures in your own backyard

    Patrick Watson
    Adventures in Your Own Backyard
    Secret City

    Moins exploratoire sur le plan instrumental qu’au chapitre précédent (Wooden Arms), moins chargée mais tout aussi ambitieuse, l’esthétique de ce nouveau répertoire a la qualité première d’aller droit au cœur. Exotisme de l’intimité, splendeur de la proximité, richesse du voisinage… on ne pouvait imaginer meilleurs thèmes pour achever un cycle de création aussi remarquable.

    En ce sens, Patrick Watson et ses musiciens (Mishka Stein, Simon Angell, Robbie Kuster) servent un objectif d’abord chansonnier. L’approche conserve néanmoins les qualités essentielles de ses réalisations précédentes. Au quatuor piano-guitare-basse-batterie, l’excellente violoniste Mélanie Bélair ajoute à la facture et on se délecte des compléments du trompettiste David Carbonneau – quelque part entre mariachis mexicains et cet esprit western spaghetti d’Ennio Morricone.

    Grimes Visions

    Grimes
    Visions
    Arbutus

    Essayons de comprendre le buzz planétaire, le plus considérable généré par une sortie anglo-montréalaise en 2012. Primo, il y a cette voix évanescente et haut perchée, souvent doublée ou triplée, enrichie de moult échantillonnages vocaux. Voix à laquelle la réalisatrice, compositrice et chanteuse colle des musiques apparemment naïves, néanmoins personnelles. Sous son emprise, les machines et claviers produisent un je-ne-sais-quoi qui se répand comme une traînée de poudre.

    Il y a clairement une signature Grimes dans ces montages, intégrations et grooves incluant aussi des éléments de remixes – entre autres échantillons de chant prébaroque dans la chanson Nightmusic. Franchement, il faut admettre que ces musiques relativement simples comportent un ingrédient actif qui s’avère profondément addictif. Que ce travail inspiré ne souscrive pas toujours aux normes admises d’une chanson pop, que Claire Boucher ne connaisse pas tous les codes de la composition, cela importe peu… ou pas du tout. D’instinct, cette jeune artiste m’apparaît comme une naturelle de la pop de création.

    Half Moon Run Dark Eyes

    Halfmoon Run
    Dark Eyes
    Indica

    Les arrangements vocaux sont très beaux, érigés autour du soliste Devon Portielje complétés par le guitariste Conner Molander et le batteur/claviériste Dylan Phillips. Guitares, échantillonneurs, claviers et percussions sont partagés par le trio, auquel s’ajoute sur scène le multi-instrumentiste Isaac Symonds.
    Si la majorité des chansons de Dark Eyes s’inscrivent dans la mouvance indie sans qu’on puisse conclure à mieux que des étudiants exemplaires qui s’exécutent dans les règles de l’art (Fleet Foxes, Grizzly Bear, Radiohead, etc.) et qui maîtrisent leur références sans les transcender (folk, pop ou soul de facture indie), certains titres laissent croire que le groupe pourrait aller plus loin – Gun Salute, Fire Escape, Drug You, Nerve. Assez loin, en tout cas, pour créer un impact de masse.

    ROC

    untitled

    Neil Young
    Psychedelic Pill
    Reprise

    Crazy Horse n’est pas tant l’écurie que le garage de Neil Young. Et ce, depuis 43 ans. Sporadiquement, le fabuleux musicien y mène ses guitares afin d’y bricoler une discothèque entière de chansons aux fréquences saturées, musiques d’expression brute aux confins du rock, de la country et du folk. Le tout crépitant sur le grill, à feu moyen, sans que ses dégustateurs n’exigent de nouveaux procédés de cuisson. Encore là…

    Comment peut-on maintenir si longtemps l’intérêt ? En créant le brouillon parfait, le brouillon idéal, ce à quoi très peu de musiciens de type garage parviennent. Après avoir emmagasiné l’énergie sauvage de leurs premiers enregistrements, on a tôt fait de s’enliser dans leur redite.

    Neil Young est une des rares bêtes des années 60 à défendre un corpus aussi considérable, on pense évidemment à Bob Dylan et Van Morrison qui ont tous deux lancé des albums cet automne. Pour l’année 2012, Neil Young en a sorti deux ! Americana et celui dont il est ici question, Psychedelic Pill.

    Celebration_Rock

    Japandroids
    Celebration Rock
    Polyvinyl

    Assurément l’un des meilleurs albums canadiens sortis en 2012.

    Celebration Rock regorge d’hymnes fédérateurs, paroxystiques, jubilatoires. Guitare, batterie et voix toujours dans le tapis, tripes sur les amplis. Rien de complexe, mais cette poussée irrésistible de ferveur ne peut laisser indifférent. On ne peut faire autrement que se laisser emporter par ce torrent d’énergie que déclenchent Brian King et David Prowse.

    Kathleen Edwards Voyageur

    Kathleen Edwards
    Voyageur
    Maple Music

    Voix cousine de Suzanne Vega (avec plus de puissance), un soupçon de Lucinda Williams, une larme de Neko Case… Bon Iver (son amoureux) a réalisé ce Voyageur dans son nouveau studio du Wisconsin. Tous les esprits favorables à Kathleen Edwards ? On aurait néanmoins apprécié un influx plus considérable de sa part. Vernon a plutôt choisi de respecter le son antérieur de sa douce en y suggérant des aménagements un peu trop ténus, sauf exception. Pour apprécier ce que nous offre Kathleen Edwards, en fait, il faut bien comprendre la langue anglaise, à défaut de quoi ce folk-rock ressemble à tant d’autres. Cette diffraction de l’intimité qu’explore la parolière s’inscrit dans cette esthétique chansonnière nord-américaine: les joyaux poétiques scintillent dans l’apparente simplicité.

    cold-specks-i-predict-a-graceful-expulsion

    Cold Specks
    I Predict A Graceful Expulsion
    Arts & Craft

    Al Spx, 24 ans, est auteure-compositrice-interprète originaire d’Etobicoke, Ontario. Vieille âme, ancêtres gospel, ancêtres folk, ancêtres blues, ancêtres soul, ancêtres country. Cette jeune femme possède une voix usée par les époques, générations de métissages immigrants, afro-américains, autochtones. Sorte d’americana black, l’approche de COld Specks séduit les bluesophiles et amateurs de country-folk, bien au-delà de la foule hispter qui en apprécie l’indie rock, les arrangements soignés et la réalisation (Jim Anderson).

    Yamantaka Sonic Titan YT ST

    Yamantaka Sonic Titan
    YT//ST

    De Montréal à Toronto, Yamantaka // Sonic Titan brasse allègrement théâtre nô, chants rituels bouddhistes, pop japonaise, opéra rock, chants amérindiens, comédie musicale, punk rock, prog ou métal ! Apparemment étrange et disparate, cette mixtion exhale une saveur bien réelle et porte de réelles qualités artistiques. À tel point que le premier album de Yamantaka (YT//ST, autoproduit) s’est taillé une place parmi les finalistes au Prix Polaris. Encore des croûtes à manger côté musicianship, mais les idées foisonnent dans les caboches de ces jeunes femmes.


    • La pilule psychedélique a vraiment fait son effet.
      J’en ai profité pour faire un retour dans le catalogue de Neil Young.

      Beaucoup apprécié “Chrome dreams II” et “Sleep with angels” que je ne connaissais pas.
      Plusieurs longues versions qui vont bien avec “Drifting back”.
      Je reste un peu sur ma faim avec le coffret de 8 cd “Archives”, pas encore tout digéré!

    • Grand oublié ici, de Toronto, Trust. Sur disque et en spectacle, un band incontournable de 2012!

    • Kontravoid – Kontravoid

    • Metz

    • La scène anglophone de Montréal a connu en effet une très belle année et c’est tant mieux pour les voir à… Québec (les anglos ‘indies’ de l’extérieur ne passant qu’à Montréal ou presque). Patrick Watson (FEQ) et Leonard Cohen sont dans mes meilleurs spectacles de l’année. Les très bons shows dans le vieux Colisée (Cohen) sont rares !

    • Pour le ROC, il y a un groupe de Toronto que j’apprécie de plus de plus, The Wooden Sky. Leur album Every Child A Daughter, Every Moon A Sun sorti en février dernier est excellent.

    • Après avoir marché deux heures dans la tempête, le réconfort d’Old Ideas et d’une bouteille de rouge opère son charme

    • Crystal Castles c’est anglo-ROC ?

    • Montréal:
      Parlovr, Grimes, Godspeed, Yardlets, Moonface, Grimskunk

      ROC
      Japandroids, Neil Young, Ps I Love You, Metz,

    • Crystal Castles = Toronto

    • En toute simplicité : à votre deuxième paragraphe sur Leonard Cohen vous vouliez écrire : ce qui n’exclut pas l’ironie etc . Observation : certains journalistes nous servent depuis quelque temps cette phrase en parlant de M. Cohen , l’homme à l’éternel chapeau . Avant il y a quelques années Leonard Cohen n’apparaissait jamais en public avec un chapeau et encore moins en spectacle . Quoique en homme de son époque il porta parfois la casquette de Baseball sur les plages de Californie pour se protéger de Galarneau .

    • Je sais, mais dans la classification AB, est-ce Electro ou Anglo-ROC.
      La fille chante, mais de loin, tsé…
      Même que GY!BE, entre deux casseroles ça chante pas beaucoup.
      Anyway, Crystal Castles et Grimes probablement les albums de l’année ”Canada – tout genres confondus”. Je dois ré-écouter Cohen aussi, bien entendu.

    • ”D’instinct, cette jeune artiste m’apparaît comme une naturelle de la pop de création.”

      C’est le mot: une naturelle. Insérez ici l’analogie hockey de votre choix sur un joueur recrue.

      C’est tellement girlie-girlie comme musique que j’ai subitement le goût de me mettre du mascara en l’écoutant, mais cet album dégouline de talent.
      Si ce n’est pas un feu de paille, cette fille ira très loin.

    • ”ont conduit Godspeed à un regain majeur de créativité.”

      ‘pas sûr.

      J’ai trippé au début, j’ai voulu continuer à tripper lors d’une 3e ou 4e écoute, pis paf! J’ai cessé complètement de m’intéresser à cet album. Y a quelque chose qui manque et je ne sais pas quoi.

    • Chez les Ontariens Montréalais d’adoption : Matterhorn, des Great Sabatini.

      Chez les Montréalais Californiens d’adoption à temps partiel : Leonard.

      Chez les Torontois Californiens d’adoption : Neil.

      Chez les Néo-Brunswickois ex-Montréalais d’adoption : Julie Doiron.

      Chez les Vancouverois : Japandroids.

      Chez les Britanno-Colombiens Ontariens d’adoption : Lily Frost.

      Chez les Ottaviens : Kathleen Edwards.

    • Je ne connais qu’une infime partie de ce qui se fait dans le Rest of Canada. Si j’avais eu une liste à faire, elle aurait probablement ressembé à celle- là.
      Parmi les albums que j’ai le plus écoutés cette année, il y a Old ideas et Your own backyard.
      Godspeed c’est OK, je me le suis procuré et à vrai dire, je n’en perds pas ma tuque. Faut dire que je ne l’ai écouté que 2 ou 3 fois. Tiens je vais me le remettre pour le retour à la maison.
      Le Neil Young est du grand Young. Si ce n’était de ces 3 ou 4 chansons qui ont tourné fort dans mon colimateur sur The Noise, je dirais que celui+ci lui est supérieur.

    • Et si on parle de la musique des montréaais d’adoption, l’album de Ramin Torkian en vaut plusieurs. J’imagine qu’on le mettra dans les tops de musiques du monde. Pourquoi donc??
      Comme dit jon8, y a pas trop de paroles sur Godspeed non plus. En fait tiens…Je mets cet album sur ma liste ici. NA!

    • Il est ici question d’anglos, pas d’autres langues d’expression… Pas de texte chez Godspeed (mais très associé à la scène anglo de MTL parce qu’aussi Thee Silver Mt.Zion), dream pop électro avec textes chez Grimes. Attention à la catégorite aiguë…

    • I know, Mr. Brunet :-) c’est une boutade
      Par ailleurs, je viens de rentrer et je viens de me retaper le premier 30 minutes de Godspeed. Franchement c’est pas sérieux mon affaire, je devais être très distraite lors de mes écoutes précédentes, ça arrache la tuque. Et puis…entre la 9 ème minute et la 11ème, j’ai noté une forte inspiration de musique arabe. (ça, c’est sérieux). Je crois d’ailleurs que je vais mettre Godspeed dans mon top musique du monde—–>. ça aussi, c’est une boutade …

    • On ne manque pas de boutadentrains sur ce blogue ! ;-)

    • Oui jon8, Crystal Castles «fitte» parfaitement sous ce post.

    • Si on parle de scène locale anglo, je vous en envoie une couple…qui ont fait des albums pas mal ici…
      Nils Bech Look inside
      http://vimeo.com/43382783
      The little hands of asphalt
      http://spoontrain.no/booking/norwegian-roster/the-little-hands-of-asphalt
      Ulver:
      http://www.youtube.com/watch?v=8MUzBJRWB64
      Du coté suédois First Aid Kit, un genre de soeurs Mc Garrigle, début vingtaine
      http://www.youtube.com/watch?v=PC57z-oDPLs
      Bon…je ne vous donnerai pas tout, tout cuit dans le bec tsé…

    • The Haiduks: 1968

    • Le National Post met, en plus des GYBE!, Grimes et Japandroids, un album de Islands parmi les meilleurs de 2012 (pas seulement les meilleurs du ROC). Passé sous le radar, ce disque?

    • Diamond Rings (de Toronto aussi je crois) a aussi sorti un album (son 2e) très efficace en 2012! Sur scène, il est également très bon, chose de plus en plus rare il me semble….

    • À Sherbrooke, on écoute : The Unexpected Side
      https://soundcloud.com/tags/the%20unexpected%20side

    • MTL: L. Cohen, des parties de Islands-A Sleep & A Forgetting (Never Go Solo, Lonely Love), de Krief-Hundred Thousand Pieces (Perfect Bodies). Patrick Watson, Beat Market.

      ROC: Bahamas, Neil Young

      Suis-je le seul a avoir écouté et beaucoup aimé l’album Barchords de BAHAMAS? Je ne me souviens pas que Mr. Brunet en ait parlé ici. Sorti en début d’année et déjà apprécié, il a pris un second souffle après le très bon spectacle donné au Lion d’or cet automne. Un des 4-5 albums que j’ai le plus écouté cette année.
      Leonard n’a pas le monopole sur les choristes, Bahamas (Afie Jurvanen) en a 2! Bien sympathique le monsieur et je parie qu’il n’aurait aucun problème a jammer avec Neil Young!

      Le solo de la pièce Your Sweet Touch, est certainement un des mes bons moments musicaux de 2012!
      http://kokomo.fr/wordpress/2012/08/21/bahamas-your-sweet-touch

    • Alain …. The Luyas / Animator c’est certainement pour moi dans le top 10

    • Ai écouté Godspeed une partie de la soirée…ça buzz dans ma tête. C’est pas la première fois que je parle trop vite. Probablement pas la dernière non plus.
      Allocution précoce ;-)

    • @clint

      Dans mon top 20 assurément. Nous sommes très peu nombreux à voir les choses ainsi.

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